Point de mire sur la prévention

Automne 2019 

Le transfert des tâches dans les services de dépistage du VIH

par Amanda Giacomazzo

Selon les estimations, 14 % des Canadiens vivant avec le VIH ignoreraient leur statut.1 Les personnes non diagnostiquées ne peuvent bénéficier des soins et du traitement du VIH, et la plupart des transmissions du virus ont comme source des personnes non diagnostiquées ou encore des personnes diagnostiquées non soignées.2

La modification des approches de dépistage a le potentiel de réduire la proportion de personnes non diagnostiquées. Une manière d’augmenter l’accès au dépistage réside dans le transfert des tâches (également appelé partage des tâches). Cela consiste à transférer certaines tâches des professionnels cliniciens hautement qualifiés vers des prestataires communautaires (p. ex., pairs intervenants, travailleurs de proximité) qui sont moins formés ou encore formés à accomplir des tâches spécifiques.3 Les technologies de dépistage comme le dépistage aux points de services (DPS) ou le dépistage par analyse de gouttes de sang séché permettent aux prestataires communautaires d’apporter plus facilement le dépistage du VIH aux communautés et pourraient augmenter le nombre de tests et de diagnostics effectués, surtout parmi les populations à risque.

Dans cet examen des données probantes, nous résumons les résultats se rapportant aux approches de transfert des tâches liées au dépistage du VIH en mettant l’accent sur les sujets suivants :

  • la fiabilité et la qualité des services de dépistage du VIH offerts par des prestataires communautaires
  • l’acceptabilité des services de dépistage du VIH offerts par des prestataires communautaires et la satisfaction des clients
  • l’adoption des services de dépistage du VIH offerts par des prestataires communautaires

Quels sont les résultats de cet examen des données probantes?

La plupart des données probantes se rapportant au transfert des tâches liées au dépistage du VIH proviennent de contextes desservant une population à faible ou à revenu intermédiaire; les données de recherche provenant de milieux à revenu élevé sont plus limitées. Sur le plan international, les lignes directrices (Organisation mondiale de la Santé) et les recommandations (International Association for Physicians in AIDS Care) appuient le recours au transfert des tâches liées au dépistage du VIH.4,5 Les données de recherche disponibles révèlent ce qui suit :

  • Les prestataires communautaires sont en mesure d’effectuer le dépistage avec une fiabilité comparable à celle des professionnels de laboratoire (preuves modérées).
  • De façon générale, les gens sont prêts à accepter le dépistage effectué par des prestataires communautaires et en sont satisfaits (preuves modérées).
  • Le taux d’adoption des services de dépistage offerts par des prestataires communautaires est bon et, dans certains cas, il est plus élevé que celui des services de dépistage offerts par des professionnels cliniciens (preuves solides).

De plus amples détails sur la méthodologie utilisée pour l’examen de la littérature se trouvent vers la fin de cet article.

Pourquoi le dépistage est-il important?

Le concept de la cascade du traitement du VIH (également appelée continuum des soins) est une manière de déterminer dans quelle mesure le système de santé réussit à tester les gens, à les arrimer aux soins de façon durable et à les amener à suivre un traitement efficace. Le traitement du VIH améliore non seulement la santé, mais aussi la qualité de vie, et de plus le maintien d’une charge virale indétectable joue un rôle clé dans la prévention de la transmission du VIH.6–8 La cascade consiste en les étapes successives qu’une personne vivant avec le VIH doit franchir pour atteindre et maintenir une charge virale indétectable.

Le dépistage est la première étape de la cascade du traitement du VIH. L’objectif consiste à mettre les gens au courant de leur statut afin qu’ils puissent être dirigés vers des soins cliniques. Comme le dépistage permet de reconnaître les personnes ayant besoin de soins et de traitement, l’augmentation des taux de dépistage peut accroître la probabilité de l’amorce du traitement et de la suppression virale.

Selon les estimations canadiennes, 63 110 personnes vivaient avec le VIH dans ce pays en 2016.1 Les estimations de la participation aux différentes étapes de la cascade du traitement étaient les suivantes :

  • 86 % des personnes séropositives étaient au courant de leur statut
  • 81 % des personnes diagnostiquées séropositives suivaient un traitement antirétroviral (TAR)
  • 91 % des personnes sous TAR avaient une charge virale indétectable

À la lumière de ces données, on peut affirmer que près de 14 % des Canadiens vivant avec le VIH ignorent leur statut. Des initiatives de dépistage sont nécessaires pour rejoindre cette population non diagnostiquée pour permettre de réaliser les bienfaits des soins et du traitement en matière de santé et de prévention.

Qu’est-ce que le transfert des tâches?

La notion de transfert des tâches existe depuis des décennies. Cela consiste à transférer certaines tâches des professionnels cliniciens ayant reçu une formation longue vers des prestataires communautaires ayant reçu une formation plus courte ou encore formés à accomplir des tâches spécifiques.9 Cette approche a été adaptée et utilisée dans de nombreux pays.10 Le transfert des tâches a été utilisé non seulement en lien avec le dépistage du VIH, mais aussi lors d’autres étapes de la cascade, notamment celle du traitement, ainsi que dans des domaines autres que le VIH.

Les prestataires communautaires ou non cliniciens (p. ex., pairs intervenants, travailleurs sociaux, travailleurs de proximité) sont des personnes formées à fournir des services de soins spécifiques (p. ex., services de dépistage) qui ne sont pas pour autant des cliniciens titulaires d’un certificat professionnel ou paraprofessionnel ou encore d’un diplôme de troisième cycle4 lié aux soins de santé (p. ex., médecins, infirmières, pharmaciens).

Les avantages du transfert des tâches incluent typiquement les suivants :

  • décentralisation des services et prestation des services dans des lieux plus proches des gens9
  • offre de soins culturellement proches concourant ainsi à atteindre les membres de la communauté du prestataire communautaire3
  • capacité de combler la pénurie d’intervenants de la santé en faisant usage des ressources qui ne sont pas utilisées au maximum de leur capacité9
  • économies potentielles en transférant les tâches du personnel clinicien hautement qualifié vers des intervenants formés à accomplir des tâches spécifiques4
  • augmentation des occasions d’interaction entre intervenants et clients, ce qui peut améliorer l’observance thérapeutique, le suivi des patients et le soutien9

Dans le cas du dépistage du VIH, le transfert des tâches consiste à recourir à des prestataires communautaires pour faire ce qui suit :

  • counseling avant et après le dépistage
  • dépistage (typiquement un test rapide au point de services ou l’analyse de gouttes de sang séché)
  • arrimage aux soins/prévention, selon le résultat du test

Les prestataires communautaires doivent suivre une formation appropriée pour être en mesure de fournir des services. De plus, il faut mettre en place des mécanismes de contrôle de la qualité pour s’assurer que les prestataires communautaires fournissent des services de dépistage de grande qualité.3

Santé Canada a récemment apporté un changement à l’énoncé d’utilisation du test de dépistage aux points de services (DPS) pour l’usage approuvé et prévu au Canada (le test de détection des anticorps INSTI HIV-1/HIV-2). À l’origine, ce test de DPS avait été approuvé exclusivement pour une utilisation en milieu médical, ce qui veut dire que seuls les professionnels de la santé comme les médecins et les infirmières étaient autorisés à faire passer ce test à moins qu’ils ne donnent à d’autres la directive médicale de le faire passer en leur nom. Le changement apporté à l’énoncé d’utilisation prévue permet maintenant à davantage de fournisseurs de soins d’utiliser le DPS sans directive médicale, y compris les prestataires communautaires tels que les pairs testeurs. Le DPS peut aussi être utilisé dans un plus grand nombre de contextes comme lors d’événements de dépistage de proximité. Afin d’en savoir plus sur l’utilisation du dépistage aux points de services par des prestataires communautaires, il est conseillé aux programmes de se renseigner auprès de l’autorité compétente de leur région.

Quelles sont les recommandations actuelles des lignes directrices en ce qui concerne le dépistage du VIH par les prestataires communautaires?

Les lignes directrices de 2015 de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) affirment ceci en ce qui a trait aux services de dépistage du VIH : « Les prestataires communautaires formés et supervisés peuvent assurer indépendamment un service de dépistage du VIH sûr et efficace au moyen de tests de diagnostic rapide (TDR) ». Celle-ci est classée comme une recommandation forte à la lumière de données probantes de qualité modérée provenant largement de pays à faible ou à revenu intermédiaire.4

Pour optimiser les milieux des soins du VIH, l’International Association of Providers of AIDS Care recommande également le recours aux prestataires communautaires pour offrir l’éducation avant le test et le dépistage lorsque ceux-ci reçoivent l’instruction et la supervision appropriées et qu’ils respectent les politiques nationales.5

Où le dépistage du VIH par des prestataires communautaires est-il utilisé?

Selon une revue internationale des politiques sur le dépistage par des prestataires communautaires, 42 % des 50 pays sondés permettent aux prestataires communautaires d’effectuer le dépistage du VIH par piqûre au doigt (test de sang), et 56 % d’entre eux permettent aux prestataires communautaires de faire le counseling avant et après le test. En nombre réduit, des pays (18 %) permettent aux prestataires communautaires d’effectuer le dépistage du VIH en testant les liquides buccaux. Les auteurs de la revue recommandent que les pays envisagent d’utiliser des prestataires communautaires pour augmenter les taux de dépistage du VIH, surtout dans les situations où les personnes ciblées ne seraient pas enclines à fréquenter une clinique de santé conventionnelle.11 Il importe de noter que le Guide pour le dépistage et le diagnostic de l’infection par le VIH de 2012 du Canada ne fait pas mention du recours aux prestataires communautaires pour faire le dépistage du VIH.12

Il existe des exemples canadiens de services de dépistage du VIH fournis par des prestataires communautaires (p. ex., Programme de dépistage anonyme du VIH, London, Ontario et Projet de dépistage du VIH par les pairs, Vancouver, C.-B.), mais il est possible que les prestataires communautaires ne participent pas au dépistage dans toutes les provinces et tous les territoires. En 2016, CATIE a organisé un dialogue délibératif national qui a réuni 50 experts chevronnés en matière de dépistage du VIH et de programmes d’arrimage (p. ex., personnes vivant avec le VIH, décideurs politiques, planificateurs de la santé clinique et publique, fournisseurs de services) pour discuter d’approches efficaces de dépistage et d’arrimage aux soins. L’une des orientations prioritaires soulignées consistait à élargir le rôle des pairs et d’autres professionnels de la santé non réglementés et alliés en tant que testeurs. Dans un plan d’action canadien sur le dépistage aux points de services pour 2015 à 2020 qui a été élaboré dans le cadre d’un autre projet canadien, on a également suggéré de former des professionnels de la santé alliés et des prestataires communautaires (p. ex., des pairs) pour effectuer le DPS du VIH et accroître ainsi le nombre de personnes prenant part au dépistage. Le rapport décrivant le plan d’action a également souligné la nécessité d’établir des normes claires en matière de test du VIH aux points de service.13

Considérations en matière de dépistage par les prestataires communautaires

L’OMS a établi les considérations suivantes se rapportant au dépistage par les prestataires communautaires:

  • Les prestataires communautaires devraient être bien formés et posséder un lien étroit avec les personnes qu’ils servent.
  • Les prestataires communautaires qui offrent le dépistage et le counseling avant et après le dépistage ont besoin de formation, de mentorat et de soutien continus.
  • Des mesures d’assurance de la qualité devraient être mises en place pour assurer la formation adéquate des prestataires communautaires en ce qui concerne le mode d’emploi des tests et de toutes les procédures à effectuer avant et après le test.
  • Une rémunération adéquate devrait être offerte aux prestataires communautaires.
  • Il est nécessaire d’apporter des modifications aux politiques et aux règlements afin d’établir le rôle des prestataires communautaires formés (p. ex., renseignements sur le salaire, procédures réglementaires).

Selon les lignes directrices de l’OMS, n’importe quel service de dépistage du VIH, y compris les services offerts par des prestataires communautaires, devrait se conformer aux cinq C:

  • consentement éclairé
  • maintien de la confidentialité
  • counseling avant et après le test
  • diagnostic correct
  • connexion aux services de prévention, ou de traitement et de soins

L’OMS recommande que la formation offerte aux prestataires communautaires inclue des volets sur la confidentialité, sur les besoins des populations clés en ce qui concerne les services de soutien et de prévention dispensés localement, et les lois sur le dépistage du VIH, notamment en ce qui a trait à l’âge.4

Fiabilité et qualité des services de dépistage offerts par les prestataires communautaires

Les auteurs d’une revue systématique ont examiné la fiabilité et la qualité des tests effectués pour le dépistage du VIH.10 Un essai clinique randomisé et deux études par observation (preuves modérées) répondaient aux critères de recherche nécessaires à l’inclusion dans cette revue systématique de 2017. Les études en question ont été menées en Afrique du Sud, au Malawi et au Cambodge. Aucune autre étude répondant aux critères de recherche n’a été identifiée.

La revue systématique10 a permis de constater que la qualité des tests effectués par les prestataires communautaires était comparable à celle des tests effectués par les professionnels de la santé formés :

  • En Afrique du Sud, un essai clinique randomisé et contrôlé a inclus l’usage de tests de dépistage du VIH à domicile effectués par des prestataires communautaires qui étaient des travailleurs communautaires de la santé. Les prestataires communautaires suivaient une formation de 10 jours au cours de laquelle ils apprenaient à fournir des services de dépistage du VIH, notamment le prélèvement d’échantillons de sang par piqûre au doigt et l’analyse des gouttes de sang séché. Les intervenants observaient les conseillers pendant trois mois. Sur près de 4 000 tests, seulement 0,06 % d’entre eux ont donné un résultat discordant, dans quels cas celui du prestataire communautaire était positif et celui du laboratoire était négatif. Les taux de sensibilité et de spécificité des tests effectués étaient de 98,0 % et de 99,6 %, respectivement.14
  • Une étude menée dans une région rurale du Malawi a examiné la qualité de tests de dépistage rapide à domicile effectués par des prestataires communautaires formés et certifiés pour offrir du counseling en matière de VIH, des tests de sang total et des tests d’échantillon prélevé par piqûre au doigt. Seulement quatre tests sur 2 911 (0,13 %) ont donné un résultat discordant où celui du prestataire communautaire différait de celui du laboratoire. Les résultats révélaient des taux de sensibilité et de spécificité de 99,6 % et de 100 %, respectivement.15
  • Au Cambodge, une étude a comparé les résultats des tests de dépistage du VIH effectués par des prestataires communautaires et ceux des techniciens de laboratoire. Les prestataires communautaires étaient des conseillers formés à effectuer le dépistage du VIH qui avaient suivi une formation d’une demi-journée sur le prélèvement d’échantillons de sang total par piqûre au doigt. Sur 563 échantillons, 100 % ont donné des résultats concordants où ceux des prestataires communautaires se comparaient à ceux des techniciens de laboratoire (quatre erreurs ont été signalées, mais on a déterminé qu’il s’agissait d’erreurs humaines effectuées lors de la rédaction des rapports de laboratoire et non d’erreurs commises par les conseillers).16

Acceptabilité du dépistage par les prestataires communautaires et satisfaction des clients

Six études (dont deux incluses dans une revue systématique) ont examiné l’acceptabilité des services de dépistage du VIH effectués par des prestataires communautaires et la satisfaction de leurs clients. L’une des études était un essai clinique randomisé et contrôlé, alors que les cinq autres étaient des études par observation (preuves modérées). Les participants se disaient satisfaits du dépistage effectué par les prestataires communautaires, mais il y avait un manque d’uniformité des indicateurs utilisés dans les différentes études.

Voici ce qu’a révélé une revue systématique effectuée en 2017 : 10

  • Lors d’un essai randomisé et contrôlé mené à Boston, au Massachusetts (étude USHER), on a comparé l’offre de services de dépistage du VIH par des prestataires communautaires (p. ex., conseillers en VIH) et des professionnels de la santé œuvrant dans un service des urgences. Dans le volet des prestataires communautaires, des conseillers en VIH formés fournissaient les services de dépistage (p. ex., consentement au test, communication des résultats, orientation vers un test de confirmation). Dans le volet des professionnels de la santé, des assistants au service des urgences effectuaient les tests alors que des médecins donnaient les résultats et les renseignements complémentaires. On a constaté un taux de satisfaction global élevé, soit 91,5 %, mais le taux de satisfaction était légèrement plus élevé dans le volet des prestataires communautaires. Les résultats multivariés indiquaient que les participants testés par des professionnels de la santé étaient plus susceptibles de ne pas être satisfaits de façon optimale (p. ex., très insatisfaits, quelque peu insatisfaits ou quelque peu satisfaits) que les personnes testées par des prestataires communautaires. Les patients des deux volets ont fait état d’un degré de satisfaction optimal par rapport à la capacité des testeurs de répondre à leurs questions (100 %).17
  • Les auteurs d’une étude par observation menée au Botswana ont réalisé des entrevues de départ auprès des clients qui s’étaient fait tester pour le VIH par des prestataires communautaires. Quatre-vingt-dix-huit pour cent des clients se disaient satisfaits des services de dépistage du VIH reçus.18

PRONTO! est un programme communautaire de DPS rapide dirigé par des pairs à l’intention des hommes gais, bisexuels et autres hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HARSAH) en Australie. PRONTO! offre un test de dépistage du VIH gratuit dans le cadre d’un rendez-vous de 30 minutes. Les clients peuvent fixer un rendez-vous en ligne, par téléphone ou sur les lieux. Des rappels par messagerie texte sont utilisés pour rappeler aux participants qu’ils ont un rendez-vous. Le personnel du programme se compose presque entièrement d’hommes s’identifiant comme gais. Le personnel suit une formation sur la manière d’effectuer un test rapide au point de services ainsi que sur le counseling prodigué avant et après le test.19–21 Les résultats de deux études par observation menées en 2013 et 2014 indiquent ce qui suit :

  • Les deux tiers des participants préféraient se faire tester par des pairs plutôt que par des médecins ou infirmières. Les participants s’identifiaient plus aux pairs et disaient que ceux-ci comprenaient mieux leurs préoccupations.20,21
  • Quatre-vingt-dix pour cent des participants étaient d’accord ou fortement d’accord que les pairs se montraient compétents dans l’accomplissement des tests.21
  • Les participants disaient que le modèle de dépistage par les pairs réduisait l’anxiété liée au dépistage et les mettait plus à l’aise.20,21

Le programme australien RAPID est un service de DPS qui utilise une minifourgonnette mobile aux endroits « chauds » de la communauté (endroits fréquentés par des HARSAH où des actes sexuels ont lieu) et dont le personnel se compose de pairs testeurs HARSAH. Le programme est né à titre de projet de validation de concept. Les clients rencontrent les pairs testeurs dans un milieu sécuritaire et exempt de jugement afin de discuter de la prévention (p. ex., prophylaxie pré-exposition ou PrEP) et du dépistage. Les pairs qui effectuent les tests reçoivent une formation dans le cadre du programme.22,23 Les résultats d’une étude par observation (2016 à 2017) indiquent que 90 % des personnes qui se faisaient tester à répétition se sentaient plus à l’aise de passer le test chez RAPID que dans un contexte conventionnel, et 82 % d’entre eux trouvaient RAPID beaucoup moins stressant.22 Lors d’une autre étude par observation, 78 % des participants convenaient que la minifourgonnette représentait une méthode acceptable pour le DPS, et 78 % disaient qu’ils seraient heureux de recommander le service à un ami.23

Adoption du dépistage par les prestataires communautaires

Les données probantes sur l’adoption du dépistage par les prestataires communautaires proviennent d’une revue systématique (incluant un essai clinique randomisé et contrôlé et une étude par observation), une revue systématique et méta-analyse (incluant un essai clinique randomisé et contrôlé, deux études quasi expérimentales et quatre études par observation) et quatre autres études par observation (preuves solides). Le taux d’adoption est généralement élevé lorsque le dépistage est proposé par des prestataires communautaires et, dans de nombreux cas, cette méthode permet d’atteindre des personnes qui se font tester pour la première fois.

Voici ce qu’a révélé une revue systématique menée en 2017 : 10

  • Lors d’un essai randomisé et contrôlé mené à Boston, au Massachusetts (étude USHER), on a comparé l’offre de services de dépistage du VIH par des prestataires communautaires (p. ex., conseillers en VIH) et des professionnels de la santé œuvrant dans un service des urgences. Dans le volet des prestataires communautaires, des conseillers en VIH formés fournissaient les services de dépistage (p. ex., consentement au test, communication des résultats, orientation vers un test de confirmation). Dans le volet des professionnels de la santé, des assistants au service des urgences effectuaient les tests alors que des médecins donnaient les résultats et les renseignements complémentaires. Les prestataires communautaires et les assistants au service des urgences suivaient une formation d’un jour. Le taux d’adoption dans le volet des prestataires communautaires a été significativement plus élevé (57 %) que dans le volet des professionnels de la santé (27 %). Selon les auteurs de l’étude, cette différence pourrait être attribuable à des priorités concurrentes dans le volet des professionnels de la santé.24
  • Une étude par observation a examiné l’adoption du dépistage par des prestataires communautaires avant et après la mise sur pied d’un programme au Malawi. Tous les prestataires communautaires suivaient une formation de 13 semaines (10 semaines de formation à titre d’assistants à la surveillance de la santé et trois semaines de formation à titre de conseiller en dépistage du VIH). Le taux de dépistage a augmenté de 400 % après la mise sur pied (de 2003 à 2009), soit de 1 300 à 6 500 tests par mois. Aucune donnée n’a été fournie par rapport au taux de séropositivité.25

Une revue systématique et méta-analyse effectuée en 2017 a examiné l’efficacité du dépistage par les pairs chez les HARSAH. La revue incluait sept études : un essai clinique randomisé et contrôlé, deux études quasi expérimentales et quatre études par observation. Trois des études avaient été menées aux États-Unis, deux au Royaume-Uni, deux autres en Asie et une autre en Afrique. Dans cette méta-analyse, les taux de dépistage du VIH étaient plus élevés dans le volet des pairs que dans le volet de comparaison (rapport de cotes de 2,0).26

À Ottawa, on a créé un modèle de DPS communautaire administré par des pairs à l’intention des personnes qui s’injectent des drogues dans le cadre de l’étude par observation PROUD, qui a eu lieu en 2013. Les intervieweurs de l’étude (11 pairs, 15 étudiants en médecine et trois alliés de la communauté) ont suivi une formation en DPS qui incluait de l’information sur la confidentialité, le VIH, le contrôle des infections, l’assurance de la qualité, le mode d’emploi du DPS, l’interprétation des résultats et le counseling avant et après le test. Les intervieweurs offraient un DPS à la fin de l’entrevue puis effectuaient le test chez les personnes qui acceptaient de s’y soumettre. Une infirmière en santé publique offrait du soutien et faisait des prélèvements de sang aux fins des tests de confirmation lorsque les tests initiaux donnaient un résultat positif ou indéterminé. Sur les 593 personnes auxquelles on a offert un DPS, 83 % y ont consenti, dont 16 % qui n’avaient jamais été testées pour le VIH auparavant.27

En Australie, PRONTO! est un programme communautaire de test rapide au point de services dirigé par des pairs à l’intention des hommes gais, bisexuels et d’autres hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HARSAH). PRONTO! offre un test de dépistage du VIH gratuit dans le cadre d’un rendez-vous de 30 minutes. Les clients peuvent fixer un rendez-vous en ligne, par téléphone ou sur les lieux. Des rappels par messagerie texte servent à rappeler aux participants qu’ils ont un rendez-vous. Le personnel du programme se compose presque entièrement d’hommes s’identifiant comme gais. Le personnel suit une formation sur la manière d’effectuer un test rapide au point de services ainsi que sur le counseling à prodiguer avant et après le test.19–21 Les résultats d’une étude par observation menée en 2013 et 2014 indiquent ce qui suit :19

  • Au cours des 12 premiers mois du programme, 1 616 tests ont été effectués auprès de 1 320 personnes.
  • Soixante-huit pour cent des hommes testés ont fait état de comportements qui leur faisaient courir un risque élevé de contracter le VIH.
  • Vingt-trois pour cent des hommes sexuellement actifs qui ont passé un test dans les 12 premiers mois du programme sont revenus pour se faire tester à nouveau au cours des six mois subséquents.

Le programme australien RAPID est un service de DPS qui utilise une minifourgonnette mobile aux endroits « chauds » de la communauté (endroits fréquentés par des HARSAH où des actes sexuels ont lieu) et dont le personnel se compose de pairs testeurs HARSAH. Le programme est né à titre de projet de validation de concept. Les clients rencontrent les pairs testeurs dans un milieu sécuritaire et exempt de jugement afin de discuter de la prévention (p. ex., prophylaxie pré-exposition ou PrEP) et du dépistage. Les pairs qui effectuent les tests reçoivent une formation dans le cadre du programme. Selon une étude par observation menée en 2014 et 2015, 1 199 personnes ont eu recours au service RAPID pour passer un test de dépistage du VIH gratuit, dont 20 % pour la première fois.22

Le programme Check Point Portugal offrait des tests de dépistage rapide du VIH et de la syphilis gratuits, anonymes et confidentiels aux HARSAH par l’intermédiaire d’une équipe de huit pairs testeurs formés. Les pairs étaient soutenus et supervisés par des professionnels de la santé et travaillaient en équipe. Lorsqu’un client recevait un résultat positif, l’équipe suivait un protocole d’aiguillage afin de diriger le client vers un hôpital local où il obtenait un rendez-vous dans les deux semaines suivant le diagnostic. Selon une étude par observation, plus de 5 156 tests ont été effectués entre 2011 et 2014.28,29

Quelles sont les implications pour les fournisseurs de services?

Les lignes directrices de l’OMS et de l’International Advisory Panel on HIV Care Continuum Optimization recommandent le recours aux prestataires communautaires pour faire le DPS rapide du VIH. Les fournisseurs de services devraient peut-être envisager d’engager des prestataires communautaires pour élargir l’accès au dépistage dans les régions où les populations ne fréquentent pas régulièrement les milieux cliniques et pour apporter le dépistage aux endroits où les gens se trouvent. Il est important de prendre en considération la population que le prestataire communautaire tente de cibler et d’évaluer continuellement si ces approches de dépistage rejoignent les populations précédemment non diagnostiquées.

Au Canada, un changement récent à l’énoncé d’utilisation prévue du DPS en usage au Canada (test de détection des anticorps INSTI HIV-1/HIV-2) signifie que le test a été approuvé pour une utilisation dans des contextes plus larges et par un plus grand éventail de fournisseurs de soins. Cependant, la capacité des fournisseurs communautaires à faire passer ce test dépendra de l’adoption du changement apporté à l’énoncé d’utilisation prévue au Canada. Les fournisseurs de services devraient obtenir des conseils (p. ex., à savoir si un DPS nécessite l’obtention d’une directive médicale) dans leur région spécifique et aussi au sein de leur organisme.

Les prestataires communautaires devraient recevoir une formation et un soutien adéquats pour être en mesure d’accomplir les tâches associées au dépistage. Cela comprend le recours à des superviseurs sur place et à une personne ayant suivi une formation en procédures de laboratoire. Afin d’assurer la qualité du dépistage, il est important que les prestataires communautaires atteignent et maintiennent un niveau de compétence dans l’accomplissement des procédures de dépistage, ainsi qu’en matière d’éthique médicale, de confidentialité et de counseling. Un système de contrôle de la qualité, ainsi que des normes et procédures de qualité, devraient être employés dans les services de dépistage du VIH afin d’en assurer la fiabilité et la qualité.3

Méthodologie

Cet examen de la littérature vise à résumer les données de recherche sur le recours au transfert des tâches vers les prestataires communautaires en matière de dépistage du VIH. Les principaux termes de recherche étaient : HIV, testing, administer test, peer, community advocate, lay provider et paraprofessional (termes de recherche Embase). Les recherches ont été limitées à la littérature de la recherche publiée entre janvier 2015 et mars 2019 et mettaient l’accent sur les systèmes de santé canadiens ou semblables (p. ex., Australie, Royaume-Uni, Portugal). Les articles ont été identifiés à l’aide de PubMed et d’Embase, ainsi que par la consultation des listes de références d’articles pertinents. Les articles se rapportant à l’usage du transfert des tâches dans les pays à faible ou à revenu intermédiaire ont été exclus, sauf dans les cas où ils figuraient dans les articles issus des revues systématiques. La littérature de recherche provenant de pays à faible ou à revenu intermédiaire, ainsi que la littérature de recherche publiée avant 2015, ont été captées dans une grande mesure par les revues systématiques dont il est question ici.10

Force de la preuve

La littérature scientifique existante a été passée en revue dans le but de déterminer les résultats d’arrimage aux soins associés à diverses approches programmatiques, ainsi que ce qui entrave et ce qui favorise l’arrimage aux soins. Bien que l’évaluation des données laisse une marge de souplesse (dans une certaine mesure), les cotes ont été attribuées en fonction des critères suivants :

  1. Preuves solides : au moins un examen systématique ou un corpus important d’essais cliniques randomisés (ECR) et d’études quasi expérimentales (avec l’appui de recherches observationnelles) confirme la capacité de l’intervention d’influencer le résultat.
  2. Preuves modérées : un nombre limité d’essais cliniques randomisés et/ou d’études quasi expérimentales (avec l’appui de recherches observationnelles) appuie la capacité de l’intervention d’influencer le résultat.
  3. Preuves limitées : des études observationnelles appuient la capacité de l’intervention d’influencer le résultat.
  4. Aucune preuve : aucune recherche publiée n’appuie la capacité de l’intervention d’influencer le résultat.

La force de la preuve repose sur la quantité et la qualité des données probantes et non sur l’ampleur du résultat.

 

Références

  1. Gouvernement du Canada. Résumé : Estimations de l’incidence et de la prévalence du VIH, et des progrès réalisés par le Canada en ce qui concerne les cibles 90-90-90 pour le VIH, 2016. 2018. Disponible à l’adresse : https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/publications/maladies-et-affections/esume-estimations-incidence-prevalence-vih-progres-realises-canada-90-90-90.html
  2. Li Z, Purcell DW, Sanson SL et al. Vital signs: HIV transmissions along the continuum of care – United States, 2016. MMWR Morbidity and Mortality Weekly Report. 2019; 68(11):267-72.
  3. Organisation mondiale de la Santé. Dépistage du VIH : L’OMS préconise le dépistage du VIH par des prestataires communautaires. Note d’orientation. Genève : Organisation mondiale de la Santé; 2015. Disponible à l’adresse : https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/204615/WHO_HIV_2015.14_fre.pdf;jsessionid=C8C1C71CFF97366DFDCF655DB1489387?sequence=1
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À propos de l’auteur

Amanda Giacomazzo est spécialiste en connaissances pour les programmes de traitement et de prévention chez CATIE. Elle détient une maîtrise en sciences de la santé avec une formation spécialisée en services de la santé et recherche sur les politiques. Elle a déjà travaillé dans le domaine de l’application des connaissances et de la santé publique au niveau provincial.