Un guide pratique des effets secondaires des médicaments anti-VIH

14. Les difficultés sexuelles

Déterminer la cause

Si vous éprouvez des difficultés sexuelles, il sera utile de pouvoir renseigner votre médecin sur le moment où les problèmes ont commencé, la nature précise de ceux-ci et l’ampleur du problème. Il pourrait être utile de comparer votre libido et votre fonctionnement sexuel actuels à ceux du passé. Si votre pulsion sexuelle a toujours été forte mais vous remarquez qu’elle a baissé dernièrement, parlez-en à votre médecin. Si vous n’avez jamais eu de problème de performance dans le passé, mais que vous en avez maintenant, votre médecin doit en être mis au courant. Plus votre description de vos difficultés sexuelles sera spécifique, mieux ce sera.

Les difficultés sexuelles peuvent avoir un certain nombre de causes différentes. Souvent, la fonction sexuelle change avec l’âge. Certaines personnes considèrent ce changement comme une partie normale de la vie, alors que d’autres essaient de trouver une solution. Les médicaments sur ordonnance sont également susceptibles de causer ce genre de problème. De nombreuses personnes recevant des inhibiteurs de la protéase ou des antidépresseurs éprouvent des difficultés sexuelles. Si vos problèmes ont commencé peu de temps après l’introduction d’une nouvelle médication, il est possible que celle-ci cause le problème ou y contribue. D’autres facteurs contribuent aussi aux changements dans la fonction sexuelle, dont les suivants :

  • tabac
  • alcool
  • problèmes hormonaux
  • problèmes émotionnels, y compris le stress

Lorsque les résultats de l’examen physique et des analyses de laboratoire semblent normaux, la recherche d’autres causes possibles devrait continuer. La neuropathie autonome, une affection nerveuse qui reste souvent non diagnostiquée chez les personnes vivant avec le VIH, s’est déjà révélée une cause d’impuissance chez certains hommes séropositifs. Les thérapies nutritionnelles (voir la section intitulée La douleur névralgique et les engourdissements) pourraient être utiles chez certaines personnes.

Non seulement il est important de trouver une solution aux difficultés sexuelles, certaines d’entre elles signalent la présence d’affections qu’il très important de traiter pour le bien de la santé globale de la personne touchée, y compris le diabète, les maladies du cœur et les maladies de la thyroïde. Si vos difficultés sexuelles persistent, une consultation avec un urologue, un gynécologue ou un sexologue pourrait être indiquée.

Les déficiences hormonales

La déficience en testostérone peut contribuer à une perte d’intérêt sexuel chez l’homme et la femme. Chez l’homme, elle risque de provoquer une baisse de la fonction sexuelle (impuissance), une perte de masse musculaire et de masse cellulaire globale, ainsi que la fatigue, la perte d’énergie et la dépression. Bien qu’il soit naturel que le taux de testostérone diminue avec l’âge, une déficience peut survenir à n’importe quel âge chez les hommes séropositifs cisgenres (hommes non transgenres). Il est important de faire vérifier votre taux de testostérone si vous éprouvez un déclin de votre intérêt sexuel ou des difficultés érectiles ou encore si vous êtes incapable d’atteindre l’orgasme.

Lorsqu’une déficience en testostérone en est la cause sous-jacente, une hormonothérapie substitutive appropriée peut restaurer un taux de testostérone normal et régler les problèmes sexuels. En même temps, la restauration d’un taux de testostérone normal peut aider à résoudre ou à prévenir d’autres problèmes graves causés par la déficience. Les gels, les crèmes et les timbres transdermiques de testostérone sont préférables aux injections parce que celles-ci risquent de mettre fin à la production naturelle de testostérone dans le corps et d’aggraver ainsi les problèmes sexuels.

Comme la ménopause débute plus tôt chez de nombreuses personnes vivant avec le VIH, il pourrait être important de vérifier les taux d’hormones féminines (œstrogène et progestérone) des femmes cisgenres. Les déficiences hormonales peuvent contribuer au trouble de l’excitation sexuelle, à l’amincissement de la paroi vaginale et à la sécheresse vaginale, une combinaison de problèmes qui peut rendre difficiles les rapports sexuels et réduire le plaisir. Lorsque vous aurez les résultats de vos tests, vous pourrez parler à votre médecin pour déterminer s’il vous conviendrait de suivre une hormonothérapie substitutive pour soulager vos symptômes. Pour en savoir, consultez la section intitulée Les changements menstruels.

Les substituts aux antidépresseurs et aux somnifères

Le stress, l’anxiété et la dépression s’accompagnent fréquemment de problèmes sexuels. Certaines personnes trouvent que l’impact émotionnel de vivre avec le VIH nuit à leur fonction sexuelle. Il est important de traiter ces problèmes par un counseling efficace et une médication si nécessaire.

Cela dit, il faut souligner que les médicaments contre la dépression ou l’anxiété chronique peuvent causer des problèmes sexuels. En revanche, l’antidépresseur Wellbutrin (bupropion) peut accroître la libido et la fonction sexuelle, notamment en facilitant l’atteinte de l’orgasme, tant chez la femme que chez l’homme. Parlez-en à votre médecin et consultez la section intitulée Le bien-être émotionnel pour en savoir plus sur les causes éventuelles de la dépression et les options de traitement.

Les somnifères risquent aussi d’être un problème, car ils font diminuer le désir sexuel de façon importante chez certaines personnes. Comme il existe de nombreux médicaments différents et options naturelles pour soulager les problèmes de sommeil, de nombreuses personnes réussissent à trouver un substitut efficace. Pour en savoir plus sur les possibilités, consultez la section intitulée Les problèmes de sommeil.

Les changements de mode de vie

Voici quelques recommandations relevant du sens commun qui pourraient améliorer votre santé sexuelle :

  • Mangez sainement et évitez les repas lourds avant le sexe;
  • Arrêtez de fumer ou fumez moins, car le tabac inhibe le réflexe sexuel;
  • Réduisez votre consommation d'alcool, car c'est un dépresseur sexuel;
  • Trouvez des moyens de réduire votre stress, car le stress diminue la libido;
  • Reposez-vous suffisamment; 7,5 à 9 heures de sommeil par nuit suffisent pour la plupart des gens;
  • Évitez les drogues qui diminuent la libido.

Les médicaments pour traiter l’impuissance

Les médicaments contre la dysfonction érectile que sont le Viagra (sildénafil), le Cialis (tadalafil) et le Levitra (vardénafil) sont une option chez certains hommes souffrant d’impuissance. Soulignons toutefois que ces médicaments interagissent avec plusieurs autres médicaments, y compris certains antirétroviraux et agents prescrits pour les maladies cardiaques. Toute personne qui prend le médicament cardiaque nitroglycérine ou d’autres médicaments à base de nitrites ne devrait pas prendre de médicament contre la dysfonction érectile. Il faut aussi les éviter si vous utilisez des poppers (nitrite d’amyle et autres nitrites d’alkyle). Ces combinaisons peuvent provoquer une baisse brusque de la tension artérielle, entraînant un état de choc ou la mort. De plus, on recommande les doses faibles des médicaments contre la dysfonction érectile à toute personne sous traitement antirétroviral qui prend un inhibiteur de la protéase ou un analogue non nucléosidique.

Avant d’avoir recours au Viagra, au Cialis ou au Levitra, il est important de consulter son médecin, afin qu’il ou elle puisse détecter les problèmes de santé possibles ou encore les interactions médicamenteuses potentielles. Les médicaments de ce genre que l’on obtient sans ordonnance — auprès d’un ami, sur Internet ou ailleurs — risquent d’être de fausses imitations et pourraient contenir des ingrédients néfastes ou susceptibles d’interagir avec les médicaments anti-VIH.

Travaillez-vous dans le domaine du VIH ou de l’hépatite C?
Veuillez remplir un court sondage pour donner votre rétroaction sur CATIE et votre nom pourra être inscrit à un tirage pour gagner une carte-cadeau.