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Prévenir les risques liés à l’hépatite C pendant la grossesse, l’accouchement et l’allaitement

Points essentiels

  • L’hépatite C peut se transmettre du parent à l’enfant pendant la grossesse ou l’accouchement (transmission périnatale), quoique rarement.
  • Le traitement de l’hépatite C n’est généralement pas recommandé lorsqu’une personne essaie de concevoir ou est en cours de grossesse. Plus précisément, les traitements contenant de la ribavirine peuvent provoquer de graves malformations congénitales et ne doivent pas être utilisés pendant la grossesse, ou par l’un ou l’autre des partenaires (la ribavirine est notoirement toxique pour les spermatozoïdes), au moins six mois avant d’essayer de concevoir.
  • Aucune donnée n’indique que l’hépatite C peut se transmettre du parent à l’enfant pendant l’allaitement. Cependant, il est recommandé de cesser temporairement d’allaiter si les mamelons gercent ou saignent.

L’hépatite C peut se transmettre du parent à l’enfant pendant la grossesse ou l’accouchement (transmission périnatale ou verticale), mais le risque est faible. La probabilité que le virus de l’hépatite C se transmette au bébé pendant la grossesse ou l’accouchement est de l’ordre de 5 % (soit 5 naissances sur 100), mais ce risque est plus élevé chez les femmes qui sont également séropositives pour le VIH.

Risques liés au traitement de l’hépatite C pendant la grossesse

Antiviraux à action directe (AAD)

Le traitement de l’hépatite C repose généralement sur des antiviraux à action directe (AAD). Le traitement à base d’AAD n’est généralement pas recommandé pendant la grossesse, les tentatives de conception ou l’allaitement car on dispose de très peu de données concernant ses effets sur la fertilité ou le fœtus. Le traitement peut être entamé après la grossesse et la période d’allaitement. Des recherches cliniques sont en cours afin d’étudier les effets des AAD sur la grossesse, de sorte que les recommandations en vertu desquelles il est préférable de ne pas utiliser les AAD pendant la grossesse, l’allaitement ou les tentatives de conception pourraient changer à l’avenir. Si une personne prenant des AAD conçoit pendant le traitement, il est important qu’elle consulte un professionnel de la santé le plus tôt possible pour obtenir des conseils personnalisés.

Il est recommandé d’utiliser une méthode contraceptive pendant un traitement par des AAD en vue de prévenir une grossesse. Cependant, il faut éviter les contraceptifs hormonaux contenant de l’œstrogène (comme les contraceptifs oraux combinés) pendant le traitement par certains types d’AAD en raison du risque accru d’inflammation hépatique. Les pilules à base de progestatif seulement et les contraceptifs non hormonaux peuvent être associés à tous les AAD sans danger.

Ribavirine

Il arrive que les traitements contiennent de la ribavirine. Il est établi que les traitements à base de ribavirine sont toxiques pour le fœtus et peuvent provoquer de graves malformations congénitales. Par conséquent, il faut éviter de prendre la ribavirine pendant la grossesse ou lorsqu’on essaie de concevoir. Pour éviter une grossesse pendant le traitement, les deux partenaires peuvent utiliser un moyen contraceptif.

Une personne qui envisage d’avoir un enfant doit attendre six mois après la fin du traitement par la ribavirine, car il est établi que la ribavirine reste dans l’organisme jusqu’à six mois. Cela vaut aussi bien pour la personne qui envisage de porter l’enfant que pour celle qui fournit son sperme (la ribavirine peut également être toxique pour le sperme).

Certaines personnes peuvent choisir de commencer le traitement après la grossesse, mais il est recommandé qu’une personne prenant de la ribavirine n’allaite pas.

Planifier une grossesse

Un professionnel de la santé pourra aider à déterminer un plan et un calendrier de traitement pour une personne ayant l’hépatite C qui prévoit de concevoir.

Certaines personnes préfèrent se faire traiter et guérir de l’hépatite C avant d’essayer de concevoir. Si le traitement contient de la ribavirine, il est important d’attendre au moins six mois après la fin du traitement avant d’essayer d’avoir un enfant.

Soins prénataux et accouchement

Dans la plupart des cas, le fait d’avoir contracté l’hépatite C n’a aucune incidence sur les soins prénataux (soins pendant la grossesse) ou l’accouchement. S’il y a lieu d’effectuer des tests prénataux (par exemple, pour dépister des affections comme le syndrome de Down), ceux-ci sont sans danger et ne comportent pas de risque notable de transmission de l’hépatite C au bébé.

Aucune donnée probante ne permet d’affirmer que tel ou tel mode d’accouchement (par voie vaginale ou césarienne) est lié à une augmentation ou à une réduction des risques de transmission de l’hépatite C.

Allaitement ou allaitement maternel

Bien qu’on ait décelé la présence du virus de l’hépatite C dans le lait humain, aucune donnée ne tend à montrer que l’hépatite C puisse se transmettre du parent à l’enfant pendant l’allaitement.

Cependant, comme l’hépatite C se transmet par voie sanguine, il est recommandé d’arrêter d’allaiter si les mamelons gercent ou saignent. On peut reprendre l’allaitement après la cicatrisation des mamelons.

Les mesures suivantes peuvent aider à prévenir les gerçures des mamelons pendant l’allaitement :

  • Changer fréquemment la position du bébé à chaque tétée.
  • Déposer quelques gouttes de lait maternel sur le mamelon après chaque tétée et le laisser sécher à l’air libre. Le lait maternel est un hydratant naturel. On peut également se procurer des crèmes hydratantes, comme la vaseline et les baumes pour la poitrine.

Dépistage de l’hépatite C chez les enfants

La probabilité que le virus de l’hépatite C se transmette à un bébé pendant la grossesse ou l’accouchement est de l’ordre de 5 %.

La première étape du dépistage de l’hépatite C consiste généralement à rechercher la présence d’anticorps dans le sang. Il est généralement recommandé d’attendre que les enfants aient au moins 18 mois avant de procéder à ce dépistage. Les enfants faisant l’objet d’un dépistage avant l’âge de 18 mois et pendant l’allaitement doivent être soumis à une analyse de l’ARN (plutôt qu’à un test de dépistage des anticorps). En effet, les anticorps présents dans leur sang proviennent probablement du parent porteur de l’hépatite C et ne révèlent pas nécessairement une infection active. Si un enfant obtient un résultat positif au test de dépistage de l’hépatite C, il doit être soumis à une analyse de l’ARN dès qu’il a plus de 3 ans, car jusqu’à la moitié des enfants atteints d’hépatite C peuvent en guérir spontanément sans traitement.

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Revisé en 2021