Vision positive

été 2011 

Francisco Ibáñez-Carrasco (hiver 2011)

« la quarantaine passée »
Enseignant / chercheur / écrivain
Toronto
Vit avec le VIH depuis 25 ans
Compte de CD4 et charge virale : « On ne demande pas à une femme son âge ni à un homme séropo le taux de ses comptes. »

« Survivant du sida de longue date quelque peu provocant, impliqué dans la recherche communautaire, l’éducation des nouveaux chercheurs se spécialisant dans le VIH et la rédaction de textes sur les rapports sexuels. »

Comment décririez-vous votre santé?
Bonne.

Faites-vous face à des enjeux particuliers en ce qui a trait au VIH ou à votre traitement?
Je fais face à un certain nombre d’entre eux que j’aborde de manière optimiste, c’est-à-dire en les traitant un à la fois.

Vous avez fait notre plus récente page couverture en hiver 2011. Comment avez-vous trouvé l’expérience de vous retrouver en page couverture de notre magazine?
Formidable, très flatteur, un honneur!

Vous a-t-on fait des commentaires à ce sujet?
Oui, j’ai eu des commentaires très positifs, surtout de mes collègues de travail, de quelques étrangers et de personnes séronégatives. Ils me disent qu’ils comprennent ce que je fais. Le fait que j’ai eu une vie bien remplie, incluant la rédaction de livres, des voyages, la consommation de drogues et la prostitution, rend ma vie bien intéressante.

L’un de vos sujets de recherche est la stigmatisation. Lors de nos entrevues avec des personnes séropositives, nombre d’entre elles nous ont dit qu’elles se sentent encore stigmatisées en tant que personne vivant avec le VIH. Quelle est votre expérience à ce sujet?

En tant qu’homme gai de plus de 40 ans, vivant avec le VIH et subissant certains changements corporels en raison de la vieillesse et de la lipoatrophie, une grande partie de la stigmatisation que j’éprouve, provient des communautés gaies elles-mêmes, de notre obsession maladive de la jeunesse et de la beauté.

Comment décririez-vous cette époque du sida?
Une époque de répit apparent au Canada, avec une bonne dose de désillusion quant aux effets sociaux, culturels, mentaux et physiques du VIH.

Dans 10 ans…
Le domaine du VIH/sida comprendra beaucoup plus de professionnels, beaucoup de fouineurs aussi, mais elle sera semblable côté épidémiologique, c’est-à-dire enracinée dans la disparité, la stigmatisation et la désillusion. Je m’imagine en vieux rêveur, un peu grincheux, mais entouré de jeunes étudiants qui ont soif d’apprendre.

Quelle chanson représente la piste sonore de votre vie?
« She Works Hard for the Money » de Donna Summer.