Vous et votre santé : un guide à l’intention des personnes vivant avec le VIH

2. Le VIH : Ce qu’il faut savoir

Ce chapitre aborde des questions élémentaires, mais néanmoins complexes. Par exemple, comment fonctionne votre système immunitaire et de quelle manière le VIH vous rend-il malade? Nous vous invitons à parcourir ces quelques pages pour en connaître davantage sur les CD4+, la séroconversion et d’autres concepts fondamentaux qui permettront d’éclairer la lecture des autres chapitres.

Qu’est-ce que le VIH?

Le VIH est un virus qui affaiblit votre système immunitaire. Le rôle de ce dernier consiste à vous défendre contre les maladies et les infections, mais le VIH peut déjouer votre système immunitaire et s’en prendre à votre corps depuis l’intérieur.

« VIH » est l’abréviation de « virus de l’immunodéficience humaine ». Le terme « immunodéficience » désigne l’état d’un système immunitaire affaibli. On dit des personnes infectées par le VIH qu’elles sont séropositives.

Le VIH est un virus qui affaiblit votre système immunitaire. Le rôle de ce dernier consiste à vous défendre contre les maladies et les infections, mais le VIH peut déjouer votre système immunitaire et s’en prendre à votre organisme depuis l’intérieur. Si votre système immunitaire s’affaiblit beaucoup, vous risquez de contracter d’autres infections et de tomber malade.

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Qu’est-ce que le sida?

« Sida » est l’abréviation de « syndrome d’immunodéficience acquise ». Si le VIH n’est pas traité avec des médicaments appropriés, votre système immunitaire finira sûrement par s’affaiblir au fil du temps. Vous risquerez alors de contracter d’autres infections et de tomber très malade. C’est ce qu’on appelle « avoir le sida ».

Grâce à un diagnostic précoce et à un traitement approprié fondé sur des médicaments anti-VIH, les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) peuvent éviter le sida et rester longtemps en bonne santé.

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Qu’est-ce qu’un virus?

Le VIH est un virus qui infecte les cellules du système immunitaire qui sont censées combattre les infections.

Les virus sont les formes de vie les plus simples et les plus petites qui existent, encore plus petites que les bactéries et autres microbes. En fait, on peut même se demander s’il est justifié de considérer les virus comme des êtres vivants, puisqu’ils ne peuvent pas se reproduire tout seuls. Pour y arriver, ils ont besoin d’infecter des cellules vivantes et de les tromper pour les forcer à produire des copies d’eux-mêmes. Ces nouveaux virus infectent ensuite d’autres cellules. Pour décrire comment les virus comme le VIH se reproduisent, nous utilisons le terme « réplication ».

Le VIH est un virus qui infecte les cellules du système immunitaire, notamment les CD4+, ces mêmes cellules dont le rôle consiste à combattre les infections. C’est pourquoi le VIH est dangereux.

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Comment le VIH est-il transmis?

Le VIH se transmet lorsqu’une quantité suffisante de VIH provenant d’une personne séropositive pénètre dans le corps d’une personne séronégative.

Le VIH se transmet lorsqu’une quantité suffisante de VIH provenant d’une personne séropositive pénètre dans le corps d’une personne séronégative. Le VIH ne peut pas être transmis par simple contact, comme serrer la main à quelqu’un ou toucher une poignée de porte ou une toilette. L'infection par le VIH se produit seulement lorsque des liquides corporels contenant une quantité suffisamment grande de virus entrent dans le corps d'une personne séronégative.

Il n’existe que cinq liquides corporels qui peuvent contenir assez de virus pour contaminer quelqu’un : le sang, le sperme (y compris le liquide prééjaculatoire), les sécrétions vaginales et anales et le lait maternel. L’infection peut avoir lieu durant un acte sexuel, le partage d'aiguilles ou d'autre matériel pour consommer des drogues et la grossesse, l'accouchement ou l'allaitement.

Nous savons cependant que les personnes qui reçoivent des soins réguliers, qui prennent un traitement anti-VIH et qui ont une charge virale indétectable sont beaucoup moins susceptibles de transmettre le VIH à d'autres personnes. Les études montrent en effet que les personnes qui maintiennent une charge virale indétectable ne transmettent pas le VIH à leurs partenaires sexuels. Pour en savoir plus, lisez la section La charge virale indétectable et la transmission sexuelle du VIH.

À moins de plaies ouvertes, il y a peu ou pas de risques que le VIH soit transmis par la peau. Les muqueuses, par contre, constituent une porte d’entrée privilégiée pour le virus. Ce sont les parois internes des cavités naturelles du corps tels le vagin, le rectum et l’urètre (le canal par lequel passe l’urine dans le pénis ou la vulve). Le VIH peut infecter les cellules de la paroi du vagin, du rectum, du pénis, et ce, même si les tissus sont sains. Les infections transmissibles sexuellement, comme l’herpès, la gonorrhée ou la syphilis, peuvent augmenter les risques de transmettre le VIH ou d’en être infecté. Les dommages aux tissus délicats des muqueuses qui se produisent fréquemment durant l’acte sexuel peuvent également augmenter les risques.

On dit des pratiques sexuelles qui favorisent la transmission du VIH, notamment la pénétration vaginale et anale sans condom, qu’elles sont à risque élevé. Les activités sexuelles à risque élevé incluent les relations avec pénétration vaginale ou anale :

  • sans condom, ou
  • sans traitement efficace par médicaments anti-VIH pour réduire la quantité de VIH dans le sang de la personne séropositive jusqu'à un niveau indétectable afin qu'elle soit incapable de transmettre le virus, ou
  • sans l'usage de certains médicaments anti-VIH pour protéger la personne séronégative contre le VIH (traitement couramment appelé PrEP ou prophylaxie pré-exposition)

D’autres pratiques, comme le sexe oral, sont à faible risque, ce qui veut dire que les risques de transmission sont beaucoup moins élevés que lors d’une pénétration anale ou vaginale non protégée. Les baisers, les caresses, la masturbation mutuelle et les massages ne représentent, quant à eux, aucun risque pour la transmission du VIH.

Le VIH peut également être transmis si vous partagez des seringues ou tout autre matériel pour vous injecter de l’héroïne, du crack, des stéroïdes ou des hormones.

Il est important que vous preniez conscience des risques et des moyens de les minimiser afin de ne pas transmettre le VIH à vos partenaires sexuels ou aux personnes avec qui vous partagez des drogues. Il est aussi important que vous vous protégiez contre la réinfection par le VIH parce que cela pourrait causer davantage de dommages à votre système immunitaire ou vous exposer à une souche du VIH résistante à certains médicaments anti-VIH (consultez le chapitre 10, Les traitements).

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Comment savoir si vous avez le VIH?

Pour savoir si vous avez été infecté par le VIH, vous devez passer un test sanguin.

Pour savoir si vous avez été infecté par le VIH, vous devez passer un test sanguin appelé test de dépistage des anticorps anti-VIH (test du VIH dans le langage courant).

Lorsqu’il est infecté par le VIH, le corps réagit en produisant des anticorps. C’est la présence de ces anticorps dans votre sang que le test de dépistage du VIH sert à détecter. Lors d'un test du VIH standard, on insère une aiguille dans une veine de votre bras afin de prélever un échantillon de sang qui est ensuite analysé dans un laboratoire. Le résultat revient généralement deux semaines plus tard à l'endroit où vous avez passé le test.

Des tests de dépistage rapides sont maintenant disponibles dans certaines régions du pays. Grâce à eux, la durée totale du processus, y compris la prise de sang par piqûre du doigt et le counseling pré- et post-test, est d’environ 20 minutes. Le résultat obtenu est très fiable.

Puisque le test du VIH détecte les anticorps et non le virus lui-même, il faut attendre que votre corps ait produit des anticorps avant de passer le test.

La période entre le moment où vous avez été infecté par le VIH et celui où les anticorps font leur apparition dans votre sang est appelé « période fenêtre ». Durant la période fenêtre, le test du VIH peut donner un résultat négatif même si vous êtes réellement infecté par le virus.

À l'heure actuelle au Canada, les tests de dépistage des anticorps peuvent détecter l'infection au VIH chez 50 % des personnes 18 jours après l'infection, chez 95 % des personnes 34 jours après l'infection et chez 99 % des personnes un mois et demi après l'infection. Certains tests utilisés au Canada ont une période fenêtre de plus courte durée encore, mais le test rapide a une période fenêtre légèrement plus longue. Parlez-en à votre médecin ou au personnel d’une clinique de dépistage.

Un résultat positif au test signifie que vous avez été infecté par le VIH. Vous pouvez transmettre le virus aux autres si vous avez des pratiques sexuelles non protégées ou si vous partagez des aiguilles avec eux.

Un résultat positif au test signifie que vous avez été infecté par le VIH. Vous pouvez transmettre le virus aux autres si vous avez des pratiques sexuelles non protégées ou si vous partagez des aiguilles ou d'autre matériel de consommation de drogues avec eux. Un résultat positif ne veut pas dire que vous avez le sida ou que vous l’aurez un jour. Il ne vous donne aucune autre information additionnelle concernant votre santé.

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Comment fonctionne votre système immunitaire

Les microbes se trouvent parfois autour de nous et parfois en nous. Toutefois, ils ne sont pas toujours nos ennemis; certains sont même utiles. Par exemple, notre appareil digestif est rempli de bactéries dont nous avons besoin pour bien digérer nos aliments.

D’ordinaire, le système immunitaire nous protège contre les microbes en reconnaissant les envahisseurs et en les détruisant.

De nombreuses sortes de microbes peuvent cependant nous rendre malade. Ils causent des maladies bénignes et passagères, comme un rhume, mais parfois aussi des infections graves, voire mortelles. Heureusement, le système immunitaire nous protège contre les microbes en reconnaissant les envahisseurs et en les détruisant.

Votre peau est votre première ligne de défense. Elle recouvre la surface de votre corps et agit comme une barrière contre les microbes. Mais s’il y a des lésions sur la peau, aussi petites soient-elles, elles peuvent constituer des points d’entrée par lesquels les virus et autres microbes ont la possibilité de pénétrer dans l’organisme.

Les muqueuses sont les parois souples et humides de la bouche, du nez, des parties génitales et de l’anus. Elles aussi défendent l’organisme contre l’attaque des microbes au niveau cellulaire. On parle alors d’immunité muqueuse. Mais les muqueuses ne sont pas une barrière parfaite. De petites lésions ou un amincissement de ces membranes peuvent créer des points d’entrée pour les virus et les microbes. Et certains microbes sont capables de traverser une muqueuse saine.

Heureusement, le système immunitaire dispose de nombreuses ressources. Il est composé de substances chimiques, de cellules, de tissus et d’organes. Parmi ces éléments, les plus importants sont les globules blancs qui patrouillent dans l’organisme en se déplaçant dans le sang et le système lymphatique.

L’appareil circulatoire, qui comprend le cœur et les vaisseaux sanguins, apporte le sang à tous les organes et tissus du corps. Le système lymphatique, quant à lui, transporte dans tout l’organisme un liquide translucide, la lymphe. Celle-ci « balaie » les microbes jusqu’aux ganglions, qui sont situés dans les aisselles, le cou, l’abdomen et l’aine. C’est là que les cellules immunitaires s’attaquent aux microbes.

Quand vous combattez la grippe ou une autre infection, vous sentez parfois que les ganglions situés dans la gorge ou dans l’aine sont enflés. C’est signe que votre système immunitaire s’active à combattre l’infection.

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Les cellules CD4+

Les cellules CD4+ jouent un rôle central au sein du système immunitaire.

Différentes sortes de globules blancs travaillent en équipe afin de repérer et détruire les microbes qui ont envahi votre organisme. Certains de ces globules ont également pour fonction de détruire les cellules déjà infectées afin de stopper la propagation de l’infection.

Les cellules CD4+ jouent un rôle central dans le travail du système immunitaire qui consiste à combattre les infections. Les cellules CD4+ aident à détecter les infections et coordonnent les autres parties du système immunitaire afin d'organiser la réponse immunitaire.

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Comment le VIH peut vous rendre malade

Les CD4+, ces cellules si essentielles au fonctionnement de votre système immunitaire, comptent malheureusement parmi les cibles favorites du VIH. En s’attaquant à elles, le VIH affaiblit votre système immunitaire et l’empêche de se défendre contre les maladies graves.

Une fois que le système immunitaire est affaibli par le VIH, les autres infections peuvent entraîner des problèmes graves, voire mortels.

Le corps réagit en fabriquant constamment de nouvelles cellules immunitaires. Cependant, plus le temps passe, plus le virus a tendance à l’emporter. Le système immunitaire parvient de moins en moins à combattre le VIH et les autres infections. Il éprouve également des difficultés à empêcher la propagation de certaines cellules cancéreuses. Une fois que le système immunitaire est affaibli par le VIH, les autres infections et cancers peuvent entraîner des problèmes graves, voire mortels.

Si elle n’est pas traitée avec des médicaments anti-VIH après avoir été diagnostiquée, l’infection au VIH passera par plusieurs stades distincts. On dira alors que l’infection est en train de progresser. Certaines personnes franchiront très rapidement ces étapes alors que d’autres vivront avec le VIH pendant de nombreuses années sans présenter d’infections potentiellement mortelles.

Grâce à l'efficacité des traitements anti-VIH disponibles de nos jours, la plupart des personnes diagnostiquées qui prennent des médicaments anti-VIH restent en bonne santé et n’ont pas à franchir les étapes subséquentes de l’infection.

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Les premiers stades de l’infection au VIH

De deux à quatre semaines après l’infection, vous pourriez ressentir des symptômes apparentés à ceux de la grippe, tels fatigue, fièvre, maux de gorge, ganglions enflés, maux de tête, perte d’appétit ou démangeaisons cutanées. Le système immunitaire apprend à reconnaître le VIH durant cette période.

Le terme primo-infection désigne la période qui suit immédiatement le moment où vous êtes entré en contact avec le VIH. À ce stade, bien des gens ne se rendent pas compte qu’ils ont été infectés. Malgré tout, le virus se multiplie rapidement. De deux à quatre semaines après l’infection, vous pourriez ressentir des symptômes apparentés à ceux de la grippe, tels fatigue, fièvre, maux de gorge, ganglions enflés, maux de tête, perte d’appétit ou démangeaisons cutanées. Ces malaises ne durent habituellement pas plus de deux semaines, mais il arrive parfois qu’ils persistent durant dix semaines. Notons cependant qu'ils ne se manifestent pas chez toutes les personnes infectées et ne sont donc pas une manière fiable de déterminer s’il y a eu ou non infection. Quoi qu'il en soit, si vous éprouvez ce genre de symptômes après une relation sexuelle non protégée ou un incident de partage d'aiguilles ou d'autre matériel servant à l'usage de drogues, contactez sans tarder votre médecin et arrangez-vous pour passer un test de dépistage du VIH. La recherche révèle que plus vous êtes diagnostiqué tôt et mis sous traitement rapidement après l'infection par le VIH, plus vous aurez des chances de rester en bonne santé.  

Durant cette période de séroconversion, le système immunitaire apprend à reconnaître le VIH. Pourtant il n’a pas encore produit d’anticorps, ces protéines dont le rôle consiste à s’attaquer au virus. Les événements suivants risquent donc de se produire à ce stade de l’infection :

  • La quantité de virus présente dans votre sang (votre charge virale) peut être très élevée.
  • Votre compte de CD4+ peut chuter jusqu’à ce que votre corps se mette à se défendre contre le VIH.
  • Le test de dépistage du VIH pourrait révéler que vous n’êtes pas infecté alors que vous l’êtes en réalité. (Rappelons que le test ne détecte que les anticorps anti-VIH et que votre corps n’a pas encore commencé à en produire à ce stade.)
  • Vous pouvez passer le virus à d’autres personnes. De fait, vous êtes plus à risque de transmettre le virus à d'autres personnes lorsque votre infection est récente et que vous n'êtes pas encore traité, puisqu’il y a beaucoup de VIH dans votre corps.

La séroconversion est l’étape où votre corps se met à produire des anticorps contre le VIH. Elle se produit habituellement de un à trois mois après l’infection. Puisqu’il ne détecte que les anticorps et non le virus lui-même, le test du VIH ne se révèlera positif qu’après votre séroconversion.

Durant cette période, votre charge virale diminuera de nouveau après avoir atteint un pic élevé durant la primo-infection.

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Les stades subséquents de l’infection au VIH

S'il n'est pas traité, le VIH fait rapidement des copies de lui-même (réplication) et infecte de nouvelles cellules CD4+. Votre corps cherche à compenser cette perte en produisant de nouvelles CD4+ saines. Dans la majorité des cas, le virus finit par vaincre le système immunitaire.

Même si votre infection au VIH n'est pas diagnostiquée ou traitée, vous pourriez vous sentir parfaitement bien durant la phase qui suit la séroconversion, et ce, pendant longtemps. Même si votre système immunitaire n’a pas éliminé l’infection, il parvient encore à lui résister. C’est signe que pour l’instant, l’affrontement entre votre organisme et le VIH se conclut par un match nul. Votre compte de CD4+ et votre charge virale resteront stables, mais cette dernière pourrait augmenter si vous combattez d’autres infections, comme le rhume ou la grippe. De nombreuses personnes n'éprouvent aucun symptôme de l'infection au VIH, ce qui explique pourquoi cette phase est aussi appelée infection asymptomatique.

La phase asymptomatique est la plus longue de l’infection au VIH (voir le graphique). Chez beaucoup de gens, elle peut durer dix ans ou plus, alors que chez d’autres, elle dure moins longtemps. Durant cette période, le VIH fait rapidement des copies de lui-même (réplication) et infecte de nouvelles cellules CD4+. Votre corps cherche à compenser cette perte en produisant des CD4+ saines. Tant que ce processus va bon train, votre système immunitaire reste fort. Toutefois, en l’absence de traitement, le VIH finira par prendre le dessus et remporter la bataille dans la plupart des cas.

Le compte de CD4+ mesure la force de votre système immunitaire. Consultez le chapitre 9, Le suivi de votre santé, pour en savoir plus.

Si vous n'êtes pas traité pour le VIH, le virus prend votre système immunitaire d’assaut, votre compte de CD4+ diminue et vos risques d’éprouver des symptômes de l’infection au VIH augmentent. Vous pourriez voir apparaître les signes suivants : ganglions enflés, sueurs nocturnes, fièvre, diarrhée, perte de poids. Vous risquez également de souffrir d’une infection vaginale aux levures ou d’une candidose buccale (muguet). C’est signe que le VIH gagne du terrain. Pour plus d’informations concernant les infections liées à l’infection au VIH non traitée, consultez le chapitre 12, Les infections et les cancers liés au VIH.

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Évolution typique de l'infection au VIH sans traitement

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Le sida

Si votre infection au VIH n’est pas traitée avec des médicaments anti-VIH, vous risquez de progresser jusqu’au stade sida. Les experts ont dressé une liste de maladies définissant le sida. Cette liste est utilisée pour établir un diagnostic ou à des fins statistiques sur l’ensemble de l’épidémie. Elle ne comporte que des maladies graves, voire mortelles, comme le complexe Mycobacterium avium (famille des infections bactériennes), la pneumonie à Pneumocystis jiroveci (famille des infections fongiques) et le lymphome non hodgkinien et le sarcome de Kaposi (famille des cancers). Consultez le chapitre 12, Les infections et les cancers liés au VIH.

Bien des gens parlent maintenant d'infection au VIH ou d'infection chronique au VIH. C'est bien la preuve que la phase sida est de moins en moins une issue courante du VIH.

Avant l’arrivée de médicaments anti-VIH efficaces, les personnes séropositives savaient que les possibilités qu’elles passent au stade sida et qu’elles décèdent étaient grandes. Mais maintenant, grâce à ces médicaments, l’infection au VIH peut être maîtrisée et ne cause plus nécessairement de maladies potentiellement mortelles. On arrive à stopper sa progression vers le sida chez des gens en bonne santé et à permettre à ceux qui tombent malades d'infections potentiellement mortelles liées au sida de prendre du mieux et de rester en bonne santé.

La façon dont nous parlons maintenant du VIH et du sida reflète cette nouvelle réalité. Bien des gens parlent maintenant d’infection au VIH ou d’infection chronique au VIH. C’est bien la preuve que la phase sida est maintenant une issue peu courante de l'infection au VIH là où les gens ont accès aux médicaments anti-VIH.

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Le rôle de l'inflammation chronique dans l'infection au VIH

Bien que les médicaments anti-VIH aident à réduire énormément la quantité de VIH dans votre corps, l'inflammation chronique causée par l'impact du virus est contrôlée, mais pas éliminée par ces médicaments.

L'inflammation commence dès les stades précoces de l'infection au VIH et persiste au fil du temps. Elle fait partie de la réponse du système immunitaire aux blessures, aux irritations et aux infections. Par exemple, l'inflammation s'enclenche lorsque nous nous coupons, que nous sommes exposés à un allergène ou que nous contractons une infection transmissible sexuellement (ITS). Des cellules du système immunitaire sont activées et se déplacent vers le site de l'infection ou de la blessure. Les signes d'inflammation incluent la rougeur, l'enflure, la sensation de chaleur, la douleur et la perte de fonction.

L'inflammation est un des moyens que le corps utilise pour réparer ou éliminer un problème. Elle peut nous être utile à court terme. Toutefois, lorsque l'inflammation persiste longtemps – c'est-à-dire qu'elle devient chronique – elle cesse d'être bénéfique et peut contribuer à l'apparition de diverses maladies. Si elle n'est pas traitée, l'inflammation a le potentiel de causer de graves dommages : elle peut nuire aux cellules immunitaires, aux organes majeurs et au système nerveux et contribuer aussi à diverses maladies.

Les chercheurs sont en train d'examiner le rôle que joue l'inflammation dans la santé des personnes vivant avec le VIH, notamment en ce qui concerne les maladies cardiovasculaires, l'ostéoporose, l'insuffisance hépatique et rénale et d'autres maladies organiques qui touchent les personnes séropositives à mesure qu'elles vieillissent avec l'infection.

Ressources

L’épidémiologie du VIH au Canada – Résumé des statistiques sur le VIH au Canada

Feuillets d'information de CATIE sur :

La charge virale indétectable et la transmission sexuelle du VIH

Un guide pratique pour un corps en santé pour les personnes vivant avec le VIH

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À propos de l’auteur

Derek ThaczukDerek Thaczuk travaille et fait du bénévolat dans la communauté VIH depuis qu’il a reçu son propre diagnostic en 1992. En plus de fournir des services de soutien pratique et de soins à domicile, Derek a coprésidé le Réseau ontarien de traitement du VIH (OHTN) et occupé le poste de coordonnateur des ressources en traitement à la Toronto People with AIDS Foundation. Derek travaille actuellement à titre de rédacteur et réviseur pigiste pour CATIE et d’autres organismes dont le mandat consiste à fournir, en langage clair et simple, des informations pertinentes sur la santé et le traitement aux personnes vivant avec le VIH.

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