Hépatite C : Un guide détaillé

La réduction des méfaits

La réduction des méfaits, c’est…

« … des politiques, programmes et projets qui visent à réduire les méfaits sanitaires, sociaux et économiques associés à la consommation de substances psychoactives. Il s’agit d’une approche fondée sur des preuves scientifiques, qui offre un bon rapport coût-efficacité et qui profite aux particuliers, aux collectivités et à la société en général. » (Qu’est-ce que la réduction des méfaits? – IHRA)

« … une série de stratégies pratiques qui réduisent les conséquences négatives de la consommation de drogue. » (www.harmreduction.org ) [traduction non officielle]

« …stratégies et interventions fondées sur la santé publique et les droits humains qui visent à réduire les mauvaises conséquences de la consommation de drogue, y compris la transmission d'infections, la mortalité et autres. Cela comprend le VIH, les hépatites B et C, les ITS, les overdoses et d'autres conséquences négatives de la consommation de drogue. (www.harm-reduction.org) [traduction non officielle]

Les principes et activités de la réduction des méfaits ont été élaborés dans le but d’améliorer la santé des consommateurs de drogue. Ce modèle de principes reconnaît les nombreuses raisons pour lesquelles les gens consomment de la drogue ainsi que le fait que certaines personnes ne peuvent ou ne veulent pas cesser de consommer. Dans ce contexte, la réduction des méfaits vise à limiter les conséquences négatives éventuelles de la consommation de drogue, y compris la propagation de maladies infectieuses comme l’hépatite C. Les recherches ont prouvé que la réduction des méfaits est efficace à cet égard et qu’elle contribue effectivement à prévenir la transmission de l’hépatite C et d’autres infections, notamment le VIH. En regard de ce genre de maladies infectieuses, l’un des buts de la réduction des méfaits est de diminuer les risques du contact de sang à sang. (Voir la section Comment la transmission de l'hépatite a lieu pour lire un résumé des activités qui entraînent le plus de possibilités de contact de sang à sang.)

Voici quelques exemples de mesures ou programmes de réduction des méfaits, avec l’indication des risques qu’ils contribuent à réduire :

  • En offrant du matériel neuf et en retirant de la rue celui qui a déjà servi, les programmes de distribution de trousses pour la consommation de crack et ceux d’échange de seringues réduisent la propagation des maladies transportées par le sang.
  • Les centres d’injection supervisés et les installations destinées à la consommation plus sécuritaire de drogue réduisent le nombre d’overdoses et d’infections. À l’heure actuelle, le seul centre d’injection supervisé au Canada se trouve à Vancouver.
  • Les programmes d’entretien à la méthadone réduisent les conséquences nocives de la dépendance aux opiacés.
  • L’éducation sur l’injection sécuritaire et le soin des veines habilite les consommateurs à réduire le nombre d’infections et de maladies.
  • L’évaluation de la pureté des pilules peut aider à prévenir les overdoses et les interactions dangereuses entre les drogues.
  • Les systèmes d’alerte rapide et les avertissements affichés dans les centres d’échange de seringues réduisent les risques d’overdose, d’empoisonnement et d’infection en fournissant aux consommateurs de l’information sur les fluctuations de la puissance des drogues et des autres substances qu’elles contiennent.
  • L’éducation concernant les signes avertisseurs d’overdose et l’accès à la naloxone (Narcan) peuvent éviter le décès causé par une overdose d’opiacés.

Les programmes et principes de la réduction des méfaits sont aussi appliqués pour prévenir les risques encourus par d’autres activités; en voici quelques exemples :

  • La distribution de condoms réduit la propagation des infections transmissibles sexuellement.
  • L’interdiction de fumer à l’intérieur réduit l’exposition à la fumée secondaire.
  • La distribution de trousses de tatouage et de perçage corporel réduit la propagation des maladies et des infections transportées par le sang.
  • Le recours à un conducteur abstinent et au transport en commun réduit le nombre d’accidents liés à l’alcool.
  • L’imposition de limites de vitesse et du port de la ceinture de sécurité réduit la mortalité causée par les accidents de la route.
  • L’ajout de filtres aux cigarettes réduit la quantité de toxines introduites dans les poumons.

Les principes clés de la réduction des méfaits :

Le non-jugement

Dans le modèle de la réduction des méfaits, on reconnaît que les consommateurs de drogue ont droit au même degré de respect que n’importe qui d’autre. Le jugement ne fait qu’aliéner et isoler ces personnes et leurs communautés, les décourager de se faire soigner et augmente donc les méfaits liés à la consommation de drogue. Les services de réduction des méfaits sont offerts d’une manière qui exclut la coercition et la stigmatisation. Ils privilégient un langage neutre pour décrire les comportements et les choix des consommateurs de drogue.

Des interventions pratiques

La réduction des méfaits repose sur diverses mesures simples pouvant être appliquées par les consommateurs de drogue. Dans le diagramme suivant, elles sont énumérées dans un ordre qui va des plus sûres aux moins sûres. Par exemple, l’injection de drogue comporte des niveaux de risques différents selon qu’elle se fait avec du matériel partagé ou non :

Une approche axée sur le client

La réduction des méfaits repose sur une approche réaliste qui tient compte de la capacité des gens à modifier leurs comportements et de leur consentement à le faire. Elle reconnaît ainsi que la modification des comportements dépend d’un processus de coopération qui varie d’une personne à l’autre. Les fournisseurs de services qui font la promotion de la réduction des méfaits ont deux rôles essentiels : aider les personnes à reconnaître leurs options, et renforcer leurs capacités pour adopter et maintenir certains comportements.

Ce principe reconnaît que la réduction des méfaits nécessite une approche holistique. Le maintien ou non des pratiques de la réduction des méfaits dépend fortement de la présence ou de l’absence de facteurs environnementaux, tels que le soutien social, des revenus réguliers et un logement. Quoiqu’un organisme ne soit pas en mesure de fournir de l’assistance pour résoudre tous ces problèmes, les programmes de réduction des méfaits peuvent servir de point d’accès pour mettre les personnes en rapport avec d’autres services sociaux et de santé.

"Rien de ce qui nous concerne sans nous"

Il existe un mouvement croissant à l’échelle pancanadienne et mondiale qui consiste à impliquer de plus en plus les utilisateurs de drogue dans les politiques et les programmes liés à la consommation de drogue, à l’hépatite C et au VIH. Les consommateurs de drogue ont non seulement le droit d’être impliqués dans les décisions qui les concernent, mais ils peuvent aussi influencer l’efficacité des programmes en partageant leur expérience et leur ensemble de connaissances. Ces derniers peuvent s’impliquer au niveau communautaire en assumant des rôles divers : décisionnaires, experts, réalisateurs et contributeurs. Le niveau d’engagement qui varie selon les différents rôles est démontré dans la pyramide ci-dessous (adaptée de "Rien à notre sujet sans nous" L’implication accrue et significative des personnes qui utilisent des drogues illégales : un impératif sanitaire, éthique et des droits humains. Toronto : Réseau juridique canadien VIH/sida, 2005) :

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