Un guide pratique pour un corps en santé pour les personnes vivant avec le VIH

Les changements hormonaux

Les hormones sont des messagers chimiques qui se déplacent partout dans l’organisme pour aider les cellules à accomplir leurs nombreuses tâches. Elles influencent notre système immunitaire, notre énergie, notre humeur, la qualité de notre sommeil, notre libido, notre appétit et notre digestion, la force de nos muscles, la santé de nos os et de nombreux autres aspects de notre santé et de notre vie.

Certaines personnes vivant avec le VIH ont un faible taux de certaines hormones, surtout la testostérone, les hormones thyroïdiennes et la DHEA (hormone contribuant à la production d’androgènes et d’estrogènes, c’est-à-dire les hormones sexuelles masculines et féminines). Les personnes séropositives qui ont un faible compte de CD4, des infections potentiellement mortelles et qui ont subi une perte de poids grave sont plus susceptibles de présenter des taux d’hormones gravement réduits. Chez les personnes qui en sont à un stade précoce de l’infection au VIH, il est possible que les changements hormonaux soient moins prononcés, mais ils risquent tout de même de causer des symptômes troublants. Quel que soit le stade de votre infection au VIH, c’est une bonne idée de faire évaluer vos taux d’hormones et, si nécessaire, de prendre des mesures pour en rétablir l’équilibre.

Comme c’est le cas de nombreux tests sanguins, les laboratoires définissent les taux d’hormones « normaux » en fonction de la moyenne observée chez un grand nombre de personnes faisant partie de la population générale. Il se peut que votre « normale » se situe à l’intérieur ou à l’extérieur de la gamme moyenne. Les taux d’hormones qui vous conviennent sont ceux qui éliminent vos symptômes et qui restaurent votre état de santé vigoureux.

La restauration des taux d’hormones optimaux peut non seulement soulager les symptômes, mais contribuer aussi à prévenir de graves affections médicales, dont les problèmes cardiaques, l’ostéoporose, la dépression, la perte de libido, la fatigue et les problèmes musculaires et d’équilibre.

Qu’est-ce qui cause les changements hormonaux?

Les taux d’hormones peuvent fluctuer pour une variété de raisons, y compris les suivantes :

  • infection au VIH
  • infections opportunistes, telles que le cytomégalovirus (CMV), le complexe Mycobacterium avium (MAC), le sarcome de Kaposi (SK) et l’histoplasmose
  • certains médicaments
  • certaines drogues de la rue
  • stress

De plus, les changements hormonaux sont une partie naturelle du vieillissement, que l’on soit séropositif ou séronégatif.

Infections opportunistes

De nos jours, les personnes séropositives sont beaucoup moins nombreuses à contracter des infections opportunistes grâce à l’efficacité de la thérapie antirétrovirale (TAR), et elles sont moins nombreuses à éprouver les changements hormonaux qui peuvent se produire à cause de ces infections. Notons, par exemple, que le CMV, le MAC, le SK, l’histoplasmose et la tuberculose peuvent tous faire en sorte que les glandes surrénales produisent certaines hormones en quantité insuffisante. (Les surrénales sont deux glandes situées sur le dessus des reins qui produisent des hormones sexuelles et du cortisol.) Heureusement, grâce à un traitement anti-VIH efficace et, dans certains cas, aux antimicrobiens prophylactiques, il est possible de prévenir ces problèmes.

Médicaments et autres drogues

Plusieurs médicaments et drogues peuvent avoir un impact sur vos taux d’hormones, y compris les suivants :

  • Interféron : Utilisé pour traiter l’hépatite C, ce médicament peut causer ou aggraver l’hypothyroïdie (affection caractérisée par une production insuffisante d’hormones thyroïdiennes par la glande thyroïde) ou l’hyperthyroïdie (production excessive de l’hormone thyroxine par la thyroïde).
  • Kétoconazole et certains autres médicaments utilisés contre les infections fongiques : Ces médicaments risquent de supprimer la production d’hormones corticostéroïdiennes et d’hormones sexuelles par les glandes surrénales.
  • Rifampine (Rifadin et aussi dans le Rifater) : Utilisée pour le traitement de la tuberculose, la rifampine peut provoquer une baisse excessive du taux de l’hormone cortisol et aussi contribuer à l’hypothyroïdie. (Pour une liste de médicaments susceptibles d’influencer vos hormones thyroïdiennes, voir « Facteurs de risque d’hypothyroïdie ».)
  • La marijuana peut augmenter le taux d’estrogène et réduire le taux de testostérone. Cependant, lors des études, les taux plus faibles de testostérone demeuraient dans la gamme de valeurs normale.
  • Les opiacés peuvent réduire la production de l’hormone lutéinisante (elle déclenche l’ovulation chez les femmes cisgenres1 et stimule la production de testostérone chez les hommes cisgenres2) et celle de l’hormone folliculostimulante (elle régule le processus de procréation chez la femme et chez l’homme). Les opiacés risquent aussi d’accroître la production de l’hormone prolactine, qui stimule le développement des seins et la production de lait chez les femmes cisgenres.

Stress

Vous savez peut-être d’expérience que le stress peut perturber votre appétit, votre sommeil, votre humeur et votre libido. Le stress peut aussi avoir un impact sur vos hormones. Notre organisme est programmé de sorte qu’il perçoit le stress comme une menace imminente pour notre survie. Qu’il soit causé par une surcharge de travail, la circulation à l’heure de pointe, vos ennuis financiers ou la chicane que vous venez d’avoir avec votre ex, le stress déclenche une réaction « de lutte ou de fuite », comme si un chat des cavernes était sur le point de vous attaquer.

En premier lieu, l’hypothalamus, une petite région située à la base du cerveau, déclenche un système d’alarme. Cela incite vos glandes surrénales à libérer des vagues d’hormones, y compris de l’adrénaline et du cortisol. L’adrénaline augmente votre rythme cardiaque et votre tension artérielle et fait couler plus de sang vers les muscles pour vous permettre de lutter ou de fuir. Le cortisol, couramment appelé « hormone du stress », augmente la quantité de glucose dans le sang afin de vous donner le carburant nécessaire pour faire pomper les muscles pendant que vous luttez ou que vous fuyez. Le cortisol supprime aussi des fonctions corporelles qui ne sont pas essentielles à votre réponse à la menace; il modifie la réponse immunitaire et supprime l’appareil digestif, le système reproducteur et les processus de croissance.

Si un chat des cavernes vous chassait réellement, cette réponse pourrait vous sauver la vie. Cependant, si le stress persiste sur une période prolongée et devient chronique, votre réponse au stress peut devenir dangereuse pour votre santé. Le stress chronique peut entraîner des problèmes digestifs, des maladies cardiaques, l’insomnie, la dépression, la prise de poids, des problèmes de peau et la perte de cheveux.

Afin de limiter l’influence des hormones du stress, essayez de résoudre les problèmes qui vous causent le plus de stress dans votre vie. De nombreuses personnes trouvent que n’importe quelle combinaison d’exercice, de méditation, de respiration profonde, de yoga, de techniques de relaxation, de counseling et de soutien par les pairs peut être extrêmement utile pour atténuer le stress.

Vieillissement, périménopause et ménopause

Le VIH, les infections opportunistes, certains médicaments et autres drogues ainsi que le stress ont tous le potentiel de perturber sérieusement vos taux d’hormones. En même temps, certains changements hormonaux se produisent naturellement et font partie du processus de vieillissement normal.

Chez les hommes cisgenres, le taux de testostérone atteint son pic à l’adolescence et au début de l’âge adulte, puis il diminue lentement à partir de l’âge approximatif de 30 ans. Chez les femmes cisgenres, les phases de transition ont lieu à la puberté et ensuite lors de la périménopause et de la ménopause. La ménopause a lieu habituellement entre les âges de 45 et 55 ans, mais elle peut débuter plus tôt. Quant à la périménopause, c’est-à-dire les années qui précèdent la ménopause, elle peut commencer de un à 10 ans avant la fin définitive des menstruations.

Pendant la périménopause, l’organisme ralentit sa production d’estrogène et de progestérone. Le cycle menstruel peut devenir plus court (par exemple, 24 jours au lieu de 28), intermittent ou encore les saignements peuvent être plus abondants que normalement. Certaines personnes s’aperçoivent que leur tissu vaginal s’amincit, que leurs symptômes prémenstruels s’aggravent, que leur libido change et qu’elles éprouvent des bouffées de chaleur, des sueurs nocturnes et des problèmes d’insomnie et d’irritabilité. Même si la ménopause a parfois mauvaise réputation, de nombreuses personnes vivent cette transition sans éprouver de symptômes désagréables, et certaines d’entre elles souhaitent même la bienvenue au « changement ». L’expérience varie énormément d’une personne à l’autre.

Les premières études dans ce domaine faisaient état de plusieurs différences entre le cycle menstruel des femmes cisgenres séropositives et celui des femmes cisgenres séronégatives. Or, des études plus récentes et mieux conçues suggèrent que le VIH a généralement un impact moins important sur les menstruations que l’on ne croyait autrefois. De façon générale, il semble qu’il n’existe aucune différence significative entre les taux de douleur menstruelle excessive et d’inconfort périménopausique ou l’apparition précoce de la ménopause chez les femmes séropositives par rapport aux femmes séronégatives. Certaines recherches ont toutefois révélé que les personnes ayant un faible compte de CD4 étaient plus susceptibles d’avoir des règles intermittentes ou peu fréquentes. En particulier, une étude d’envergure a permis de constater que les femmes ayant un compte de CD4 inférieur à 200 étaient environ 50 pour cent plus susceptibles d’avoir des cycles irréguliers lors desquels il s’écoulait une période de 90 jours ou plus entre les règles.

Trucs pour faire face à la ménopause et à la périménopause

La ménopause est une partie naturelle du vieillissement. Aucun traitement n’est nécessaire, à moins que vous éprouviez des symptômes embêtants.

Alimentation

Selon nombre d’études, la consommation d’une combinaison de glucides simples et complexes fait augmenter le taux de sérotonine, le produit chimique du « bonheur » du cerveau. Elle peut aussi aider à soulager les défis émotionnels qui risquent de se produire durant la périménopause et la ménopause. N’importe quel aliment qui fait augmenter le taux sanguin de tryptophane pourrait aider parce que le tryptophane stimule la production de sérotonine. Les aliments riches en glucides, comme les rôties de pain de blé entier ou les céréales chaudes, et les aliments protéinés riches en tryptophane, tels les produits laitiers et la dinde, font augmenter le taux de sérotonine. (Vous souhaiterez peut-être vérifier régulièrement votre poids parce que les excès de glucides peuvent causer une prise de poids.)

Suppléments

Lorsque les seins sont douloureux ou enflés, certains naturopathes trouvent que la vitamine E peut être utile. La prise d’une dose quotidienne de 800 à 1 200 UI pourrait procurer un soulagement si l’on commence une semaine avant le début des règles et que l’on continue jusqu’à la fin de celles-ci. La vitamine E s’est aussi montrée bénéfique pour réduire les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes pendant la périménopause ou la ménopause. Comme la quantité nécessaire varie beaucoup d’une personne à l’autre, parlez à votre professionnel de la santé pour déterminer la dose qui vous convient. Il est préférable de se supplémenter avec la gamme complète de composés (appelés tocophérols et tocotriénols mixtes) appartenant à la famille de la vitamine E. Si possible, prenez votre supplément de tocophérols et votre supplément de tocotriénols avec des repas différents.

Le 5-hydroxytryptophane (5-HTP) pourrait aider à soulager les problèmes de sommeil qui accompagnent parfois la périménopause et la ménopause. Votre professionnel de la santé vous conseillera peut-être de le prendre avec de la vitamine B6 (de nombreux suppléments de 5-HTP contiennent de la vitamine B6). Le 5-HTP ne doit jamais être utilisé par des personnes qui prennent aussi des médicaments pour traiter la dépression ou l’anxiété. Parlez à votre professionnel de la santé ou pharmacien de vos options.

Médicaments en vente libre et sur ordonnance

Le naproxène (Aleve, Anaprox), l’acide méfénamique (Ponstan) et l’ibuprofène (Advil, Motrin) sont des médicaments anti-inflammatoires qui soulagent les crampes et qui pourraient atténuer les symptômes du syndrome prémenstruel. On peut se procurer certains de ces médicaments sans ordonnance à sa pharmacie. Des médicaments sur ordonnance sont parfois recommandés pour les défis émotionnels plus graves de la ménopause.

Testostérone

Bien que la testostérone soit largement considérée comme une hormone masculine, les femmes en produisent aussi. Chez l’homme et la femme, un faible taux de testostérone peut entraîner les problèmes suivants :

  • faible pulsion sexuelle (ou libido)
  • infertilité
  • incapacité d’accroître sa masse musculaire (même si l’on s’entraîne), ce qui peut causer l’émaciation
  • baisse de la force physique et capacité réduite de faire les activités quotidiennes
  • difficulté à maintenir l’équilibre
  • perte de l’appétit
  • fatigue
  • baisse de la fonction cardiaque
  • perte de masse osseuse
  • dépression

Si vous éprouvez ces symptômes et avez un faible taux de testostérone, votre médecin pourrait vous recommander une thérapie de remplacement de la testostérone pour corriger ces problèmes.

Tests de mesure de la testostérone

Un test sanguin est la seule manière de déterminer si votre taux de testostérone est faible. Il en existe deux qui mesurent respectivement la testostérone totale et la testostérone libre. Si c’est possible, faites les deux tests. (Le coût des tests n’est pas couvert par tous les provinces et territoires.) Pour déterminer si vous avez besoin d’une thérapie de remplacement de la testostérone, vous et votre médecin évaluerez les résultats de vos tests et tous les symptômes qui pourraient être dus à une déficience en testostérone. Si une thérapie de remplacement est une option, demandez à votre médecin de vous expliquer tous les risques et bienfaits potentiels.

Thérapie de remplacement de la testostérone

Une thérapie de remplacement de la testostérone peut améliorer votre humeur, votre énergie, votre force et votre libido tout en vous aidant à maintenir la santé de votre cœur et de vos os. La recherche a révélé que la correction de la déficience en testostérone pouvait aussi, dans certains cas, aider à corriger la résistance à l’insuline. Lors d’une étude menée auprès d’hommes séropositifs souffrant d’émaciation et d’une déficience en testostérone, ceux qui recevaient des suppléments de testostérone ont vu leur sensibilité à l’insuline s’améliorer au fur et à mesure que leur masse corporelle maigre augmentait.

Malgré ce que nous venons de dire, la thérapie de remplacement de la testostérone n’est pas un remède miracle qui permet d’inverser magiquement le processus de vieillissement. Et elle peut comporter des risques. Les études ont donné des résultats contradictoires en ce qui concerne le risque de maladies cardiovasculaires associé à la thérapie de remplacement de la testostérone. Quelques études ont permis de constater une augmentation du risque, alors que d’autres n’ont révélé aucun risque accru, et d’autres encore ont fait état d’une réduction du risque chez certains groupes d’hommes. De plus, on n’a pas bien étudié son innocuité chez les hommes âgés, diabétiques ou obèses. Comme le risque de maladies cardiovasculaires varie d’une personne à l’autre, parlez à votre médecin pour déterminer si la thérapie de remplacement de la testostérone vous convient.

Pour de nombreux hommes dont le taux de testostérone est faible, une thérapie de remplacement à long terme peut s’avérer nécessaire. Un traitement de courte durée pourrait restaurer initialement un taux de testostérone normal et soulager les symptômes de la déficience, mais si la thérapie était discontinuée, le taux de testostérone chuterait rapidement et les symptômes pourraient revenir.

Toute personne qui suit une thérapie de remplacement de la testostérone devrait passer des tests de suivi de leur testostérone totale et de leur testostérone libre afin de s’assurer qu’elle prend la bonne dose. Un excès de testostérone peut augmenter les taux de lipides sanguins, provoquer une augmentation du volume de la prostate, accroître le risque de caillots sanguins, augmenter le taux de globules rouges, causer l’acné, accroître l’agressivité et contribuer à la calvitie masculine. Chez les femmes, il pourrait causer la pousse de poils sur le corps comme chez l’homme et une voix plus grave.

Types de thérapie

La thérapie de remplacement de la testostérone est offerte sous différentes formes : une crème pour la peau, un gel, un timbre transdermique et un médicament oral ou injectable. Vous et votre médecin déterminerez la forme qui vous convient en tenant compte de la disponibilité, des effets secondaires, de votre situation et d’autres facteurs. L’usage prolongé de la testostérone orale peut nuire au foie, et l’usage à long terme des injections de testostérone peut mettre fin à toute production résiduelle de testostérone chez la personne traitée et causer finalement plus de problèmes qu’il n’en résout. Les injections comportent aussi un risque bien plus élevé d’effets secondaires (y compris l’anxiété, les maux de tête, l’agressivité, l’irritabilité, les sautes d’humeur, l’insomnie, le rétrécissement des testicules et l’impuissance). Le seul moment où la testostérone injectable pourrait être souhaitable serait comme traitement initial chez les hommes aux prises avec une émaciation potentiellement mortelle. Dans un tel cas, une injection est parfois utilisée pour augmenter le taux de testostérone et corriger la perte de tissu maigre.

Posologie

Les gels contenant un pour cent de testostérone, tels que l’Androgel et le Testim, figurent parmi les présentations standards de la thérapie de remplacement de la testostérone. Certains médecins préfèrent les crèmes ou les gels qui sont préparés dans une pharmacie pour répondre aux besoins particuliers d’un individu, parce qu’il est effectivement possible d’adapter la dose à vos besoins particuliers. Les crèmes ou gels composés ont tendance à être beaucoup moins chers. Ils ont généralement une teneur en testostérone de un à 20 pour cent et sont appliqués une ou deux fois par jour. Des tests de suivi sont effectués après un mois d’usage afin d’ajuster plus précisément la dose si nécessaire.

Considérations spéciales s’adressant aux femmes

Pour les femmes ayant besoin d’une thérapie de remplacement de la testostérone, une crème ou un gel composé peut leur fournir la faible quantité nécessaire pour atteindre un taux de testostérone optimal. Il existe aussi d’autres options que certains docteurs en naturopathie recommandent pour rehausser le taux de testostérone chez les femmes. Certains naturopathes pourraient suggérer l’utilisation de l’arbre au poivre (également appelé gattilier); cependant, les chercheurs ne savent pas avec certitude comment les ingrédients de cette plante agissent. De plus, l’arbre au poivre est susceptible d’interagir avec d’autres médicaments. Le zinc, un minéral dont certaines personnes vivant avec le VIH présentent une carence, est parfois recommandé aux femmes ainsi qu’aux hommes. Certains naturopathes recommandent que la prise de suppléments de zinc soit toujours contrebalancée par la prise de suppléments de cuivre. On devrait éviter de prendre ces minéraux en même temps parce qu’ils entrent en concurrence pour être absorbés. Cette combinaison pourrait stimuler l’organisme afin qu’il produise davantage de sa propre testostérone. Elle ne suffirait pas à corriger une déficience importante, mais pourrait aider les gens aux prises avec une déficience légère. Parlez à votre professionnel de la santé et à votre pharmacien des bienfaits potentiels du zinc.

Considérations spéciales s’adressant aux hommes

Certains experts recommandent que tous les hommes suivant une thérapie de remplacement de la testostérone passent régulièrement des tests de mesure de deux hormones additionnelles, soit la DHT (dihydrotestostérone) et l’estradiol, parce que la testostérone peut être convertie en ces hormones et causer potentiellement des effets négatifs. Pour aider à prévenir l’augmentation du taux de DHT, on devrait appliquer la crème ou le gel de testostérone sur des parties du corps sans poil (intérieur du bras, arrière du genou, près de la cheville) parce qu’il est possible que des enzymes présentes autour des follicules pileux convertissent la testostérone en DHT. Le chou palmiste nain est une plante que l’on peut utiliser pour prévenir l’augmentation du taux de DHT. (Parlez à votre médecin pour déterminer si le chou palmiste nain risque d’interagir avec vos autres médicaments.) Pour aider à empêcher l’augmentation du taux d’estradiol, une pharmacie d’officine peut ajouter du diindolylméthane (DIM) à la crème de testostérone.

DHEA

La DHEA est une hormone produite par les glandes surrénales et, dans une moindre mesure, par les testicules et les ovaires. Elle est la précurseure d’autres hormones comme la testostérone et l’estrogène et aide à stimuler la production de l’hormone de croissance. Des études ont révélé que les personnes vivant avec le VIH avaient souvent un faible taux de DHEA. De plus, le taux de cette hormone diminue régulièrement avec l’âge. Des études menées chez des personnes séronégatives âgées ont révélé que la supplémentation aidait parfois à améliorer l’énergie, à corriger les problèmes de mémoire, à stimuler l’appétit et à améliorer l’humeur et le sentiment de bien-être général. Selon les spécialistes du VIH qui prescrivent la DHEA à leurs patients, la restauration d’un taux optimal de cette hormone pourrait aider à restaurer la fonction immunitaire, à améliorer l’énergie et à protéger l’organisme contre les effets néfastes du stress. Cependant, vous ne devriez pas suivre de thérapie de remplacement à moins que vos tests révèlent un taux sous-optimal de DHEA.

Comme c’est le cas de toute hormonothérapie, plus n’est pas mieux en ce qui concerne la prise de suppléments de DHEA. Cette hormone est un stéroïde puissant, et la prise de doses trop élevées peut faire grimper le taux d’estrogène ou de testostérone d’une personne jusqu’à un niveau anormalement élevé. La DHEA ne devrait être utilisée que sous supervision médicale lorsque les tests en confirment la nécessité.

Hormones thyroïdiennes

Certaines personnes séropositives éprouvent des problèmes de thyroïde. Cette petite glande a la forme d’un papillon et se situe à la base du cou, entre la clavicule et la pomme d’Adam. Elle produit les hormones thyroxine (T4) et triiodothyronine (T3), lesquelles jouent un rôle dans le métabolisme. Ces hormones contrôlent la façon dont notre corps entrepose et utilise l’énergie et aident à réguler notre humeur et notre poids. L’anomalie la plus courante de la thyroïde s’appelle l’hypothyroïdie, une affection caractérisée par l’hypoactivité de la glande et une production insuffisante d’hormones thyroïdiennes.

Facteurs de risque d’hypothyroïdie

Les personnes ayant un faible compte de CD4 ou une infection opportuniste active sont plus sujettes à l’hypothyroïdie. Outre l’infection au VIH, les autres facteurs de risque incluent les suivants :

  • antécédents familiaux de maladies thyroïdiennes
  • sexe (les femmes sont plus sujettes aux problèmes de thyroïde que les hommes)
  • âge (les femmes de 60 ans et plus ont une chance sur cinq de présenter une maladie thyroïdienne)
  • maladie auto-immune (lupus, sclérose en plaques, polyarthrite rhumatoïde)

L’utilisation de certains médicaments peut exercer des effets indésirables sur la thyroïde. Les médicaments qui peuvent contribuer à l’hypothyroïdie incluent les suivants : certains médicaments cardiaques comme l’amiodarone (Cordarone), le médicament anti-hépatite C interféron-alpha (Pegasys, Pegatron) et le médicament antidépresseur lithium (Carbolith). De plus, la prise d’autres médicaments peut influencer les concentrations de vos médicaments pour la thyroïde, et il peut s’avérer nécessaire d’ajuster les doses. Les médicaments susceptibles d’exercer cet effet incluent le médicament anti-VIH ritonavir (Norvir et dans le Kaletra), le médicament antituberculeux rifampine (Rifadin, Rofact) et les anticonvulsivants carbamazépine (Tegretol), phénytoïne (Dilantin) et phénobarbital.

Le supplément nutritionnel acide alpha-lipoïque est un antioxydant largement utilisé qui semble causer des problèmes de thyroïde chez certaines personnes. Lorsqu’on en prend des doses élevées, on risque d’éprouver des symptômes liés à une déficience thyroïdienne. Ce problème n’a été découvert que récemment, et on ne sait pas encore combien de personnes y seraient sujettes. Si vous songez à prendre de l’acide alpha-lipoïque, parlez à votre médecin de ce problème et de la possibilité de faire mesurer votre fonction thyroïdienne de base avant de commencer à utiliser ce supplément.

Symptômes de l’hypothyroïdie

Les signes et symptômes d’une thyroïde hypoactive incluent les suivants :

  • fatigue
  • problèmes de mémoire ou « brouillard cérébral » qui rendent la pensée et la concentration difficiles
  • dépression
  • faible température corporelle, de sorte qu’on a les mains et les pieds froids et qu’on éprouve une sensation de froid même dans une pièce où tous les autres sont confortables
  • peau sèche, rugueuse et écailleuse
  • ongles qui se fendent, qui pèlent ou qui se brisent
  • perte de cheveux ou cheveux qui deviennent rugueux ou fragiles
  • difficulté à transpirer (même quand il fait chaud ou pendant l’activité physique)
  • constipation qui ne répond pas aux laxatifs légers ou au magnésium
  • faiblesse ou douleur musculaire, y compris symptômes de fibromyalgie
  • prise de poids
  • taux de cholestérol élevé

Tests de mesure des hormones thyroïdiennes

Si vous présentez n’importe lequel de ces symptômes ou facteurs de risque, parlez à votre médecin de la possibilité de passer un dépistage des maladies thyroïdiennes. Un diagnostic de maladie thyroïdienne est généralement fondé sur les symptômes, un examen physique et des tests sanguins. Les tests sanguins qui révèlent un faible taux de thyroxine et un taux élevé de TSH indiquent que la thyroïde est insuffisamment active, ce qui veut dire l’hypothyroïdie.

Pour évaluer la possibilité de problèmes de thyroïde, un bon point de départ consiste à mesurer le taux de TSH. Si ce dernier s’avère anormal, il est probable que votre médecin voudra aussi mesurer vos taux de types spécifiques de T4 et de T3 appelés T4 et T3 libres.

Si vos symptômes semblent indiquer un problème de thyroïde, votre médecin voudra peut-être effectuer des tests de dépistage d’anticorps antithyroïdiens. Cela peut aider à reconnaître la cause la plus courante de l’hypothyroïdie, soit la thyroïdite de Hashimoto. Il existe deux sortes d’anticorps antithyroïdiens : les anticorps antithyroglobuline et les anticorps antithyropéroxydase. Si vous avez des taux élevés de ces anticorps, il est possible que vous souffriez de thyroïdite de Hashimoto.

Remplacement des hormones thyroïdiennes

Traiter l’hypothyroïdie est généralement très simple. Le produit de remplacement des hormones thyroïdiennes le plus couramment prescrit est la lévothyroxine (Eltroxin, Euthyrox et Synthroid), et celle-ci est offerte en différentes doses. Il est probable que votre médecin vous prescrira d’abord une faible dose, puis il pourrait l’augmenter graduellement jusqu’à ce que vos taux d’hormones redeviennent normaux et que vos symptômes disparaissent. Il faut être patient parce que le traitement peut mettre plusieurs semaines ou mois à agir. Si vous éprouvez des palpitations cardiaques, des problèmes de sommeil, de l’anxiété, de la nervosité, des sueurs ou de l’agitation, avisez sans tarder votre médecin. Il se pourrait que votre dose soit trop élevée.

Si votre organisme ne convertit pas correctement la T4 (forme entreposée de l’hormone qui se trouve dans les médicaments) en T3 (forme active), les symptômes persisteront malgré la thérapie de remplacement hormonal. Si cela vous arrive, parlez à votre médecin ou à votre pharmacien des autres options à votre disposition.

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