Atripla

Sommaire

Atripla est le nom d’une co-formulation à doses fixes qui contient trois médicaments anti-VIH : le ténofovir, le FTC et l’éfavirenz. Atripla peut être utilisé tout seul comme thérapie antirétrovirale (TAR) chez les personnes vivant avec le VIH. Les effets secondaires courants comprennent des étourdissements, de la difficulté à s’endormir, des problèmes de concentration, des éruptions cutanées, des nausées et des diarrhées. On prend Atripla à jeun, une seule fois par jour.

Qu’est-ce que Atripla?

Atripla est le nom d’une pilule qui contient les trois médicaments anti-VIH suivants :

  • éfavirenz (Sustiva), qui appartient à la classe de médicaments appelés inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse ou INNTI
  • ténofovir (Viread), qui appartient à la classe de médicaments appelés inhibiteurs nucléotidiques de la transcriptase inverse ou INtTI
  • FTC (emtricitabine, Emtriva), qui appartient à la classe de médicaments appelés inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse ou INTI

Comme Atripla contient ces trois médicaments, on peut l’utiliser une seule fois par jour pour le traitement de l’infection au VIH.

Comment Atripla agit-il?

Lorsque le VIH infecte une cellule, il prend le contrôle de cette dernière. Le VIH oblige ensuite la cellule à fabriquer de nombreuses copies du virus. Pour fabriquer ces copies, la cellule utilise des protéines appelées enzymes. Lorsque l’activité de ces enzymes est réduite, la réplication du VIH ralentit.

Les trois médicaments que contient Atripla inhibent l’action d’une enzyme appelée transcriptase inverse (TI) qui est utilisée par les cellules infectées par le VIH pour fabriquer davantage de copies de ce virus. Puisque Atripla inhibe ou réduit l’activité de cette enzyme, ce médicament fait en sorte que les cellules infectées ralentissent ou arrêtent la production de nouveaux virus.

Comment les personnes vivant avec le VIH utilisent-elles Atripla?

L’Atripla est une combinaison de trois médicaments anti-VIH. On appelle ce genre de combinaison une thérapie antirétrovirale ou TAR. Pour en savoir plus sur la TAR, consultez la publication de CATIE intitulée Votre guide sur le traitement du VIH.

Pour beaucoup de personnes vivant avec le VIH, le recours à la TAR a provoqué une augmentation de leur compte de cellules CD4+ et une réduction de la quantité de VIH dans leur sang (charge virale). Ces effets bénéfiques aident à réduire le risque de contracter une infection potentiellement mortelle. Toutefois, ni l’Atripla ni aucun autre médicament anti-VIH ne guérissent le VIH. Il est donc important de faire ce qui suit :

  • consulter régulièrement son médecin pour assurer le suivi de son état de santé
  • continuer d'avoir des relations sexuelles plus sécuritaires et de prendre d’autres précautions pour éviter de transmettre le VIH à d’autres personnes, ainsi que pour se protéger contre l’infection par d’autres souches du VIH et d’autres microbes

Mises en garde

1. Risque de suicide

Atripla contient de l’éfavirenz. Lors d'une revue de plusieurs études ayant comparé 3 241 utilisateurs d'éfavirenz à 2 091 non-utilisateurs, des chercheurs ont constaté une faible augmentation, soit 2 %, du risque de comportements suicidaires chez les personnes recevant l'éfavirenz. Les comportements en question incluaient les suivants :

  • pensées suicidaires
  • tentatives de suicide
  • suicides réussis

Le risque de comportements suicidaires était deux fois plus élevé chez les personnes recevant l'éfavirenz, comparativement aux non-utilisateurs.

Avant de commencer un traitement avec Atripla, avisez tout de suite votre médecin si vous avez déjà éprouvé l'un des problèmes suivants :

  • pensées suicidaires ou tentatives de suicide
  • utilisation de drogues récréatives
  • anxiété ou inquiétude excessive
  • dépression
  • trouble bipolaire
  • difficulté à s'endormir ou à rester endormi

Avisez aussi votre médecin de la fréquence de votre consommation d'alcool et des quantités en question.

Après avoir commencé votre traitement comportant de Atripla, si vous avez des pensées suicidaires ou songez à vous faire du mal, contactez immédiatement votre médecin ou composez le 911 pour joindre les services d'urgence.

2. Santé mentale

Certaines personnes qui utilisent l’éfavirenz (l’un des médicaments présents dans Atripla) éprouvent des problèmes psychologiques ou affectifs. Par exemple, elles pourraient :

  • se fâcher ou s’énerver facilement
  • se sentir tristes sans savoir pourquoi
  • se sentir tristes, fâchées ou déprimées pendant de longues périodes de temps
  • se sentir désespérées
  • ne plus tirer de plaisir de leurs activités quotidiennes
  • se sentir apeurées
  • se sentir fatiguées sans trop savoir pourquoi ou éprouver une perte d'énergie
  • avoir de la difficulté à s'endormir, à rester endormies ou encore se réveiller prématurément
  • avoir des pensées bizarres
  • songer à se faire mal ou à faire mal à d’autres personnes
  • penser au suicide

Si vous éprouvez l’un de ces problèmes avant ou après avoir commencé à prendre Atripla, parlez-en tout de suite à votre médecin.

3. Grossesse

Les principales lignes directrices américaines sur le traitement du VIH recommandent que les femmes passent un test de grossesse avant de commencer à prendre de l'éfavirenz (l’un des médicaments présents dans Atripla). Les lignes directrices recommandent aussi de conseiller les femmes sur les risques pour la santé du fœtus associés à l'éfavirenz et de leur expliquer l'importance de ne pas tomber enceinte durant le traitement.

Si vous êtes enceinte ou espérez le devenir et que vous prenez Atripla, parlez-en à votre médecin sans tarder. L’éfavirenz a provoqué des anomalies congénitales chez des singes et certains bébés nés de femmes qui prenaient de l’éfavirenz durant la grossesse. L’éfavirenz peut affaiblir l’efficacité des contraceptifs hormonaux, qu’ils soient utilisés sous forme de pilules, d’implants ou d’injections. Le fabricant du médicament recommande que les femmes sous Atripla utilisent des méthodes contraceptives comportant une barrière, comme le condom.

4. Hépatite et santé du foie

Le fabricant de Atripla recommande que son médicament ne soit pas utilisé par des personnes présentant des lésions hépatiques modérées ou graves.

L’innocuité de Atripla pour les personnes co-infectées par le VIH et l’hépatite B n’est pas connue. Atripla contient du ténofovir, un médicament possédant une activité contre l’hépatite B. Chez les personnes co-infectées sous Atripla qui cessent d’utiliser ce dernier, l’infection à l’hépatite B risque de s’aggraver. Si vous vivez avec cette co-infection, parlez à votre médecin avant de commencer à prendre Atripla. Si vous devez modifier votre traitement plus tard, rappelez à votre médecin que vous avez l’hépatite B.

5. Pancréatite

On a signalé des cas de pancréatite (inflammation douloureuse du pancréas) chez certaines personnes recevant le ténofovir (l’un des médicaments présents dans Atripla) dans le cadre d’une multithérapie. Des taux anormalement élevés d’amylase (une enzyme produite par le pancréas) ont été détectés dans le sang de certaines personnes utilisant le ténofovir, ce qui pourrait dénoter une inflammation du pancréas. Les symptômes de la pancréatite comprennent les suivants :

  • douleurs abdominales, surtout en position allongée
  • nausées
  • vomissements
  • sueurs inattendues
  • fièvre
  • anxiété

Si vous présentez un de ces symptômes, parlez-en tout de suite avec votre médecin.

6. Rythmes cardiaques anormaux

L’éfavirenz, dans Atripla, peut causer des rythmes cardiaques anormaux. Les symptômes en cause peuvent inclure un sentiment d’étourdissement, des évanouissements ou des convulsions. Si vous ou un membre proche de votre famille (mère, père, sœur, frère) avez des antécédents de problèmes cardiaques y compris des rythmes cardiaques anormaux, faites-le savoir à votre médecin immédiatement.

7. Dépistage de la marijuana

Certaines personnes qui prennent de l’éfavirenz (un des médicaments que contient Atripla) peuvent recevoir un résultat faussement positif pour la marijuana lors d’un test de dépistage de drogues. Ces tests détectent des substances chimiques présentes dans la marijuana qui sont évacuées dans l’urine. Selon le fabricant de l’éfavirenz, un test de confirmation (par chromatographie de gaz ou spectrométrie de masse) permet d’y voir clair en révélant la présence de l’éfavirenz et non celle des substances se trouvant dans la marijuana. Cette information pourrait être utile aux personnes utilisant l’Atripla qui doivent passer des tests de dépistage de drogues pour diverses raisons.

8. Souches différentes du VIH

Il existe beaucoup de souches ou sous-types (également appelés variantes) du VIH, tels que les types A, B, E et d’autres encore. La variante B du VIH est la plus répandue en Amérique du Nord et en Europe occidentale, mais les voyages internationaux et l’immigration font en sorte qu’il est possible de trouver d’autres variantes dans ces régions.

L’éfavirenz est efficace contre plusieurs souches de VIH ne faisant pas partie de la variante B. Toutefois, des tests de laboratoire ont révélé que ce médicament était moins efficace contre les souches du VIH du « groupe O ». Pour en savoir plus sur votre souche du VIH, parlez à votre médecin.

Effets secondaires

1. Système nerveux central

Atripla contient de l’éfavirenz. Les effets secondaires les plus courants de l’éfavirenz touchent le système nerveux central (SNC) et comprennent les suivants :

  • étourdissements
  • difficulté à s’endormir
  • difficulté à se concentrer
  • somnolence pendant la journée

Les effets nerveux moins courants comprennent les suivants :

  • rêves intenses (agréables ou désagréables)
  • hallucinations

Des effets secondaires touchant le SNC se produisent chez au moins la moitié des personnes séropositives recevant de l’éfavirenz, habituellement dès la première ou la deuxième journée du traitement. Les effets secondaires courants — étourdissements, difficulté à s’endormir, somnolence, problèmes de concentration — devraient commencer à s’atténuer au cours du premier mois du traitement comportant de l’éfavirenz. Certains médecins recommandent aux patients de prendre l’éfavirenz avant de se coucher afin de réduire ses effets secondaires. Si vous avez de la difficulté à vivre avec ces effets secondaires ou d’autres, avisez votre médecin sans tarder. Sachez aussi que la consommation d’alcool et de drogues récréatives peut aggraver les effets secondaires touchant le système nerveux.

Dans de rares cas, l'éfavirenz, l’un des médicaments se trouvant dans Atripla, peut provoquer des crises de nature épileptique. Si vous avez des antécédents de ce genre de crises, parlez-en à votre médecin avant de commencer à prendre Atripla.

2. Éruptions cutanées 

Des éruptions cutanées peuvent se produire chez certaines personnes recevant de Atripla. L’éruption cutanée survient habituellement dans la deuxième semaine du traitement.

Prévenez votre médecin sans tarder si cela vous arrive. D’ordinaire, les éruptions cutanées causées par l’éfavirenz ne sont pas graves et disparaissent après environ deux semaines sans qu’un traitement spécial soit nécessaire. Votre médecin pourrait vous prescrire un médicament, notamment un antihistaminique, afin de soulager l’irritation causée par l’éruption cutanée.

Dans des cas rares, l’éruption cutanée peut s’aggraver considérablement, entraînant d’autres symptômes tels que des ampoules, des démangeaisons oculaires, des enflures et des douleurs musculaires ou articulaires. Si cela se produit, appelez tout de suite votre médecin.

3. Acidose lactique

Certaines personnes qui prennent les médicaments faisant partie de Atripla ou des médicaments apparentés souffrent d’une affection appelée acidose lactique, soit un taux d’acide lactique supérieur à la normale dans le sang. Le risque d’acidose lactique est plus élevé pour les femmes ayant un surplus de poids. Parfois, le foie des personnes atteintes d’acidose lactique se gonfle à cause de l’accumulation de dépôts graisseux. Les signes et symptômes de l’acidose lactique peuvent comprendre les suivants :

  • nausées
  • vomissements
  • douleurs abdominales
  • diarrhées
  • fatigue inattendue
  • douleurs musculaires inattendues
  • sensation de froid, surtout dans les bras et les jambes
  • étourdissements ou vertige

Si ces symptômes persistent, consultez sans tarder votre médecin.

4. Enzymes du foie

On a signalé une augmentation des taux d’enzymes hépatiques de certaines personnes recevant de l’éfavirenz, un des médicaments que contient Atripla. Dans certains cas, cela peut dénoter la présence de lésions dans le foie.

5. Augmentation du volume des seins chez l’homme

On a signalé une augmentation temporaire du volume des seins chez une faible proportion d’hommes sous multithérapie, y compris des patients recevant de l’éfavirenz, un des médicaments que contient Atripla. De façon générale, ce problème a disparu lorsque les hommes ont cessé de prendre l’éfavirenz.

On a également fait état d’une augmentation du volume des seins chez des hommes qui suivaient une multithérapie ne comportant pas d’éfavirenz. Ce problème peut survenir chez les hommes dans les situations suivantes :

  • taux de testostérone inférieur à la normale
  • prise de médicaments susceptibles de perturber la production ou l’activité de la testostérone — kétoconazole (Nizoral), métronidazole (Flagyl), cimétidine (Tagamet), flutamide (Euflex)
  • utilisation de l’hormone de croissance
  • taux d’hormones thyroïdiennes supérieurs à la normale (hyperthyroïdie)
  • utilisation de drogues comme la marijuana et l’héroïne
  • présence d’une maladie du foie

Si vous remarquez une augmentation du volume de vos seins pendant que vous suivez une multithérapie, parlez-en à votre médecin, car il existe plusieurs options pour gérer ce problème.

6. Santé osseuse

Atripla contient du ténofovir. Lors d’expériences sur des singes où l’on avait recours à des doses de ténofovir de 10 à 30 fois plus élevées que celle qui serait administrée aux humains, les os des animaux se sont amincis sur une période d’un an. La prise de l’éfavirenz (un des médicaments que contient Atripla) peut aussi réduire le taux de vitamine D dans votre corps. La vitamine D est nécessaire pour absorber du calcium et renforcer les os.

Avant de commencer à prendre de Atripla, avisez votre médecin si vous avez des problèmes osseux ou si vos os sont plus minces que la normale (ostéopénie ou ostéoporose) ou si l’un de vos proches parents souffre d’un tel problème (frères, sœurs, parents).

Lors des essais cliniques sur les combinaisons comportant du ténofovir, on a signalé un amincissement des os de la colonne vertébrale et d’autres parties du corps, ainsi que de la douleur osseuse. De façon générale, les os minces sont plus faibles et plus sujets aux fractures lors des accidents et des traumas.

Les chercheurs ont de la difficulté à expliquer pourquoi les os de certaines personnes exposées au ténofovir deviennent plus minces. Selon une hypothèse, l’amincissement des os serait attribuable au dysfonctionnement rénal causé par le ténofovir. Les reins filtrent le sang : ils déposent des déchets dans l’urine et transportent des nutriments vers le sang. Dans les cas de pertes osseuses induites par le ténofovir, il se peut que les reins affaiblis soient incapables de ramener des nutriments essentiels à la construction des os au sang.

Il est à noter que certaines personnes vivant avec le VIH qui n’ont jamais utilisé de ténofovir ont également des os plus minces que la normale. Cela arrive chez certaines personnes sous multithérapie, mais la baisse de la densité osseuse a tendance à se stabiliser dans les deux ans suivant le début du traitement. Songez à faire évaluer votre densité osseuse avant de commencer à prendre de l’Atripla ou tout autre traitement contre le VIH. Si vos os sont minces, parlez à votre médecin de votre apport de calcium et de vitamine D3. Un suivi régulier de votre densité osseuse pourrait également s’avérer utile.

Pour en savoir plus sur la vitamine D et les os, consultez Un guide pratique de la nutrition pour les personnes vivant avec le VIH/sida.

7. Santé rénale

Atripla contient du ténofovir, un médicament qui est dégradé par les reins. Des cas de dysfonctionnement rénal ont été observés chez certaines personnes utilisant le ténofovir. Les personnes qui prennent de Atripla ont intérêt à passer régulièrement des tests de sang et d’urine afin que leurs médecins puissent évaluer l’état de santé de leurs reins. Les tests en question pourraient comprendre les suivants :

  • taux de créatinine
  • DFGe (débit de filtration glomérulaire estimé)
  • taux de calcium
  • taux de phosphore
  • taux de bicarbonate

Il existe plusieurs autres médicaments qui, comme le ténofovir, sont métabolisés par les reins et qui ont donc le potentiel de provoquer des lésions dans ces organes. Plusieurs de ces médicaments sont des antibiotiques, tels que :

  • bêta-lactamines – pénicilline et amoxicilline
  • quinolones – ciprofloxacine et composés apparentés
  • aminoglycosides – amikacine et gentamicine
  • macrolides – érythromycine
  • tétracyclines – minocycline
  • antituberculeux – rifampine et éthambutol
  • autres antibiotiques – co-trimoxazole (Septra/Bactrim), vancomycine (Vanocin)

Il ne faut pas oublier qu’il existe d’autres médicaments qui pourraient nuire aux reins.

En voici quelques exemples; cette liste n’est pas exhaustive :

  • agents antiviraux – acyclovir (Zovirax), valacyclovir (Valtrex), cidofovir (Vistide), foscarnet (Foscavir), indinavir (Crixivan)
  • antifongiques – amphotéricine B (Fungizone), pentamidine intraveineuse
  • anticonvulsivants – phénytoïne, carbamazépine, acide valproïque
  • AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) – acétaminophène (Tylenol), ibuprofène (Advil, Motrin), indométhacine (Indocid), naproxène (Naprosyn)
  • médicaments donnés aux receveurs de greffes – cylosporine (Neoral, Sandimmune)

8. Syndrome de lipodystrophie

Les résultats de deux essais cliniques menés en 2007 laissent croire que l’éfavirenz, un des médicaments que contient Atripla, fait augmenter considérablement le risque de changements dans la forme corporelle. L’éfavirenz est également associé à une hausse du taux de cholestérol sanguin. Ces effets indésirables font partie du syndrome de lipodystrophie.

Le terme syndrome de lipodystrophie du VIH désigne un éventail de symptômes qui risquent de se manifester au fil du temps chez les personnes sous thérapie antirétrovirale.

Voici quelques caractéristiques du syndrome :

  • perte de graisse sous la peau (graisse sous-cutanée) du visage, des bras et des jambes
  • veines saillantes dans les bras et/ou les jambes en raison de la perte de graisse sous-cutanée
  • dépôts de graisse à l’arrière du cou (« bosse de bison ») ou à la base du cou (« col de cheval »)
  • augmentation du tour de taille ou de la bedaine
  • petits dépôts de graisse sur l’abdomen
  • augmentation du volume des seins (femmes)

En plus de ces changements physiques, la lipodystrophie peut s’accompagner de changements métaboliques qui se révèlent dans les résultats d’une analyse sanguine.

Parmi ces dernières, mentionnons :

  • augmentation du taux de triglycérides (lipides)
  • augmentation du taux de cholestérol LDL (le « mauvais »)
  • baisse du taux de cholestérol HDL (le « bon »)
  • augmentation du taux de sucre sanguin (glucose)
  • augmentation du taux de l’hormone insuline
  • sensibilité réduite à l’insuline (insulinorésistance)

Les causes précises de la lipodystrophie ne sont pas connues et le syndrome est difficile à expliquer parce que ses manifestations varient beaucoup d’une personne à l’autre. Par exemple, certaines personnes perdent de la graisse, d’autres en prennent et d’autres encore connaissent des pertes et des gains de graisse. Ce qui ressort de plus en plus clairement est que les changements nuisibles qui se produisent au fil des ans dans les taux de glucose, de cholestérol et de triglycérides font augmenter les risques de diabète et de maladies cardiovasculaires. Jusqu’à présent, toutefois, les nombreux bienfaits de la multithérapie l’emportent largement sur les risques accrus de maladies cardiovasculaires ou d’autres effets secondaires.

Le maintien d’un poids santé, de bonnes habitudes alimentaires, l’arrêt du tabagisme et un programme d’exercices réguliers sont tous importants pour réduire les risques de diabète, de maladies du cœur et d’autres complications. Les consultations et les analyses sanguines régulières constituent également un élément crucial d’un bon suivi. Si cela s’avère nécessaire, votre médecin sera en mesure de prescrire un traitement visant à abaisser les taux de lipides.

Les chercheurs poursuivent leur étude du syndrome de lipodystrophie afin d’aider les personnes séropositives à éviter ou à atténuer ce problème. Pour en savoir plus sur la prise en charge des divers aspects du syndrome de lipodystrophie, consultez Un guide pratique des effets secondaires des médicaments anti-VIH.

Interactions médicamenteuses

Consultez toujours votre médecin et pharmacien au sujet de la prise de tout autre médicament, qu’il soit livré sur ordonnance ou en vente libre, y compris les plantes médicinales, les suppléments et les drogues récréatives.

Certains médicaments peuvent interagir avec les médicaments se trouvant dans Atripla, de sorte que les taux de ces médicaments augmentent ou diminuent dans le corps. L’augmentation des taux de ces médicaments peut provoquer de nouveaux effets secondaires ou aggraver des effets secondaires existants. Par contre, si les taux des médicaments se trouvant dans Atripla diminuent excessivement, le VIH peut acquérir une résistance et vos options de traitement futures risquent de s’en trouver limitées.

Il peut aussi être nécessaire d’éviter les médicaments qui, même s’ils n’ont pas d’effet direct sur les taux des médicaments se trouvant dans Atripla, provoquent des effets secondaires semblables.

Si vous devez prendre un médicament qui est susceptible d’interagir avec vos médicaments existants, votre médecin peut faire ce qui suit :

  • ajuster les dosages de vos médicaments anti-VIH ou de vos autres médicaments
  • vous prescrire d’autres médicaments anti-VIH

Les médicaments suivants interagissent ou ont le potentiel d’interagir avec l’éfavirenz (dans Atripla). Ces listes ne sont pas exhaustives.

Le fabricant recommande que les médicaments suivants soient évités par les personnes utilisant l’éfavirenz (dans Atripla) à cause des risques d’interactions graves (ou potentiellement mortelles) :

  • antihistamines – astémizole (Hismanal)
  • anti-migraineux (dérivés de l’ergotamine) – dihydroergotamine (Migranal), ergotamine
  • (Ergomar), Ergonovine
  • anxiolytiques – midazolam (Versed), triazolam (Halcion)
  • médicaments favorisant la motilité gastro-intestinale – cisapride (Prepulsid)
  • antifongiques – voriconazole (Vfend), posaconazole (Posanal)
  • antipsychotiques – pimozide (Orap)

Les médicaments anti-VIH suivants ne devraient pas être associés à Atripla parce qu’ils sont déjà présents dans ce médicament :

  • éfavirenz (Sustiva)
  • FTC (emtricitabine, Emtriva)
  • ténofovir (Viread, Truvada)

Comme le FTC est étroitement apparenté à un autre médicament anti-VIH appelé 3TC (lamivudine), les personnes recevant Atripla devraient également éviter les médicaments suivants parce qu’ils contiennent du 3TC :

  • Combivir (3TC et AZT)
  • Kivexa (3TC et abacavir)
  • Trizivir (AZT et 3TC et abacavir)
  • 3TC (lamivudine)

Le médicament suivant est susceptible de faire augmenter le taux d’éfavirenz dans votre corps :

  • médicament anti-VIH – ritonavir (Norvir)

Les médicaments suivants sont susceptibles de faire diminuer le taux d’éfavirenz dans le sang :

  • antibiotiques/antituberculeux – rifampicine
  • plantes médicinales – millepertuis, Ginkgo biloba

Atripla contient de l’éfavirenz, un médicament qui est susceptible de faire diminuer le taux des médicaments suivants :

  • antibiotiques – clarithromycine (Biaxin), rifabutine (Mycobutin)
  • antituberculeux – rifampine
  • antidépresseurs – sertraline (Zoloft)
  • antifongiques – itraconazole (Sporanox), kétoconazole (Nizoral)
  • agents anti-VIH – fosamprénavir (Telzir), indinavir (Crixivan), lopinavir (dans le Kaletra), ritonavir (Norvir), saquinavir (Invirase), darunavir (Prezista), nelfinavir (Viracept)
  • anticonvulsivants – carbamazépine (Tegretol), phénytoïne (Dilantin), phénobarbital
  • anticoagulants – warfarine (Coumadin)
  • hypocholestérolémiants – atorvastatine (Lipitor), pravastatine (Pravachol), simvastatine (Zocor)
  • antihypertenseurs – inhibiteurs calciques comme diltiazem (Dilitaz, Dilitazem), félodipine (Renedil), nifédipine (Adalat) et vérapamil (Verap, Tarka)
  • stupéfiants – méthadone (une augmentation de votre dose de méthadone pourrait être nécessaire si vous utilisez de l’éfavirenz, y compris sous forme d’Atripla).

Atripla contient du ténofovir, un médicament qui peut interagir avec les médicaments suivants en faisant augmenter ou baisser leurs concentrations dans le sang. Ou encore les médicaments suivants risquent de provoquer un changement dans le taux de ténofovir :

  • ddI (Videx, Videx EC)
  • lopinavir (dans le Kaletra)
  • atazanavir (Reyataz)

Avisez votre médecin si vous prenez le médicament anti-VIH maraviroc (Celsentri) puisque ce dernier peut interagir avec l'éfavirenz présent dans Atripla.

Résistance, résistance croisée et interruption du traitement

Au fur et à mesure que de nouvelles copies de VIH sont fabriquées dans le corps, le virus modifie sa structure. On appelle ces modifications des mutations; les mutations peuvent permettre au VIH de résister aux effets des médicaments anti-VIH, ce qui veut dire qu’ils cesseront d’agir pour vous. Le fait de combiner trois médicaments, comme le fait Atripla, permet de retarder le développement de la résistance.

Pour réduire le risque de résistance médicamenteuse, vous devez prendre tous vos médicaments anti-VIH tous les jours et en suivant les posologies à la lettre. Si vous manquez ou retardez des prises, ou si vous ne respectez pas les prescriptions de votre médecin, les taux des médicaments se trouvant dans Atripla risquent de tomber trop bas. Si cela se produit, des virus résistants peuvent apparaître. Si vous avez de la difficulté à prendre vos médicaments de façon régulière et en suivant les instructions, parlez à votre médecin ou infirmière. Ils pourront vous aider.

Si vous arrêtez de prendre Atripla, de faibles concentrations d’éfavirenz pourraient demeurer dans votre sang pendant deux ou trois semaines. En l’absence d’une multithérapie, ces faibles concentrations d’éfavirenz ne suffiraient pas à supprimer le VIH et pourraient donc favoriser le développement d’une résistance virale à l’éfavirenz. Ainsi, si vous prenez de l’éfavirenz et que vous avez besoin d’arrêter votre traitement, parlez-en à votre spécialiste pour déterminer la meilleure façon de minimiser le risque que votre VIH devienne résistant à l’éfavirenz. Les souches du VIH qui résistent à l’éfavirenz sont habituellement résistantes aux autres INNTI aussi, tels que la rilpirivine (Edurant), la névirapine (Viramune) et la delavirdine (Rescriptor).

Lorsque le VIH devient résistant à un médicament d’une classe, il risque parfois de résister à tous les autres médicaments de cette classe. On parle alors de résistance croisée. N’hésitez pas à parler de vos options de traitement actuelles et futures avec votre médecin. Pour vous aider à déterminer quelles thérapies vous pourrez utiliser à l’avenir, votre médecin peut faire analyser un petit échantillon de votre sang dans le cadre de tests de résistance.

Si le VIH finit par acquérir une résistance aux médicaments présents dans l’Atripla, votre médecin pourra utiliser les tests de résistance pour vous recommander une autre combinaison de médicaments.

Posologie et formulations

Atripla est offert sous forme de comprimés roses dont chacun contient les médicaments suivants :

  • éfavirenz – 600 mg
  • FTC – 200 mg
  • ténofovir – 300 mg

Les adultes prennent un seul comprimé d'Atripla par jour, à l’heure du coucher.

Accessibilité

Atripla est homologué au Canada pour le traitement de l’infection au VIH chez les adultes. Votre médecin peut vous renseigner davantage sur l’accessibilité et le remboursement de l’Atripla dans votre région.

CATIE a créé un module électronique intitulé Programmes fédéraux, provinciaux et territoriaux d’accès aux médicaments qui contient de l’information sur le remboursement des médicaments au Canada.

 

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Auteur(s) : Hosein SR, Ziegler B

Traduction : Boutilier A

Publié : 2016