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juillet 2014 

Bon pour le cerveau — conseils des neuroscientifiques

Selon Mark Mattson, PhD, directeur du Laboratory of Neurosciences au National Institute on Aging à Bethesda, au Maryland, la recherche sur les animaux et les études menées auprès de personnes séronégatives ont révélé que l’exercice pouvait procurer les bienfaits suivants :

  • améliorer l’humeur
  • réduire l’anxiété
  • améliorer la performance cognitive
  • rendre les gens moins sujets à la dépression

Le Dr Mattson précise que l’activité physique favorise les effets suivants :

  • stimule les cellules cérébrales au point de créer de nouvelles connexions et de renforcer les connexions existantes
  • stimule la production de nouvelles cellules dans certaines régions du cerveau
  • libère la protéine BDNF (facteur neurotrophique dérivé du cerveau), qui a été associée à l’amélioration de la mémoire. On a également constaté un lien entre la BDNF et la création de nouvelles cellules cérébrales

Selon Sean Rourke, PhD, professeur à l’Université de Toronto et neuroscientifique de renom au Canada, de nombreuses choses sont bonnes pour le cerveau. Le plus facile, dit-il, est de se rappeler la phrase suivante :

« Tout ce qui est bon pour le cœur est bon pour le cerveau. »

Le professeur Rourke recommande aux gens de ne pas hésiter à solliciter auprès de leurs professionnels de la santé l'aide nécessaire pour en arriver à remédier aux problèmes qui risquent de nuire considérablement à leur santé cardiaque et cérébrale, dont les suivants :

  • tabagisme
  • piètre santé cardiovasculaire
  • consommation d'alcool modérée (trop n'est pas sain)
  • sommeil qui ne permet pas de se sentir frais et dispos au réveil
  • pré-diabète et diabète
  • tension artérielle supérieure à la normale
  • stress, anxiété ou dépression

Le commentaire du Pr Rourke à propos du lien entre le cœur et le cerveau est étayé par une masse importante de données de recherche et une étude récente publiée dans le Journal of the American Heart Association. Lors de cette étude menée auprès de plus de 17 000 Américains, les chercheurs ont constaté que les personnes ayant une santé cardiovasculaire intermédiaire ou bonne couraient un risque significativement moindre de déficience neurocognitive.

L’American Heart Association dispose maintenant d’un nouvel outil pour mesurer la santé cardiovasculaire auquel elle a donné le nom « Life’s Simple 7 » (Sept simples règles de vie). Il s’agit d’une combinaison de comportements et d’évaluations qu’il est possible d’améliorer au fil du temps pour favoriser davantage sa santé cardiovasculaire. Les principaux éléments du programme sont les suivants :

Comportements :

  • éviter ou arrêter de fumer
  • manger sainement
  • faire de l’activité physique
  • maintenir un indice de masse corporelle sain (IMC)

Facteurs biologiques :

  • tension artérielle
  • cholestérol total
  • glycémie à jeun (taux de sucre ou glucose sanguin)

En travaillant avec une équipe de soins pour gérer ces facteurs, il est possible d’améliorer sa santé cardiaque et cérébrale.

Retour à la base

Dans le passé, les soins aux personnes séropositives étaient principalement fondés sur des évaluations du système immunitaire et de la réponse des patients à la thérapie anti-VIH. Cependant, comme les personnes séropositives vivent maintenant plus longtemps grâce à la TAR, il leur est important de prendre soin de leur santé dans son ensemble. Les médecins, les infirmiers et, dans certains cas, les pharmaciens ont un rôle clé à jouer à cet égard. Leur sagesse, leur expérience, leurs conseils et les envois en consultation auprès des spécialistes sont essentiels pour maintenir et/ou améliorer la santé globale des patients.

Pour en savoir plus sur l’amélioration de la santé cardiovasculaire, lisez Le VIH et la maladie cardiovasculaire.

—Sean R. Hosein

RÉFÉRENCES :

  1. Mattson MP. Exercise and the brain: a slap on the HAND. Journal of Neurovirology. 2013 Oct;19(5):407-9.
  2. Rueda S, Law S, Rourke SB. Psychosocial, mental health, and behavioral issues of aging with HIV. Current Opinion in HIV/AIDS. 2014 Jul;9(4):325-31.
  3. Thacker EL, Gillett SR, Wadley VG, et al. The American Heart Association life's simple 7 and incident cognitive impairment: The REasons for Geographic And Racial Differences in Stroke (REGARDS) study. Journal of the American Heart Association. 2014 Jun 11;3(3):e000635.
  4. Dufour CA, Marquine MJ, Fazeli PL, et al. Physical exercise is associated with less neurocognitive impairment among HIV-infected adults. Journal of Neurovirology. 2013 Oct;19(5):410-7.
  5. Mapstone M, Hilton TN, Yang H, et al.  Poor aerobic fitness may contribute to cognitive decline in HIV-infected older adults. Aging and Disease. 2013 Aug 27;4(6):311-9.
  6. Fazeli PL, Woods SP, Heaton RK, et al. An active lifestyle is associated with better neurocognitive functioning in adults living with HIV infection. Journal of Neurvirology. 2014 Jun;20(3):233-42.