Vision positive

printemps/été 2010 

L’hépatite C sur le radar

L’augmentation des cas documentés d’hépatite C chez les hommes séropositifs soulè ve la possibilité que cette infection se transmette par les relations sexuelles. Que pouvez-vous faire pour réduire les risques?

À LA FIN 2002, lors d’un voyage à Londres, Gary a appris qu’il était infecté par le VIH. Alors âgé de 47 ans, ce Montréalais voyageait fréquemment à la capitale britannique et y avait subi un test de dépistage du VIH alors qu’il se faisait soigner pour une autre infection transmissible sexuellement. De retour à Montréal, Gary s’est trouvé un spécialiste du VIH et a commencé quelques mois plus tard un traitement antirétroviral. Lors d’un rendez-vous de suivi pour évaluer comment il répondait au traitement, le médecin de Gary a remarqué une augmentation de ses taux d’enzymes hépatiques — signe que son foie subissait des dommages. Un test pour l’hépatite C s’est avéré positif.

L’histoire de Gary n’est pas unique. Des cas de co-infection par l’hépatite C chez des hommes séropositifs gais ou bisexuels (dorénavant appelés hommes gais séropos dans cet article) ont été signalés depuis le début du millénaire en Angleterre, aux États-Unis, en Australie et dans d’autres pays de l’Europe occidentale. Inquiets, des chercheurs de ces pays ont commencé à étudier ces éclosions de co-infection dans l’espoir de déterminer ce qui se passait. Lorsqu’on leur posait la question, les hommes touchés affirmaient qu’ils ne s’injectaient pas de drogues — mode de transmission le plus courant de l’hépatite C.

Ces éclosions d’hépatite C chez des hommes gais séropos qui nient s’être injecté de la drogue ont soulevé la possibilité que ce virus se transmette par voie sexuelle. Les chercheurs essaient maintenant de mieux comprendre la transmission sexuelle de l’hépatite C et de déterminer quelles personnes sont les plus à risque. Entre-temps, les militants et les hommes co-infectés encouragent leurs frères (séropos ou autres) à s’informer et à faire des choix sains.

Nouvelle voie de transmission

Le virus de l’hépatite C se transmet par contact de sang à sang. On estime généralement qu’il ne se transmet pas facilement lors des relations sexuelles non protégées, du moins à en juger par les résultats d’études menées auprès de couples hétérosexuels monogames. Selon les lignes directrices sur la transmission de la Société canadienne du sida, le risque de passer l’hépatite C à quelqu’un d’autre lors de rapports sexuels vaginaux ou anaux non protégés serait faible.

Il n’empêche que les éclosions d’hépatite C chez des hommes gais séropos ont pris au dépourvu les chercheurs, qui les soupçonnaient d’être le résultat de rapports sexuels non protégés. Ils ont donc commencé à rechercher des facteurs qui pourraient faciliter la transmission chez cette population. Entre autres, il est possible que certaines activités sexuelles augmentent les risques de transmission. Une autre possibilité réside dans le fait que la présence du VIH rend les gens plus vulnérables à l’infection par l’hépatite C.

Les chercheurs ont découvert que les activités sexuelles spécifiques pratiquées par les hommes atteints pourraient avoir contribué aux éclosions d’hépatite C. De nombreux hommes gais séropos infectés par l’hépatite C ont parlé de pénétration anale non protégée, d’orgies et d’activités sexuelles brutales comme le fisting. Ils ont également évoqué l’utilisation, durant leurs activités sexuelles, de médicaments contre la dysfonction érectile, tel le Viagra (sildénafil), et de drogues, notamment le crystal meth, la kétamine, le GHB ou l’ecstasy. Gary avoue avoir assisté à Londres à des soirées de sexe caractérisées par des relations non protégées avec un grand nombre de partenaires, du fisting et la consommation de drogues comme la cocaïne et la kétamine.

Il serait tentant d’attribuer les récentes éclosions d’hépatite C à la consommation de drogues par ces hommes, car nous savons que le partage de pailles ou d’autres dispositifs pour sniffer de la drogue peut faciliter la transmission de ce virus. De plus, comme les éclosions en question touchent des hommes gais séropos dont les comportements sexuels incluent des partenaires multiples, la consommation de drogues et des activités brutales, plusieurs osent dire que ces hommes-là sont les seuls à risque.

« Il ne faut pas répéter l’erreur qu’on faisait parfois au début des années 80 par rapport au VIH. À cette époque-là, certains hommes présumaient que le VIH ne devait inquiéter que les gais fêtards — ceux qui avaient beaucoup de sexe, surtout de nature brutale, et qui prenaient de la drogue. Nous savons maintenant qu’il suffit d’une seule relation sexuelle non protégée pour contracter le VIH, dit Sean Hosein, rédacteur scientifique et médical de CATIE. Certaines personnes présument actuellement la même chose par rapport à l’hépatite C, mais celle-ci peut bel et bien se transmettre lors des rapports sexuels non protégés, particulièrement chez les hommes séropositifs ayant une faible immunité intestinale. On n’a pas besoin de se faire fister pour contracter l’infection. »

Ce point de vue est contesté par plusieurs, mais les preuves à l’appui continuent de s’accumuler. Prenons à titre d’exemple le cas de Doug, un homme gai séropo de 46 ans de la Colombie-Britannique, diagnostiqué porteur de l’hépatite C en 2007. Doug avoue avoir eu des relations sexuelles non protégées avec de nombreux partenaires durant les quelques mois précédant son diagnostic, mais il nie avoir sniffé ou s’être injecté de la drogue. Dévasté par son diagnostic, Doug présume qu’il a été infecté par le sexe. « Je ne croyais pas qu’il était possible de contracter l’hépatite C en baisant sans protection. La possibilité n’était même pas sur mon radar. »

Hépatite C et sexe

Il existe plusieurs facteurs qui pourraient augmenter le risque de transmettre l’hépatite C lors d’une relation sexuelle anale non protégée. Comme le mentionne Sean Hosein, l’infection au VIH affaiblit le système immunitaire dans le tractus intestinal, qui inclut l’anus et le rectum. Par conséquent, il est possible que les hommes gais séropos risquent davantage de contracter l’hépatite C lors d’une relation anale. Même si la multithérapie antirétrovirale supprime le VIH, permettant ainsi au système immunitaire de reprendre un peu ses forces, elle ne réussit pas à restaurer complètement le système immunitaire intestinal. Le nombre de cellules immunitaires a beau augmenter, celles-ci sont moins efficaces pour combattre les microbes que les cellules d’une personne séronégative.

Le fait d’avoir de nombreux partenaires sexuels augmente le risque de transmettre l’hépatite C. Les relations anales brutales sans protection augmentent, quant à elles, le risque de saignement ou de fissures dans la peau (ou le revêtement fragile du rectum). Contrairement au vagin, l’anus (peu importe le sexe de la personne) ne se lubrifie pas sous l’effet de la stimulation sexuelle. Faute de lubrifiant, des coupures microscopiques peuvent se produire lors de la relation anale non protégée, ce qui augmente le risque de transmission. De plus, certaines drogues déshydratent la muqueuse du rectum, le rendant plus vulnérable aux déchirures. Les drogues peuvent aussi compromettre le bon jugement des gens, les amenant à prendre des risques qu’ils ne prendraient pas normalement.

Les infections transmissibles sexuellement (ITS) causent souvent des plaies sur ou dans les organes génitaux ou l’anus, ce qui fournit une porte d’entrée au VIH et à l’hépatite C. Dans bien des cas, les personnes touchées ne sont pas au courant de ces plaies. Dans les pays riches comme le Canada, les taux d’ITS sont très élevés chez les hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes (HRSH), surtout lorsque le nombre de partenaires sexuels est élevé. Enfin, des médecins ont découvert des taux décelables de VIH et de VHC dans le sperme d’hommes co-infectés, ce qui veut dire que la possibilité de la transmission sexuelle de l’hépatite C par le sperme ne peut être écartée.

Plusieurs de ces facteurs s’appliquent non seulement aux hommes gais séropos, mais aussi aux HRSH séronégatifs et, dans certains cas, à toute personne ayant des relations sexuelles avec pénétration anale. D’où l’inquiétude des intervenants de la santé publique qui prônent une approche prudente pour réduire la transmission de l’hépatite C.

Il reste à déterminer dans quelle mesure l’hépatite C peut se transmettre par le sexe. En évaluant les éclosions d’hépatite C chez les hommes séropos d’autres pays, les chercheurs n’ont pas encore observé d’éclosions semblables chez les hommes séronégatifs, mais cela ne veut pas dire que ceux-ci ne sont pas à risque. Il est possible que les hommes séronégatifs ne soient pas testés aussi fréquemment pour l’hépatite C, alors nombre de cas pourraient passer inaperçus. Il se peut aussi qu’une éclosion soit sur le point de se produire dans cette population.

Et au Canada?

Est-ce que le Canada a connu une éclosion d’hépatite C chez des hommes gais séropos? Aucun rapport n’a été publié, et les preuves anecdotiques ne sont pas concluantes. Le Dr Patrice Junod de la Clinique médicale Quartier Latin de Montréal affirme ne pas avoir observé d’augmentation marquée du nombre de cas d’hépatite C chez les hommes gais séropos de sa clinique, et ses collègues d’ailleurs au pays non plus. Cela dit, le médecin dit toutefois : « Je fais passer plus souvent un test de dépistage de l’hépatite C à mes patients séropositifs depuis que nous avons pris conscience des éclosions ailleurs. »

Selon Rob Gair de la Health Initiative for Men (HIM) de Vancouver, les résultats préliminaires d’une étude menée en 2008 auprès d’hommes gais et bisexuels vivant dans le centre-ville de Vancouver laissent croire qu’environ cinq pour cent d’entre eux ont été infectés par l’hépatite C à un moment ou à un autre. Si on regarde les données se rapportant aux HRSH séropos seulement, le taux de co-infection VIH/VHC est beaucoup plus élevé, soit 18 pour cent. Ces chiffres inquiètent M. Gair, d’autant plus qu’une portion significative (20 pour cent) des HRSH atteints d’hépatite C (séropositifs ou non) ayant répondu au sondage affirmaient ne pas utiliser de drogues injectables. Quoi qu’il en soit, il est clair qu’il faut sensibiliser davantage les hommes gais séropos à l’hépatite C et aux risques de transmission sexuelle.

Bien qu’il semble que le Canada n’ait pas encore connu d’éclosion d’hépatite C, cette situation pourrait changer en raison des réseaux qui existent entre les communautés gaies internationales. Certaines données laissent croire que les souches virales à l’origine des éclosions survenues dans différents pays se ressemblent sur le plan génétique. Il semblerait donc que des hommes infectés soient en train de transmettre le virus à d’autres hommes durant leurs voyages.

Deux fois plus de problèmes

Certains hommes gais séropos se demandent pourquoi ils devraient s’inquiéter de contracter un autre virus puisqu’ils ont déjà le VIH. En réponse, il faut souligner que la co-infection VIH/hépatite C présente toute une série de nouveaux défis sur le plan de la santé.

L’hépatite C endommage le foie. Le virus met généralement deux décennies à causer des lésions graves, mais si vous avez déjà le VIH, celles-ci risquent d’apparaître jusqu’à trois fois plus rapidement, particulièrement si votre compte de cellules CD4+ est faible. Si vous n’avez pas encore commencé à suivre une multithérapie pour traiter votre VIH, vous le ferez probablement un jour et, à ce moment-là, vous aurez besoin d’un foie solide afin de pouvoir bien métaboliser les médicaments anti-VIH.

Le seul moyen de savoir avec certitude si on est porteur de l’hépatite C consiste à passer un test de sang, car il n’y a souvent aucun symptôme durant la phase initiale de l’infection. Harlon, 45 ans, séropositif depuis 1987, a dû attendre jusqu’en 2006 pour apprendre qu’il était infecté par l’hépatite C. Dans un cas semblable à celui de Gary, le médecin de Harlon a recommandé qu’il soit testé pour l’hépatite C lorsque les résultats de ses taux d’enzymes hépatiques se révélaient anormalement élevés. Mais l’hépatite virale ne cause pas toujours d’augmentation des enzymes hépatiques présentes dans le sang. Originaire de Mississauga, en Ontario, Harlon ne s’est jamais injecté de drogues et croit qu’il a contracté les deux virus vers la fin des années 80, époque où il avait beaucoup de partenaires sexuels, ce qui veut dire qu’il vivait avec l’hépatite C depuis deux décennies sans le savoir.

Bien qu’il existe des médicaments contre l’hépatite C, la co-infection rend le traitement de ce virus plus difficile, et les chances de succès sont moindres (mentionnons aussi qu’un traitement réussi n’offre aucune protection contre la réinfection). Le traitement s’est avéré efficace pour Gary et Harlon — leur charge virale en hépatite C est devenue indétectable et est restée ainsi. Doug n’a pas été aussi chanceux. Même après 15 mois de traitement (le traitement dure habituellement jusqu’à 12 mois), il avait encore du virus détectable dans son sang. Doug espère qu’il aura un jour plus de succès avec un des nouveaux traitements en voie de développement. En attendant, il essaie de rester le plus possible en bonne santé.

Le traitement de l’hépatite C consiste à prendre quotidiennement de la ribavirine sous forme de pilules et à s’injecter de l’interféron pégylé une fois par semaine. Les effets secondaires, qui comprennent des symptômes grippaux, l’anémie, l’irritabilité et la dépression, sont souvent difficiles à tolérer. « Le traitement de l’hépatite C a été comme une agression, tant pour mon cerveau que pour mon corps », se rappelle Harlon, qui a été frappé particulièrement fort par les effets secondaires. « Au début, je mettais quatre jours à me remettre de chaque injection. C’était comme si j’avais été écrasé par un camion. J’étais fatigué mais je faisais de l’insomnie en même temps. J’ai perdu mon appétit et il y avait des effets psychologiques. J’étais trop paranoïaque pour sortir parce que j’avais l’impression que tout le monde pouvait voir à quel point j’étais malade. » Harlon a repris le contrôle de son traitement en apprenant à gérer ses effets secondaires un à la fois, mais il s’est beaucoup réjoui quand le traitement a pris fin.

Pour sa part, Gary se croit bien chanceux parce qu’il a éprouvé relativement peu d’effets secondaires. « Pendant les quatre à six premières semaines, j’avais la nausée et j’étais fatigué après l’injection hebdomadaire, mais mon corps s’est adapté et mon énergie est revenue. Je me sentais un peu déprimé des fois, mais c’était beaucoup moins grave que ce que mes lectures m’avaient préparé à vivre. »

Traiter l’hépatite C coûte cher, soit jusqu’à 20 000 $, et trouver un soutien financier n’est pas toujours facile. Le traitement n’est pas couvert par tous les régimes d’assurance-maladie privés. Quant à la couverture offerte par les régimes d’assurance-médicaments provinciaux, elle varie d’un bout à l’autre du pays, et certaines conditions s’imposent. Consultez le site www.infohepatiteC.ca pour obtenir de l’information exhaustive sur l’hépatite C. Lisez aussi « Double défi », un article sur la co-infection VIH/hépatite C publié dans le numéro du printemps 2008 de Vision positive.

Sensibiliser oui, stigmatiser non

La co-infection n’est pas seulement un fardeau du point de vue de la santé, elle a aussi des conséquences d’ordre social et psychologique. « Avoir l’hépatite C ajoute une couche nouvelle à la stigmatisation et à la discrimination que nous devons affronter en tant qu’hommes gais séropositifs », explique Harlon. L’hépatite C a la réputation d’être une maladie de drogués. La vaste majorité (83 pour cent) des nouveaux cas d’hépatite C ont effectivement un lien avec la consommation de drogues injectables. Présumant que toutes les personnes atteintes d’hépatite C sont toxicomanes, beaucoup de gens ne tardent pas à les accabler de leurs préjugés à cet égard. Harlon croit qu’il est important de faire comprendre aux gens que l’hépatite C peut se transmettre par le sexe, afin que ces vieux stéréotypes puissent être discrédités.

Les hommes co-infectés sont parfois victimes de stigmatisation et de discrimination au sein des milieux gais séropos. « Les gens ne savent rien à propos de l’hépatite C — pas la communauté gaie, même pas la communauté dans son ensemble, déplore Harlon. L’ignorance se transforme en peur, et la peur peut tuer un moment excitant dans l’œuf. Des gars m’ont rejeté quand je leur ai dit que j’étais co-infecté. »

Beaucoup d’hommes gais vivant avec le VIH ont trouvé un sens d’appartenance à la communauté séropositive. Au café, ils font le point sur leurs comptes de CD4+ et leurs traitements; dans leur chambre à coucher, nombre d’entre eux font du sérotriage — on choisit de coucher uniquement avec des hommes ayant le même statut VIH que soi. Le sérotriage n’est pas pratiqué par tous les hommes séropos, mais le phénomène n’est pas rare. Lorsque les hommes gais séropos font du sérotriage, cela peut donner lieu au barebacking (relations anales non protégées), parce que certains hommes décident que le plaisir qu’ils tirent des rapports sexuels non protégés avec un autre homme séropositif l’emporte sur les risques.

Quand un homme séropo co-infecté par l’hépatite C entre dans le décor, la situation peut devenir compliquée. En premier lieu, le barebacking peut augmenter le risque de transmission de l’hépatite C. Ensuite, un homme co-infecté court le risque d’être ostracisé s’il dévoile son statut, ce qui aurait pour effet d’aggraver son sentiment d’isolement. Rob Gair s’inquiète de voir cette situation créer un palier additionnel de sérotriage, où les hommes séropos choisiront des partenaires sexuels vivant avec le VIH mais non avec l’hépatite. Lorsque le sérotriage est axé sur la recherche de partenaires séronégatifs, le problème réside dans le fait que l’on ne peut jamais être certain du statut négatif de ses partenaires. Les hommes gais séropos qui s’adonnent au sérotriage pour l’hépatite C et au barebacking pourraient croire qu’ils sont à l’abri du danger, alors qu’en réalité, il est possible qu’ils augmentent leurs risques de contracter l’hépatite C.

Il n’est pas clair comment les hommes gais séropos vont réagir à cette nouvelle information. Pour sa part, Harlon se sent obligé de sensibiliser les autres en racontant son expérience. Gary prend moins de risques de nos jours, même s’il avoue qu’il est difficile de toujours se protéger lorsque l’envie de « jouer » surgit. Selon Rob Gair, il est essentiel de sensibiliser les hommes gais séropos à ce problème. Ils savent jouir d’une sexualité saine — si l’on leur donne de l’information fiable, ils pourront empêcher l’hépatite C de devenir un problème sérieux dans nos communautés.

Conseils pour éviter l’hépatite C

Que peut faire un homme gai séropositif qui aime le sexe pour réduire ses risques de contracter ou de transmettre l’hépatite C? Puisque le virus se transmet par contact de sang à sang (et possiblement par le sperme), les messages se rapportant au sécurisexe dans le contexte du VIH s’appliquent à l’hépatite C aussi.

Utilisez des condoms pour les relations anales et des gants en latex ou polyuréthanne pour le fisting. Changez-les souvent, surtout chaque fois que vous changez de partenaire, que vous soyez actif (top) ou passif (bottom).

Ne partagez pas les jouets sexuels. Si vous le faites, mettez un condom neuf sur le jouet chaque fois qu’il est utilisé par une personne différente.

Utilisez beaucoup de lubrifiant (à base d’eau ou de silicone). Tout le monde devrait avoir son propre lubrifiant et l’utiliser uniquement sur lui-même.

Si vous faites du barebacking, essayez de limiter le nombre de vos partenaires sexuels lors d’une seule session.

Prenez soin de vos mains, de votre anus, de votre pénis et de votre bouche. Soyez à l’affût de toute plaie ouverte ou hémorroïde ou encore de tout point rouge gonflé situé n’importe où — toutes ces choses peuvent augmenter le risque de transmettre l’hépatite C ou le VIH. Si vous aimez le fisting ou les relations anales brutales, commencez doucement afin de permettre au sphincter de se dilater. Gardez vos ongles courts et lisses sans bordure tranchante (qui pourrait déchirer un gant ou la muqueuse rectale). Abstenez-vous de vous brosser les dents ou de passer la soie dentaire pendant deux ou trois heures avant la session.

Faites un petit bilan personnel avant de prendre une autre dose de kétamine ou une autre ligne de crystal. Est-ce que vous allez bien? Vous choisirez peut-être d’attendre un peu avant de recommencer.

Parlez-en. Cela peut être difficile dans un contexte de groupe, mais si vous et vos partenaires comprenez que l’hépatite C fait partie de l’équation, vous pourrez choisir de ralentir un peu sans pour autant gâcher votre plaisir.

Prenez soin de votre santé et faites-vous tester régulièrement pour les infections transmissibles sexuellement.