Vision positive

Hiver 2016 

VIHsuel : Réflexions

Il y a environ d’un an, j’ai assisté à une retraite bouddhiste en silence de trois jours, dans les Laurentides, à une demi-heure de chez moi, au Québec. Durant ces retraites, les participants méditent en silence en pratiquant la marche de pleine conscience, contemplant la nature et le paysage harmonieux. Nous ne parlons que brièvement au souper. L’expérience est très intense.

Lors de l’une de mes marches silencieuses, j’ai vu un magnifique nénuphar se détachant des flots sombres, le chaud soleil se reflétant à la surface de l’eau. Il fallait que je le prenne en photo. L’eau est symbole de vie. Je me vois comme étant le magnifique nénuphar qui fleurit dans la fange noire.

Ma vie d’aujourd’hui a ses racines dans la noirceur et le tourment du VIH des années 80. J’ai connu le choc, le chagrin et la dépression par suite de mon diagnostic. J’étais un militant, impliqué dans un organisme communautaire en VIH de Montréal, le Comité des personnes atteintes du VIH du Québec. J’ai participé à de nombreuses manifestations dans la rue pour réclamer l’accès aux traitements du VIH, même si à cette fin, il fallait me coucher sur l’asphalte dur, et m’exposer au danger de la brutalité policière.

Je me rends compte aujourd’hui que c’était le début de mon cheminement vers la paix et la tranquillité. Lorsque je réfléchis aux 30 dernières années où j’ai survécu avec le VIH, je vois que je me suis accommodé de ma maladie et que je l’ai acceptée. J’ai réalisé mes rêves d’aller à l’université et de devenir un artiste et un écrivain. J’ai une fabuleuse brochette d’amis.

La photographie consiste à capter la bonne lumière. Ce que j’écris sur ma vie peut être très sombre, mais la photographie m’aide à trouver la lumière dans les ténèbres. 

—Gregg Rowe