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Pratiques plus sûres de consommation de drogues et prévention de l’hépatite C

Points essentiels

  • L’hépatite C peut se transmettre entre des personnes qui partagent ou réutilisent du matériel servant à la consommation de drogues. Il s’agit notamment de la mise en commun du matériel servant à s’injecter, à fumer ou à sniffer des drogues et d’autres substances.
  • Les pratiques plus sûres de consommation de drogues désignent un ensemble de pratiques permettant de prévenir la transmission de l’hépatite C et d’autres méfaits liés à l’usage des drogues.
  • Elles consistent entre autres à ne pas partager le matériel servant à l’usage des drogues et à utiliser du matériel neuf à chaque fois.

Consommation de drogues et hépatite C

Les drogues sont consommées de diverses manières : elles peuvent être injectées, fumées ou sniffées. Le matériel qui a servi à préparer et à consommer des drogues peut contenir des quantités microscopiques de sang. Il s’agit notamment des aiguilles et des seringues, des sécuricups, des filtres, de l’eau, des garrots, des embouts buccaux, des tiges droites, des pipes à bol et des dispositifs servant à sniffer des drogues. Le virus de l’hépatite C peut se transmettre si le matériel ayant servi à consommer des drogues est partagé ou si certains articles sont mis en commun.

Le virus de l’hépatite C est minuscule et résistant : il peut survivre pendant des semaines en dehors de l’organisme et sur des surfaces quelconques. Il suffit d’une infime quantité de virus pour contracter l’hépatite C. La transmission se produit lorsque le virus présent dans le sang d’une personne atteinte d’hépatite C passe dans le sang d’une autre personne. Les pratiques plus sûres de consommation de drogues sont conçues pour éviter les contacts de sang à sang, réduisant ainsi le risque de transmission de l’hépatite C et d’autres infections.

Pratiques d’injection plus sûres

L’injection de drogues peut augmenter le risque de survenue d’une série de problèmes de santé, notamment les abcès, la cellulite, l’endocardite et les infections transmises par le sang comme l’hépatite C et le VIH. Des pratiques d’injection plus sûres peuvent contribuer à réduire ces méfaits.

Comment peut-on contracter l’hépatite C en s’injectant des drogues?

Le virus de l’hépatite C peut se trouver dans les traces de sang qui restent dans les aiguilles, seringues, sécuricups, filtres et autres accessoires ayant servi à consommer des drogues, même si la quantité de sang est infime au point de ne pas être visible. Lorsque du matériel contenant des traces de sang d’une personne atteinte d’hépatite C est réutilisé par une autre personne, le virus de l’hépatite C peut passer dans son sang. Une fois dans la circulation sanguine, le virus peut provoquer une infection.

En quoi consistent les pratiques d’injection plus sûres?

Les pratiques d’injection plus sûres permettent de réduire le risque de transmission de l’hépatite C et d’autres problèmes de santé liés à l’injection de drogues. Le matériel utilisé pour s’injecter des drogues comprend les aiguilles et seringues, les sécuricups, les filtres, l’eau stérile, les tampons d’alcool, les garrots et l’acide ascorbique. Les lignes directrices en matière d’injection plus sûre recommandent d’utiliser du matériel neuf à chaque injection, de ne pas partager ou réutiliser le matériel, y compris les sécuricups contenant des résidus de drogue. Les pratiques plus sûres comprennent par ailleurs la préparation de la zone d’injection, l’alternance des points d’injection, le soin des veines après l’injection et le soin des abcès.

Pratiques d’inhalation plus sûres

Fumer ou inhaler des drogues peut faire augmenter le risque de survenue de certains problèmes de santé. Fumer ou inhaler des drogues est souvent considéré comme une activité à moindre risque que l’injection de drogues, bien qu’il soit possible de contracter l’hépatite C en partageant des accessoires servant à fumer ou à inhaler.

Comment peut-on contracter l’hépatite C en fumant des drogues?

Fumer des drogues peut occasionner des plaies, des brûlures ou des coupures sur les lèvres et la bouche. Par ces coupures et ces plaies, de minuscules quantités de sang peuvent se déposer sur les accessoires servant à fumer, comme les pipes et les embouts buccaux. Les coupures et les plaies sont également un point d’entrée pour les bactéries et les virus. On peut trouver des traces de sang contenant le virus de l’hépatite C sur les pipes et les embouts buccaux, et il est théoriquement possible que celui-ci passe dans la circulation sanguine d’une autre personne par les lésions cutanées des lèvres ou de la bouche. Une fois dans la circulation sanguine, le virus peut provoquer une infection.

En quoi consistent les pratiques d’inhalation plus sûres?

Il s’agit d’utiliser des embouts buccaux pour réduire le risque de plaies ou de cloques dues aux pipes chaudes, et de ne pas partager les tiges, les pipes, les embouts buccaux ou les bols. De nombreux programmes de réduction des méfaits distribuent des accessoires servant à fumer, notamment des tiges droites, des grilles en laiton, des bâtonnets-poussoirs en bois, des pipes à bol, des feuilles d’aluminium et des embouts buccaux.

Partager le matériel servant à fumer peut favoriser la transmission de l’hépatite C. Fournir aux utilisateurs leurs propres tiges droites, pipes à bol et embouts buccaux peut contribuer à prévenir la transmission de l’hépatite C.

Sniffer de manière plus sûre

Sniffer des drogues peut endommager les muqueuses du nez et augmenter le risque de transmission de l’hépatite C. Les pratiques pour sniffer de manière plus sûre visent à réduire les risques associés aux drogues qui sont prisées.

Comment peut-on contracter l’hépatite C en sniffant des drogues?

L’action de sniffer des drogues peut provoquer la dilatation et la rupture des vaisseaux sanguins du nez. Les drogues ou les agents qu’on y ajoute pour les diluer peuvent provoquer des déchirures et des saignements des voies nasales. De minuscules quantités de sang peuvent se déposer sur le matériel utilisé pour sniffer, comme les pailles ou les billets. Si on partage le matériel dont on se sert pour sniffer des drogues et qu’il contient des traces de sang infecté par l’hépatite C, le virus peut passer dans le sang d’une autre personne. Une fois dans la circulation sanguine, il peut provoquer une infection.

En quoi consistent les pratiques pour sniffer à moindres risques?

Pour sniffer des drogues de manière plus sûre, il faut utiliser un matériel personnel à usage unique, ne pas partager le matériel et prendre soin des tissus nasaux. Le matériel permettant de sniffer à moindres risques comprend les tiges droites, les pailles ou autres objets roulés en tube.

La mise en commun du matériel à sniffer peut favoriser la transmission de l’hépatite C. Fournir aux personnes leur propre matériel de sniffage peut contribuer à prévenir la transmission de l’hépatite C.

Prévenir les surdoses et intervenir en cas de besoin

Les drogues illicites en circulation au Canada ont des effets toxiques et imprévisibles. Cela signifie que les drogues peuvent être contaminées par des substances plus puissantes que prévu ou par des substances inconnues, ce qui augmente le risque de surdose. Il est important que les personnes qui consomment des drogues disposent de l’information et des outils dont elles ont besoin pour prévenir les surdoses et intervenir en cas de besoin. La prévention des surdoses consiste à :

  • consommer les drogues dans un site de prévention des surdoses ou un site de consommation supervisée, si possible;
  • consommer en compagnie d’au moins une autre personne et utiliser la drogue à tour de rôle;
  • commencer par une petite quantité de drogue et consommer lentement;
  • éviter de mélanger différentes substances;
  • connaître les signes et symptômes d’une surdose;
  • avoir de la naloxone en sa possession et savoir comment l’utiliser;
  • composer le 911 si quelqu’un fait une surdose (les dispositions de la Loi sur les bons samaritains peuvent vous mettre à l’abri d’une arrestation);
  • se procurer les drogues à la même source, dans la mesure du possible;
  • diminuer la quantité de drogue absorbée après une période, même brève, de moindre consommation;
  • savoir dans quelle mesure les problèmes de santé peuvent avoir une incidence sur la tolérance aux drogues.

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