Juluca

Sommaire

Juluca contient deux médicaments : le dolutégravir et la rilpivirine. Le dolutégravir appartient à la classe de médicaments appelés inhibiteurs de l’intégrase. La rilpivirine appartient à la classe de médicaments appelés inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse (ou analogues non nucléosidiques). Juluca se prend sous forme de comprimé une fois par jour avec un repas. Dans l’ensemble, Juluca a été bien toléré lors des essais cliniques. Les effets secondaires généraux ont été peu fréquents et incluaient des maux de tête et de la diarrhée; ces derniers étaient habituellement légers et temporaires.

Qu’est-ce que Juluca?

Juluca contient deux médicaments : le dolutégravir et la rilpivirine. Le dolutégravir appartient à la classe de médicaments appelés inhibiteurs de l’intégrase. La rilpivirine appartient à la classe de médicaments appelés inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse (ou analogues non nucléosidiques). Le dolutégravir a été approuvé au Canada en 2013 et la rilpivirine a été approuvée il y a une dizaine d’années. Juluca a ceci de nouveau qu’il contient ces deux médicaments dans un seul comprimé.

Comment Juluca agit-il?

Juluca agit en interférant avec des enzymes nécessaires au VIH, soit l’intégrase et la transcriptase inverse. L’utilisation de Juluca réduit énormément la capacité du VIH d’infecter les cellules et de faire des copies de lui-même.

Comment les personnes vivant avec le VIH utilisent-elles Juluca?

Juluca est conçu pour remplacer le régime de traitement plus complexe de certains adultes. Le fabricant de Juluca, ViiV Healthcare, stipule ceci : « Avant de commencer à recevoir Juluca, les patients doivent avoir été sous traitement antirétroviral stable depuis au moins six mois ». Durant cette période, la charge virale de la personne devrait être inférieure à 50 copies/ml ou « indétectable ».

Pour plus d’information sur le traitement du VIH, consultez Votre guide sur le traitement du VIH de CATIE.

Chez beaucoup de personnes vivant avec le VIH, le recours au TAR (traitement anti-VIH ou traitement antirétroviral) a donné lieu à une augmentation du compte de CD4 et à une baisse de la quantité de VIH dans le sang (charge virale). Cela réduit les risques qu’une personne développe des infections mettant sa vie en danger ou un cancer lié au sida. Juluca, comme tout autre médicament anti-VIH, ne permet pas de guérir le VIH. Il est donc important de consulter régulièrement votre médecin pour passer des examens physiques et des tests de laboratoire.

Il existe des données probantes indiquant que les personnes séropositives qui suivent un TAR, qui reçoivent des soins et qui maintiennent une charge virale indétectable sont considérablement moins susceptibles de transmettre le VIH à d’autres personnes, que ce soit par les relations sexuelles, le partage de matériel servant à la consommation de drogues ou encore durant la grossesse et l’accouchement. De fait, les données probantes se rapportant à la transmission sexuelle révèlent que les personnes sous TAR qui maintiennent une charge virale indétectable ne transmettent pas le virus à leurs partenaires sexuels. Pour en savoir plus, voir le feuillet d’information de CATIE Le traitement du VIH et la charge virale indétectable pour prévenir la transmission du VIH. L’utilisation de condoms demeure toutefois une bonne idée parce qu’ils réduisent le risque de contracter ou de transmettre d’autres infections transmissibles sexuellement.

Mises en garde

Grossesse

En mai 2018, des agences de réglementation, dont Santé Canada, la Food and Drug Administration américaine et la European Medicines Agency, ont publié des avertissements au sujet du dolutégravir parce que ce dernier avait été associé à une augmentation apparente du risque d’anomalies congénitales lors d’un essai clinique. Par conséquent, ViiV stipule que « les femmes en âge de procréer doivent se soumettre à un test de grossesse avant l’instauration d’un traitement par Juluca. Juluca ne doit pas être utilisé au cours du premier trimestre de grossesse ». De plus, ViiV affirme que les femmes en âge de procréer qui prennent Juluca « doivent utiliser une méthode de contraception efficace pendant toute la durée du traitement ».

Si vous êtes enceinte ou souhaitez avoir un bébé et que vous prenez Juluca, parlez-en à votre médecin.

Anxiété et dépression

Quoique peu courants lors des essais cliniques, un ou plusieurs des effets secondaires suivants se sont produits chez une faible proportion de personnes (moins de 2 %) sous l’effet d’une combinaison à base de Juluca : dépression, pensées négatives, anxiété et pensées suicidaires ayant mené à des tentatives de suicide dans certains cas.

L’anxiété et la dépression sont relativement courantes parmi les personnes vivant avec le VIH (qu’elles suivent un traitement ou pas et sans égard au type de traitement utilisé). Si vous prenez Juluca et pensez souffrir d’anxiété ou de dépression, parlez-en sans tarder à votre médecin. Il pourra déterminer si vous souffrez d’anxiété ou de dépression et s’il existe un lien entre ces problèmes et les médicaments que vous prenez.

Des cas ont été signalés où des personnes ont souffert d’anxiété et/ou de dépression après avoir commencé un régime de traitement fondé sur Juluca. Les symptômes de l’anxiété et de la dépression peuvent inclure les suivants :

  • on s’énerve ou se fâche facilement
  • sentiments de peur
  • inquiétude excessive
  • difficulté à s’endormir ou à rester endormi, ou réveil matinal précoce
  • tristesse inexpliquée
  • cauchemars récurrents
  • tristesse, colère ou déprime qui dure longtemps
  • sentiment de désespoir
  • absence de plaisir lors des activités quotidiennes
  • fatigue ou manque d’énergie qui survient soudainement
  • pensées bizarres

Si vous éprouvez un des symptômes ci-dessus, contactez votre médecin ou infirmière.

Si vous pensez à vous faire du mal ou à en faire à d’autres personnes, composez tout de suite le 911.

Réactions cutanées et hypersensibilité

Lors des essais cliniques d’envergure de Juluca, environ 1 % de tous les participants ont présenté une éruption cutanée. Toutes les éruptions en question ont été légères ou modérées.

Cependant, depuis une décennie, des cas ont été signalés où des personnes utilisant le dolutégravir ou la rilpivirine (les médicaments se trouvant dans Juluca) ont souffert de graves réactions cutanées et d’hypersensibilité. Les symptômes d’une réaction d’hypersensibilité peuvent inclure une éruption cutanée grave ou avec fièvre, accompagnée d’un manque d’énergie et de douleurs musculaires ou articulaires. Dans les cas graves, des symptômes additionnels peuvent se produire, tels que la peau pelée, des cloques sur les lèvres, les yeux et le visage enflés, des crampes d’estomac et de la difficulté à respirer. Si ces symptômes surviennent, le fabricant recommande la discontinuation immédiate de Juluca (ou de tout autre médicament soupçonné de causer cette réaction), sinon la réaction d’hypersensibilité pourrait mettre la vie de la personne en danger. Si des symptômes qui semblent indiquer l’hypersensibilité se produisent, allez voir votre médecin sans tarder ou présentez-vous au service des urgences de l’hôpital ou du centre médical le plus proche.

Santé du foie

Les personnes co-infectées par les virus de l’hépatite B ou C et celles dont les taux d’enzymes du foie sont élevés avant de commencer à prendre Juluca pourraient courir un risque plus élevé d’inflammation et de lésions hépatiques. Selon ViiV, la rilpivirine et le dolutégravir ont tous deux été associés à « quelques cas de [lésions hépatiques] ». Aucune des personnes dont le foie était endommagé n’avait de facteur de risque préexistant connu qui aurait augmenté leur risque de lésions hépatiques. Pour cette raison, ViiV recommande de « réaliser des analyses de laboratoire appropriées avant d’instaurer le traitement et de surveiller l’apparition [de lésions hépatiques] durant le traitement par Juluca ».

Âge

Juluca n’a pas été testé chez des personnes de moins de 18 ans, ni chez de nombreuses personnes âgées de 65 ans ou plus, alors son efficacité et son innocuité chez ces populations sont inconnues.

Effets secondaires

Généralités

Lors des essais cliniques, Juluca a été bien toléré et s’est généralement révélé sûr et efficace. Cependant, comme cela arrive avec tout traitement, des effets secondaires se sont produits, mais ils n’étaient pas nombreux et incluaient les suivants :

  • maux de tête
  • nausées
  • diarrhées

Il importe de noter que les personnes séropositives qui s’inscrivent typiquement aux essais cliniques clés des nouveaux traitements anti-VIH, dont Juluca, sont habituellement jeunes et en relativement bonne santé. Cependant, lorsqu’un traitement est approuvé et est plus facilement accessible, il est utilisé par des populations de cliniques qui ne participent pas habituellement aux essais cliniques clés. Ces personnes sont souvent plus âgées et risquent d’éprouver d’autres problèmes de santé (comorbidités) — maladies cardiovasculaires, lésions hépatiques ou rénales, diabète de type 2, anxiété, dépression et consommation de substances — qui nécessitent la prise de médicaments. Leur expérience des effets secondaires pourrait donc différer de celle signalée lors des essais cliniques clés.

Les reins

Les reins filtrent le sang, déposent les produits de déchets dans l’urine et réabsorbent des nutriments et d’autres substances utiles dans le sang. Juluca contient le dolutégravir, un médicament qui peut interférer avec la capacité des reins d’évacuer le produit de déchets créatinine dans l’urine. Ainsi, on observe généralement une augmentation faible mais persistante du taux de créatinine dans le sang des personnes recevant le dolutégravir. Cette faible augmentation n’est pas considérée comme nuisible. De plus, cet effet sur les reins ne semble pas compromettre la capacité des reins de filtrer les autres substances. Un effet semblable sur la créatinine s’observe aussi avec le médicament antiulcéreux cimétidine (Tagamet), l’agent de potentialisation cobicistat (ingrédient de Stribild) et l’inhibiteur de l’intégrase bictégravir (ingrédient de Biktarvy).

Symptômes peu courants

Peu fréquents lors des essais cliniques, les symptômes suivants ont touché moins de 2 % des personnes recevant Juluca; il n’est pas clair si ces symptômes étaient causés par Juluca, le processus pathologique sous-jacent ou quelque chose d’autre :

  • manque d’énergie
  • douleur abdominale
  • nausées
  • vomissements
  • douleur musculaire
  • diminution de l’appétit
  • somnolence durant la journée

Interactions médicamenteuses

Certains médicaments (y compris des produits sur ordonnance ou en vente libre), plantes médicinales et suppléments peuvent interférer avec l’absorption et/ou l’efficacité de Juluca. On appelle ce genre d’interférence une interaction médicamenteuse. Certains médicaments peuvent réduire le taux de Juluca dans votre sang. Cela peut rendre Juluca moins efficace et entraîner l’échec du traitement, de sorte que vos options de traitement futures seront peut-être réduites. D’autres médicaments peuvent augmenter le taux de Juluca dans votre sang, ce qui peut aggraver les effets secondaires existants ou en provoquer des nouveaux. Il est donc important de parler à votre médecin et à votre pharmacien de tous les suppléments, drogues et plantes médicinales que vous prenez.

Ce feuillet d’information n’est pas exhaustif et ne dresse qu’une liste partielle des interactions connues et potentielles avec Juluca. Parlez à votre pharmacien pour en savoir plus.

Médicaments à éviter

ViiV recommande que les médicaments suivants ne soient pas utilisés par les personnes recevant Juluca :

  • médicament pour le traitement des fréquences cardiaques anormales : dofétilide (Tikosyn)
  • anticonvulvisants : carbamazépine, oxcarbazépine, phénobarbital et phénytoïne
  • antibiotiques : rifampine, rifapentène
  • classe d’antiacides appelés inhibiteurs de la pompe à protons (IPPI) : Losec (oméprazole), Nexium (ésoméprazole), Pantoloc (pantoprazole), Pariet (rabéprazole), Prevacid (lansoprazole)
  • traitements d’affections inflammatoires : plus d’une dose d’un glucocorticoïde (p. ex., prednisone, cortisone)

Agents antiacides, laxatifs, suppléments de métaux et médicaments tamponnés

Juluca devrait être pris au moins quatre heures avant ou six heures après ces catégories de médicaments. Les exemples d’agents antiacides incluent les suivants :

  • Alka-Seltzer
  • Gaviscon (comprimés et sirop)
  • Maalox (liquide et comprimés)
  • Lait de magnésie
  • Pepto-Bismol et Pepto-Bismol pour enfants
  • Rolaids
  • Tums
  • Zantac (ranitidine), Tagamet (cimétidine)

Comme autre option, ViiV affirme que les personnes qui prennent des suppléments de calcium (pour des raisons autres que la réduction de l’acidité gastrique) et/ou de fer peuvent prendre ces derniers avec Juluca « au moment d’un repas ».

Metformine

Le médicament metformine est couramment utilisé pour aider à contrôler les taux de sucre dans le sang (glycémie). Le dolutégravir qui est présent dans Juluca peut accroître le taux de metformine dans le corps. Il se peut donc que votre médecin ait besoin de réduire votre dose de metformine si vous prenez également Juluca.

Résistance et résistance croisée

Au fur et à mesure que de nouvelles copies de VIH sont générées dans le corps, le virus modifie sa structure. On appelle ces modifications des mutations; les mutations peuvent permettre au VIH de résister aux effets des médicaments antirétroviraux, ce qui signifie qu’ils cesseront d’agir pour vous.

Pour réduire le risque de développer une résistance aux médicaments, il faut prendre les médicaments anti-VIH tous les jours en respectant à la lettre la posologie et les directives du médecin. Si vous retardez ou manquez vos prises de médicaments, ou si vous ne les prenez pas selon les instructions de votre médecin, le taux sanguin de dolutégravir et rilpivirine risquent de trop baisser. Dans pareil cas, votre VIH pourrait devenir résistant au médicament. Si vous avez de la difficulté à prendre vos médicaments de façon régulière et à suivre les instructions reçues, parlez-en à votre médecin, une infirmière ou à votre pharmacien. Ils vous donneront des conseils utiles.

Lorsque le VIH a acquis une résistance à un médicament d’une catégorie donnée, il arrive parfois qu’il devienne résistant à d’autres médicaments de la même catégorie. On parle alors de résistance croisée. N’hésitez pas à parler à votre médecin de vos options de traitement actuelles et futures. Pour aider à déterminer vos options, votre médecin pourra faire analyser un échantillon de votre sang pour déceler d’éventuelles résistances médicamenteuses.

Posologie

Juluca est offert sous forme de comprimés roses. Chaque comprimé contient 50 mg de dolutégravir et 25 mg de rilpivirine. Juluca se prend une seule fois par jour avec un repas. Il faut prendre Juluca avec un repas afin qu’il soit absorbé.

Si vous oubliez de prendre une dose, voici la recommandation de ViiV : « prenez-la avec un repas dès que vous constatez votre oubli. Toutefois, s’il reste moins de 12 heures avant la prise de la prochaine dose, ne prenez pas la dose oubliée, mais prenez la prochaine dose à l’heure habituelle… Ne doublez pas la dose pour compenser une dose oubliée ».

Disponibilité

Juluca est homologué au Canada. Il est conçu pour remplacer le traitement anti-VIH en cours de certaines personnes dont la charge virale est inférieure à 50 copies/ml (« indétectable ») sous l’effet du même régime depuis un minimum de six mois. Votre médecin peut vous renseigner davantage sur la disponibilité et le remboursement de Juluca dans votre région. CATIE a créé un module électronique intitulé Programmes fédéraux, provinciaux et territoriaux d’accès aux médicaments qui contient de l’information sur le remboursement des médicaments au Canada.

Références

  1. ViiV Healthcare. Juluca — comprimés de dolutégravir et rilpivirine. Monographie de produit. 27 août 2018.
  2. Blair HA. Dolutegravir/rilpivirine: A review in HIV-1 infection. Drugs. 2018 Nov;78(16):1741-1750.
  3. Llibre JM, Hung CC, Brinson C, et al. Efficacy, safety, and tolerability of dolutegravir-rilpivirine for the maintenance of virological suppression in adults with HIV-1: phase 3, randomised, non-inferiority SWORD-1 and SWORD-2 studies. Lancet. 2018 Mar 3;391(10123):839-849.
  4. Zash R, Makhema J, Shapiro RL. Neural-tube defects with dolutegravir treatment from the time of conception. New England Journal of Medicine. 2018 Sep 6;379(10):979-981.

Auteur(s) : Hosein SR

Traduction : Boutilier A

Publié : 2018