Hépatite C : Un guide détaillé

Intro à l'hépatite C

Points clés

  • L’hépatite C est une infection du foie causée par le virus de l’hépatite C.
  • Environ une personne sur quatre se débarrasse toute seule de l’hépatite C (clairance spontanée), alors que les autres passent au stade de l’hépatite C chronique.
  • Au fil du temps, le virus cause de l’inflammation et détruit les cellules saines du foie, de sorte que celles-ci sont remplacées par du tissu cicatriciel. Cela se produit au cours d’un processus appelé fibrose.
  • Avec le temps, si le virus n’est pas traité, le tissu cicatriciel s’étend à d’autres parties du foie jusqu’à ce qu’il envahisse presque l’organe entier ; on appelle cela la cirrhose.
  • Il n’existe aucun vaccin contre l’hépatite C ni aucune immunité contre l’infection.

Le mot hépatite signifie inflammation (-ite) du foie (hépa-).

L’hépatite C est une infection spécifique du foie qui est causée par le virus de l’hépatite C.

Le foie

Le foie est le plus grand organe interne de l’organisme humain et le principal site ciblé par le virus de l’hépatite C. Le foie accomplit plus de 500 fonctions métaboliques essentielles, dont les suivantes : la dégradation de l’alcool, des médicaments et d’autres produits chimiques ; la régulation de l’approvisionnement de l’organisme en carburant (glucose), en hormones et en vitamines et minéraux essentiels ; la fabrication de protéines essentielles aux systèmes de transport du sang, à la coagulation sanguine et à la fonction immunitaire. Le foie figure aussi parmi les rares organes qui sont capables de se régénérer après avoir été endommagés.

Le virus de l'hépatite C

Le virus de l’hépatite C est un virus à ARN. Il se sert des cellules du foie pour créer des copies de lui-même, un processus qui tue les cellules en question. L’infection s’appelait autrefois l’hépatite « non A, non B » avant la découverte du virus de l’hépatite C en 1989.

L'infection aiguë (Phase 1)

Le terme hépatite C aiguë désigne la première phase de la maladie, alors que la personne est nouvellement infectée. Durant cette phase, environ une personne infectée sur quatre réussit à évacuer le virus de son corps sans traitement dans les six mois suivant l’infection. Ces personnes n’auront plus l’hépatite C, mais les tests de dépistage des anticorps anti-hépatite C donneront un résultat positif pour le reste de leur vie. (Pour en savoir plus, voir Les tests diagnostiques.) 

L'infection chronique (Phase 2)

Environ trois personnes sur quatre qui sont atteintes de l’infection aiguë ne connaissent pas de clairance spontanée du virus dans les six mois, et la maladie progresse au stade de l’infection chronique.

L'inflammation et la fibrose

Au fil du temps, le virus détruit les cellules du foie et provoque de l’inflammation et la formation de tissu cicatriciel dans l’organe. Il s’agit de la fibrose.

Chez la plupart des personnes, la maladie progresse lentement, souvent sur une période de 20 à 30 ans. Durant cette période, la personne pourrait ne présenter aucun signe ou symptôme, même si le virus de l’hépatite C est en train d’endommager son foie. 

La cirrhose

Au cours des décennies que dure de l’infection chronique, le tissu cicatriciel s’accumule dans le foie. Lorsque la majorité de l’organe est cicatrisée, on parle de cirrhose. Lorsque la cirrhose se produit, elle se déclare initialement sous forme de cirrhose compensée. À ce stade, le foie continue d’accomplir un grand nombre de ses fonctions. De nombreuses personnes atteintes de cirrhose compensée éprouvent peu de symptômes, voire aucun. Cependant, la cirrhose décompensée finit par se développer. La cirrhose décompensée se produit lorsque le tissu cicatriciel est tellement abondant que le foie a de la difficulté à fonctionner. À ce stade, le risque de complications potentiellement mortelles est important, telles que des infections abdominales graves, des hémorragies internes, l’insuffisance hépatique et la mort. Lorsque ce genre de cirrhose est présent, il est possible qu’une greffe de foie soit envisagée.

Les personnes atteintes de cirrhose sont plus à risque de présenter un cancer du foie appelé carcinome hépatocellulaire (CHC).

L’hépatite C à l’extérieur du foie

Le virus de l’hépatite C peut également toucher des organes du corps autres que le foie. À titre d’exemple, notons que cette infection a été liée à un risque accru d’insuffisance rénale, de prédiabète et de diabète. Les professionnels de la santé recommandent habituellement des tests pour surveiller l’état de santé général de la personne et pas seulement la santé du foie.

Les génotypes : six souches de l’hépatite C

Le terme génotype signifie une souche principale du virus de l’hépatite C. Il existe au moins six génotypes du virus de l’hépatite C. L’identification du génotype fait partie du processus de prise de décisions nécessaire pour choisir son régime de traitement. Certains traitements peuvent guérir n’importe quel génotype du virus de l’hépatite C, alors que d’autres guérissent uniquement des génotypes précis. 

Le traitement et la guérison de l’hépatite C

On peut guérir de l’hépatite C! De nos jours, le traitement guérit plus de 95 % des personnes atteintes. La meilleure façon de prévenir la détérioration de la santé hépatique et les complications de la cirrhose consiste à suivre un traitement et à guérir de l’hépatite C.

Toute personne atteinte d’hépatite C devrait parler à son professionnel de la santé de ses options en matière de traitement. Pour en savoir plus, voir Le traitement.

Aucun vaccin ni immunité : une personne peut être réinfectée

Il n’existe aucun vaccin contre l’hépatite C ni aucune possibilité d’immunité. Une personne qui a déjà eu l’hépatite C et qui en a guéri, que ce soit par clairance spontanée ou grâce à un traitement, peut être réinfectée si elle est exposée à nouveau au virus. Les anticorps anti-hépatite C n’offrent aucune protection contre le virus.

La transmission

La transmission de l’hépatite C a lieu lors des contacts de sang à sang. Cela veut dire que l’hépatite C se transmet lorsqu’une quantité de sang provenant d’une personne porteuse du virus entre dans le sang d’une autre personne. De nos jours, au Canada, la plupart des nouvelles infections par l’hépatite C se produisent lorsque des gens réutilisent du matériel ayant déjà servi à la préparation et à l’injection de drogues. L’hépatite C ne se transmet pas par les simples contacts entre deux personnes comme les baisers, les accolades ou le partage d’ustensiles.

En général, la transmission sexuelle de l’hépatite C n’est pas courante. Le risque augmente en présence de certains facteurs, tels que les relations sexuelles anales sans condom, le VIH, les infections transmissibles sexuellement, le sexe en groupe ou encore les relations sexuelles ayant lieu en présence de sang ou de chemsex (la prise de drogues spécifiques pour intensifier le plaisir ou faire durer les séances d’activité sexuelle). Par conséquent, il est possible que le risque de transmission soit plus élevé parmi certains groupes d’hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH).

(Pour en savoir plus, voir Comment a lieu la transmission de l’hépatite C.) 

La prévention

Au Canada, en ce qui concerne l’hépatite C, un élément important de l’intervention de la santé publique consiste à prévenir les nouvelles infections par l’hépatite C en adoptant les mesures suivantes :

  • assurer de la formation et de l’information, offrir des ressources et des services en matière de prévention qui permettent aux gens de réduire leur risque d’hépatite C
  • encourager les gens à se faire tester s’ils prennent part à des activités qui pourraient les exposer au virus de l’hépatite C
  • mettre les gens en relation avec des services de traitement et offrir le traitement

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Révisé en 2019.

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