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En quoi consiste le programme?

La clinique mobile de SABSA vise à rejoindre les personnes marginalisées qui rencontrent des barrières à accéder au système de santé traditionnel, en leur fournissant des services là où elles se trouvent et lorsqu’elles en ont besoin. Couvrant la région de la Capitale-Nationale au Québec, la clinique mobile offre des services de prévention, de dépistage et de traitement des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS), des soins de santé de première ligne (p. ex. soin des plaies) et des services en lien avec l’utilisation de drogues (p. ex. distribution de naloxone, service d’analyse de substances, éducation sur la prévention des surdoses).

La clinique mobile est gérée par la Coopérative de solidarité SABSA, qui est un organisme à but non lucratif situé à Québec et qui dessert les communautés marginalisées, y compris les personnes en situation de sans-abrisme, qui sont dans la rue ou qui utilisent des drogues. La clinique mobile constitue l’une des trois composantes de SABSA, qui comprend également une clinique fixe à bas seuil d’accessibilité composée d’une équipe pluridisciplinaire de soins, ainsi qu’un site de consommation supervisée, nommé l’Interzone.

Raison d’être du programme

La coopérative de solidarité SABSA a été fondée en 2011 par un groupe d’infirmières qui ont été confrontées à la propagation de l’hépatite C et du VIH dans leur communauté. Elles avaient également constaté que de nombreuses personnes marginalisées n’avaient que peu ou pas accès aux services de santé et aux services sociaux dont elles avaient besoin. Pour y répondre, la clinique fixe a été créée, rassemblant sous le même toit une équipe pluridisciplinaire (p. ex. infirmier·ère·s praticien·ne·s, intervenant·e·s psychosociaux· ales, travailleur·euse·s sociaux·ales, gastroentérologue, physiothérapeute, pairs aidants, etc.). Située en plein cœur du quartier Saint-Roch, la clinique fixe de SABSA offre une gamme complète de services de soins de santé et sociaux de première ligne pour répondre aux besoins des communautés marginalisées, de manière globale et holistique.

La clinique mobile de SABSA a été lancée en 2019 pour rejoindre les personnes qui ne se rendaient pas d’elles-mêmes à la clinique fixe et pour offrir des services directement dans la communauté. La clinique mobile permet à l’équipe d’aller à la rencontre des personnes là où elles se trouvent, tout en servant de pont vers la clinique fixe pour celles qui ont besoin de soins plus complets. 

Un des objectifs de la clinique mobile est de faire face au nombre élevé de cas d’hépatite C dans la communauté. En déployant le dépistage de l’hépatite C, l’équipe est en mesure de diagnostiquer les infections et d’arrimer les personnes à un traitement. Ayant pour mandat de couvrir toute la région de la Capitale-Nationale (région de Québec), la clinique mobile permet à SABSA de se déplacer dans toute la région pour étendre ses services au-delà du site fixe.

Mise en œuvre du programme

À l’aide d’un van aménagé, la clinique mobile de SABSA offre des services de prévention, de dépistage et de traitement des ITSS, des soins de santé de première ligne et des services en lien avec l’utilisation de drogues (p. ex. distribution de naloxone) dans toute la région de la Capitale-Nationale (région de Québec). Œuvrant du lundi au vendredi, les horaires, les secteurs desservis et le type de services offerts varient selon le jour de la semaine et la période de l’année.

La clinique mobile se stationne à des emplacements stratégiques. Cela peut être en face d’une église, dans des parcs qui sont des lieux très fréquentés par la population cible, à côté d’organismes communautaires, d’organismes d’hébergement ou dans le stationnement de la clinique fixe de SABSA. L’équipe essaie de retourner aux mêmes endroits et aux mêmes créneaux horaires chaque semaine pour que les personnes sachent où et quand la trouver. 

Les services de la clinique mobile peuvent aussi être donnés sur demande à certains moments dans la semaine. Les personnes dans le besoin peuvent appeler, texter ou utiliser Messenger sur Facebook pour demander de recevoir des services à des endroits spécifiques (incluant à leur domicile) dans la Ville de Québec et la région de la Capitale-Nationale. Les déplacements sont faits avec le van de la clinique mobile de SABSA ou un autre véhicule (p. ex. voiture de l’infirmière) selon le type d’intervention.

La clinique mobile est composée d’une équipe de trois intervenant·e·s psychosociaux·ales, de pairs aidants (le nombre varie selon les disponibilités) et d’une infirmière. Les pairs aidants jouent un rôle crucial pour la relation de confiance entre les populations ciblées et l’équipe de SABSA en faisant le lien entre les deux parties. Ils ou elles participent aussi à faire connaître les services de la clinique mobile, grâce à du bouche-à-oreille. 

Clinique mobile de SABSA, le van ainsi que le panneau indiquant les services proposés.
Clinique mobile de SABSA, le van ainsi que le panneau indiquant les services proposés. Photo : Coopérative de solidarité SABSA

Services de la clinique mobile

La clinique mobile comprend trois volets d’intervention :

  • Prévention, dépistage et traitement de l’hépatite C, du VIH et d’autres ITSS
  • Soins courants de première ligne et soutien psychosocial (p. ex. soin des plaies) 
  • Services reliés à l’utilisation de drogue (p. ex. service d’analyse de substances, distribution de naloxone)

Lorsqu’une personne se présente à la clinique mobile, l’équipe évalue ses besoins et l’informe des différents services offerts; le but étant de prendre en charge la personne dans sa globalité et de mettre ses besoins en priorité et au centre de l’intervention.

1. Prévention, dépistage et traitement de l’hépatite C, du VIH et d’autres ITSS

La clinique mobile met en œuvre une approche proactive et inclusive pour la prévention, le dépistage et le traitement des ITSS, dont l’hépatite C et le VIH.

Prévention

La partie prévention des ITSS passe par de l’information. L’équipe discute avec les personnes qui viennent à la clinique mobile et leur offre de l’information tout en distribuant du matériel neuf d’utilisation à moindres risques (p. ex. seringues pour s’injecter et pipes pour fumer), du matériel pour avoir des relations sexuelles protégées (p. ex. condoms) et des brochures à propos de la santé sexuelle et sur l’utilisation de drogues à moindres risques.

Dépistage

La clinique mobile offre des tests de dépistage pour les hépatites B et C, le VIH, la syphilis, la chlamydiose (infection à Chlamydia) et la gonorrhée. Des tests rapides (OraQuick) pour l’hépatite C et des trousses d’autotest du VIH sont offerts en grand nombre et sont utilisés comme outil d’engagement; ils constituent souvent une porte d’entrée pour les personnes à faire un dépistage complet des ITSS. Le but est de faciliter une intégration du dépistage dans la routine des personnes.

Si une personne a un résultat positif au test rapide du VIH ou du virus de l’hépatite C, ou si elle décide de se faire dépister pour les ITSS de manière globale, l’infirmière s’occupe de récolter les échantillons nécessaires à l’intérieur du van mobile (p. ex. prise de sang).

Dans les cas où des échantillons d’urine ou des prélèvements anaux sont nécessaires pour le dépistage, l’équipe s’occupe de trouver des endroits privés proche de leur emplacement (p. ex. les toilettes d’un organisme communautaire proche), car le van mobile ne comprend pas d’espace privé pour cela. 

À la fin de la journée, l’infirmière apporte les échantillons à la clinique fixe de SABSA. Ils sont ensuite acheminés par un transporteur spécialisé au Centre hospitalier de l’Université Laval (CHUL), situé à Québec, à des fins d’analyse. Les résultats peuvent être communiqués en 48 à 72 heures pour les analyses sanguines standards, et jusqu’à 7 à 10 jours pour un test réflexe de l’ARN de l’hépatite C, automatiquement effectué à la suite d’un test de détection des anticorps anti-VHC réactif.

La manière de rejoindre la personne pour communiquer un résultat positif pour une ITSS est discutée au préalable avec l’infirmière clinicienne ou les intervenant·e·s. Cela peut par exemple être communiqué à un organisme communautaire que la personne fréquente, par téléphone, ou l’annoncer à la personne à la clinique mobile, au même lieu où le dépistage a été effectué. 

Arrimage vers les soins

L’infirmière de la clinique mobile peut prescrire directement certains traitements, notamment pour les cas asymptomatiques de chlamydiose (infection à Chlamydia) et de gonorrhée, grâce à des ordonnances collectives au Québec. Pour les cas plus complexes, comme la syphilis, le VIH ou l’hépatite C, la personne est dirigée vers la clinique fixe de SABSA et est traitée par une équipe incluant les infirmier·ère·s praticien·ne·s spécialisé·e·s (IPS), l’infectiologue et le ou la gastroentérologue. Le suivi du ou des traitements peut se faire à la clinique fixe ou par l’infirmière de l’équipe mobile à domicile ou dans la communauté. Le lieu du suivi dépend des besoins et de la stabilité de la personne et vise à maintenir le lien thérapeutique. 

2. Soins courants de première ligne et soutien psychosocial

Soins courants de première ligne

L’approche de soins courants de première ligne vise à répondre, de manière souple et sans rendez-vous, aux problèmes de santé immédiats des personnes, en particulier celles en situation de vulnérabilité ou de sans-abrisme. Ces soins sont dispensés par l’infirmière clinicienne de la clinique mobile à l’intérieur du van ou à domicile.

Lorsqu’une personne se présente à la clinique mobile, une évaluation initiale est réalisée par l’infirmière, qui détermine si le cas peut être traité sur place ou nécessite une orientation vers d’autres services. Les cas plus complexes (p. ex. abcès à drainer, examens gynécologiques, symptômes graves) sont redirigés vers la clinique fixe de SABSA ou vers des spécialistes. Si la personne est orientée vers la clinique fixe de SABSA, la personne sera prise en charge par un·e IPS. 

Les types de soins offerts à la clinique mobile peuvent être le traitement de plaies, d’abcès, d’infections urinaires, de symptômes respiratoires et d’infections de la peau. L’infirmière peut également évaluer les symptômes physiques généraux, de santé mentale, et réaliser des soins mineurs, comme les soins d’otites ou autres affections bénignes.

Soutien psychosocial 

Les intervenant·e·s évaluent les besoins plus larges (p. ex. logement, alimentation, sécurité) des personnes se présentant à la clinique mobile et peuvent les orienter vers les ressources appropriées (p. ex. banques alimentaires et hébergements). Ces interventions s’inscrivent dans une approche de réduction des méfaits.

3. Services reliés à l’usage de drogues

Service d’analyse de substances 

Lancée en 2023, l’analyse de substances est désormais pleinement intégrée à l’offre de la clinique mobile. C’est le seul service d’analyse de substances disponible dans la région de la Capitale-Nationale. 

Le service d’analyse de substances utilise un spectromètre portatif, ce qui permet une analyse rapide (environ 5 minutes) de substances par l’infirmière ou les intervenant·e·s. Ce service est offert sur demande, ce qui veut dire que les personnes peuvent appeler pour que le van se rende à leur emplacement. Elles peuvent aussi se rendre à la clinique mobile lors de ses arrêts réguliers à certains endroits afin de faire analyser leurs substances. 

Les services d’analyse de substances offrent une première porte d’entrée pour créer des liens avec les gens de la communauté. Ce service est souvent accompagné d’un dialogue sur les habitudes d’utilisation et les risques associés, et constitue une opportunité pour offrir des services complémentaires (p. ex. dépistage des ITSS, soins courants de première ligne, soutien psychosocial).

Disposition de l’analyse de substances à l’intérieur de la clinique mobile.
Disposition de l’analyse de substances à l’intérieur de la clinique mobile.  Photo : Coopérative de solidarité SABSA

Prévention des surdoses et des méfaits liés à l’utilisation de drogues

L’équipe de la clinique mobile distribue des trousses de naloxone, des bandelettes de détection de fentanyl et du matériel neuf d’utilisation à moindres risques, comme des seringues pour s’injecter et des pipes (crack/meth) pour fumer. De l’information sur les pratiques d’utilisation à moindres risques est aussi offerte à travers des conversations et la distribution de dépliants.

Accès aux traitements par agonistes opioïdes (TAO)

Lorsqu’une personne reçoit des services de la clinique mobile, la conversation peut parfois se diriger sur les traitements liés à l’usage de substances, comme les TAO. 

Si une personne manifeste de l’intérêt, l’infirmière de la clinique mobile fait une évaluation complète de la personne pour un TAO. L’infirmière rapporte ensuite les informations à la clinique fixe où le cas est discuté en équipe pluridisciplinaire. Un diagnostic officiel de trouble lié à l’usage de substances doit être posé par un·e psychiatre en dépendance ou un·e autre médecin (qui sont régulièrement présent·e·s à la clinique fixe) pour prescrire un TAO.

Le traitement peut être débuté en 24 à 72 heures, souvent en coordination avec une IPS, et le suivi pour le TAO est ajusté aux capacités et besoins de la personne. Le suivi peut être réalisé à domicile, à la clinique mobile ou à la clinique fixe. 

4. Autres activités de la clinique mobile 

Cliniques mobiles « POP-UP » 

Tous les jeudis après-midi, l’équipe de la clinique mobile se rend dans des organismes communautaires partenaires dans la Ville de Québec et ailleurs dans la région de la Capitale-Nationale pour offrir ses services de dépistage des ITSS.

Festivals 

L’été, la clinique mobile se déplace sur les lieux de festivals qui se déroulent dans la région de la Capitale-Nationale, pour offrir certains de ses services à une population plus vaste. 

L’accent est mis sur la prévention des surdoses, l’analyse de substances, la distribution de matériel (p. ex. seringues et pipes) d’utilisation à moindres risques et de matériel pour avoir des relations sexuelles protégées (p. ex. condoms). Seul le dépistage rapide de l’hépatite C est offert. Si une personne a un test de dépistage rapide positif à l’hépatite C, l’équipe de SABSA l’aide à accéder à des services pour le suivi des prochaines étapes (p. ex. test de l’ARN de l’hépatite C).

Ressources requises

  • Gestionnaire ou directeur·trice chargé·e de la supervision du programme
  • Personnel de la clinique mobile : deux intervenant·e·s psychosociaux·ales, un·e infirmière et des pairs aidants
  • Van aménagé
  • Lien avec une clinique fixe pluridisciplinaire pouvant offrir des services complémentaires
  • Matériel pour prodiguer des soins infirmiers
  • Matériel pour le dépistage des ITSS (p. ex. écouvillons et prises de sang)
  • Tests rapides de l’hépatite C
  • Autotests du VIH
  • Spectromètre portatif pour l’analyse de substances
  • Matériel de réduction des méfaits : naloxone, bande de détection du fentanyl et matériel neuf d’utilisation de drogues (p. ex. seringues pour l’injection et pipes pour fumer)
  • Matériel pour avoir des relations sexuelles protégées (p. ex. condoms et lubrifiant)
  • Ressources éducatives sur la santé sexuelle, les ITSS et la réduction des méfaits (p. ex. brochures)

Évaluation 

Services réguliers de la clinique mobile fournis entre le 1er janvier et le 31 décembre 2024 :

  • 49 personnes ont reçu un diagnostic d’infection à l’hépatite C

  • 42 personnes ont débuté un traitement de l’hépatite C

  • Il y a eu 77 cas de suivis continus pour l’hépatite C 

  • 20 % des consultations pour des soins courants de première ligne mènent à un dépistage des ITSS

  • 802 interventions psychosociales ont été réalisées auprès de 64 personnes différentes lors de consultations pour un dépistage des ITSS ou en clinique « POP-UP »

  • 2313 interventions psychosociales réalisées lors de consultations pour des services liés à l’utilisation de drogues

  • 520 analyses de substances ont été réalisées 

  • 79 bandelettes de fentanyl ont été distribuées

  • 170 seringues ont été distribuées (116 pour opioïdes/54 pour stimulants)

  • 1001 pipes (crack/meth) ont été distribuées

Services des cliniques mobiles « POP-UP » fournis de septembre 2024 (lorsque le service a commencé) à décembre 2024 :

  • 14 interventions « POP-UP » ont été réalisées dans 8 organismes différents

  • 94 personnes différentes ont reçu un service

  • 61 tests rapides de l’hépatite C ont été administrés 

  • 36 dépistages complets des ITSS ont été réalisés

  • 17 soins infirmiers ont été dispensés 

  • 2 personnes ont amorcé un traitement pour l’hépatite C après avoir reçu un diagnostic et 2 personnes ont été orientées vers la clinique fixe de SABSA pour des soins plus complets

Services lors de festivals fournis entre le 1er janvier et le 31 décembre 2024 :

  •  La clinique mobile a été présente à 6 évènements majeurs dans la région de la Capitale-Nationale

     

Difficultés

  • Il y a eu de la résistance de la part de la communauté concernant les services offerts par la clinique mobile et un manque de soutien de la part des commerçant·e·s et des résident·e·s du quartier.
  • Le bon équilibre doit être trouvé entre l’offre d’un service mobile et la nécessité d’avoir des lieux et des horaires fixes : être visible et accessible sans perdre la souplesse du format mobile.
  • Les contraintes budgétaires limitent la promotion des services de la clinique mobile au sein de la communauté (p. ex. la publicité sur Internet), et lors des festivals et à l’extérieur de la Ville de Québec.
  • Faire connaître la clinique mobile auprès des personnes qui n’ont pas accès aux moyens de communication habituels est difficile. 
  • La clinique mobile est le seul service d’analyse de substances dans la région de la Capitale-Nationale et sa capacité est limitée pour répondre à la demande de toutes les personnes intéressées.

Leçons tirées

  • Une présence régulière dans la communauté et la capacité de fournir des services à bas seuil d’accessibilité de manière efficace sont essentielles pour créer un lien, commencer un soin et le maintenir.
  • L’approche d’intervention doit être souple, personnalisée et respectueuse du rythme de la personne.

Documentation relative au programme

Rapports annuels de la coopérative de solidarité SABSA

Page Facebook Coopérative de solidarité SABSA 

Page Facebook Clinique Mobile SABSA

SABSA : Le guichet unique de la Ville de Québec pour les personnes qui utilisent des drogues.

Coordonnées

Marie-Christine Leclerc
Responsable des volets de service
Coopérative de solidarité SABSA
265A, rue de la Couronne
Québec (QC) G1K 6E1
418-914-9295, poste 205
responsable.voletsdeservice@sabsa.ca 

Marie-Odyle Massé
Infirmière clinicienne - Clinique Mobile en prévention des surdoses
Coopérative de solidarité SABSA
265A, rue de la Couronne
Québec (QC) G1K 6E1
581-995-3954
momasse@sabsa.ca