Les technologies de dépistage du VIH

On utilise les technologies de dépistage du VIH pour déterminer si une personne a le VIH. Plusieurs technologies de dépistage du VIH sont utilisées à l’heure actuelle au Canada. Il existe plusieurs différences entre les tests, y compris l’endroit où le test est effectué, la façon dont le test détecte l’infection au VIH, la durée de la période fenêtre et la durée de l’attente des résultats.

Au Canada, une personne peut être testée pour le VIH dans une variété de contextes différents, dont les hôpitaux, les cliniques de santé et dans la communauté.

Comment les technologies de dépistage du VIH sont-elles utilisées pour diagnostiquer l’infection au VIH?

Pour tester une personne pour le VIH, on obtient un échantillon de son sang (soit une fiole de sang provenant d’une veine, soit quelques gouttes obtenues par une piqûre du doigt). Ensuite, soit le sang est analysé immédiatement à l’endroit où l’on a prélevé l’échantillon (on parle de dépistage rapide au point de service [PDS]), soit il est envoyé à un laboratoire pour être testé pour la présence du VIH (test de dépistage standard).

Tests de laboratoire

En ce qui concerne le dépistage du VIH, la majorité des analyses de sang sont effectuées dans un laboratoire. Une fiole de sang est prélevée auprès de la personne se faisant tester, puis elle est envoyée au laboratoire pour être analysée.

Le premier test utilisé en laboratoire pour analyser un échantillon de sang s’appelle un test de dépistage. Tous les laboratoires au Canada utilisent des technologies de dépistage du VIH de quatrième génération pour tester les échantillons de sang.

Si un test de dépistage de quatrième génération indique que la personne qui a fourni l’échantillon de sang n’a pas le VIH (on parle de test non réactif, de résultat négatif ou de résultat séronégatif), aucun autre test n’est effectué normalement. Le résultat négatif est renvoyé au professionnel de la santé ou à la clinique qui avait demandé le test afin que la personne testée puisse recevoir son résultat.

Si le test de dépistage indique que la personne pourrait avoir le VIH (on parle de test réactif), un autre test est effectué pour confirmer que le résultat du test de dépistage est correct. Si le test de confirmation indique que la personne est séropositive, le résultat positif est renvoyé au professionnel de la santé ou à la clinique qui avait demandé le test afin que la personne testée puisse recevoir son résultat.

Si le test est effectué dans un laboratoire, cela peut prendre une à deux semaines pour recevoir le résultat.

Analyse de gouttes de sang séché

Pour le dépistage par analyse de gouttes de sang séché (GSS), on utilise un échantillon de sang qui est prélevé par une piqûre du doigt et recueilli sur une carte. La goutte est séchée à température ambiante et envoyée à un laboratoire de santé publique pour faire l’objet de tests de dépistage et de confirmation (voir la description ci-dessus). À l’heure actuelle, l’usage de cette technique de dépistage est limité au Canada parce que très peu de laboratoires de santé publique sont en mesure d’analyser les cartes de sang séché.

L’analyse de gouttes de sang séché offre l’avantage de pouvoir être utilisée dans les régions rurales et éloignées parce que les échantillons restent très stables après le prélèvement, et il n’est pas nécessaire de les réfrigérer. Les gouttes de sang séché peuvent être utilisées pour le dépistage d’autres infections transmissibles par le sang aussi, telles que l’hépatite B et l’hépatite C.

Dépistage rapide

Dans certains cas au Canada, on effectue le test de dépistage du VIH à l’endroit où la prise de sang a lieu. On parle dans ce cas de dépistage rapide au point de service (PDS). Les tests de dépistage rapides peuvent donner un résultat en quelques minutes. Pour détecter le VIH par ce genre de test, il suffit d’effectuer une piqûre du doigt pour recueillir quelques gouttes de sang.

Si le test rapide révèle que l’infection au VIH n’est pas présente (résultat non réactif), aucun autre test n’est effectué normalement, et on peut aviser immédiatement la personne testée de son résultat séronégatif. Toutefois, si le test rapide indique que la personne a le VIH (résultat réactif), ce résultat ne constitue pas un diagnostic final. Il faut encore qu’une fiole de sang soit prélevée et envoyée à un laboratoire de santé publique pour un test de confirmation. La communication du résultat du test de confirmation peut prendre une à deux semaines.

Dans certains cas, si le test rapide est non réactif, mais qu’il y a lieu de croire que la personne testée aurait pu être exposée récemment au VIH (pendant la période fenêtre, par exemple; voir plus loin pour en savoir plus), on peut prélever une fiole de sang et l’envoyer au laboratoire pour être analysée.

Autodépistage

Les tests d’autodépistage permettent aux gens de se tester eux-mêmes pour le VIH chez eux ou ailleurs. Aux États-Unis, une personne peut acheter un test de dépistage du VIH rapide en vente libre dans un magasin ou en ligne et s’en servir chez elle (ou ailleurs). Aucun test à domicile n’a été approuvé pour le marché canadien; cependant, il est probable qu’un test d’autodépistage sera disponible avant la fin de 2020. Aussi, on entend parler de certaines personnes au Canada qui achètent des trousses d’autodépistage en ligne ou qui s’en procurent dans d’autres pays pour les ramener au Canada. Notons que certaines trousses de dépistage du VIH qui se vendent en ligne peuvent être de piètre qualité et donner de faux résultats.

Comment les différentes technologies de dépistage détectent-elles l’infection au VIH et quelle est la durée de leur période fenêtre?

Les technologies de dépistage du VIH détectent l’infection au VIH de façons différentes. Certains tests (tels les tests de dépistage du VIH rapides) détectent les anticorps anti-VIH, qui sont des protéines que le système immunitaire de l’organisme produit en réponse à l’infection par le VIH. D’autres tests sont capables de détecter des parties spécifiques du virus lui-même.

Aucun test de dépistage ne peut détecter le VIH immédiatement après l’infection. La période fenêtre (ou fenêtre sérologique) est la période qui s’écoule entre le moment où une personne est exposée au VIH et le moment où un test du VIH peut révéler avec certitude qu’elle a le VIH. Pendant la période fenêtre, le test ne peut pas détecter le VIH de façon fiable et pourrait donner un résultat non réactif même si la personne est en fait porteuse du virus. La période fenêtre varie selon le test utilisé et la personne testée. En général, les tests qui ne peuvent détecter que les anticorps anti-VIH ont une période fenêtre plus longue que les tests qui détectent aussi le virus lui-même.

Les tests de dépistage utilisés au Canada (tests rapides et tests de quatrième génération) peuvent détecter le VIH dans le mois suivant l’infection chez la plupart des personnes; cependant, la période fenêtre peut durer jusqu’à trois mois chez certaines personnes.

Nous décrivons ci-dessous les différentes technologies de dépistage du VIH utilisées au Canada, ainsi que leur période fenêtre.

Tests de dépistage

Tests de quatrième génération

Tous les laboratoires au Canada utilisent des tests de dépistage du VIH de quatrième génération. Également appelés tests combinés antigène-anticorps, ces tests détectent à la fois l’antigène p24 (une partie du virus) et les anticorps anti-VIH.

Les tests qui détectent l’antigène p24 et les anticorps ont généralement une période fenêtre plus courte que les tests qui ne détectent que les anticorps. Cette différence tient au fait que la plupart des personnes présentent un taux d’antigène p24 détectable peu de temps après l’infection, et cette période est généralement plus courte que celle nécessaire à la détection des anticorps. Toutefois, le taux d’antigène p24 dans le sang se met à diminuer trois ou quatre semaines après l’infection et cesse finalement d’être détectable, alors que le taux d’anticorps augmente et demeure généralement détectable dès l’apparition des anticorps.

Lorsqu’ils sont effectués dans un laboratoire avec du sang prélevé dans une veine, les tests de dépistage du VIH de quatrième génération peuvent détecter l’infection au VIH chez 50 % des personnes testées dès le 18e jour suivant l’exposition au VIH et chez 99 % des personnes dès le 44e jour suivant l’exposition.

Tests rapides

À l’heure actuelle, un seul test de dépistage du VIH rapide est approuvé au Canada (INSTI, test de dépistage rapide des anticorps anti-VIH1/VIH2). Ce test, pour lequel on prélève du sang par une piqûre du doigt, ne détecte que les anticorps anti-VIH. Aucun test rapide qui détecte l’antigène p24 (c.-à-d., qui détecte directement le virus lui-même) n’est disponible au Canada.

Comme les tests rapides détectent seulement des anticorps, ils ont une période fenêtre plus longue que les tests de dépistage de quatrième génération qui peuvent également détecter l’antigène p24. Lors d’une étude où l’on a utilisé du sang prélevé dans une veine, on a constaté que le test INSTI pouvait détecter l’infection au VIH chez 50 % des personnes dès le 26e jour suivant l’exposition au virus et chez 99 % des personnes dès le 50e jour. Cependant, comme l’étude n’a pas utilisé d’échantillons prélevés par piqûre du doigt, la vraie période fenêtre pourrait être plus longue de quelques jours.

Tableau 1. Résumé des tests de dépistage disponibles au Canada

Nom du test

Disponibilité au Canada

Objet de recherche du test

Période fenêtre médiane

Test rapide (INSTI)

Oui (certaines provinces)

Anticorps anti-VIH

26 jours (peut aller jusqu’à 50 jours)

Test de quatrième génération

Oui (toutes les provinces)

Anticorps anti-VIH et antigène p24 du VIH

18 jours (peut aller jusqu’à 44 jours)

Tests de confirmation

La trousse Geenius HIV 1/2 Confirmatory Assay détecte les anticorps anti-VIH. Elle a remplacé le Western blot comme test standard pour confirmer un test de dépistage du VIH réactif au Canada. La trousse Geenius est utilisée par tous les laboratoires de santé publique du Canada qui font des tests de confirmation du VIH. La trousse Geenius™ peut détecter à la fois le VIH-1 (type de VIH le plus courant) et le VIH-2.

La trousse Geenius peut détecter l’infection au VIH chez 50 % des personnes dès le 33e jour suivant l’exposition au virus et chez 99 % des personnes dès le 58e jour.

D’autres genres de tests de confirmation peuvent être utilisés dans certaines situations, notamment lorsque les résultats des tests de dépistage sont indéterminés. Il peut s’agir de tests d’amplification des acides nucléiques (TAAN), lesquels ont la période fenêtre la plus courte (de 7 à 14 jours suivant l’infection) et les tests de dépistage spécifiques à l’antigène p24.

Dans quelle mesure les tests de dépistage du VIH sont-ils fiables?

Les tests de dépistage du VIH sont très fiables. Une fois que le test de confirmation a été effectué, la possibilité qu’un résultat positif soit faux est essentiellement zéro. Lorsque la personne testée ne se trouve plus dans la période fenêtre, la possibilité qu’un résultat négatif soit faux est très faible. Il n’empêche que la possibilité d’un faux positif est une plus grande préoccupation dans le cas des tests rapides, particulièrement lorsque les tests se font auprès de personnes à plus faible risque.

Sensibilité et spécificité

La sensibilité et la spécificité sont des mesures de la fiabilité d’un test de dépistage du VIH. Le terme sensibilité signifie la probabilité que le test révèle avec certitude qu’une personne séropositive a le VIH. Une sensibilité plus faible augmente le risque de faux négatifs (le test donne un résultat négatif, mais la personne est en fait séropositive). Le terme spécificité signifie la probabilité que le test révèle avec certitude qu’une personne séronégative n’a pas le VIH. Une spécificité plus faible augmente le risque de faux positifs (le test donne un résultat positif, mais la personne est en fait séronégative).

Les tests de dépistage du VIH de quatrième génération et le test rapide INSTI ont un taux de sensibilité d’environ 99,9 %. En d’autres mots, si 1 000 personnes séropositives se faisaient tester pour le VIH, 999 d’entre elles recevraient un résultat positif et une seule recevrait un faux négatif. Comme la vaste majorité des personnes qui passent un test de dépistage du VIH sont séronégatives, le risque qu’un résultat négatif soit faux est extrêmement faible.

La spécificité de ces tests est légèrement plus faible, soit 99,5 % environ. En d’autres mots, si 1 000 personnes séronégatives se faisaient tester pour le VIH, 995 d’entre elles recevraient un résultat négatif et cinq recevraient un faux positif. Ainsi, le risque de recevoir un faux positif est extrêmement faible, quoique légèrement plus élevé que celui de recevoir un faux négatif. Voilà pourquoi tous les résultats positifs font l’objet d’un test de confirmation utilisant la trousse GeeniusTM, qui a un taux de spécificité de 100 %. Cela veut dire que le risque de recevoir un faux positif au test de confirmation est essentiellement zéro.

Les faux positifs sont particulièrement préoccupants dans le cas des tests rapides. Si une personne séronégative recevait un faux positif, il faudrait qu’elle attende le résultat d’un test de confirmation, ce qui lui causerait beaucoup d’anxiété et de stress. En théorie, on s’attend à ce que le risque de faux positifs soit plus élevé lorsque le test rapide est utilisé auprès de populations présentant une faible prévalence du VIH. Toutefois, l’expérience acquise de l’utilisation du test rapide INSTI au Canada porte à croire que les faux positifs sont rares. Par exemple, notons que l’on a effectué 17 029 tests rapides sur une période de 18 mois en Colombie-Britannique; 1 % (168) des tests ont donné un résultat positif, et seulement 5,4 % (neuf) de ces derniers se sont révélés des faux positifs.

Références

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Auteur(s) : Wilton J, Knowles Z.

Traduction : Boutilier A.

Publié : 2020