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Hépatite B

Sommaire

L’hépatite B est une inflammation du foie consécutive à une infection par le virus de l’hépatite B (VHB). L’infection se transmet lorsque le virus présent dans les liquides organiques, tels que le sang, le sperme ou les sécrétions vaginales d’une personne vivant avec l’hépatite B entre dans l’organisme d’une autre personne. La vaccination est l’une des meilleures façons de prévenir l’hépatite B. Il existe de nombreux moyens efficaces d’éviter de contracter ou de transmettre le VHB. Le seul moyen de savoir si une personne est porteuse du VHB est qu’elle passe un test de dépistage. 

En l’absence de soins adéquats, l’hépatite B peut entraîner de graves problèmes de santé, tels que l’insuffisance hépatique, le cancer du foie, et même la mort prématurée. La plupart des personnes adultes en bonne santé qui contractent l’hépatite B éliminent d’elles-mêmes le virus pendant la phase aiguë de l’infection, mais cette éventualité est moins probable chez les nourrissons et les enfants. Une fois que l’infection s’est résorbée, ce qui se confirme par une analyse de sang, la personne concernée est immunisée à vie et ne peut pas transmettre le virus à une autre personne. Si le virus n’est pas éliminé pendant la phase aiguë de l’infection, l’infection devient chronique. Il n’existe pas encore de remède contre l’hépatite B, mais avec des soins adéquats, les personnes vivant avec l’hépatite B peuvent vivre longtemps et en bonne santé.

Qu’est-ce que l’hépatite B?

L’hépatite B est une infection causée par un virus qui cible le foie, le VHB. Le foie est un organe très important, car il aide l’organisme à lutter contre les infections, à décomposer les substances telles que les aliments, l’alcool et les drogues, entre autres fonctions. Lorsque le VHB pénètre dans l’organisme, il se sert des cellules du foie pour se répliquer, ce qui entraîne une inflammation et la formation de tissu cicatriciel au fil du temps. En l’absence de soins appropriés, les lésions permanentes du foie peuvent provoquer une hépatite, un cancer du foie et le décès. 

Comment le virus de l’hépatite B se transmet-il?

Le VHB se transmet lorsque les liquides organiques contaminés par ce virus, tels que le sang, le sperme ou les sécrétions vaginales d’une personne vivant avec l’hépatite B, entrent dans l’organisme d’une autre personne. Le risque de transmission varie en fonction de la quantité de virus dans le sang (charge virale) de la personne touchée. L’hépatite B ne peut pas être transmise par une personne qui a éliminé le virus. Au Canada, beaucoup de personnes ont été vaccinées contre l’hépatite B, ce qui signifie qu’elles sont immunisées et ne peuvent pas attraper ce virus.

Les personnes qui ne sont pas immunisées doivent savoir que le virus de l’hépatite B se transmet de diverses façons au Canada :

  • Transmission sexuelle : le VHB peut se transmettre lors de rapports sexuels non protégés par un condom si le virus présent dans le sang ou les liquides organiques d’une personne atteinte d’hépatite B entre en contact avec les muqueuses ou la peau éraflée ou coupée d’une autre personne. Cela vaut en particulier pour les rapports sexuels sans condom qui peuvent entraîner un contact avec du sang (p. ex. rapports sexuels brutaux ou contact avec du sang menstruel, des plaies ou des blessures ouvertes). 
  • Partage d’articles servant à l’usage de drogues : le partage d’articles servant à l’usage de drogues (p. ex. aiguilles, seringues, cups, filtres) peut entraîner un contact direct de sang à sang et donc comporter un risque élevé de transmission du VHB. Le partage d’articles servant à fumer ou à sniffer des drogues (p. ex. pipes ou pailles) peut également occasionner la transmission du VHB en cas de fissures ou de saignement des lèvres ou de micro-saignements de nez.
  • Transmission périnatale : le VHB peut se transmettre du parent à l’enfant pendant l’accouchement. Bien que cette voie de transmission ne soit pas courante au Canada, elle peut l’être dans d’autres pays où l’hépatite B est plus répandue et où les nourrissons ne sont pas systématiquement vaccinés. Le risque de transmission du VHB par l’allaitement est négligeable et l’on estime qu’il n’y a pas de danger à allaiter les nourrissons qui ont fait l’objet d’une vaccination préventive dès la naissance.
  • Transmission intrafamiliale : le VHB peut se transmettre entre membres d’un même foyer par contact direct avec du sang ou d’autres liquides organiques (p. ex. en partageant des articles de soins personnels, comme des rasoirs, des coupe-ongles et des brosses à dents). C’est ce qu’on appelle parfois la transmission horizontale, expression générale qui désigne la transmission par d’autres voies que la transmission périnatale ou la transmission sexuelle. Elle survient principalement dans les ménages, soit entre adultes, soit entre adultes et enfants non vaccinés, soit entre enfants non vaccinés. 
  • Articles de tatouage ou de perçage corporel non stérilisés : la pratique du tatouage et du perçage peut être un vecteur de transmission du VHB, mais le risque dépend du cadre. Si l’on utilise des articles stériles ou neufs (comme c’est le cas dans un studio de tatouage ou de perçage professionnel), le risque de transmission du VHB est nul. Le risque de transmission du VHB est plus élevé dans les cadres non réglementés (p. ex. les prisons) où les articles de tatouage et de perçage sont partagés parce que l’accès à du matériel stérile à usage unique est limité ou impossible. Le risque est également plus élevé dans les pays où des pratiques réglementées de prévention des infections liées au tatouage et au perçage ne sont pas en vigueur.
  • Interventions médicales dangereuses ou pratiques de guérison traditionnelles : le Canada a commencé à soumettre les dons de sang et de tissus à des tests de dépistage du VHB en 1972, de manière à éliminer ainsi le risque lié aux transfusions ou aux dons d’organes. Le risque de transmission du VHB dans le cadre d’interventions médicales (c.-à-d. par l’utilisation d’équipement médical, dentaire et chirurgical non stérilisé) et de pratiques de guérison traditionnelles (p. ex. l’acupuncture) est faible, voire inexistant, au Canada en raison de pratiques strictes de prévention des infections. Cela dit, le risque de transmission lié aux interventions médicales et aux méthodes de guérison traditionnelles peut être plus élevé dans les pays où les pratiques de prévention des infections sont moins répandues, ou lorsque ces interventions et pratiques sont effectuées dans un cadre non réglementé.

L’hépatite B ne se transmet pas par des câlins, des contacts physiques, des baisers ou le partage d’ustensiles avec une personne infectée par le virus.

Qui peut contracter l’hépatite B?

Comme le virus de l’hépatite B peut se transmettre lorsque le virus présent dans des liquides organiques, tels que le sang, le sperme et les sécrétions vaginales, pénètre dans l’organisme d’une autre personne, toute activité donnant lieu à un tel contact comporte un risque de transmission. De nombreux facteurs influent sur le risque de transmission : le type d’activité, la prévalence de l’hépatite B dans la population, et les facteurs sociaux et structurels (p. ex. insécurité financière, précarité du logement ou criminalisation de l’usage de drogues) qui déterminent dans quelle mesure une personne connaît les stratégies de prévention et peut y avoir recours. 

Certaines communautés sont touchées de manière disproportionnée par l’hépatite B, entre autres les personnes qui font usage de drogues, celles qui ont connu la prison, les immigrant·e·s et les nouveaux·elles arrivant·e·s en provenance de pays où l’hépatite B est répandue, les Autochtones et les hommes gbHARSAH (hommes gais, bisexuels et autres hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes). Si les comportements individuels jouent un rôle dans la transmission de l’hépatite B, le risque auquel une personne est exposée ne dépend pas que de ses propres actions. Si le fait d’appartenir à une ou à plusieurs de ces communautés n’est pas en soi un facteur de risque d’infection par l’hépatite B, les facteurs sociaux et structurels propres à ces communautés peuvent limiter la capacité d’un individu à protéger sa santé et à mitiger le risque. Il est possible de comprendre pourquoi certains individus sont plus susceptibles que d’autres de contracter l’hépatite B en réalisant par quels biais ces facteurs sociaux et structurels font naître et accentuent le risque.

Comment prévenir la transmission du virus de l’hépatite B?

Vaccination

Le meilleur moyen de prévenir l’hépatite B est de se faire vacciner. Le vaccin confère une immunité contre l’hépatite B, de sorte que, même si une personne est exposée au virus, elle sera protégée et ne contractera pas d’infection. Toute personne exposée à un risque de contracter l’hépatite B devrait passer un test de dépistage pour que son statut immunologique soit établi; si elle n’a pas l’hépatite B et qu’elle n’est pas immunisée contre ce virus du fait d’une infection ou d’une vaccination antérieure, le vaccin contre l’hépatite B doit lui être proposé.

Au Canada, les programmes de vaccination diffèrent d’une province à l’autre : dans certaines provinces, la série de vaccins en deux ou trois étapes commence à la naissance ou pendant la petite enfance, dans d’autres, pendant l’enfance, et dans d’autres encore, à l’adolescence1. Depuis la mise en œuvre de ces programmes, l’incidence des infections aiguës par le VHB a diminué. 

La vaccination est également recommandée dans des populations particulières par l’Agence de la santé publique du Canada. D’après le Guide canadien d’immunisation1, la vaccination est recommandée dans les groupes suivants si ces personnes n’ont pas contracté l’hépatite B et ne sont pas immunisées* :

  • les immigrant·e·s et personnes nouvellement venues de pays où l’hépatite B est répandue, comme l’Afrique subsaharienne, l’Asie de l’Est et du Sud, l’Europe orientale et méridionale, les îles du Pacifique et certaines parties de l’Amérique centrale et du Sud;
  • les contacts familiaux (y compris les enfants) de personnes originaires de pays où l’hépatite B est répandue;
  • les personnes qui voyagent fréquemment dans des pays où l’hépatite B est répandue;
  • les Autochtones;
  • les personnes qui partagent ou ont partagé des articles servant à l’usage de drogues;
  • les personnes qui ont eu des rapports sexuels sans condom avec une personne atteinte d’hépatite B ou qui ont eu de multiples partenaires sexuel·le·s au cours des six derniers mois;
  • les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes;
  • les personnes incarcérées;
  • les personnes vivant avec le VIH;
  • les travailleur·euse·s de la santé de première ligne ou les prestataires de services qui peuvent être exposé·e·s à l’hépatite B dans le cadre de leur travail (p. ex. blessures par piqûre d’aiguille, manipulation de sang);
  • les personnes atteintes d’une maladie hépatique ou rénale chronique, y compris les patient·e·s traité·e·s par dialyse;
  • les personnes présentant certains problèmes de santé énumérés dans le Guide canadien d’immunisation.

* Consultez la liste complète des populations chez lesquelles la vaccination est recommandée dans le Guide canadien d’immunisation.

Autres façons de prévenir la transmission

Voici les autres méthodes de prévention de la transmission du virus de l’hépatite B :

  • Utiliser du matériel neuf à chaque injection de drogue (p. ex. aiguilles, seringues, cups, filtres). 
  • Utiliser systématiquement son propre matériel pour fumer ou sniffer des drogues (p. ex. pipes, pailles).
  • Utiliser correctement un condom chaque fois qu’une personne a des rapports sexuels.
  • Passer un test de dépistage de l’hépatite B pendant la grossesse. Si le test confirme la présence d’hépatite B, la personne doit suivre un traitement efficace pendant la grossesse et veiller à ce que le nourrisson reçoive les soins appropriés, et notamment le cycle complet de vaccins, en commençant dès la naissance.
  • Les personnes récemment exposées à l’hépatite B et qui ne sont pas encore immunisées doivent consulter un médecin afin de recevoir une prophylaxie post-exposition (PPE). Cela consiste à se faire administrer un vaccin contre l’hépatite B et une injection d’immunoglobulines contre l’hépatite B (IgHB), idéalement dans les 24 heures suivant l’exposition. 

Comment diagnostique-t-on l’hépatite B? 

La seule façon de savoir si on a l’hépatite B est de se faire tester. Il est fréquent de ne pas observer de symptômes avant que le foie ne soit gravement atteint et que la personne concernée ne présente d’importants problèmes de santé. Le dépistage du virus de l’hépatite B consiste à prélever un échantillon de sang sur lequel on effectue une batterie d’analyses, qui permettent de déceler la présence d’antigènes et d’anticorps du VHB dans le sang. 

L’ensemble de ces résultats permet de savoir :

  • si une personne a déjà été exposée au virus;
  • si elle est actuellement porteuse du virus et si l’infection est aiguë ou chronique; 
  • si elle est immunisée contre le virus, que ce soit après avoir été vaccinée ou avoir éliminé le virus d’elle-même.

Recherche des contacts et notification de l’infection aux partenaires

L’infection par le VHB fait partie des infections à déclaration obligatoire au Canada. Cela veut dire que l’infection doit être signalée aux autorités de la santé publique lorsqu’elle est confirmée par une clinique, un·e prestataire de soins de santé ou un laboratoire. Lorsqu’une infection par le VHB est nouvellement dépistée, un·e infirmier·ère de la santé publique ou un·e autre prestataire de soins de santé lui demandera de contacter ou de fournir les coordonnées de toutes les personnes susceptibles d’avoir été exposées pendant la période d’incubation, y compris ses partenaires sexuel·le·s et les personnes partageant son domicile. Si la personne concernée décide de ne pas contacter ses partenaires sexuel·le·s ou les membres de son ménage, le·la prestataire de soins de santé ou le personnel de la Santé publique tentera de communiquer avec ces personnes et de les inviter à passer un test de dépistage. L’Agence de la santé publique du Canada recommande que toute personne ayant été en contact avec une personne qui a reçu un diagnostic d’hépatite B passe un test visant à déterminer son état immunitaire et se fasse vacciner si elle n’est pas immunisée.

Stade aigu de l’infection par l’hépatite B

La phase aiguë de l’infection par le virus de l’hépatite B commence lorsque l’organisme est exposé pour la première fois au virus de l’hépatite B, et peut durer jusqu’à six mois. Même si la plupart des personnes ne présentent pas ou presque pas de symptômes pendant la phase aiguë de l’infection, le virus reste très actif et peut être transmis. Environ 30 à 50 % des adultes atteint·e·s d’hépatite B aiguë présentent des symptômes deux à cinq mois après l’infection. Ces symptômes peuvent inclure : fatigue, perte d’appétit, jaunisse (coloration jaunâtre du blanc des yeux et de la peau), nausées, vomissements, éruptions cutanées, urine foncée, gêne ou douleur articulaire, et gêne ou douleur abdominale. Dans de rares cas, on observe des symptômes graves d’hépatite B aiguë (saignement ou ecchymoses plus fréquents, brouillard cérébral ou confusion, jaunisse) qui peuvent évoluer rapidement vers une insuffisance hépatique aiguë et le décès.

La plupart des personnes adultes en bonne santé (95 %) éliminent d’elles-mêmes le virus de leur organisme durant la phase aiguë, par un processus dit de « clairance spontanée ». Cette élimination est confirmée par une analyse de sang. Une fois qu’une personne a éliminé le virus de l’hépatite B, elle est immunisée à vie, ce qui signifie qu’elle ne peut plus contracter le virus. Cela signifie également qu’elle ne peut pas transmettre le virus à quelqu’un d’autre. 

Infection chronique par l’hépatite B

Si le virus n’est pas éliminé dans les six mois suivant l’infection, celle-ci devient chronique. L’âge de l’exposition au VHB détermine dans une large mesure la probabilité qu’une infection aiguë par le virus de l’hépatite B devienne chronique. Les nourrissons et les enfants, en particulier ceux et celles dont la mère a contracté l’hépatite B pendant la grossesse, sont beaucoup plus susceptibles de présenter une infection chronique. En l’absence de soins préventifs adaptés, environ 90 % des nourrissons (exposés entre la naissance et l’âge d’un an) et entre 20 et 30 % des enfants (exposé·e·s entre un et cinq ans) présentent une hépatite B chronique.

L’hépatite B chronique comporte plusieurs phases, accompagnées de différents niveaux de réponse immunitaire de l’organisme au virus. Si le système immunitaire ne parvient pas à maîtriser le virus par ses propres moyens, la personne concernée peut avoir besoin d’un traitement visant à prévenir une maladie du foie. Même si le traitement ne s’impose pas immédiatement, il est important d’effectuer un suivi régulier tout au long de la vie pour s’assurer que le virus n’est pas actif et qu’il n’endommage pas le foie. 

Quel est le traitement de l’hépatite B?

Stade aigu de l’hépatite B 

En règle générale, un traitement n’est pas nécessaire en cas d’infection aiguë, car celle-ci se résorbe d’elle-même en l’espace de six mois chez les adultes en bonne santé. Toutefois, dans les rares cas où les symptômes sont graves pendant la phase aiguë de l’infection, le traitement peut servir à soulager les symptômes ou à interrompre la réplication virale. 

Hépatite B chronique

Actuellement, il existe deux types de traitements contre l’hépatite B chronique : des comprimés antiviraux [analogues nucléos(t)idiques] à prendre quotidiennement, et des traitements à base d’interféron à administrer par injection une fois par semaine pendant plusieurs mois. Au Canada, les comprimés antiviraux sont le traitement privilégié. L’objectif des traitements actuels de l’hépatite B chronique est de freiner la réplication du virus pour prévenir et éventuellement faire régresser les lésions hépatiques. 

Ce ne sont pas toutes les personnes atteintes d’hépatite B chronique qui ont besoin de traitement. Le traitement n’est nécessaire que lorsque le système immunitaire ne parvient pas à neutraliser le virus ou que le foie est endommagé de manière continue. Malgré le traitement, le virus est toujours présent dans les cellules du foie et peut donc redevenir actif si le traitement est interrompu. Cela signifie que l’infection ne peut pas être complètement guérie, si bien que les personnes qui suivent un traitement doivent généralement continuer à le faire pendant une longue durée. Dans certains cas, le traitement peut être suspendu sous la supervision d’un·e spécialiste. 

La bonne nouvelle, c’est que, sous réserve d’une surveillance continue et de soins adaptés, les personnes atteintes d’hépatite B peuvent vivre longtemps et en bonne santé. Un·e prestataire de soins de santé recommandera le plan de soins le mieux adapté au cas à la lumière de plusieurs facteurs, tels que l’étendue des lésions hépatiques, le niveau de régulation immunitaire, la présence d’éventuelles infections concomitantes et la capacité de la personne à suivre un traitement toute sa vie durant. Certaines personnes atteintes d’hépatite B chronique doivent aussi passer régulièrement un dépistage échographique du cancer du foie.

Chez un très petit nombre de personnes sous traitement, le virus devient indétectable dans le sang, ce qui signifie qu’il n’est plus actif et qu’il n’endommage plus le foie. On parle alors de guérison fonctionnelle de l’hépatite B et il est possible d’arrêter le traitement. En cas de guérison fonctionnelle, le risque de transmission devient extrêmement faible et le risque de cancer du foie diminue. Une surveillance continue peut encore être indiquée dans certains cas. La guérison fonctionnelle s’entend spécifiquement de la suppression de l’antigène de surface de l’hépatite B (AgHBs), confirmée par une analyse de sang. 

Qu’en est-il de l’infection concomitante par d’autres virus?

Le virus de l’hépatite B emprunte les mêmes voies de transmission que d’autres infections virales, telles que le virus de l’hépatite C, le virus de l’hépatite D et le VIH. Les personnes qui ont reçu un diagnostic d’hépatite B chronique doivent également faire l’objet d’un dépistage de ces infections virales. 

Co-infection par l’hépatite B et l’hépatite C

Lorsque les virus de l’hépatite B et de l’hépatite C touchent le foie, l’un d’entre eux (généralement le virus de l’hépatite C) est dominant par rapport à l’autre. Il existe des traitements très efficaces par antiviraux à action directe (AAD) qui permettent de guérir l’hépatite C, ce qui n’est pas le cas de l’hépatite B. Si une personne est porteuse des deux virus et qu’elle est guérie de l’hépatite C, elle n’est pas à l’abri d’une poussée de l’hépatite B. Dans ce cas, on peut envisager de traiter l’hépatite B avant de traiter l’hépatite C pour prévenir cette éventualité. Compte tenu du risque de réactivation après un traitement par AAD, il faut également procéder à une surveillance continue de l’hépatite B. Les personnes co-infectées par l’hépatite B et l’hépatite C doivent discuter de leurs options thérapeutiques avec un·e prestataire de soins de santé.

Co-infection par l’hépatite B et l’hépatite D

L’hépatite D se transmet de la même manière que l’hépatite B, mais le virus de l’hépatite D ne peut survivre que si celui de l’hépatite B est présent. C’est pourquoi les infections par l’hépatite D ne surviennent que chez les personnes qui sont déjà porteuses du virus de l’hépatite B (surinfection) ou lorsque les deux virus sont contractés en même temps (co-infection). L’hépatite D provoque une forme plus grave de maladie du foie que l’hépatite B seule. Il n’existe actuellement pas de remède contre l’hépatite D, mais on dispose de traitements visant à prévenir l’aggravation de l’atteinte hépatique. La co-infection par les virus des hépatites B et D est rare. Les personnes présentant cette co-infection doivent discuter de leurs options thérapeutiques avec un·e prestataire de soins de santé. 

Co-infection par l’hépatite B et le VIH

Le VIH est un virus qui affaiblit le système immunitaire; il arrive que certaines personnes séropositives pour le VIH, déjà vaccinées contre le virus de l’hépatite B, perdent leur immunité contre ce dernier. L’hépatite B évolue plus rapidement et provoque plus de problèmes de santé liés au foie chez les personnes séropositives pour le VIH que chez les personnes séronégatives. Bien que l’infection par l’hépatite B n’accélère pas l’évolution de l’infection par le VIH et n’affecte pas la réponse au traitement du VIH, certaines personnes atteintes d’une co-infection par ces deux virus sont exposées à un risque accru de lésions hépatiques graves lorsqu’elles commencent un traitement du VIH par rapport aux personnes séropositives pour le VIH qui ne sont pas atteintes d’hépatite B. 

Comment les personnes atteintes d’une infection chronique par l’hépatite B peuvent-elles vivre en bonne santé?

L’hépatite B chronique est une maladie qui dure toute la vie. Il est donc essentiel de maintenir la santé du foie afin d’éviter l’aggravation des lésions hépatiques. De nombreuses stratégies de bien-être destinées à favoriser la santé générale sont également avantageuses pour la santé du foie. Même si ces stratégies ne sont pas envisageables ou réalistes pour tout le monde, il faut aider les patient·e·s à prendre soin de leur santé et de leur foie dans la mesure du possible. 

La vaccination contre l’hépatite A – si la personne concernée n’est pas déjà vaccinée – et le dépistage de l’hépatite C et de l’hépatite D peuvent favoriser la santé du foie en prévenant d’autres infections susceptibles d’endommager cet organe. Étant donné que les maladies du foie perturbent la digestion, le métabolisme, l’absorption et le stockage des nutriments, il est important de se nourrir correctement pour se procurer l’énergie et les nutriments nécessaires à la fonction immunitaire et aider le foie à se régénérer ou à se préserver. Une activité physique légère à modérée peut stimuler l’énergie, réduire le stress, prévenir la stéatose (accumulation de graisse autour du foie) et permettre d’éviter ainsi que les problèmes hépatiques ne s’aggravent. 

Les personnes dont le foie est très endommagé (cirrhose) devraient également éviter ou limiter les comportements susceptibles d’aggraver les lésions hépatiques, telles que la consommation d’alcool, qui peut aussi augmenter les risques de survenue d’un cancer du foie. L’arrêt ou la réduction de la consommation d’alcool permet de réduire le risque d’aggravation des lésions hépatiques et des complications. Les médicaments sur ordonnance ou en vente libre et les suppléments à base de plantes ne doivent être pris qu’après consultation d’un·e prestataire de soins de santé, car certains médicaments et suppléments peuvent être toxiques pour le foie.

Remerciements

Nous remercions Hemant Shah, M. D., M. Sc. santé communautaire – éducation des enseignants praticiens en santé, pour l’expertise prêtée à la révision de ce document.

Autrice : Madison K

Traduction : Perez E

Publié en 2026

Référence

Gouvernement du Canada. Vaccins contre l’hépatite B : Guide canadien d’immunisation. Partie 4. Agents immunisants. 2024. Disponible au https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/publications/vie-saine/guide-canadien-immunisation-partie-4-agents-immunisation-active/page-7-vaccin-contre-hepatite-b.html