Les maux de tête

Déterminer la cause

Certains maux de tête sont attribuables à l’activation des nerfs de la douleur situés dans la tête. Les céphalées (maux de tête) de tension et les migraines en sont des exemples. À d’autres moments, les maux de tête sont le symptôme d’un autre problème de santé. Le problème en question peut être relativement léger : gueule de bois, faible glycémie, allergie ou congestion sinusale, infection de l’oreille, problème dentaire ou surutilisation d’antidouleurs. Dans certains cas, les maux de tête sont l’effet secondaire d’un médicament livré sur ordonnance.

Il faut souligner que certains maux de tête sont le symptôme d’une affection grave ou potentiellement mortelle, telles les suivantes :

  • encéphalite (inflammation du cerveau) ou méningite (inflammation des membranes entourant le cerveau et la moelle épinière), souvent due à une infection
  • dépression
  • syphilis
  • hémorragie autour du cerveau
  • accident vasculaire cérébral
  • cancer

Il faut prendre très au sérieux n’importe quel mal de tête qui soit grave, qui dure plus de quelques jours ou qui ne cesse de revenir. Cela est surtout vrai si les symptômes en question sont nouveaux. Par exemple, même s’il est certain que les maux de tête intenses qui durent plusieurs heures sont problématiques, ils sont peut-être moins préoccupants si vous avez déjà souffert de migraines et que vos symptômes actuels sont identiques à ceux des épisodes antérieurs.

Il n’empêche que certaines caractéristiques des maux de tête constituent des signaux d’alarme qu’il faut écouter d’urgence. Un mal de tête grave qui survient très soudainement ou qui atteint son intensité maximale en quelques minutes pourrait être le signe d’un problème très grave. (Consultez la section « Accident vasculaire cérébral (AVC) et anévrisme » ci-dessous.) Si cela arrive, il faut obtenir des soins médicaux sans tarder.

Si vous avez des maux de tête récurrents ou graves, parlez-en à votre médecin. Il ou elle pourra vous diriger vers un neurologue ou un spécialiste du VIH afin d’obtenir un diagnostic exhaustif. Il vaut mieux éviter de traiter ce genre de mal de tête avec des médicaments avant que le problème soit diagnostiqué et que le traitement approprié soit prescrit. Si vous masquez un mal de tête avec des antidouleurs, il sera plus difficile de diagnostiquer un éventuel problème plus grave.

Tâchez de décrire à votre médecin la fréquence de vos maux de tête, leur intensité, toute tendance éventuelle quant au moment de leur apparition (heure de la journée, après avoir mangé certains aliments ou fait certaines activités) et la présence éventuelle de fièvre ou d’autres symptômes, notamment d’ordre neurologique (par exemple, la faiblesse).

N’oubliez pas la possibilité que votre mal de tête ait une cause autre que le VIH. Parfois, les professionnels de la santé emploient des méthodes diagnostiques qui insistent trop sur les infections opportunistes et les affections liées au VIH, en oubliant que les personnes séropositives sont sujettes à d’autres problèmes aussi.

Thérapie antirétrovirale

Les maux de tête sont parfois l’effet secondaire d’une thérapie antirétrovirale. Dans certains cas, les maux de tête se produisent seulement au début du traitement et s’estompent graduellement au cours des quelques semaines suivantes. Dans d’autres cas, les maux de tête persistent longtemps, et la seule solution consiste à changer de médicaments. On devrait soupçonner particulièrement un médicament d’être à l’origine des maux de tête lorsqu’un nouveau médicament a été introduit récemment. Il faut noter, cependant, que ce genre de réaction peut survenir même si un médicament particulier est utilisé depuis plusieurs mois.

L’acidose lactique risque aussi de causer des maux de tête. Il faut envisager cette possibilité si la personne en question reçoit l’un des analogues nucléosidiques (AZT ou d4T) ou l’un des autres médicaments combinant un de ces agents. Puisque les agents plus récents comme l’abacavir (Ziagen et dans le Kivexa et le Trizivir) et le ténofovir (Viread et dans le Truvada, l’Atripla, le Complera et le Stribild) sont bien moins susceptibles de causer l’acidose lactique, celle-ci est devenue une préoccupation moins importante au cours des dernières années. Il n’empêche qu’il faut surtout envisager la possibilité de l’acidose lactique si d’autres symptômes de cette affection sont présents, dont les suivants : fatigue; nausées et vomissements; douleur gastrique, abdominale ou hépatique; perte de poids inexpliquée; difficulté à respirer, mains et pieds froids; coloration bleuâtre de la peau; et, symptômes soudains de la neuropathie périphérique. Pour en savoir plus sur l’acidose lactique, consultez la section intitulée Les effets secondaires moins courants.

Infections et autres affections

Les maux de tête peuvent aussi être le symptôme de plusieurs infections et affections différentes qu’il est important de diagnostiquer et de traiter, y compris les suivantes :

  • syphilis avancée (appelée neurosyphilis)
  • poussée d’herpès
  • endocardite (infection cardiaque)
  • méningite cryptococcique
  • toxoplasmose
  • encéphalite à CMV
  • leucoencéphalopathie multifocale progressive (LMP)
  • lymphome du système nerveux central (SNC) primaire

Accident vasculaire cérébral (AVC) et anévrisme

La présence de n’importe quel mal de tête grave doit évoquer la possibilité d’un accident vasculaire cérébral (AVC; diminution du flux sanguin vers une région du cerveau) ou d’une rupture d’anévrisme (dilatation d’un vaisseau sanguin dans le cerveau). À mesure que la vie des personnes atteintes du VIH se prolonge, leurs risques de maladies cardiovasculaires augmentent. Ces maladies risquent de se produire dès un âge plus jeune chez les personnes séropositives, comparativement à ce qui s’observe typiquement dans la population séronégative.

Les symptômes courants de l’AVC sont les suivants : paralysie ou faiblesse soudaine dans le visage ou les membres, surtout si cela se produit d’un seul côté du corps; difficulté soudaine à maintenir son équilibre ou à marcher; trouble visuel soudain; empâtement de la parole; confusion ou difficulté soudaine à comprendre des énoncés simples.

Dans le cas d’une rupture d’anévrisme, le mal de tête — certains le décrivent comme le pire de leur vie — se déclare souvent très rapidement et son intensité atteint son apogée dans l’espace de quelques minutes. Elle peut s’accompagner de divers symptômes : confusion, engourdissement, difficulté à voir, à parler ou à marcher, raideur du cou, forte fièvre, nausées ou vomissements.

Si vous éprouvez un ou plusieurs de ces symptômes, cherchez immédiatement des soins médicaux. Composez le 911 si votre région est dotée de ce service d’urgence.

Stabiliser la glycémie

Les problèmes de glycémie (sucre sanguin) sont également susceptibles de causer des maux de tête. En vieillissant, les personnes vivant avec le VIH risquent de développer une résistance à l’insuline et le diabète, ce qui peut causer de graves problèmes de glycémie. Lorsque la glycémie chute brusquement, elle peut causer un mal de tête qui dure quelques heures. Si votre glycémie diminue et augmente à répétition, vous aurez peut-être des maux de tête récurrents. Il est possible de résoudre ces maux de tête en stabilisant votre taux de sucre sanguin. Il peut être utile de manger fréquemment des petits repas nutritifs et équilibrés contenant des fibres, des glucides complexes et des protéines. L’exercice régulier est efficace aussi dans certains cas.

Carence en magnésium

La carence en magnésium peut se produire chez les personnes vivant avec le VIH et causer des maux de tête; les suppléments de magnésium pourraient éliminer ce problème. Toutefois, la supplémentation ne doit pas remplacer les soins médicaux immédiats dans les cas de maux de tête graves ou récurrents. Si aucune autre cause n’est trouvée pour expliquer votre problème, gardez la possibilité d’une carence en magnésium en tête. Mais sachez que les doses de magnésium de plus de 350 mg par jour peuvent causer la diarrhée. Il est possible que le glycinate de magnésium soit mieux toléré que les autres versions.

Antidouleurs

Si vous prenez des antidouleurs pour traiter vos maux de tête, il est très important que vous fassiez vos choix de médicaments en tenant compte de l’ensemble des facteurs en jeu, y compris les suivants :

  • les autres médicaments que vous prenez, en raison de la possibilité d’interactions médicamenteuses;
  • les affections médicales comme les problèmes de foie; notons à cet égard que l’acétaminophène (le Tylenol) est désavantagé parce qu’il peut nuire au foie;
  • les autres affections médicales comme les ulcères gastriques, les saignements gastro-intestinaux, le sarcome de Kaposi intestinal, la thrombocytopénie (faible taux de plaquettes), l’insuffisance rénale et un faible taux d’albumine sérique (problème courant chez les personnes souffrant du syndrome de dépérissement); notons que ce facteur jouerait à l’encontre des médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS).

Parlez à votre médecin des médicaments qui vous conviennent. Une option serait un médicament de la classe des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Les AINS incluent l’ibuprofène (Advil, Motrin), le naproxène (Aleve) et l’acide acétylsalicylique (Aspirin). L’usage à long terme de l’aspirine ou d’autres AINS peut causer des dommages au revêtement de l’estomac et des intestins et provoquer des saignements gastro-intestinaux. De plus, les personnes recevant du ténofovir devraient parler à leur médecin de l’utilisation des AINS car il existe un risque de lésions rénales. De façon générale, il vaut mieux se limiter à utiliser ces médicaments pour soulager les maux de tête au besoin, et l’usage à long terme est à éviter si possible.

L’acétaminophène (Tylenol) est un autre antidouleur d’usage courant qui est présent dans de nombreux médicaments offerts en vente libre. Comme on en trouve partout, la surdose d’acétaminophène est une préoccupation. Elle est la cause la plus fréquente de l’insuffisance hépatique aiguë en Amérique du Nord. La consommation d’alcool et les maladies du foie, notamment l’hépatite C, peuvent augmenter considérablement les risques. Pour un usage à court terme, la dose standard maximale est de 3 000 mg par jour (ou seulement six comprimés de 500 mg par jour [Tylenol extra-fort]). Chez les personnes qui consomment de l’alcool, les dommages au foie peuvent se produire sous l’effet d’une dose quotidienne de 2 600 mg seulement. Il est vivement recommandé que les personnes qui boivent régulièrement de l’alcool limitent leur dose d’acétaminophène à un maximum de 2 000 mg par jour. Cela veut dire un maximum de quatre pilules au dosage standard sur une période de 24 heures.

L’acétaminophène est également un ingrédient actif présent dans de nombreux autres médicaments, y compris les remèdes populaires contre les maux de tête et le rhume comme le Dayquil, le Nyquil, l’Anacine 3 et d’autres. Il est important de lire attentivement l’étiquette de tous les remèdes en vente libre et médicaments sur ordonnance afin de s’assurer de ne jamais dépasser la dose recommandée.

Certaines personnes qui prennent régulièrement de l’acétaminophène prennent aussi le supplément N-acétyl-cystéine (NAC; 500 à 1 000 mg, deux fois par jour) pour aider à normaliser les taux de l’antioxydant glutathion. Lorsqu’une surdose d’acétaminophène se produit, les réserves de glutathion dans le foie diminuent, ce qui peut entraîner de la toxicité hépatique. En prenant une dose de NAC chaque fois que vous prenez de l’acétaminophène, vous réduirez peut-être le risque de toxicité, mais il reste qu’il ne faut jamais dépasser la limite quotidienne d’acétaminophène recommandée.

Thérapies complémentaires

Il est possible de traiter certains genres de maux de tête avec différentes sortes de thérapies, compris le massage profond, l’acupuncture ou l’acupression et les plantes médicinales. Entre autres, le chrysanthème matricaire est une plante médicinale qui pourrait être utile. Il contient du parthénolide, un agent qui réduit les spasmes à l’intérieur des vaisseaux sanguins de la tête. Le chrysanthème matricaire s’est montré utile contre les migraines et les maux de tête de tension.

N’oubliez pas de parler à votre pharmacien et à votre médecin de tous les médicaments, produits en vente libre, suppléments et plantes médicinales que vous prenez. Ces produits peuvent interagir avec vos médicaments antirétroviraux, les rendant moins efficaces ou augmentant les risques d’effets secondaires.