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juin 2018 

Vancouver : l’offre d’un large éventail de soins aide à réduire le risque de ré-infection après la guérison du VHC

Les problèmes de santé mentale non diagnostiqués, non traités ou mal gérés peuvent pousser certaines personnes à consommer des drogues. Dans certains cas, la consommation peut devenir problématique et déstabiliser la vie de la personne. Les personnes qui partagent du matériel pour consommer des drogues risquent se faire infecter par le virus de l’hépatite C (VHC) et le VIH. Afin d’aider les gens à entamer le processus de rétablissement après une consommation problématique de drogues et, dans certains cas, l’infection par le VHC — et de les aider à éviter la réinfection par le VHC — il est nécessaire de leur offrir un éventail de services de soutien.

Des médecins au Centre des maladies infectieuses de Vancouver prennent soin de personnes qui utilisent des drogues et qui ont également des infections virales comme le VHC et le VIH. Dans le rapport le plus récent du Centre, une équipe d’intervenants de la santé a examiné les données recueillies auprès de 148 personnes qui utilisent des drogues depuis de nombreuses années. Tous les participants avaient suivi un traitement par antiviraux à action directe (AAD) entre juin 2015 et mai 2017 et avaient guéri de l’hépatite C.

Au Centre, les participants ont reçu des soins multidisciplinaires afin que les intervenants puissent répondre à leurs besoins dans les catégories suivantes :

  • soins médicaux généraux
  • soins psychiatriques
  • soins liés aux dépendances
  • besoins d’ordre social

Ces soins ont été dispensés avant, pendant et après le traitement par AAD. Tous les participants utilisaient des drogues.

Les participants avaient le profil moyen suivant au début de l’étude :

  • 79 % d’hommes, 21 % de femmes
  • âge : 69 ans
  • 66 % utilisaient de l’héroïne et 44 % utilisaient de la cocaïne (certaines personnes utilisaient les deux); les chercheurs ont effectué des analyses d’urine régulières pour surveiller la consommation de drogues
  • le génotype 1a du VHC était le plus courant, touchant 63 % des participants
  • 23 % avaient subi une cicatrisation étendue du foie
  • 10 % étaient co-infectés par le VIH

Voici une liste d’AAD couramment utilisés durant l’étude :

  • Epclusa
  • Harvoni
  • Holkira Pak
  • Zepatier

Résultats

Au bout d’une période de suivi moyenne de 66 semaines, aucun participant ne s’était réinfecté.

L’équipe de Vancouver a affirmé que l’offre de services de santé et sociaux pertinents aux patients avant, pendant et après le traitement du VHC a aidé à réduire le risque de réinfection par le VHC.

Cette étude arrive à un moment où le nombre de surdoses est à la hausse parmi les personnes qui s’injectent des drogues à Vancouver (et à d’autres endroits en Amérique du Nord). De plus en plus, ces surdoses sont causées par l’exposition au fentanyl et à ses analogues. Cependant, aucune surdose fatale ne s’est produite parmi les participants à cette étude. Ainsi, il est possible que les soins multidisciplinaires et les services fournis par la clinique n’aient pas seulement aidé à prévenir la réinfection par le VHC, mais aussi les surdoses fatales.

—Sean R. Hosein

RÉFÉRENCE :

Alimohammadi A, Thiam A, Holseka J, et al. Recurrent viremia after successful hepatitis C virus therapy with direct-acting antiviral therapy in a cohort of people who use drugs. International Liver Congress, 11-15 April 2018, Paris, France. Poster FRI-405.

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