Vision positive

été 2007 

Nouvelles du front : Que se passe-t-il dans les organismes de lutte contre le sida du pays?

RÉGION DU NORD
CHERCHER DES RÉPONSES AU-DELÀ DU 60E PARALLÈLE

La plupart des habitants du sud du pays savent très peu de choses au sujet du nord du Canada et des réalités de la vie au-delà du 60e parallèle. Le fait que les Canadiens du sud ne sachent à peu près rien des taux élevés d’infection à l’hépatite C et au VIH qui ravagent la communauté inuite illustre bien cette méconnaissance. Cependant, grâce à la subvention de démarrage qu’elle a reçue des Instituts de recherche en santé du Canada, Pauktuutit Inuit Women of Canada — une organisation d’Ottawa « offrant un leadership, une voix et une expertise pour l’amélioration des conditions de vie des femmes inuites, de leur famille et de leur communauté », devrait être en mesure de dresser un portrait beaucoup plus limpide de la situation des Inuits au Canada.

La gravité de la situation soulève de vives inquiétudes chez les spécialistes de la santé publique. Malgré le peu de données statistiques fiables sur les taux d’infection au VIH chez les Inuits, les spécialistes et certains dirigeants communautaires soutiennent que les taux d’infections transmissibles sexuellement sont particulièrement élevés (de 9 à 125 fois plus élevés que la moyenne nationale) et que les taux de grossesse chez les adolescentes sont alarmants (2,5 à 4 fois plus élevés que la moyenne nationale). Le virus du papillome humain (VPH) est également plus répandu chez les Inuits que dans la population canadienne en général. Selon un compte rendu récent, ces taux élevés d’infection constituent un important foyer potentiel de propagation de l’hépatite C et du VIH/sida.

La stigmatisation et la discrimination dont sont victimes les Inuits vivant avec le VIH/sida et l’hépatite C sont également très préoccupantes, selon Jeanette Doucet, gestionnaire des programmes et politiques en matière de santé sexuelle et de VIH/sida à Pauktuutit. « Le manque d’ouverture de la part de la communauté… est souvent synonyme d’isolement et d’ostracisme pour les Inuits vivant avec le VIH/sida et les oblige à se terrer et à cacher leur maladie ou à fuir vers les grands centres afin d’avoir accès aux soins et aux traitements nécessaires. Lorsqu’ils s’ajoutent à une maladie mortelle et très agressive, cet isolement et cette transition vers un nouveau milieu de vie peuvent être particulièrement accablants. »

Dans le cadre de ce projet de partenariat entre Pauktuutit et l’Université Dalhousie, intitulé « Renforcer les approches communautaires en matière d’éducation sur le VIH/sida, de dépistage et de lutte ciblant les jeunes Inuits canadiens », des consultations communautaires préliminaires visant à déterminer les priorités auront lieu à Arviat, Iqaluit et Montréal. Des recommandations qui orienteront la recherche et les programmes futurs seront formulées au terme de ces consultations.

Pour en savoir plus, consultez le www.pauktuutit.ca.

RÉGION DU PACIFIQUE
COMME LE CIEL ET LA MER

Le yin et le yang. Le positif et le négatif. Le blanc et le noir… il semblerait que les contraires s’attirent. N’importe quel couple heureux sérodiscordant (c’est-à-dire formé d’un partenaire séropositif et d’un partenaire séronégatif) pourrait en témoigner. Mais comprendre notre « contraire » peut parfois relever du défi. C’est dans cette optique que la Positive Living Society of British Columbia (Positive Living BC) a tenu en mai dernier son deuxième week-end de réflexion à l’intention des couples sérodiscordants.

Selon Neil Self, membre de l’équipe de la Positive Living BC, cette nouvelle retraite, qui vient s’ajouter aux nombreuses retraites thérapeutiques qu’a organisées la société au cours des 20 dernières années, a pour but de renforcer, de consolider et d’améliorer la relation des couples sérodiscordants. Pendant quatre jours, les partenaires participent à des séances animées sur la communication et la visualisation du couple, ainsi qu’à un atelier sur les techniques de massage et à des activités sociales. Un séminaire sur la prévention du VIH et les pratiques permettant de réduire le risque de transmission d’un partenaire à l’autre est également offert.

À certains moments au cours du week-end, les couples sont séparés en deux groupes, les séropositifs et les séronégatifs, afin que les partenaires puissent discuter de leur réalité respective. « Certains couples connaissent peu de gens dans leur situation, affirme Neil Self. Et, le fait de créer des liens et de partager leurs expériences avec d’autres personnes vivant quelque chose de similaire est très bénéfique. »

Totalement gratuite, la retraite est offerte aux couples sérodiscordants de la Colombie-Britannique et attire un nombre sensiblement égal de couples homosexuels et hétérosexuels. Pour obtenir de plus amples renseignements, visitez le site Web de la Positive Living BC ou composez le numéro de la ligne d’information sur les retraites 1.604.893.2213.

ONTARIO
UN COUP DE MAIN AUX ORGANISMES D’AIDE

Vous êtes-vous déjà demandé où trouver un organisme de lutte contre le sida (OLS) offrant des services de soutien au logement dans votre région? Ou comment entrer en contact avec un OLS offrant des services dans une autre langue; en cri, par exemple? Eh bien, vous n’êtes pas le seul. « Il y a désormais sur Internet une mine de renseignements au sujet du VIH/sida », affirme Mark Fischer, gestionnaire du service e-health à l’Ontario HIV Treatment Network (OHTN), « mais, étrangement, on n’y trouve aucun site dressant la liste des OLS de l’Ontario et des services offerts. »

C’était vrai jusqu’à récemment. Au printemps dernier, le OHTN à lancé un site de type « pages jaunes virtuelles » sur les OLS grâce auquel les internautes peuvent maintenant rechercher des services dans leur région (de l’Ontario). Ce site Web, VIH411.ca, offre davantage de fonctionnalités que les répertoires traditionnels, car il permet aux utilisateurs de faire une recherche par code postal (et ainsi trouver l’OLS le plus près de chez eux) et par type de services recherchés ou offerts.

La liste comprend déjà 150 organisations qui offrent des services allant de la consultation pour les personnes en deuil aux occasions de bénévolat. Pour le moment, le site Web ne couvre que l’Ontario, mais, selon Mark Fischer, il s’agit d’un modèle qui peut facilement être reproduit dans d’autres régions du pays. Pour en savoir plus, communiquez avec Greg Mitchell, coordonnateur de projet à l’OHTN, en écrivant à gmitchell@ohtn.on.ca ou en composant le 416.642.6486, poste 303.

RÉGION DU QUÉBEC
SUNDAY AT SIMON’S

Ceux chez qui l’évocation des «livres dont vous êtes le héros » fait ressurgir d’heureux souvenirs d’enfance seront heureux d’apprendre qu’ils peuvent désormais prendre part à une nouvelle bédé Web, intitulée « Sunday at Simon’s », fondée sur le principe de la légendaire série de livres-jeux dont le déroulement de l’intrigue dépend des choix du lecteur.

Simon est un jeune homme gai virtuel dont l’existence est rythmée par les plaisirs et les périls de la vie dans le village gai de Montréal. Chaque mois, les visiteurs du site « Sunday at Simon’s » peuvent suivre les aventures de Simon et découvrir comment les choses ont évolué depuis le dernier épisode. Ils sont invités à voter sur les décisions qu’il devrait prendre. Comme dans la vraie vie, Simon ne prend pas toujours les meilleures décisions et parfois les choses ne se passent pas comme il l’aurait souhaité.

« Sunday at Simon’s » fait partie d’un projet que nous avons lancé dans le but de favoriser la réflexion sur une approche holistique de la santé au sein de la communauté des hommes gais », explique Doug McColeman, directeur de l’éducation et de la prévention à SIDA Bénévoles Montréal. « Nous voulions créer un scénario reflétant la vie des hommes gais et amener ces derniers à y participer. » La bédé pose un regard élargi et réaliste sur la santé sexuelle, y compris les raisons pour lesquelles les gens s’exposent consciemment au VIH et le rôle que peuvent jouer les personnes séropositives dans la réduction de la transmission.

Selon Doug McColeman, quelques surprises attendent le jeune personnage, dont une qui lui viendra de son ami Pierre-Marc.

RÉGION DE L’ATLANTIQUE
ENTRE L’ARBRE ET L’ÉCORCE

Tandis que les entreprises touristiques s’efforcent de présenter l’île de Terre-Neuve comme un havre de paix à mille lieues du stress de la vie urbaine, Fred Andersen, lui, sait bien que sa province est aux prises avec les mêmes problèmes que ceux qui accablent la plupart des grandes villes. « Nous avons exactement les mêmes problèmes que les autres », affirme le coordonnateur du projet sur la consommation de drogues injectables lancé par le Comité SIDA de Terre-Neuve-et-Labrador (CSTNL). Fred Andersen sait de quoi il parle puisqu’il a récemment mené une étude sur la consommation de drogues injectables dans la ville de St. John’s et dans l’ensemble de la province. Les résultats auxquels il est parvenu, quoiqu'inquiétants, n’ont rien de nouveau.

Fondée sur une estimation réalisée en 2005 par Santé Canada, selon laquelle il y aurait près de 600 utilisateurs de drogues injectables (UDI) dans la province de Terre-Neuve-et-Labrador, cette étude n’avait pas pour but de déterminer le nombre exact d’utilisateurs. Elle visait avant tout à déterminer ce qui empêche les UDI d’accéder à des services qui pourraient les aider à réduire les risques de transmission du VIH et de l’hépatite C. « Les utilisateurs sont ouverts à la discussion et connaissent les moyens de réduire les risques, soutient Fred Andersen, mais c’est impossible [de réduire les risques], car les services qui permettraient de le faire brillent par leur absence. » Le fait que les professionnels de la santé soient très peu conscients du problème et perçoivent les UDI comme des stigmatisés constitue également un problème important. Par ailleurs, bien que le CSTNL ait mis sur pied un programme d’échange de seringues — le seul dans tout St. John’s, selon Fred Andersen — les estimations statistiques indiquent que seulement 5 % des UDI de l’île recourent à de tels programmes. Fred Andersen prévoit d’élaborer des programmes de sensibilisation s’adressant aux professionnels de la santé dans le but d’amener ces derniers à mieux comprendre les besoins des utilisateurs de drogues injectables de la province. Pour en savoir plus, consultez www.acnl.net.