L’hépatite A

Sommaire

L’hépatite A est une infection causée par un virus qui peut se transmettre sexuellement. L’infection à l’hépatite A provoque une inflammation du foie (hépatite).

L’hépatite A est transmise lorsque les matières fécales (selles, merde) d’une personne infectée par le virus entrent en contact avec la bouche d’une autre personne. Les voies de transmission les plus courantes sont les contacts sexuels et l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés.    

L’hépatite A se résorbe typiquement sans traitement dans les deux mois suivant l’infection.

Un simple test sanguin permet de déterminer si une personne a l’hépatite A en ce moment, si elle a été exposée à l’hépatite A dans le passé ou si elle a été vaccinée contre l’hépatite A.

Il n’existe aucun traitement spécifique pour l’hépatite A. Les traitements disponibles visent surtout à soulager les symptômes. L’immunisation permet de prévenir l’hépatite A.

Les habitudes hygiéniques de routine (se laver soigneusement les mains après être allé aux toilettes) et l’usage correct et régulier de barrières (condoms, digues dentaires) pour toute activité sexuelle impliquant l’anus peuvent réduire le risque de transmission de l’hépatite A.

À propos de nos mots – CATIE s’engage à utiliser un langage pertinent qui parle à tout le monde. Les gens emploient des termes différents pour décrire leurs organes génitaux. Dans ce texte, nous utilisons des termes médicaux comme vagin et pénis pour décrire les organes génitaux. Les personnes cisgenresi se reconnaissent souvent dans ces termes. Certaines personnes transii utilisent d’autres termes, tels que trou frontal et pénis trans. CATIE reconnaît et respecte le fait que les gens utilisent les mots avec lesquels ils sont le plus à l’aise.

Des messages clés sur l’hépatite A destinés aux clients sont disponibles ici.

Qu’est-ce que l’hépatite A?  

L’hépatite A est une infection causée par le virus de l’hépatite A, un membre de la famille de virus appelée Hepadnaviridae. Ce virus peut être transmis sexuellement. Le virus de l’hépatite A infecte les hépatocytes (genre de cellule du foie) et interfère avec les fonctions habituelles du foie, de sorte qu’elle cause une inflammation de cet organe (hépatite).1,2,3

Comment l’hépatite A se transmet-elle?  

L’hépatite A est présente dans les matières fécales d’une personne infectée. Le virus se transmet lorsque des matières fécales provenant d’une personne infectée entrent dans la bouche (contact oro-fécal) d’une personne qui n’a jamais été exposée à l’hépatite A ou qui n’a pas été vaccinée contre l’hépatite A. Une personne acquiert une immunité contre le virus après avoir été infectée.

L’hépatite A peut également se transmettre si une personne ingère de l’eau ou des aliments qui ont été contaminés par les matières fécales d’une personne atteinte d’hépatite A.

L’hépatite A peut se transmettre lors d’activités sexuelles incluant un contact oro-fécal (tel l’anulingus ou le rimming). Le virus peut également être transmis par les doigts (contact ano-digital), ainsi que par le pénis lors de la pénétration anale et par les jouets sexuels si ces derniers entrent dans la bouche de quelqu’un après avoir été en contact avec les matières fécales d’une autre personne. Le fait de manipuler un condom usagé après une relation anale et de mettre ensuite ses doigts dans la bouche peut également transmettre l’hépatite A.1,3,4,5,6

Qui est à risque?  

Certaines populations spécifiques sont plus à risque de contracter l’hépatite A (si elles n’ont pas d’immunité conférée par une infection antérieure ou une vaccination) : les personnes qui s’injectent des drogues, les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH) et les enfants en garderie (rappelons que ces derniers portent souvent des couches ou passent la journée auprès d’autres enfants en couches et sont incapables de se laver les mains tout seuls).

Les personnes qui courent un risque accru de contracter l’infection à l’hépatite A incluent les personnes ayant un contact domestique ou sexuel étroit avec une personne infectée et les personnes qui voyagent dans des régions ayant une forte prévalence de l’hépatite A (à cause de mauvaises méthodes d’assainissement).2,4,5

Symptômes  

La plupart des adultes infectés par l’hépatite A éprouvent quelques symptômes. Les symptômes peuvent apparaître de deux à six semaines après l’infection (période d’incubation). Chez les adultes et les enfants âgés, les symptômes suivants peuvent apparaître soudainement : perte de l’appétit, nausées, douleurs abdominales, fatigue, fièvre, selles pâles, urine foncée et jaunisse (jaunissement de la peau et/ou des yeux).

Il arrive que les enfants de moins de six ans n’éprouvent aucun symptôme (asymptomatiques) ou que des symptômes légers.

La plupart des adultes guérissent de l’infection sans traitement en moins de deux mois. Une fois l’infection terminée, la personne atteinte aura une immunité contre l’hépatite A pour le reste de sa vie.3,4,5,7,8,9

Complications 

La majorité des personnes qui contractent l’hépatite A s’en remettent complètement toutes seules. Cependant, 25 % des personnes qui se font infecter par l’hépatite A doivent être hospitalisées.

Certaines personnes souffrent de jaunisse prolongée et/ou de rechutes sur une période de plusieurs mois. 

L’hépatite A ne cause pas d’insuffisance chronique du foie.1,2

Dépistage et diagnostic  

Un simple test sanguin peut révéler si une personne a l’hépatite A en ce moment, si elle l’a eue dans le passé ou si elle a déjà été vaccinée.5

Notification des partenaires

L’hépatite A est une infection à déclaration obligatoire au Canada. Cela veut dire que l’infection doit être signalée aux autorités de la santé publique dès qu’elle est confirmée par une clinique, un médecin ou un laboratoire. Lorsqu’une personne reçoit un diagnostic confirmé d’hépatite A, son professionnel de la santé ou une infirmière de la santé publique lui demandera de contacter ou de fournir les coordonnées de toutes les personnes susceptibles d’avoir été exposées pendant la période d’incubation, y compris ses partenaires sexuels et les personnes partageant son domicile.4 Dans une tentative de protéger l’anonymat du client original, le nom de celui-ci n’est pas donné aux partenaires sexuels lorsqu’ils sont contactés.

Le client ou le professionnel de la santé ou l’infirmière de la santé publique tentera de contacter les personnes en question afin de les encourager à se faire tester. L’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) recommande que toutes les personnes contactées soient testées afin de pouvoir évaluer leur état immunologique et/ou de leur fournir un vaccin protecteur si aucune immunité n’est présente.

Traitement  

Il n’existe aucun traitement contre l’hépatite A, sauf les remèdes pour soulager les symptômes. On recommande aux personnes atteintes d’hépatite A de se reposer et de réduire leur niveau d’activité. On leur conseille aussi d’adopter un mode de vie sain qui consiste à boire beaucoup d’eau pour éviter la déshydratation, à manger sainement et à éviter l’alcool et les drogues.2,4

Qu’en est-il du VIH?  

Être infecté par l’hépatite A n’augmente pas le risque de transmettre ou de contracter le VIH. Il n’empêche que les personnes séropositives qui contractent l’hépatite A pourraient éprouver des symptômes plus graves de l’infection et s’en remettre plus lentement.

L’ASPC recommande que les personnes qui s’injectent des drogues et les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes se fassent vacciner contre l’hépatite A.4

Prévention  

Le vaccin contre l’hépatite A est le moyen le plus efficace de prévenir la transmission de ce virus. Le vaccin est efficace à plus de 90 % lorsqu’il est donné aux personnes n’ayant jamais été exposées à l’hépatite A. On recommande le vaccin aux personnes qui courent le risque de contracter l’hépatite A (telles les personnes voyageant dans des régions où la prévalence de l’hépatite A est élevée, les personnes vivant avec le VIH, les HARSAH, les personnes qui s’injectent des drogues et les personnes partageant le domicile d’une personne originaire d’une région où la prévalence de l’hépatite A est élevée).

Les mesures d’assainissement et les pratiques hygiéniques appropriées (comme se laver les mains après être allé aux toilettes) peuvent réduire le risque de transmission.

Les méthodes comportant une barrière (tels les gants, les digues dentaires et les condoms) peuvent réduire le risque de contact avec le virus lors des relations sexuelles bucco-anales et ano-digitales et des activités anales incluant l’usage de jouets sexuels.  Se laver les mains après avoir manipulé une barrière ou un jouet sexuel est également utile pour réduire le risque de transmission.

Notes

i Cisgenre : une personne dont l’identité de genre correspond au sexe qu’elle avait à la naissance

ii Trans : terme général décrivant des personnes aux identités et aux expressions de genre diverses qui ne se conforment pas aux idées stéréotypées de ce que signifie être une fille/femme ou un garçon/homme dans la société

(Définitions tirées de Creating Authentic Spaces: A gender identity and gender expression toolkit to support the implementation of institutional and social change, publié par The 519, Toronto, Ontario.)

Crédits

Ce feuillet d’information a été créé en partenariat avec le Sex Information and Education Council of Canada (SIECCAN).

Références

  1. Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Hépatite. Disponible à l’adresse :  http://www.phac-aspc.gc.ca/hep/index-fra.php. [Consulté le 23 décembre 2015.]
  2. Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Hepatitis A information for health professionals. Disponible à l’adresse : http://www.cdc.gov/hepatitis/HAV/HAVfaq.htm#general. [Consulté le 23 décembre 2015.] 
  3. AVERT. Hepatitis A, B & C. Disponible à l’adresse : http://www.avert.org/hepatitis-b-c.htm#A. [Consulté le 23 décembre 2015.]
  4. Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Guide canadien d’immunisation. Disponible à l’adresse : http://www.phac-aspc.gc.ca/publicat/cig-gci/p04-hepa-fra.php. [Consulté le 23 décembre 2015.]
  5. American Sexual Health Association. Hepatitis A. Disponible à l’adresse :  http://www.ashasexualhealth.org/stdsstis/hepatitis/hepatitis-a/. [Consulté le 23 décembre 2015.]
  6. B.C. Centre for Disease Control. Smart Sex Resource. Hepatitis A – Fact Sheet. Disponible à l’adresse : http://smartsexresource.com/topics/hepatitis. [Consulté le 23 décembre 2015.]
  7. Mayo Clinic. Diseases and Conditions – Hepatitis A. Disponible à l’adresse : http://www.mayoclinic.org/diseases-conditions/hepatitis-a/basics/causes/con-20022163. [Consulté le 24 décembre 2015.]
  8. BC Centre for Disease Control. Hepatitis A. Disponible à l’adresse : http://www.bccdc.ca/health-info/diseases-conditions/hepatitis-a. [Consulté le 23 décembre 2015.]
  9. Organisation mondiale de la santé (OMS). The global prevalence of hepatitis A virus infection and susceptibility: A systematic review. 2002. Disponible à l’adresse : http://whqlibdoc.who.int/hq/2010/WHO_IVB_10.01_eng.pdf. [Consulté le 23 décembre 2015.]
  10. Ministère de la santé et des Soins de longue durée de l’Ontario. Hépatite A. Disponible à l’adresse : http://www.health.gov.on.ca/fr/public/programs/hepatitis/hep_a.aspx. [Consulté le 23 décembre 2015.]  

Traduction : Boutilier A

Publié : 2016