Sémaglutide et VIH

Le sémaglutide (Ozempic, Wegovy) est un composé à longue durée d’action qui agit en imitant une hormone utilisée par l’organisme appelée GLP-1 (peptide -1 de type glucagon). Le sémaglutide appartient à une classe de médicaments appelés agonistes du récepteur du GLP-1. 

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Le GLP-1 est libéré par des cellules de l’intestin en réponse à l’entrée de nourriture dans cet organe. Certains tissus sont dotés de récepteurs du GLP-1, dont les suivants :

  • pancréas
  • estomac
  • rein
  • cœur 
  • cerveau (dans l’hypothalamus)

Lorsque le GLP-1 se lie à ses récepteurs, l’effet consiste à ralentir le transit de la nourriture dans l’intestin, de sorte que l’appétit diminue. Les agonistes du GLP-1 ont été créés initialement pour le traitement du diabète de type 2. Au fil du temps, les scientifiques ont découvert que certains agonistes du GLP-1 (tel le sémaglutide) pouvaient causer une perte de poids chez les personnes qui les toléraient.

Il importe de noter que les agonistes du GLP-1 sont susceptibles de causer une gamme d’effets secondaires, dont nausées, vomissements, diarrhée et constipation. Une perte de masse musculaire peut également se produire chez certaines personnes. Ces effets secondaires sont légers et se résolvent avec le temps chez de nombreuses personnes. Chez d’autres, cependant, ils peuvent être embêtants ou même graves. Pour cette raison, les personnes qui se font prescrire un agoniste du GLP-1 ne parviennent pas toutes à le tolérer à long terme. De plus, les scientifiques constatent qu’une minorité de personnes traitées par des médicaments comme le sémaglutide n’y répondent pas tout le temps. Les raisons de cette non-réponse ne sont pas connues.

Notons aussi que des améliorations de la glycémie et de la santé du cœur et d’autres organes ont été observées chez des personnes sous agonistes du GLP-1.

L’impact des agonistes du GLP-1 sur la santé humaine est devenu l’objet d’un domaine de recherche très actif. Comme des récepteurs du GLP-1 sont présents dans divers organes et tissus, il est possible que cette classe de médicaments ait un rôle à jouer contre de nombreuses maladies. Une étude a laissé croire que les agonistes du GLP-1 pourraient s’avérer utiles dans les domaines suivants :

  • troubles liés à l’usage de substances
  • troubles psychotiques
  • crises de nature convulsive
  • troubles neurocognitifs (y compris la maladie d’Alzheimer et la démence)
  • troubles de la coagulation
  • troubles cardiométaboliques, y compris l’inflammation hépatique
  • maladies infectieuses
  • certaines maladies respiratoires

Il importe cependant de considérer comme préliminaires les hypothèses se rapportant aux agonistes du GLP-1 (et aux médicaments apparentés), et des essais cliniques rigoureusement conçus devront être menés pour mieux comprendre les effets de ces médicaments contre diverses maladies.

Notons aussi que les bienfaits des agonistes du GLP-1 s’estompent rapidement aussitôt le traitement cessé.

VIH

Le VIH cause de l’inflammation excessive et l’activation immunitaire. Ces effets ne sont que partiellement normalisés sous l’effet d’un traitement efficace contre le virus (TAR). Par conséquent, les scientifiques tentent de mettre au point d’autres traitements pour réduire davantage l’inflammation. Il est donc important que le sémaglutide et les médicaments analogues soient testés auprès de personnes vivant avec le VIH dans le cadre d’essais cliniques de longue durée. 

Le VIH est également associé à un risque accru de problèmes neurocognitifs. Avant l’arrivée du TAR, les maladies neurocognitives graves (telle la démence) devenaient un problème croissant chez les personnes séropositives. La grande accessibilité du TAR a toutefois réussi à faire de la démence liée au VIH une maladie rare de nos jours.

À l’heure actuelle, certaines personnes séropositives souffrent d’obésité (tout comme de nombreuses personnes séronégatives). La cause de cette prise de poids excessive n’est pas claire, mais il est possible qu’elle soit liée à des tendances comportementales courantes dans la société (consommation excessive de glucides et de calories, activité physique insuffisante). Dans certains cas, il est possible que l’exposition à un traitement contre le VIH joue un rôle. L’obésité est associée à un risque accru de diabète de type 2, un problème qui nuit au fonctionnement du cerveau dans certains cas.

Les résultats préliminaires des essais cliniques laissent croire que les agonistes du GLP-1 sont généralement sécuritaires chez les personnes séropositives. Dans une étude, le sémaglutide a donné lieu à une perte de poids annuelle de près de sept kilogrammes chez des personnes obèses. 

Qu’est-ce qui s’en vient?

Dans ce numéro de TraitementActualités, nous rendons compte de quelques études sur le sémaglutide, un agoniste du GLP-1 couramment utilisé. À l’heure actuelle, l’accès aux agonistes du GLP-1 puissants est restreint, notamment en vertu des listes de médicaments assurés des régimes provinciaux et territoriaux du Canada. Cependant, un brevet important sur le sémaglutide arrivera à échéance au Canada à l’avenir, peut-être en 2026, et il est possible que la concurrence d’éventuels produits nouveaux donne lieu à une baisse des prix et à un accès plus libre.

Les médicaments comme sémaglutide agissent contre une seule protéine. Or, les médicaments et associations de médicaments plus récents conçus pour traiter l’obésité et le diabète de type 2 ont tendance à agir contre deux protéines ou davantage dans le corps. Par conséquent, ces nouveaux médicaments, dont le tirzépatide (Mounjaro, Zepbound), sont associés à une perte de poids plus importante que le sémaglutide.

—Sean R. Hosein

RÉFÉRENCES :

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