Le sémaglutide peut-il être bénéfique au cerveau des personnes séropositives?

Comme nous l’avons mentionné plus tôt dans ce numéro de TraitementActualités, le sémaglutide est à l’étude chez différentes populations, dont des personnes vivant avec le VIH.

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L’équipe responsable d’un essai clinique mené en Ohio a réparti des participant⋅e⋅s séropositif⋅ve⋅s présentant de la graisse abdominale excessive pour recevoir soit le sémaglutide soit un placebo.

Les participant⋅e⋅s affecté⋅e⋅s au groupe sémaglutide ont suivi le calendrier suivant : 

  • huit premières semaines : augmentation graduelle de la dose jusqu’à l’atteinte de 1 mg par semaine
  • 24 semaines subséquentes : 1 mg par semaine

Le sémaglutide a été administré par injection sous-cutanée (juste en dessous de la peau) une fois par semaine. Le placebo a été administré de la même manière.

Les participant⋅e⋅s ont subi divers examens, dont des radiographies de faible dose conçues pour évaluer la composition corporelle, des tests sanguins et un outil d’évaluation neurocognitive informatisé appelé Cognivue qui est approuvé par la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis.

Aucun⋅e des participant⋅e⋅s n’avait le diabète ou une maladie cardiovasculaire.

Voici le profil moyen des participant⋅e⋅s lors de leur admission à l’étude : 

  • âge : 53 ans
  • sexe assigné à la naissance : 60 % de garçons et 40 % de filles
  • 35 % fumaient la cigarette
  • principaux groupes ethnoraciaux : Noir⋅e⋅s – 60 %; Blanc⋅he⋅s – 35 %
  • indice de masse corporelle (IMC) : 33 kg/m2
  • compte de CD4+ : 810 cellules/mm3
  • charge virale indétectable chez l’ensemble des participant⋅e⋅s
  • temps écoulé depuis le diagnostic de VIH : 18 ans

Résultats

Les scores de fonctionnement neurocognitifs n’étaient pas différents chez les personnes sous placebo et celles sous sémaglutide. Cependant, lorsque l’équipe de recherche a pris en compte le sexe et le compte de CD4+, elle a constaté que les personnes sous sémaglutide avaient des scores visuospatiaux améliorés.

Après avoir effectué des analyses additionnelles, l’équipe de recherche a constaté que l’amélioration de cet aspect de la fonction neurocognitive semblait être liée à un autre effet du sémaglutide. Chez les personnes recevant ce médicament, les taux de protéines associées à l’inflammation ont diminué, dont celui de la protéine C réactive et celui du CD163 soluble. 

À retenir

Ces résultats doivent être considérés comme préliminaires et en attente de confirmation. La présente étude est une sous-analyse d’une étude conçue pour évaluer l’impact du sémaglutide chez des personnes en surpoids. Or, évaluer la fonction neurocognitive est complexe, et la santé cérébrale comporte de nombreux aspects. Il n’est pas clair quelle incidence l’amélioration du traitement visuospatial induite par le sémaglutide exerce sur la santé cérébrale et la fonction cognitive à long terme.

Lorsque les données ont été présentées, il semble que des facteurs comme l’alimentation, l’exercice et la dépression n’aient pas été pris en compte dans l’analyse. Il est donc important de considérer les résultats comme préliminaires.

Cette étude fournit des données qui pourraient servir à la conception d’une étude complexe de plus grande envergure et de plus longue durée pour déterminer l’impact du sémaglutide sur l’inflammation liée au VIH et les bienfaits de la réduction de l’inflammation sur de nombreux aspects de la santé.

—Sean R. Hosein

RÉFÉRENCE :

Atieh O, Baissary J, Wu Q et al, Semaglutide improves cognitive function in HIV, effect mediated by decrease in inflammation. Programme et résumés de la 32e Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes, 9- 12 mars 2025, San Francisco. Résumé 172.