Le VIH et le vieillissement

Santé mentale

Les personnes atteintes du VIH ont un taux plus élevé de troubles de santé mentale que la population générale.

La stigmatisation, l’isolement, les traumatismes et la perte d’amis ou de membres de la famille peuvent tous y contribuer. La dépression est le trouble de santé mentale le plus courant et est observée chez des personnes atteintes du VIH de tous âges. Chez certaines personnes, les symptômes précoces de la dépression peuvent comprendre une fatigue inattendue ou un manque d’énergie, des difficultés à s’endormir ou à rester endormi, ou se réveiller sans se sentir reposé.

Les causes physiques possibles de la dépression sont les suivantes :

  • anémie
  • faible taux de testostérone
  • apport insuffisant en vitamine B12
  • faibles niveaux d’hormones thyroïdiennes (particulièrement chez les femmes)
  • changements hormonaux chez les femmes qui peuvent être liés au syndrome prémenstruel (SPM), à une grossesse, à l’accouchement ou à la ménopause

Le VIH lui-même peut aussi contribuer à la dépression, et certains traitements peuvent causer ces effets secondaires : l’éfavirenz (Sustiva, aussi dans Atripla) peut causer des problèmes de santé mentale, et une petite proportion des personnes (un à trois pour cent) qui prennent des inhibiteurs de l’intégrase comme le raltégravir (Isentress), l’elvitégravir (dans Genvoya et Stribild), le dolutégravir (Tivicay, aussi dans Juluca, Dovato et Triumeq) et le bictégravir (dans Biktarvy) présentent de l’anxiété, des problèmes de sommeil et de la dépression. Les symptômes de l’anxiété comprennent un rythme cardiaque rapide, l’insomnie et une inquiétude extrême, et sont assez courants chez les personnes atteintes du VIH. Si vous présentez l’un des symptômes ci-dessus, il est très important que vous consultiez votre médecin et que vous suiviez un traitement et obteniez du soutien.

La démence est un trouble du cerveau qui peut affecter votre mémoire et votre capacité à réfléchir clairement. Elle peut avoir des répercussions importantes sur vos activités quotidiennes, votre qualité de vie et même votre capacité à vivre en autonomie. Heureusement, la démence associée au VIH qui était observée dans les débuts de l’épidémie a grandement diminué lorsque des traitements du VIH efficaces sont apparus au milieu des années 1990. Néanmoins, en vieillissant, vous avez un risque potentiellement accru de ce qu’on appelle maintenant les troubles neurocognitifs associés au VIH (HAND). Il s’agit d’un spectre de troubles cognitifs, moteurs et de l’humeur qui touchent jusqu’à 50 pour cent des personnes âgées atteintes du VIH au Canada (les estimations varient). Les symptômes comprennent les difficultés à se souvenir, à se concentrer, à effectuer des calculs ou des tâches simples, mais la plupart des personnes atteintes de troubles neurocognitifs associés au VIH présentent des déficits très légers. Il est important de parler à votre médecin le plus rapidement possible si vous remarquez ces symptômes.