Hépatite C : Un guide détaillé

L’information sur les drogues

Les tendances en matière de consommation de drogue varient considérablement d'un bout à l'autre de l'Ontario et du Canada. La popularité de certaines drogues se modifie au fil du temps, les modes de consommation également. On constate des changements dans les préférences des consommateurs, dans l'approvisionnement, dans la qualité des drogues, et même dans la répartition géographique de leur consommation. Le tableau suivant décrit plusieurs drogues populaires ainsi que les façons dont elles sont consommées. Les organismes voués à la réduction des méfaits et les unités de santé publique disposent souvent de systèmes d'alerte rapide qui leur permettent de connaître l'évolution des tendances en fait de consommation de drogue. Ceux qui aimeraient en savoir plus sur ces tendances à l'échelle du Canada auraient intérêt à consulter la série d'études I-Track.

Drogue

Description

Mode d'admini-stration habituelle

Effets

Risques

Cocaïne

Poudre blanche

Sniffer;
injecter;
fumer;
ingérer;
insérer/
absorber
– augmentation subite de la vigilance, augmentation de la libido, sentiment d'importance, confiance, énergie; durée de 30 à 40 minutes

Certains risques sont inhérents aux drogues elles-mêmes (l'et la dépendance, par exemple), alors que d'autres découlent de la façon dont la drogue est administrée (injectée, sniffée ou fumée); il existe par ailleurs des risques associés à la perception qu'ont les gens de la consommation de drogue (stigmatisation et problèmes juridiques, par exemple)

Crack

Cocaïne sous forme de caillou

Fumer;
injecter

Stimulant – comme la cocaïne, mais de moins longue durée, soit de 2 à 20 minutes

Héroïne

Poudre blanche ou brune Injecter;
fumer;
sniffer;
ingérer;
inhaler
– sentiment de bien-être; augmentation subite du plaisir et du sentiment de gratification; baisse de la faim et de la libido;   puissant (contre la douleur tant psysique que psychique)

Oxycodone,
OxyContin

Pilules, comprimés

Injecter;
ingérer

Dépresseur – analgésique

Morphine, hydromorphone, dilaudide

Liquide; pilules; suppositoires

Injecter;
ingérer;
insérer/
absorber

Dépresseur – analgésique

Crystal meth

Caillou ou cristal; poudre Fumer;
injecter;
ingérer;
sniffer;
insérer/
absorber

Stimulant – augmentation subite de l'énergie; bougeotte; sentiment d'excitation ou d'agitation

Risques psychologiques

L'overdose :

L'industrie de la drogue n'est pas réglementée; les revendeurs et les fabricants de drogues illicites contrôlent donc intégralement la puissance de leurs produits. Ils mélangent certaines drogues à d'autres substances afin d'en accroître le volume ou d'en modifier les effets. Les analyses ont permis de détecter dans plusieurs drogues du détergent à vaisselle, du verre broyé, des traces de drogues plus puissantes (PCP, LSD), du raticide et du bicarbonate de soude. Le crack est souvent mélangé à du crystal meth. Si l'on ne connaît pas la pureté des drogues que l'on consomme, il est difficile de déterminer quelle dose il faut en prendre pour obtenir les effets souhaités, d'où un risque accru de faire une overdose accidentelle.

La tolérance à une drogue peut diminuer à la suite d'une période d'abstinence, que celle-ci soit volontaire – durant un traitement contre la toxicomanie, par exemple – ou involontaire, comme durant un séjour en prison. Les personnes qui essaient une nouvelle drogue pour la première fois risquent quant à elles d'avoir une faible tolérance à cette dernière. Il est également possible que le produit consommé ait été coupé par le revendeur ou une autre personne d'une manière différente de celle à laquelle on est habitué. En pareil cas, on peut réduire le risque d'overdose en commençant par une faible dose de la drogue, ce qui permettra d'en tester les effets avant de prendre une pleine dose.

De nombreux consommateurs de drogue prennent plusieurs substances différentes en même temps, soit parce qu'ils recherchent des effets particuliers, soit parce que la drogue qu'ils ont choisie est mélangée à d'autres substances. Or, cela augmente les risques de faire une overdose. De fait, dans la majorité des cas, on trouve deux drogues ou plus dans le corps des victimes d'une overdose. Celle-ci pourrait être attribuable aux effets contradictoires des drogues en question (stimulants contre dépresseurs, par exemple) ou encore à la persistance plus ou moins longue de chacune dans le corps. Par exemple, dans les cas où une overdose de cocaïne s'avère fatale, il arrive souvent qu'on trouve aussi de l'alcool dans le corps de la victime. Par ailleurs, la prise d'héroïne avec une autre drogue (tels les benzodiazépines, l'alcool ou le crack) cause davantage d'overdoses que n'importe laquelle de ces drogues consommée toute seule.

Les signes d'une overdose :

Les signes et symptômes d'une overdose diffèrent selon que la drogue en cause est un stimulant ou un dépresseur. La présence d'un ou deux des symptômes décrits ci-dessous signale un danger possible, tandis que trois symptômes ou plus constituent le signe avertisseur d'une overdose imminente. L'issue n'en sera pas nécessairement fatale, pourvu que des soins médicaux soient prodigués rapidement. Une overdose d'héroïne ou de morphine, par exemple, pourra être traitée à l'aide d'un médicament comme la naloxone .

Signes d'une overdose
Signes d'une overdose : stimulants (cocaïne et crack, entre autres) Signes d'une overdose : dépresseurs (héroïne, OxyContin et morphine, entre autres)
• Battements de cœur forts et rapides
• Température corporelle élevée
• Lèvres bleues
• Peau blême
• Écume aux lèvres
• Vomissements
• Crises épileptiques, secousses musculaires ou tremblements
• Douleur à la poitrine
• Perte de connaissance
• Ralentissement ou arrêt respiratoire
• Ralentissement ou arrêt cardiaque
• Crises épileptiques, secousses musculaires ou tremblements
• Vomissements
• Lèvres ou peau bleues
• Température corporelle basse
• Confusion mentale
• Perte de connaissance

La dépendance :

Il existe deux sortes de dépendances à la drogue : physique et psychologique. La dépendance physique se produit lorsque la drogue provoque dans le cerveau ou le corps des changements chimiques qui les rendent incapables de fonctionner sans elle. La dépendance psychologique tient au désir d'éprouver de manière répétée les effets agréables de la drogue, comme l'augmentation de la confiance en soi ou le soulagement de la douleur affective. Certaines drogues ne créent aucune dépendance; d'autres, une dépendance physique ou psychologique seulement; et d'autres encore, les deux sortes de dépendance en même temps. Par exemple, la dépendance à l'alcool comporte à la fois un élément psychologique – on recherche l'effet désinhibant, la détente et le sentiment de liberté qu'on associe à cette substance – et un élément physique : lorsqu'un grand buveur arrête de consommer, les symptômes du manque, comme les tremblements, sont souvent intenses.

La santé mentale :

La drogue cause parfois des changements dans l'état de santé mentale du consommateur. Dans bien des cas, il s'agit d'effets secondaires de la drogue elle-même : la paranoïa associée à la consommation de cannabis, par exemple. Chez certaines personnes, la consommation de drogue fait surgir des problèmes de santé mentale sous-jacents et peut même causer des troubles comme l'anxiété, la dépression ou la schizophrénie. Les personnes touchées ont souvent besoin d'aide et de soutien pour faire face à leurs problèmes de santé mentale.

Les risques associés au mode d'administration de la drogue :

La façon dont les drogues sont consommées peut comporter des risques particuliers.

  • Ingérer – L'ingestion est souvent la façon la plus sûre de consommer, mais des effets secondaires gastro-intestinaux sont possibles.
  • Insérer – L'insertion d'une drogue dans l'anus ou le vagin peut irriter la muqueuse, de sorte que la personne devient plus vulnérable aux ITS, au VIH et, éventuellement, à l'hépatite C, lorsqu'elle a des relations sexuelles.
  • Sniffer – En plus de comporter un risque d'infection par l'hépatite C (si on réutilise le matériel de quelqu'un d'autre), ce mode d'administration peut causer l'érosion des voies nasales, des écoulements et des saignements de nez et une irritation pulmonaire.
  • Fumer – Lorsqu'on fume de la drogue, on expose ses poumons à une grande variété de toxines, ce qui augmente les risques de souffrir de toux, d'emphysème et de cancer, mais cette méthode reste moins dangereuse que de se piquer. Les pipes à crack brisées ou improvisées peuvent causer brûlures, coupures ou fissures sur les lèvres ou dans la bouche, facilitant ainsi la transmission de l'hépatite C (si on réutilise la pipe de quelqu'un d'autre).
  • Injecter – Les risques associés à l'injection de drogue sont nombreux : infection par les maladies transmises par le sang, telles que le VIH et l'hépatite C (si on partage le matériel de quelqu'un d'autre); infections de la peau et abcès; veines abîmées; infection des valvules cardiaques (endocardite); poumon de craie; caillots sanguins; septicémie et marques sur la peau.

Les risques sociaux

La consommation de drogue a des conséquences qui dépassent les seuls effets des substances consommées. Elle peut nuire aux relations qu'on entretient avec sa famille, ses amis et son milieu. L'usage de drogue est un comportement stigmatisé susceptible d'aliéner le consommateur de sa famille. Lorsqu'on jette son matériel dans un lieu public, on expose d'autres personnes au risque d'une piqûre d'aiguille accidentelle. La possession et le trafic de drogue constituent des infractions criminelles et sont au nombre des principaux motifs d'incarcération à l'heure actuelle. L'incarcération elle-même comporte de nombreuses conséquences négatives : perspectives d'emploi réduites, accès limité aux soins de santé, isolement et aliénation accrus, exposition à la violence du milieu carcéral. Peser ces risques contre les avantages de se droguer est un défi de taille pour les consommateurs de drogue. Cela est particulièrement difficile lorsque consommer de la drogue est perçu comme normal dans le cercle social de la personne, que celle-ci souffre d'une dépendance ou qu'elle a recours à la drogue pour affronter ses autres problèmes. Souvent, la stigmatisation est fondée davantage sur les perceptions négatives qu'entretiennent les gens à l'égard des consommateurs que sur le comportement réel de ceux-ci.

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