L’épidémiologie du VIH au Canada

Ce feuillet d’information donne une vue d'ensemble de l’épidémie du VIH au Canada. Il fait partie d’une série de feuillets d’information sur l'épidémiologie du VIH et de l'hépatite C au Canada.

Toutes les informations épidémiologiques sont approximatives et fondées sur les meilleures données disponibles. La plupart des données présentées dans ce feuillet d’information proviennent du Résumé : Estimations de l’incidence et de la prévalence du VIH, et des progrès réalisés par le Canada en ce qui concerne les cibles 90-90-90 pour le VIH, 2016 et des Actualités en épidémiologie du VIH/sida – Chapitre 1 : Estimations de la prévalence et de l’incidence de l’infection par le VIH au Canada pour 2011, deux publications de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Pour en savoir plus, consultez la section « D'où viennent ces chiffres? » à la fin de ce feuillet d'information.

Le nombre de personnes vivant avec le VIH au Canada (prévalence) augmente.1

  • 63 110 Canadiens vivaient avec le VIH à la fin de 2016.*
  • Ce chiffre représente une augmentation de 2 945 personnes (5 %) depuis 2014.
  • Le taux de prévalence du VIH est de 173 personnes sur 100 000 vivant au Canada.
  • La prévalence du VIH a augmenté dans les années 1980, a ralenti au milieu des années 1990 puis a recommencé à augmenter vers la fin des années 1990. Cette augmentation est attribuable aux nouvelles infections par le VIH ainsi qu’à la réduction du nombre de décès grâce aux options de traitement efficaces.

Selon les estimations, 14 % des personnes vivant avec le VIH au Canada ne savent pas qu’elles en sont atteintes.1

Selon les estimations nationales du VIH de 2016 :

  • 9 090 personnes vivant avec le VIH n’avaient pas été diagnostiquées en 2016.
  • Ce chiffre représente 14 % du nombre estimé de personnes vivant avec le VIH.

L’épidémie du VIH au Canada est concentrée chez des populations précises (prévalence).1

Selon les estimations du VIH de 2016, les personnes vivant avec le VIH au Canada incluent les suivantes :

  • 32 762 hommes gais, bisexuels et hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (hommes gbHARSAH). Cela représente 51,9 % de toutes les personnes vivant avec le VIH au Canada. Cette estimation comprend 30 980 hommes dont la séropositivité était attribuable aux  relations sexuelles avec d’autres hommes et 1 782 hommes dont la séropositivité pouvait être attribuée soit aux relations sexuelles avec d’autres hommes, soit à l'usage de drogues injectables.
  • 10 986 personnes qui utilisaient des drogues injectables (UDI). Cela représente 17,4 % de toutes les personnes vivant avec le VIH au Canada. Cette estimation comprend 9 204 personnes dont la séropositivité était le résultat de l'usage de drogues injectables et 1 782 hommes dont la séropositivité pouvait être attribuée soit aux relations sexuelles avec d’autres hommes, soit à l'usage de drogues injectables (veuillez noter que ces 1 782 hommes sont les mêmes que ceux indiqués au point ci-dessus).
  • 20 543 personnes dont la séropositivité était attribuable aux relations hétérosexuelles. Cela représente 32,6 % de toutes les personnes vivant avec le VIH au Canada. De ce groupe, 9 438 personnes (15 % de toutes les personnes vivant avec le VIH) étaient originaires de pays où le VIH est endémique (principalement de pays de l’Afrique subsaharienne et des Caraïbes).
  • 601 personnes dont la séropositivité ne pouvait être attribuée ni aux relations sexuelles, ni à l’usage de drogues injectables. Cela comprend les personnes ayant probablement contracté le VIH par l’entremise de transfusions sanguines ou de facteurs de coagulation, de la transmission d’une mère à son enfant ou de blessures dues à des aiguilles en milieu de travail. Ce nombre représente moins de 1 % de toutes les personnes vivant avec le VIH au Canada.
  • 6 055 Autochtones, ce qui représente 9,6 % de toutes les personnes vivant avec le VIH au Canada.
  • 14 520 femmes, ce qui représente 23 % de toutes les personnes vivant avec le VIH au Canada.

Les populations les plus touchées par le VIH varient selon la région (prévalence).2

Les estimations les plus récentes selon la région datent de 2011. Selon celles-ci :

  • L’épidémie du VIH est principalement concentrée chez les hommes gbHARSAH en Colombie-Britannique (45,5 % des personnes vivant avec le VIH), en Ontario (56,0 %), dans les provinces de l’Atlantique (54,2 %) et au Québec (54,2 %). Ces estimations incluent les hommes dont la séropositivité était le résultat de relations sexuelles avec d’autres hommes et les hommes dont la séropositivité pouvait être attribuée soit aux hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes soit à l’usage de drogues injectables (HARSAH-UDI).
  • L’épidémie du VIH est principalement concentrée chez des personnes qui s’injectent ou se sont injecté des drogues en Saskatchewan (71,4 % des personnes vivant avec le VIH).
  • L’épidémie du VIH est principalement concentrée chez des personnes ayant ou ayant eu des relations hétérosexuelles en Alberta (42,8 % des personnes vivant avec le VIH) et au Manitoba (56,7 %). Ces estimations incluent les personnes dont le statut VIH était attribuable à n’importe quel genre de relation hétérosexuelle, y compris celles nées dans un pays où le VIH est endémique.

Remarque : Étant donné que différentes méthodes ont été utilisées pour générer les estimations de 2016, les estimations régionales de 2011 ne peuvent pas être comparées directement aux estimations nationales de 2016.

Une infographie présentant de manière graphique la prévalence du VIH selon la région est disponible.

Le nombre de nouveaux cas d’infection au VIH (incidence) au Canada a baissé légèrement depuis les dernières années.1

Selon les estimations nationales du VIH de 2016 :

  • Quelque 2 165 personnes ont été infectées par le VIH au Canada en 2016. Cette augmentation est légèrement supérieure au nombre de nouvelles infections en 2014, soit 1 960.
  • Le taux d’incidence du VIH est de 6,0 personnes sur 100 000 au Canada.

Il est possible que le nombre de nouveaux cas d’infection par le VIH (incidence) soit en train d’augmenter chez toutes les populations.1

Selon les estimations nationales du VIH de 2016 :

  • 1 136 nouvelles infections par le VIH (52,5 % des nouvelles infections) ont été attribuées aux relations sexuelles entre hommes, par rapport à 1 053 nouvelles infections en 2014.
  • 66 nouvelles infections par le VIH (3 %) ont eu pour source des hommes dont la séropositivité pouvait être attribuée soit aux relations sexuelles avec d’autres hommes soit à l’usage de drogues injectables, par rapport à 47 nouvelles infections en 2014.
  • 244 nouvelles infections par le VIH (11,3 %) ont été attribuées à l’usage de drogues injectables, par rapport à 219 nouvelles infections en 2014.
  • 719 nouvelles infections par le VIH (33,2 %) ont été attribuées aux relations hétérosexuelles, par rapport à 641 nouvelles infections en 2014.
  • 245 nouvelles infections par le VIH (11,3 %) ont touché des Autochtones, par rapport à 217 nouvelles infections en 2014.
  • 507 nouvelles infections par le VIH (23,4 %) ont touché des femmes, par rapport à 436 nouvelles infections en 2014.

Les populations les plus touchées par les nouvelles infections par le VIH varient selon la région (incidence).3

Les estimations les plus récentes selon la région datent de 2011. Selon celles-ci :

  • Les nouvelles infections par le VIH sont principalement concentrées parmi les hommes gbHARSAH en Colombie-Britannique (57,4 % des personnes vivant avec le VIH), en Ontario (51,8 %), dans les provinces de l’Atlantique (68,6 %) et au Québec (58,5 %). Ces estimations incluent les hommes dont la séropositivité était le résultat de relations sexuelles avec d’autres hommes et les hommes dont la séropositivité pouvait être attribuée soit aux relations sexuelles avec d’autres hommes soit à l’usage de drogues injectables.
  • Les nouvelles infections par le VIH sont principalement concentrées chez les personnes qui s’injectent ou se sont injecté des drogues en Saskatchewan (76,1 % des personnes vivant avec le VIH).
  • Les nouvelles infections par le VIH sont principalement concentrées chez les personnes ayant ou ayant eu des relations hétérosexuelles en Alberta (44,8 % des personnes vivant avec le VIH) et au Manitoba (61,7 %). Ces estimations incluent les personnes dont le statut VIH était attribuable à n’importe quel genre de relation hétérosexuelle, y compris celles nées dans un pays où le VIH est endémique.

Remarque : Étant donné que différentes méthodes ont été utilisées pour générer les estimations de 2016, ces estimations régionales de 2011 ne peuvent pas être comparées directement aux estimations nationales de 2016.

Une infographie présentant de manière graphique l’incidence du VIH selon la région est disponible.

Les Autochtones et les personnes originaires de pays où le VIH est endémique sont surreprésentés dans l’épidémie du VIH au Canada.14

Selon les estimations nationales du VIH de 2016 :

  • Les Autochtones constituaient 4,9 % de la population totale du Canada en 2016 mais ont figuré dans 11,3 % des nouvelles infections par le VIH en 2016.
  • Les personnes originaires de pays où le VIH est endémique constituaient 2,5 % de la population totale du Canada en 2011  mais ont figuré dans 13,6 % des nouvelles infections par le VIH en 2016.

Certaines populations affichent un taux plus élevé de nouvelles infections par le VIH (incidence).3,4

Les estimations les plus récentes disponibles qui comparent les taux d’incidence du VIH parmi les populations clés datent de 2014.

Selon les estimations nationales du VIH de 2014 :

  • Les Autochtones ont un taux d’incidence 2,7 fois plus élevé que celui des autres groupes ethniques.
  • Les personnes originaires de pays où le VIH est endémique (et qui vivent au Canada) ont un taux d’incidence 6,4 fois plus élevé que celui des autres groupes ethniques (vivant au Canada).
  • Les hommes gbHARSAH ont un taux d’incidence 131 fois plus élevé que celui des autres hommes.
  • Les personnes qui s’injectent des drogues ont un taux d’incidence 59 fois plus élevé que celui des personnes qui ne s’injectent pas de drogues.
  • Les hommes ont un taux d’incidence 3,4 fois plus élevé que celui des femmes.

Principales définitions

Prévalence du VIH : nombre de personnes vivant avec le VIH à un moment donné. La prévalence nous indique combien de personnes ont le VIH.

Incidence du VIH : nombre de nouvelles infections par le VIH survenant au cours d’une période déterminée (d’ordinaire un an). L’incidence nous indique combien de personnes ont contracté le VIH.

D'où viennent ces chiffres?

Toutes les informations épidémiologiques sont approximatives et fondées sur les meilleures données disponibles. La plupart des données dans ce feuillet d’information proviennent des estimations en matière de VIH de 2011, 2014 et 2016 publiées par l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC).

Estimations nationales de la prévalence et de l’incidence du VIH

L'ASPC produit et publie les estimations nationales du VIH tous les trois ans. Pour le faire, l'ASPC utilise des méthodes statistiques qui tiennent compte de certaines des limitations des données de surveillance (nombre de diagnostics de VIH signalés à l’ASPC), ainsi que du nombre de personnes vivant avec le VIH qui ignorent leur statut. La modélisation statistique, fondée sur les données de surveillance et d'autres sources d'information permet à l’ASPC de produire des statistiques sur le VIH concernant les personnes diagnostiquées et non diagnostiquées. Les estimations les plus récentes se rapportent à 2016.

Références

Auteur(s) : Challacombe L

Traduction : Boutilier A

Publié : 2018