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24 octobre 2019 

Le dépistage des ITS par Internet montre des tendances positives

  • Des chercheurs ont évalué un service en ligne de dépistage des infections transmissibles sexuellement
  • Un programme de la C.-B. offre l’accès direct au dépistage par le biais de requêtes de laboratoire électroniques
  • Les utilisateurs du dépistage par Internet étaient 22 % plus susceptibles d’utiliser à nouveau ce service

Le dépistage des infections transmissibles sexuellement (ITS) consiste habituellement en une consultation en clinique afin que l’on puisse subir des prélèvements. Un rendez-vous de suivi peut être nécessaire pour recevoir les résultats des tests et, si nécessaire, se faire traiter. Comme de nombreuses personnes mènent une vie bien occupée, elles peuvent éprouver des problèmes qui rendent difficile l’accès à de tels services, tels que le temps de déplacement et l’interruption de leur horaire de travail. Ces problèmes, ainsi que le temps passé dans une salle d’attente, peuvent dissuader les gens de venir consulter.

Selon le Centre de contrôle des maladies de la Colombie-Britannique (BCCDC), « l’augmentation de l’accès au dépistage des infections transmissibles sexuellement et par le sang [ITSS; aux fins de cet article, nous utilisons le sigle ITS] est fondamentale pour prévenir ces infections ». Le BCCDC fait valoir que le dépistage et le traitement des ITS a des bienfaits tant pour les individus que pour la société. À titre d’exemple, notons que « les individus peuvent se faire diagnostiquer et traiter rapidement afin de prévenir les complications ». La société profite du fait que les personnes diagnostiquées et traitées pour les ITS ont une meilleure santé, sont renseignées sur la prévention des ITS et, grâce au traitement, ne transmettent pas les infections.

Selon les chercheurs du BCCDC, les taux d’ITS sont relativement élevés parmi certains hommes gais, bisexuels, et hommes qui ont des relations avec d’autres hommes (HARSAH) sexuellement actifs. L’augmentation des occasions de dépistage d’ITS est importante pour la santé de cette population.

Accès en ligne au dépistage d’ITS

Une équipe de chercheurs au BCCDC a mené une étude pour comparer les taux de dépistage à répétition (on se fait tester plus de 30 jours après le test précédent) parmi les personnes qui utilisaient un service de dépistage d’ITS en ligne appelé Get Checked Online (GCO) et les personnes qui fréquentaient des cliniques ITS de Vancouver. Les chercheurs ont évalué les données se rapportant à plus de 19 000 personnes qui s’étaient fait tester pour les infections suivantes :

  • chlamydia
  • gonorrhée
  • VIH
  • virus de l’hépatite C

Selon un article qui sera publié dans la revue médicale Sexually Transmitted Infections, les chercheurs ont constaté que les personnes qui utilisaient le service de dépistage en ligne étaient plus susceptibles (de 22 %) de se faire tester à nouveau pour les ITS que les personnes qui fréquentaient les cliniques. Les services de dépistage par Internet ont donc le potentiel d’accroître la fréquence des dépistages d’ITS et d’aider ainsi les personnes atteintes de telles infections à bénéficier d’un diagnostic et d’un traitement précoces.

Détails de l’étude

Les chercheurs ont analysé des données recueillies auprès de 19 497 personnes, dont :

  • 1 093 personnes ayant utilisé le service de dépistage par Internet GCO
  • 18 404 clients de cliniques ITS

Environ 40 % des participants étaient des HARSAH.

Mode de fonctionnement du dépistage d’ITS par Internet

Les chercheurs ont expliqué le mode de fonctionnement du service Get Checked Online comme suit :

« Les personnes qui visitent le site Web de GCO créent un compte en utilisant leur adresse courriel, remplissent une évaluation des risques, créent une requête de laboratoire à apporter à un site local de prélèvement, fournissent des échantillons, puis obtiennent les résultats en ligne (si négatifs) ou par téléphone (si positifs). On recommande aux personnes faisant état de symptômes ou ayant un partenaire atteint d’une ITS de se rendre à une clinique, mais elles peuvent continuer [à utiliser le site du GCO] ».

Le dépistage repose en partie sur l’autoprélèvement d’échantillons par frottis de la gorge et du rectum. Dans les cas où un échantillon de sang est nécessaire, les utilisateurs peuvent se rendre à un laboratoire désigné.

Les chercheurs ont affirmé que « GCO a été créé en tant qu’extension de la clinique ITS du BCCDC et offre la même pratique clinique sans obstacle, la gratuité, des recommandations de dépistage et des processus de consentement semblables et l’absence de vérification de l’identité du client. Les tests sont effectués en utilisant un code alphanumérique unique généré par le système au lieu du prénom et du nom (le même code est utilisé chaque fois que l’utilisateur a recours à GCO). GCO inclut également l’envoi automatisé de rappels par courriel… »

Les chercheurs ont analysé les données recueillies entre septembre 2014 et février 2017.

Résultats

L’analyse a révélé que les personnes qui utilisaient le service de dépistage par Internet étaient 22 % plus susceptibles d’y avoir recours à nouveau à l’avenir. Selon les chercheurs, ce résultat soutient l’idée selon laquelle « les services de dépistage d’ITS  peuvent favoriser une augmentation de la fréquence des dépistages et servir de complément aux services cliniques offerts en personne ».

À retenir

Comme nous parlons ici d’une étude par observation, les conclusions des chercheurs ne sont pas définitives. Il n’empêche que l’équipe a effectué des tests statistiques rigoureux additionnels afin de confirmer la validité de ses résultats. De plus, des essais cliniques randomisés menés en Australie et en France ont révélé que l’autodépistage de la chlamydia augmentait le dépistage à répétition, au moins à court terme.

Des sondages précédents ont révélé que les clients de GCO appréciaient la simplicité et la confidentialité relative qu’offraient les services de dépistage d’ITS par Internet. Selon les chercheurs, la recherche précédente a permis de constater que les clients de GCO appréciaient les rappels par courriel et les autres renseignements qui les aidaient à comprendre les risques personnels et « continus » qu’ils couraient à l’égard des ITS.

Vers l’avenir

La présente étude s’ajoute à la documentation en faveur de la continuation des services de dépistage en ligne. Des études semblables pourraient être menées dans d’autres régions du Canada pour évaluer l’impact des services de dépistage d’ITS par Internet sur les HARSAH et d’autres populations.

Ressource :

Get checked online - BCCDC

—Sean R. Hosein

RÉFÉRENCE :

Gilbert M, Salway T, Haag D, et al. A cohort study comparing rate of repeat testing for sexually transmitted and blood-borne infections between clients of an Internet-based testing programme and of sexually transmitted infection clinics in Vancouver, Canada. Sexually Transmitted Infections. 2019; in press.