VH-184 : un nouvel inhibiteur de l’intégrase

Le premier inhibiteur de l’intégrase à être approuvé fut le raltégravir (Isentress), suivi de l’elvitégravir (ingrédient de Stribild et, plus tard, Genvoya). 

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Une deuxième génération d’inhibiteurs de l’intégrase est arrivée avec l’approbation des médicaments dolutégravir (ingrédient de Dovato, Juluca, Tivicay et Triumeq), bictégravir (ingrédient de Biktarvy) et cabotégravir (ingrédient de Cabenuva).

De nos jours, un inhibiteur de l’intégrase expérimental de troisième génération est en voie de mise au point chez la compagnie ViiV Soins de santé. Ce médicament porte le nom de code VH-184 (numéro d’identification complet : VH-4524184). Le VH-184 offre le potentiel d’être utilisé comme traitement à longue durée d’action. 

Lors d’expériences de laboratoire sur des cellules infectées par le VIH, le VH-184 s’est révélé actif contre de nombreuses souches du virus qui avaient acquis une résistance partielle ou intégrale à des inhibiteurs de l’intégrase de deuxième génération. 

VH-184 chez l’humain

Une équipe de recherche a recruté 22 personnes séropositives auxquelles elle a donné différentes doses du VH-184 ou d’un placebo tous les trois jours. Dans le cas du VH-184, les doses utilisées étaient de 10, de 50 et de 300 mg. Après 10 jours, ces dernières ont été remplacées par des TAR déjà approuvés. 

Les participant⋅e⋅s avaient le profil moyen suivant lors de leur admission à l’étude : 

  • âge : 32 ans
  • sexe assigné à la naissance : 86 % de garçons, 14 % de filles
  • principaux groupes ethnoraciaux : Blanc⋅he⋅s (68 %) et Noir⋅e⋅s (14 %)
  • compte de CD4+ : au moins 500 cellules/mm3
  • charge virale : moins de 100 000 copies/ml

Tou·te·s les membres de la cohorte ont terminé l’étude et n’avaient pas suivi de traitement contre le VIH avant de participer à l’étude.

Résultats

Administré à raison de 50 mg et de 300 mg tous les trois jours, le VH-184 a donné lieu à une baisse de la charge virale de 2 logs.

Aucune résistance virale n’a été détectée au jour 10.

Selon l’équipe de recherche, le médicament était généralement « bien toléré », et les effets secondaires signalés étaient généralement légers. Personne n’a abandonné l’étude à cause d’effets secondaires.

Des formulations à longue durée d’action du VH-184 sont en voie de mise au point, et des tests pour éprouver leur innocuité sont prévus. 

Il est probable que le VH-184 sera utilisé comme « traitement de fond des options thérapeutiques futures » à longue durée d’action contre le VIH offerts par ViiV.

—Sean R. Hosein

RÉFÉRENCE :

Rogg L, Nunez SA, Mingrone MV et al. Proof-of-concept trial of VH4524184 (VH-184), a third-generation integrase strand transfer inhibitor. Programme et résumés de la 32e Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes, 9- 12 mars 2025, San Francisco. Résumé 152.