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mai 2020 

Les affections sous-jacentes chez certains Américains atteints de COVID-19

Aux États-Unis, des cliniques situées un peu partout au pays ont envoyé aux Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des données se rapportant à 7 162 personnes atteintes de COVID-19 dont l’infection au SRAS-CoV-2 avait été confirmée par un test de laboratoire. Les chercheurs des CDC se sont concentrés sur les affections sous-jacentes et les facteurs éventuels (dont le tabagisme) qui augmentaient les risques de maladies respiratoires.

Les CDC ont constaté ce qui suit :

  • Les affections sous-jacentes étaient courantes; on en a trouvé chez 38 % des personnes.
  • La proportion de personnes présentant des affections sous-jacentes était supérieure parmi les personnes admises à l’hôpital en général (71 %) et chez celles admises au service de soins intensifs en particulier (78 %).

Les affections sous-jacentes les plus couramment signalées étaient les suivantes :

  • diabète de type 2
  • maladie pulmonaire chronique : catégorie incluant les personnes souffrant d’asthme, de maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) et d’emphysème
  • maladie cardiovasculaire

Les chercheurs des CDC ont affirmé que leurs résultats étaient « cohérents avec les informations provenant de la Chine et de l’Italie, lesquels portent à croire que les patients présentant des affections sous-jacentes et des facteurs de risque, y compris mais non limités au diabète, à l’hypertension, à la MPOC, à la coronaropathie, aux maladies cérébrovasculaires, à l’insuffisance [rénale] chronique et au tabagisme, pourraient être plus à risque de tomber gravement malades de la COVID-19 ou d’en mourir ».

Affections maîtrisées

Pour de nombreuses personnes se faisant diagnostiquer une affection sous-jacente comme l’hypertension, une maladie cardiovasculaire ou le diabète de type 2, on prescrit des médicaments qui aident à contrôler ces problèmes. Malheureusement, comme les systèmes de santé sont submergés à l’heure actuelle, la collecte de données détaillées n’a pas été possible jusqu’à maintenant. Par conséquent, les chercheurs des CDC ont affirmé ceci :

« Nous ne savons pas encore si la gravité ou le degré de maîtrise des affections sous-jacentes ont une incidence sur le risque de maladie grave associé à la COVID-19. »

Les chercheurs ont souligné que les affections médicales sous-jacentes étaient « courantes » chez la population des États-Unis. À titre d’exemple, notons que des sondages réalisés au cours des dernières années ont révélé les taux d’autodéclaration suivants de cette liste d’affections :

  • maladies cardiaques de tous genres (sauf l’hypertension) : 11 %
  • diabète : 10 %
  • asthme : 8 %
  • MPOC : 6 %

Les résultats des CDC concernant la prévalence élevée de ces affections soulignent l’importance pour les personnes atteintes de prendre des mesures pour réduire leur risque d’infection par le SRAS-CoV-2.

À retenir

La présente analyse est préliminaire. Comme les systèmes de santé sont submergés par la COVID-19, on n’est pas en mesure de recueillir toutes les données de base se rapportant aux affections sous-jacentes lorsque les patients sont admis à l’hôpital.

Si le dépistage de l’infection au SRAS-CoV-2 finit par se faire plus largement, il se pourrait que les cas moins graves de l’infection soient documentés.

Selon les chercheurs, pour certains problèmes de santé sous-jacents, « peu de résultats graves ont été signalés, alors on ne peut tirer de conclusions quant au risque de COVID-19 grave pour les personnes [dans les situations suivantes] » :

  • troubles neurologiques
  • insuffisance hépatique chronique
  • tabagisme
  • grossesse

—Sean R. Hosein

RÉFÉRENCE :

CDC COVID-19 Response Team. Severe outcomes among patients with coronavirus disease 2019 (COVID-19)—United States, February 12‑March 16, 2020. Morbidity and Mortality Weekly Report. 2020;69:343-346.