Point de mire sur la prévention

Printemps 2019 

Le Party and Play au Canada : Quel est son impact sur la santé des hommes gais?

par Zak Knowles

Certains hommes gais, bisexuels et hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (hommes gbHARSAH) prennent délibérément des drogues pour faciliter les rencontres sexuelles ou augmenter leur plaisir lors de celles-ci. On appelle couramment ce phénomène le Party and Play ou PnP. Les hommes gbHARSAH prennent part au PnP pour une variété de raisons. Dans cet article, nous parlons des drogues les plus utilisées pour le PnP au Canada, de la fréquence du phénomène dans ce pays, des risques d’infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) associés au PnP et des façons dont les intervenants peuvent soutenir les hommes qui s’adonnent au PnP dans leurs communautés.

Qu’est-ce que le PnP?

Le PnP consiste en l’utilisation, par des hommes gbHARSAH, de certaines drogues avant ou pendant les relations sexuelles dans l’intention spécifique de faciliter, de faire durer ou de rehausser l’intensité des rencontres sexuelles.1 Ce phénomène porte aussi le nom de chemsex.

La participation au PnP est facilitée par les sites de rencontre en ligne et les applications vouées à la recherche de sexe qui permettent aux hommes gbHARSAH de trouver rapidement des partenaires s’intéressant au PnP près de chez eux.2 Les hommes emploient certains mots de code (tels que slam, chems, faves, party, blowing clouds) dans leur profil pour signifier qu’ils veulent faire du PnP, que ce soit avec une seule personne ou en groupe. Le PnP peut avoir lieu lors d’événements tenus dans des lieux publics, tels que les saunas et les établissements dotés de chambres noires ou salles en arrière, ou encore de façon plus informelle dans la maison ou l’appartement de quelqu’un.3

Pourquoi les gars participent-ils au PnP?

Il existe une variété de raisons pour lesquelles les hommes gbHARSAH font du PnP. Certains hommes choisissent le PnP pour :

  • augmenter leur confiance sexuelle et surmonter le doute de soi, une mauvaise image corporelle et des insécurités de nature sexuelle4,5
  • stimuler leur libido (désir sexuel), qui risque d’avoir diminué avec l’âge5
  • créer un sentiment de communauté par le biais de la participation6
  • accroître les sentiments d’intimité et de connexion sexuelle avec leurs partenaires; certains hommes disent éprouver d’intenses sentiments d’intimité et de contact avec leurs propres sensations et les désirs de leur partenaire lorsqu’ils font du PnP5
  • augmenter leur endurance sexuelle en faisant durer longtemps l’acte sexuel sans éjaculer ou en étant prêt à recommencer peu de temps après l’éjaculation; cela peut leur permettre d’avoir des relations sexuelles avec plus d’un partenaire au cours de la même période de temps5
  • participer à une plus grande variété d’activités sexuelles grâce à la perte des inhibitions4,5

Pour certains hommes gbHARSAH séropositifs, le PnP les aide à composer avec des sentiments négatifs résultant de la stigmatisation et de la discrimination liées à leur statut VIH et/ou à leur sexualité.5,6

Quelles drogues sont utilisées pour le PnP?

Au Canada, les drogues les plus utilisées pour le PnP sont la méthamphétamine en cristaux (crystal meth), le gamma-hydroxybutyrate (GHB) et la kétamine. Ces drogues sont utilisées parce qu’elles augmentent l’excitation sexuelle et la performance tout en favorisant la désinhibition.2

Crystal meth

Le crystal meth (Tina, T, crystal, ice, meth, speed) peut être avalé, fumé dans une pipe en verre, sniffé, inséré dans le rectum (booty bump) ou mélangé à de l’eau et injecté dans une veine (slamming). Les effets du crystal meth peuvent durer jusqu’à 24 heures, mais les doses sont habituellement répétées toutes les trois ou quatre heures pour stimuler l’énergie ou faire durer l’intoxication. Les effets du crystal meth incluent l’euphorie (plaisir ou excitation intense), l’augmentation de l’énergie et de la confiance, l’impulsivité, la réduction des sensations de douleur, la stimulation sexuelle intense et la baisse des inhibitions.7

Gamma-hydroxybutyrate et gamma-butyrolactone

Le gamma-hydroxybutyrate (GHB, G, Gina) et le gamma-butyrolactone (GBL) se prennent en de très faibles doses diluées avec de l’eau ou d’autres liquides comme les boissons gazeuses. Les doses de GHB et de GBL sont répétées toutes les deux heures environ, selon la puissance. Les effets du GHB et du GBL incluent l’euphorie, la baisse des inhibitions et l’augmentation de la pulsion sexuelle. Certains hommes ont des érections plus dures et des orgasmes plus intenses sous l’effet du GHB et du GBL. Comme ces drogues ont des effets relaxants, elles peuvent rendre les relations anales réceptives plus faciles ou plus agréables.7

Le GHB et le GBL sont surnommés les « drogues du viol » parce que, même si une personne est disposée à avoir de l’activité sexuelle, sa capacité d’établir et d’affirmer ses limites sexuelles est réduite. Cela veut dire qu’elle risque de ne pas être en mesure de consentir réellement au sexe.7

Kétamine

La kétamine (K, Spécial K, Ké, Vitamine K) est un anesthésique. Elle peut être sniffée, injectée dans un muscle, avalée ou fumée avec du tabac ou du cannabis. Les effets de la kétamine durent de 40 à 90 minutes après l’inhalation ou encore jusqu’à trois heures après l’ingestion ou l’injection. La fréquence des doses dépend de la façon dont on la prend.

La kétamine engourdit la douleur physique. À faible dose, elle peut accroître légèrement l’énergie. Les doses modérées peuvent induire des sentiments de relaxation ou de dissociation par rapport au corps. Les doses plus élevées entraînent des épisodes psychédéliques (K-Hole) et des hallucinations. La kétamine augmente le désir de sexe, mais rend le maintien d’une érection plus difficile. Elle aide aussi à relaxer l’anus, ce qui s’ajoute à l’effet engourdissant de la drogue pour faciliter les relations sexuelles brutales et le fisting (avoir un poing inséré dans le rectum) entre hommes.7

Autres drogues

Il arrive aux adeptes du PnP d’utiliser d’autres substances aussi, notamment les poppers, la cocaïne, l’ecstasy, le cannabis et l’alcool, et cette consommation peut avoir lieu avant, pendant ou après une séance de PnP. Les médicaments contre la dysfonction érectile (tel Viagra) sont utilisés par certains hommes pour contrer les effets du crystal meth ou de la kétamine, lesquels peuvent faire en sorte qu’il est difficile d’avoir ou de maintenir une érection. Il peut être dangereux de mélanger des drogues différentes parce que cela augmente le risque d’interactions et de surdoses. À titre d’exemple, notons que la combinaison de poppers et de Viagra peut causer une chute de la tension artérielle et entraîner ainsi un évanouissement, un AVC ou une crise cardiaque.

Dans quelle mesure le PnP est-il pratique courante au Canada?

Quelques études de recherche ont fourni des données sur la popularité du PnP parmi les hommes gbHARSAH au Canada. Cependant, comme les questions ont été posées et les réponses analysées de façons variées lors des études en question, il n’existe aucune estimation claire de la participation au PnP. Selon les données disponibles à propos des hommes gbHARSAH, l’estimation se situerait quelque part entre 5 % et 20 % à l’échelle nationale.8,9,10,11 Il est cependant probable que la participation au PnP varie d’une région à l’autre du Canada selon la culture locale, comme c’est la tendance observée en Europe, où la participation au PnP diffère énormément d’un pays à l’autre et d’une ville à l’autre.3

Les hommes gbHARSAH sont plus susceptibles d’utiliser des drogues récréatives que les hommes hétérosexuels; cependant, ce ne sont pas tous les hommes gbHARSAH qui utilisent des drogues qui s’en servent aux seules fins du PnP (c’est-à-dire dans un contexte sexuel).12 L’étude M-Track, un sondage mené auprès de quelque 5 000 hommes gbHARSAH dans cinq villes canadiennes entre 2005 et 2007, a révélé que presque 61 % des répondants avaient utilisé une substance récréative ou davantage (excluant l’alcool) avant ou pendant une relation sexuelle au cours des six mois précédents. On ne demandait pas spécifiquement aux participants s’ils avaient pris des drogues à des fins de PnP. Il n’empêche que 21 % des hommes gbHARSAH ayant participé à l’étude ont déclaré avoir pris des drogues couramment associées au PnP au Canada, y compris la kétamine, l’ecstasy, le crystal meth, le GHB, les psychédéliques et d’autres amphétamines.8

Le plus récent sondage EMIS (Sondage Internet européen auprès d’hommes gbHARSAH) a été réalisé entre octobre 2017 et la fin janvier 2018.9 Plus de 134 000 personnes de 49 pays y ont participé, y compris plus de 6 000 hommes gbHARSAH canadiens. Parmi ceux-ci, entre 6 % et 8 % ont déclaré avoir « utilisé des drogues stimulantes pour rendre le sexe plus intense ou le faire durer » au cours des quatre semaines précédentes.

Dans le sondage en ligne Sexe au présent 2015, une initiative périodique du Centre de recherche communautaire pour la santé des hommes gais, on a interrogé les hommes gbHARSAH sur l’utilisation de drogues avant leur plus récente rencontre sexuelle.10 Sur 7 814 répondants, 1,9 % avaient utilisé du crystal meth, 1,2 % avaient pris du GHB et moins de 0,3 % avaient utilisé de la kétamine. Selon une sous-analyse des répondants ontariens, 130 sur 2 819 (4,6 %) avaient utilisé du crystal meth ou du GHB pour le PnP au cours de la dernière année. Cette étude a examiné des facteurs associés au PnP en Ontario. Selon cette dernière, un nombre considérablement plus élevé de :

  • hommes séropositifs (21,3 %) avaient fait du PnP au cours de la dernière année, par rapport aux hommes séronégatifs (3,4 %)
  • hommes âgés de 35 à 44 ans (8,4 %) avaient fait du PnP au cours de la dernière année, par rapport aux hommes d’autres groupes d’âge (3,5 à 4,1 %)
  • hommes s’identifiant comme gais (5,7 %) avaient fait du PnP au cours de la dernière année, par rapport aux hommes ne s’identifiant pas comme gais, mais ayant eu des partenaires sexuels masculins (2,4 %)
  • hommes vivant en régions urbaines (6,4 %) avaient fait du PnP au cours de la dernière année, par rapport aux hommes vivant en régions non urbaines (2,4 %).10

L’équipe de Momentum, une étude de cohorte prospective toujours en cours sur la santé, le comportement sexuel et les tendances de consommation de substances des hommes gais et bisexuels de Vancouver, a interrogé 719 hommes sur leur consommation de drogues depuis six mois.11 19,6 % des hommes ont déclaré avoir pris du crystal meth, 19,1 % avaient utilisé du GHB et 12 % avaient pris de la kétamine. Aucune question spécifique sur la consommation dans le contexte du PnP n’a été posée. Il n’empêche que les hommes qui avaient assisté à un événement de sexe en groupe (party de sexe, soirée blackout ou chambre noire) étaient considérablement plus susceptibles d’avoir utilisé des drogues (tel le crystal meth) que les hommes qui n’avaient pas assisté à un tel événement.

Quels sont les risques d’ITSS associés au PnP?

La recherche internationale indique que la participation au PnP est associée à diverses pratiques sexuelles contribuant à la transmission du VIH, de l’hépatite C et des ITS.

Comparés aux hommes gbHARSAH qui ne participent pas au PnP, les hommes gbHARSAH séronégatifs qui font du PnP sont plus susceptibles de :

  • avoir des relations sexuelles anales sans condom avec un partenaire ou davantage13
  • avoir des relations sexuelles anales réceptives plus fréquentes14
  • avoir des relations sexuelles anales sans condom avec des partenaires séropositifs ou au statut VIH inconnu13
  • avoir des relations sexuelles anales réceptives sans condom avec un partenaire au statut VIH inconnu13
  • déclarer avoir eu 11 nouveaux partenaires sexuels ou davantage depuis un an13
  • participer à des activités de sexe en groupe13

La recherche porte à croire que certains hommes gbHARSAH sont ouverts à l’idée d’explorer dans le cadre du PnP des activités auxquelles ils n’auraient aucune intention de participer lorsque sobres.4

Étant donné que la prise de drogues lors des séances de PnP peut réduire les inhibitions, accroître le désir d’aventures sexuelles et faire durer les relations, elle peut également augmenter la probabilité que les activités endommagent le revêtement rectal. Cela peut augmenter le risque de transmission du VIH, de l’hépatite C et d’autres ITS.15 Les dommages au revêtement rectal peuvent être causés par les relations sexuelles brutales et les actes comme le fisting à cause de la sensibilité réduite à la douleur, surtout sous l’effet du crystal meth et/ou de la kétamine.4

Les hommes qui s’injectent du crystal meth risquent également de transmettre le VIH ou l’hépatite C s’ils partagent du matériel d’injection. Même si les hommes qui font du PnP sont au courant des risques associés à l’injection, ils sont susceptibles d’être moins vigilants que normalement lorsqu’ils partagent du matériel durant une séance prolongée de PnP.16,17 Il faut aussi prendre soin de garder stériles le matériel d’injection et la région de la peau à injecter afin de prévenir les infections cutanées susceptibles de causer des plaies ou des abcès.

Les hommes gbHARSAH qui font du PnP ont-ils des taux plus élevés de VIH, d’hépatite C et d’ITS?

En raison de leur participation à des comportements sexuels et de consommation de drogues pouvant accroître les risques de VIH, d’hépatite C et d’ITS, il est possible que les hommes gbHARSAH qui font du PnP affichent des taux plus élevés de ces trois sortes d’infections.

Une revue systématique de l’utilisation sexualisée de drogues parmi les hommes gbHARSAH a permis de constater une prévalence accrue de gonorrhée et de chlamydia, surtout parmi les hommes qui prenaient du crystal meth.12 Les hommes qui consommaient du crystal meth ou qui s’injectaient des drogues étaient plus susceptibles de contracter l’hépatite C que les hommes qui ne consommaient ni du crystal meth ni des drogues injectables.12

Une variété d’études menées en Europe et en Amérique du Nord ont révélé que les hommes gbHARSAH qui faisaient du PnP étaient plus susceptibles d’avoir des ITS bactériennes (chlamydia, gonorrhée et syphilis) que les hommes gbHARSAH qui ne faisaient pas de PnP.12,18,19,20,21 Voici quelques statistiques à ce sujet :

  • Parmi les hommes gbHARSAH séronégatifs suivis dans une clinique de santé sexuelle d’Amsterdam en 2016, ceux qui faisaient du chemsex étaient 1,5 fois plus susceptibles d’avoir une ITS bactérienne que les hommes gbHARSAH qui ne prenaient pas de drogues dans un contexte sexuel.19 Dans cette étude, 31,1 % des hommes ayant fait état de chemsex avaient un diagnostic de gonorrhée, de chlamydia ou de syphilis, comparativement à 20,7 % des hommes n’ayant déclaré aucun incident de chemsex.
  • À New York, parmi des hommes gbHARSAH sous prophylaxie pré-exposition (PrEP), ceux qui faisaient état d’un usage sexualisé de drogues étaient plus susceptibles de signaler une ITS bactérienne (42 %) que les hommes ne faisant pas d’usage sexualisé de drogues (9 %).20 Dans cette étude, les hommes gbHARSAH qui participaient au chemsex étaient six fois plus susceptibles d’avoir une ITS bactérienne que les hommes ne faisant pas de chemsex.
  • Parmi les hommes gbHARSAH suivis dans deux cliniques de santé sexuelle de Londres en 2014 et 2015, 70 % des adeptes du chemsex ont reçu un diagnostic d’ITS, comparativement à 40 % des hommes ne faisant pas de chemsex.21

Une variété d’études menées en Europe et dans d’autres pays à revenu élevé ont révélé que les hommes gbHARSAH qui faisaient du PnP étaient plus susceptibles de contracter le VIH que les hommes gbHARSAH qui n’en faisaient pas.20,22,23 Voici quelques exemples :

  • Une revue systématique et méta-analyse a trouvé que les hommes gbHARSAH des pays à revenu élevé qui prenaient des stimulants amphétaminiques (y compris le crystal meth) étaient 1,7 fois plus susceptibles d’avoir le VIH que les hommes qui n’en prenaient pas.20
  • Une étude menée entre 2011 et 2017 dans une clinique de santé sexuelle d’Anvers, en Belgique, a permis de constater que 33 % des hommes gbHARSAH qui utilisaient de l’ecstasy, de la cocaïne, des amphétamines ou du GHB ont contracté le VIH, comparativement à seulement 13 % des hommes gbHARSAH qui ne prenaient pas ces drogues. L’étude a révélé que les hommes gbHARSAH qui utilisaient des drogues associées au PnP étaient six fois plus susceptibles de contracter le VIH que les hommes gbHARSAH qui n’en prenaient pas.23
  • Selon une étude menée auprès d’hommes gbHARSAH ayant fréquenté deux cliniques de santé sexuelle de Londres en 2014 et 2015, 8,6 % des hommes gbHARSAH qui disaient prendre des drogues associées au chemsex ont reçu un nouveau diagnostic de VIH, comparativement à 1,8 % des hommes gbHARSAH qui ne participaient pas au chemsex.21

Impact sur la santé mentale

Certaines données portent à croire que les hommes ayant souffert de dépression ou d’anxiété à un moment donné de leur vie sont plus susceptibles de prendre part au PnP.24 La prise de drogues associées au PnP est également liée à des problèmes de santé mentale à court et à long terme, tels que la dépression, l’anxiété et la psychose, lesquelles peuvent conduire au suicide dans certains cas.12,25

Le PnP est également associé à d’autres problèmes découlant de la consommation de drogues et de la toxicomanie. À titre d’exemple, notons que le crystal meth peut créer une forte dépendance, surtout si la drogue est fumée ou injectée.18 Il peut être extrêmement difficile d’arrêter d’utiliser le crystal meth après une consommation prolongée parce que le cerveau arrête de produire le messager chimique dopamine, une substance qui aide à contrôler les centres de récompense et de plaisir du cerveau. Le manque de dopamine peut faire en sorte que la personne éprouve de la difficulté à se sentir heureuse ou bien dans sa peau. Cela pourrait l’inciter à prendre plus de crystal meth afin de se sentir mieux.

Où devrait-on mettre sur pied des programmes centrés sur le PnP?

La plupart des services de traitement des dépendances et de réduction des méfaits traditionnels ne sont pas bien équipés pour faire face aux problèmes liés au PnP.12 Comme son expérience réside dans la prise en charge de la consommation d’opiacés chez une clientèle majoritairement hétérosexuelle, le personnel des services de réduction des méfaits pourrait manquer les compétences nécessaires pour répondre aux besoins des hommes gbHARSAH et à la nature sexuelle de leur consommation.4  On observe peu de chevauchement entre les personnes qui s’injectent des drogues et les hommes gbHARSAH qui s’adonnent au PnP. Certains adeptes du PnP risquent d’avoir peu de connaissances à l’égard des programmes d’aiguilles et de seringues, des stratégies de réduction des méfaits et des soutiens à la disposition des utilisateurs de drogues.12 Il se peut aussi qu’ils ne se sentent pas à l’aise de parler de leur consommation sexualisée de drogues aux intervenants dans les programmes de réduction des méfaits traditionnels, lesquels connaissent peu les drogues que ces hommes utilisent ou comment ils les utilisent.4,12 Les programmes de réduction des méfaits devraient réfléchir au rôle qu’ils ont à jouer dans la prestation de programmes et de services destinés aux hommes gbHARSAH faisant du PnP et s’assurer que leurs programmes sont accessibles et culturellement compétents pour cette population.

Les cliniques de santé sexuelle et les autres contextes communautaires qui comptent de nombreux clients gbHARSAH sont idéalement placés pour créer des programmes pour aider les hommes à faire face aux problèmes liés au PnP. Les hommes sont plus susceptibles de se sentir à l’aise de parler de leur consommation sexualisée de drogues dans le cadre d’une évaluation de leur santé sexuelle que dans un service de réduction des méfaits, pourvu qu’ils reçoivent un soutien exempt de jugement.12

Programmes de soutien pour un PnP plus sécuritaire

Il est important de mentionner que tous les hommes faisant du PnP n’éprouvent pas nécessairement d’effets négatifs à cause de leur consommation de drogues. Certains d’entre eux font du PnP occasionnellement et s’en servent pour avoir le genre de relations sexuelles intensifiées qu’ils désirent et sont capables de l’intégrer dans leur vie sans connaître de méfaits, ou très peu.

Certains hommes entretiennent toutefois une relation plus compliquée avec les drogues qu’ils prennent et les relations sexuelles qu’ils ont. Certains voudraient peut-être réduire leur consommation (une fois par mois au lieu d’une fois par semaine, par exemple), alors que d’autres aimeraient cesser toute utilisation de drogues parce que leur consommation est plus chaotique et les empêche de bien fonctionner au quotidien.4 Certains hommes trouvent qu’il est difficile d’arrêter parce que l’euphorie et l’intensité sexuelle qu’ils connaissaient lors des séances de PnP leur manquent lorsqu’ils cessent de prendre les drogues.26 Le lien entre le sexe et les drogues peut être tellement étroit que les anciens adeptes du PnP risquent initialement de trouver le sexe sobre ennuyeux ou difficile à aimer.

Il existe dans le monde plusieurs programmes qui travaillent auprès des hommes gbHARSAH faisant du PnP. Un exemple est la 56 Dean Street Clinic, une clinique de santé sexuelle achalandée de Londres qui compte un grand nombre de clients gbHARSAH. En février 2014, la clinique a lancé un programme pour soutenir les hommes gbHARSAH qui disaient utiliser des drogues dans des contextes sexuels. À la fin décembre 2014, 874 hommes gbHARSAH avaient consenti à une ou à plusieurs interventions pour les aider à faire face à leur consommation sexualisée de drogues.27 Les hommes rencontraient en tête à tête un conseiller qui se servait de techniques d’entrevue motivationnelle pour déterminer l’objectif du client (p. ex., consommer moins de drogues ou arrêter complètement), identifier les circonstances ou les situations qui pouvaient causer une envie de consommer ou un comportement malsain et suggérer des trucs pour faire face aux déclencheurs et aux envies de consommer.

Plusieurs organismes canadiens ont créé des programmes qui offrent du soutien aux hommes gbHARSAH qui font du PnP. En voici quelques exemples :

MAX Ottawa a adapté une campagne lancée à Berlin sous le nom de Let’s Talk and Test. Cette campagne utilise des événements sociaux, notamment une soirée cabaret animée par une drag queen, pour inviter les hommes gbHARSAH qui font du PnP à discuter de l’utilisation sexualisée de drogues et du PnP plus sécuritaire dans un milieu divertissant et sûr. MAX appelle sa campagne Spill the Tea et a tenu son premier événement en août 2018. MAX produit également des trousses de PnP plus sécuritaire qui contiennent du matériel de réduction des méfaits à l’intention des adeptes du PnP, y compris condoms et lubrifiant, gants, trousses d’injection et d’inhalation et pipes à crystal meth.

L’AIDS Committee of Toronto (ACT) offre le groupe de soutien SPUNK!. Ce programme de six semaines utilise les méthodes d’entrevue motivationnelle, la thérapie cognitivocomportementale et d’autres approches pour aider les hommes gbHARSAH à faire des changements positifs dans leur façon de consommer des drogues.

Le programme Kontak de Sida bénévoles Montréal (ACCM) fournit du matériel servant aux relations sexuelles plus sécuritaires (tel que condoms, lubrifiant, gants et seringues) aux hommes gbHARSAH prenant part aux partys de sexe. Un intervenant de proximité est disponible pour faciliter des discussions sur la réduction des risques et répondre aux questions sur le sexe et les drogues dans le contexte des partys. Kontak organise également des ateliers sur le crystal meth et le sexe et offre des séances de counseling individuel.

L’Alliance pour la santé sexuelle des hommes gais (GMSH) de l’Ontario travaille à une nouvelle campagne intitulée Party ‘n’ Play Your Way. Adoptant une attitude positive à l’égard du sexe, cette campagne fournit de l’information sur les drogues et la réduction des méfaits aux hommes gbHARSAH qui font du PnP et qui souhaiteraient peut-être modifier leurs habitudes de consommation durant les relations sexuelles. Dans le cadre de sa campagne, l’Alliance est en train de produire des trousses de PnP plus sécuritaire inspirées par les PIP PAC créés par la Gay Men’s Health Collective de Londres. Les trousses contiennent du matériel de consommation de drogues avec codes de couleur, comme des seringues et cuillères, afin de réduire le risque de partage lors du PnP, ainsi que condoms, lubrifiant et gants de latex.

Que peuvent faire les intervenants pour soutenir les gars qui font du PnP?

Il nous reste encore de nombreuses choses à apprendre sur la scène du PnP au Canada. Les intervenants ont un rôle important à jouer pour rejoindre les gens et mieux comprendre les enjeux liés au PnP dans leurs communautés.

  • Entamez une discussion dans la communauté : Le PnP est très stigmatisé et les gens hésitent à en parler ouvertement, alors le phénomène risque d’être caché dans de nombreuses communautés. Lancez un dialogue ouvert et exempt de jugement avec les hommes qui font du PnP dans votre communauté afin de mieux comprendre les enjeux : Quelle est l’ampleur de la communauté PnP? Quelles drogues sont utilisées? Quel langage les hommes qui font du PnP utilisent-ils? À quels défis font-ils face? De quels soutiens ont-ils besoin? Quels sont les lieux de rencontre des hommes faisant du PnP?
  • Fournissez du counseling et du soutien en prenant soin de les adapter aux cultures et aux contextes spécifiques : Si on leur offre un espace pour parler, les hommes faisant du PnP seront peut-être capables de parler plus ouvertement de leurs problèmes et moins susceptibles de se retirer dans des réseaux sociaux comptant exclusivement des hommes comme eux.
  • Fournissez de l’information fiable : Il est possible que les hommes faisant du PnP aient besoin d’information sur les pratiques sexuelles plus sécuritaires (dont le fisting plus sécuritaire, le cas échéant), la consommation plus sécuritaire de drogues et les façons de réduire les méfaits associés à l’usage de drogues dans un contexte sexuel. Ils pourraient aussi avoir besoin d’information fiable sur diverses drogues, leurs effets, les interactions et d’autres risques associés à leur utilisation. Les hommes qui souhaitent réduire ou cesser leur consommation de drogues auront besoin d’information pour les aider à prendre leur décision et à savoir comment avoir accès au soutien et au traitement.
  • Discutez du consentement avec les hommes gbHARSAH faisant du PnP : Comme lors de toute interaction sexuelle, le consentement doit être accordé avant et pendant toute la durée des activités sexuelles faisant partie du PnP. Lorsqu’une personne est sous l’influence de drogues pendant une séance de PnP, il peut être difficile de juger si elle consent à une activité, surtout si elle est tellement intoxiquée qu’elle ne sait pas vraiment ce qui se passe. Il est important que les hommes portent attention au langage corporel et au niveau de conscience de leurs partenaires sexuels afin d’être certains que l’activité leur plaît toujours et qu’ils sont en mesure de continuer à y consentir.
  • Gardez une attitude positive à l’égard du sexe : Toute discussion sur le PnP dans la communauté gbHARSAH doit être ouverte et accepter un éventail d’intérêts et de comportements divers. Les hommes faisant du PnP ont besoin de soutien pendant qu’ils définissent ce qui leur convient et ce, sans que leurs préférences sexuelles soient jugées. Les hommes qui ont pris part à la scène du PnP dans le passé peuvent avoir de la difficulté à avoir une vie sexuelle satisfaisante sans drogues. Ils pourraient avoir besoin de soutien et d’encouragement pendant qu’ils essaient de trouver des contacts sexuels intimes et gratifiants en l’absence de drogues.

Pratiques sexuelles plus sécuritaires et réduction des méfaits : Conseils

Il existe de nombreuses stratégies que les hommes faisant du PnP peuvent employer pour aider à réduire le risque de transmission du VIH, de l’hépatite C et d’ITS :

  • Si les hommes utilisent des condoms durant une séance sexuelle prolongée avec un seul partenaire, ils devraient remplacer régulièrement le condom et réappliquer du lubrifiant pour réduire le risque de rupture. Un condom neuf devrait être utilisé avec chaque nouveau partenaire.
  • Si aucun condom n’est utilisé, on devrait appliquer régulièrement et abondamment du lubrifiant pour aider à réduire l’irritation du revêtement rectal et du pénis.
  • On devrait également appliquer régulièrement et abondamment du lubrifiant pour faire du fisting. Un nouveau gant devrait être utilisé avec chaque nouveau partenaire.
  • Les hommes gbHARSAH séronégatifs qui font du PnP pourraient être de bons candidats à la PrEP.
  • Les hommes gbHARSAH séronégatifs qui font du PnP pourraient être de bons candidats à la prophylaxie post-exposition (PPE) s’ils croient avoir été exposés au VIH.
  • Les hommes sous PrEP et les hommes séropositifs sous traitement anti-VIH peuvent régler une alarme ou un outil de rappel par texto sur leur téléphone mobile afin de se faire rappeler l’heure de leurs prises de médicaments. Il est également utile d’apporter avec soi des comprimés supplémentaires dans un pilulier afin d’en avoir assez si une séance de PnP dure plus longtemps que prévu.
  • Pour les hommes qui s’injectent des drogues, il est toujours important d’utiliser de nouvelles aiguilles et du nouveau matériel d’injection.
  • Dans le contexte de la crise des surdoses qui sévit encore au Canada, les hommes voudraient peut-être avoir recours à un service de vérification des drogues afin de déterminer ce qu’il y a dans leurs drogues et pour vérifier que les drogues n’ont pas été coupées avec du fentanyl, car cette substance peut causer une surdose.
  • Des tests de dépistage réguliers du VIH, de l’hépatite C et des ITS sont recommandés, surtout pour les hommes ayant de nombreux partenaires sexuels. Le dépistage du VIH, de l’hépatite C et de la syphilis nécessite des tests sanguins. Pour la gonorrhée et la chlamydia, des tests d’urine sont nécessaires, ainsi que des tests effectués à différents sites anatomiques selon le genre d’activités sexuelles. Ainsi, les hommes qui sont à risque à la suite de relations sexuelles orales devraient subir un frottis de la gorge, alors que les hommes à risque à la suite de relations anales réceptives devraient subir un frottis rectal. Pour détecter les ITS asymptomatiques chez les hommes gbHARSAH, il est important que tous ces tests soient effectués de façon routinière.

Ressources

Information destinée aux hommes gbHARSAH qui font du PnP

Toronto Vibe – renseignements sur la consommation plus sécuritaire de drogues pour les hommes gbHARSAH qui font du PnP

MONBUZZ.ca – ressource en ligne en français de RÉZO s’adressant aux hommes gbHARSAH qui veulent réfléchir à leur consommation d’alcool et de drogues et au lien qui existe entre ces substances et leur vie sexuelle

The High Life – ressource d’information en ligne sur les drogues de rave et de PnP de la Health Initiative for Men (HIM)

When the ParTy’s Over?– ressource d’information en ligne de la HIM s’adressant aux hommes consommant du crystal meth

Documentaire sur le chemsex

Pratiques sexuelles plus sécuritaires

8 questions sur la PrEP pour les gars – renseignements de base sur la prophylaxie pré-exposition s’adressant aux hommes gbHARSAH

Guide pour une vie sexuelle plus sécuritaire

Le condom pour la prévention de la transmission du VIH

La prophylaxie pré-exposition (PrEP) par voie orale

La prophylaxie post-exposition (PPE)

Le traitement du VIH et la charge virale indétectable pour prévenir la transmission du VIH

Références

  • 1. Edmundson C, Heinsbroek E, Glass R et al. Sexualised drug use in the United Kingdom (UK): a review of the literature. International Journal of Drug Policy. 2018 May;55:131–48.
  • 2. a. b. Ahmed AK, Weatherburn P, Reid D et al. Social norms related to combining drugs and sex (“chemsex”) among gay men in South London. International Journal of Drug Policy. 2016;38:29–35.
  • 3. a. b. Schmidt AJ, Bourne A, Weatherburn P et al. Illicit drug use among gay and bisexual men in 44 cities: findings from the European MSM Internet Survey (EMIS). International Journal of Drug Policy. 2016;38:4–12
  • 4. a. b. c. d. e. f. g. Bourne A, Reid D, Hickson F, et al. The Chemsex study: drug use in sexual settings among gay & bisexual men in Lambeth, Southwark & Lewisham. London: Sigma Research, London School of Hygiene & Tropical Medicine; 2014.
  • 5. a. b. c. d. e. f. Power J, Mikołajczak G, Adam Bourne A et al. Sex, drugs and social connectedness: wellbeing among HIV-positive gay and bisexual men who use party-and-play drugs. Sexual Health. 2018;15(2):135–43.
  • 6. a. b. Nakamura N, Semple SJ, Strathdee SA, Patterson TL. Methamphetamine initiation among HIV-positive gay and bisexual men. AIDS Care. 2009 Sep;21(9):1176–84.
  • 7. a. b. c. d. TorontoVibe. Party safer. Toronto: AIDS Committee of Toronto. [Online]. Disponible à l’adresse :  http://torontovibe.com/#drugs
  • 8. a. b. Agence de la santé publique du Canada. M-Track : Surveillance améliorée de l’infection à VIH, des infections transmissibles sexuellement et par le sang et des comportements à risque associés chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes au Canada. Rapport sur la phase 1. Ottawa : Centre de la lutte contre les maladies transmissibles et les infections, Direction générale de la prévention et du contrôle des maladies infectieuses, Agence de la santé publique du Canada; 2011. Disponible à l’adresse :  http://publications.gc.ca/collections/collection_2012/aspc-phac/HP40-64-1-2011-fra.pdf
  • 9. a. b. Schmidt AJ, Peter Weatherburn P. European MSM Internet Survey 2017: response, demographics, chemsex, PrEP. Presented at 22nd International AIDS Conference (AIDS 2018); Amsterdam, 2018. Disponible à l’adresse :  https://www.esticom.eu/SharedDocs/publikationen/EN/EMIS/Schmidt_Weatherburn_AIDS2018_Symposium_EMIS2017.pdf?__blob=publicationFile
  • 10. a. b. c. Lachowsky N. Sex Now 2015: PnP among Ontario Participants. Vancouver: Community-Based Research Centre; 2017.
  • 11. a. b. Rich AJ, Lachowsky NJ, Cui Z et al. Substance use, sexual behaviour and prevention strategies of Vancouver gay and bisexual men who recently attended group sex events. Culture, Health & Sexuality. 2016;18(4):361–76.
  • 12. a. b. c. d. e. f. g. h. i. Tomkins A, George R, Kliner M. Sexualised drug taking among men who have sex with men: a systematic review. Perspectives in Public Health. 2018 Jul;138(4):1–11.
  • 13. a. b. c. d. e. Sewell J, Miltz A, Lampe FC et al. Poly drug use, chemsex drug use, and associations with sexual risk behaviour in HIV-negative men who have sex with men attending sexual health clinics. International Journal of Drug Policy. 2017 May;43:33–43.
  • 14. Roux P, Fressard L, Suzan-Monti M et al. Is on-demand HIV pre-exposure prophylaxis a suitable tool for men who have sex with men who practice chemsex? Results from a substudy of the ANRS-IPERGAY trial. Journal of Acquired Immune Deficiency Syndromes. 2018 Oct 1;79(2):e69–e75.
  • 15. Semple SJ, Zians J, Strathdee SA, Patterson TL. Sexual marathons and methamphetamine use among HIV-positive men who have sex with men. Archives of Sexual Behavior. 2009 Aug;38(4):583–90.
  • 16. Bourne A, Reid D, Hickson F et al. “Chemsex” and harm reduction needs among gay men in South London. International Journal of Drug Policy. 2015;26:1171–6.
  • 17. Knoops L, Bakker I, van Bodegom R, Zantkuijl P. Tina and Slamming: MSM, Crystal Meth and Intravenous Drug Use in a Sexual Setting. Amsterdam: Mainline, Soa Aids Netherlands, 2015.
  • 18. a. b. Ottaway Z, Finnerty F, Amlani A et al. Men who have sex with men diagnosed with a sexually transmitted infection are significantly more likely to engage in sexualised drug use. International Journal of STD & AIDS. 2017;(28(1):91–3.
  • 19. a. b. Drückler S, van Rooijen MS, de Vries HJC. Chemsex among men who have sex with men: a sexualized drug use survey among clients of the sexually transmitted infection outpatient clinic and users of a gay dating app in Amsterdam, the Netherlands. Sexually Transmitted Diseases. 2018 May;45(5):325–31.
  • 20. a. b. c. d. John SA, Parsons JT, Rendina HJ et al. Club drug users had higher odds of reporting a bacterial STI compared with non-club drug users: results from a cross-sectional analysis of gay and bisexual men on HIV pre-exposure prophylaxis. Sexually Transmitted Infections. 2018 Aug 20. [Epub ahead of print]
  • 21. a. b. c. Pakianathan M, Whitaker W, Lee MJ et al. Chemsex and new HIV diagnosis in gay, bisexual and other men who have sex with men attending sexual health clinics. HIV Medicine. 20188;19:485–90.
  • 22. Vu NTT, Maher L, Zablotska I. Amphetamine-type stimulants and HIV infection among men who have sex with men: Implications on HIV research and prevention from a systematic review and meta-analysis. Journal of the International AIDS Society. 2015;18:19273.
  • 23. a. b. Kenyon C, Wouters K, Platteau T et al. Increases in condomless chemsex associated with HIV acquisition in MSM but not heterosexuals attending a HIV testing center in Antwerp, Belgium. AIDS Research and Therapy. 2018;15:14.
  • 24. Pufall EL, Kall M, Shahmanesh M et al. Sexualized drug use ('chemsex') and high-risk sexual behaviours in HIV-positive men who have sex with men. HIV Medicine. 2018 Apr;19(4):261–70.
  • 25. Darke S, Kaye S, McKetin R, J. Duflou J. Physical and psychological harms of psychostimulant use. Sydney: National Drug and Alcohol Research Centre; 2007. Disponible à l’adresse :  https://ndarc.med.unsw.edu.au/sites/default/files/ndarc/resources/TR.286.pdf
  • 26. Stuart D. Sexualised drug use by MSM (ChemSex): a toolkit for GUM/HIV staff. HIV Nursing. 2015;15:24–8.
  • 27. Stuart D, Weymann J. Chemsex and care planning: one year in practice. HIV Nursing. 2015;15:24–8.

À propos de l’auteur

Zak Knowles est le gestionnaire du contenu et des publications en ligne de CATIE. Avant de travailler à CATIE, il a été conseiller en matière de VIH à la Hassle Free Clinic, une clinique de santé sexuelle située au centre-ville de Toronto.

Travaillez-vous dans le domaine du VIH ou de l’hépatite C?
Veuillez remplir un court sondage pour donner votre rétroaction sur CATIE et votre nom pourra être inscrit à un tirage pour gagner une carte-cadeau.