Vision positive

automne/hiver 2006 

Nouvelles du front : Que se passe-t-il dans les organismes de lutte contre le sida du pays?

RÉGION DU PACIFIQUE
LE BON TRAITEMENT

Vous souhaitez en savoir plus sur les outils dont se servent les médecins pour décider quelle combinaison de médicaments vous prescrire? Visitez le site Web du British Columbia Centre for Excellence in HIV/AIDS au www.cfenet.ubc.ca. Un document mis à jour sur les lignes directrices de l’organisme en matière de traitement du VIH y est affiché. Ce document présente les plus récents avis d’experts quant à la meilleure manière d’utiliser les médicaments anti-VIH pour contenir le virus, et les conseils offerts relativement aux divers aspects du traitement sont, à bien des égards, similaires aux lignes directrices internationales. Il renferme également de l’information sur certains nouveaux médicaments prometteurs, tels que le tipranavir et le duranavir, qui pourraient aider les PVVIH déjà traitées à maintenir leur charge virale à un niveau indécelable.

Les lignes directrices de la Colombie-Britannique sont les seules lignes directrices canadiennes publiées à ce jour. Toutefois, une version française préparée par le Programme national de mentorat sur le VIH-sida devrait être offerte prochainement. Il est possible de communiquer avec le Centre de la Colombie-Britannique au numéro suivant : 1-604-806-8477.

RÉGION DES PRAIRIES
LA GUÉRISON TRADITIONNELLE

« Lorsque nous cessons de nous concentrer uniquement sur la manière dont se produit une infection au VIH et que nous nous demandons pourquoi — en examinant les facteurs émotionnels et spirituels qui mènent à l’infection — toute l’ampleur du problème devient évidente pour les communautés autochtones », affirme Ron Horsefall, le coordonnateur des personnes autochtones vivant avec le VIH/sida (PAVVIH) à All Nations Hope, un réseau autochtone provincial sur le VIH/sida et l’hépatite C, établi à Regina, en Saskatchewan. Chaque jour, il constate la persistance des problèmes qui ont mené à un taux d’infection au VIH chez les Autochtones trois fois plus élevée que chez la population canadienne en général.

Le réseau a collaboré avec AIDS Programs South Saskatchewan pour organiser, à l’occasion de la Journée mondiale du sida, une conférence de deux jours sur les approches adoptées par les communautés autochtones et non autochtones pour gérer l’épidémie. Si, d’une part, les participants en ont appris davantage sur le traitement du VIH par antirétroviraux et sur la façon de s’injecter des drogues de manière sécuritaire, ils ont également examiné en profondeur les traditions autochtones, telles que la roue médicinale, qui est l’expression d’une conviction profonde. « L’un des aspects de la roue concerne les dimensions mentale, physique, spirituelle et émotionnelle de l’existence — et constitue un moyen de composer avec les traumatismes et les divers niveaux de perte et de deuil qui existent dans les communautés autochtones, soutient Ron Horsefall. Si on ne règle pas ces problèmes, le taux d’infection continuera d’augmenter. Le fait de renouer avec les approches traditionnelles peut apporter un grand réconfort aux communautés et aux PVVIH autochtones. »

ONTARIO
PRENDRE LES RÊNES!

L’Ontario AIDS Network (OAN) a lancé un programme dont le but est d’amener les PVVIH à prendre les rênes de la lutte contre le VIH/sida. Ce programme de leadership d’une durée de quatre jours consiste à réunir environ 18 PVVIH de toutes les régions de la province afin de les amener à découvrir et à développer le dirigeant communautaire en eux. Les participants commencent par revoir l’évolution du mouvement de lutte contre le VIH/sida en Ontario en établissant la chronologie de plus de 80 événements importants s’étant déroulés dans la province, à laquelle ils ajoutent ensuite les événements qui ont marqué leur propre vie avec le VIH. Au cours des prochains jours du programme, les participants discutent de diverses questions en vue de définir leur style de leadership et apprennent différents trucs quant à la manière de le mettre en pratique. Le contenu du programme englobe de nombreux rôles, de la défense des droits à la gouvernance.

Thomas Egdorf, directeur du programme à l’OAN, soutient que ce programme gratuit a été conçu par des PVVIH et qu’il est dispensé par des PVVIH. Au terme du programme, les participants sont encouragés à tout mettre en œuvre pour susciter des changements positifs dans leur communauté. Thomas Egdorf invite les PVVIH intéressées par le programme à visiter le site Web du réseau, ou à communiquer avec le personnel du réseau en téléphonant au 416-364-4555 ou au numéro sans frais 1-800-839-0369, pour obtenir plus d’information ou pour s’inscrire.

QUÉBEC
ÉCOUTER!

Le cyberespace des PVVIH francophones a pris une nouvelle dimension sonore avec le lancement l’été dernier de Radio Fréquence VIH, un site Web québécois s’étant donné pour mission de faire connaître les histoires des PVVIH d’expression française. Albert Martin et Luc Gagnon ont créé ce site dans le but de donner la parole aux PVVIH. Et, avec l’aide du Comité des personnes atteintes du VIH du Québec (CPAVIH), ils ont fait de leur rêve une réalité, en diffusant des reportages audio réalisés au SIDA 2006. Ils ont également présenté des entrevues avec des intervenants clés de la communauté québécoise du VIH/sida. Le nombre de visites quotidiennes sur le site avoisine maintenant 225 et le tiers des visiteurs résident au Québec.

Lorsqu’on lui demande comment il envisage l’avenir du site, Albert Martin répond que les possibilités sont infinies et qu’il est bien résolu à accorder une place importante à l’information sur les traitements du VIH. Il projette notamment de produire une série d’émissions sur les défis auxquels doivent faire face les PVVIH, avec en tête de liste un reportage sur la lipodistrophie, qui devrait être en ligne dès la mi-janvier. Le site comprend aussi des vidéos et des textes rédigés par et à l’intention des PVVIH.

RÉGION DE L’ATLANTIQUE
ÊTES-VOUS NÉGATIF À L’ÉGARD DES SÉROPOSITIFS?

Une nouvelle campagne lancée en novembre par la AIDS Coalition of Nova Scotia (ACNS) pose la question suivante : « Êtes-vous négatif à l’égard des séropositifs? » Des affiches publiées dans les journaux et installées dans les bars d’Halifax et des environs révèlent comment la stigmatisation — y compris l’autostigmatisation — et la discrimination affligent les hommes homosexuels séropositifs.

La campagne de l’ACNS en est une de sensibilisation et vise essentiellement la communauté des hommes homosexuels de la région. « Nous souhaitons qu’elle provoque des discussions et qu’elle chamboule un peu les idées reçues sur le VIH/sida. Parallèlement, nous voulons offrir un soutien aux hommes séropositifs qui sont aux prises avec ces problèmes au quotidien », explique Maria MacIntosh, directrice générale.

Le soutien est essentiel, mais il est difficile de savoir où et comment l’obtenir, en particulier pour les PVVIH qui vivent en région rurale. Dans le cadre de sa campagne, l’ACNS a affiché sur son site Web quantité de renseignements au sujet des services sociaux, communautaires et juridiques offerts en Nouvelle-Écosse.