Le VIH au Canada : Guide d'introduction pour les fournisseurs de services

Le traitement du VIH

Points clés

  • Le traitement du VIH améliore la santé à long terme des personnes vivant avec ce virus et réduit la transmission continue du VIH.
  • Les nouveaux médicaments anti-VIH sont plus sécuritaires, plus simples et plus efficaces que ceux dont on disposait à l'arrivée des premiers traitements du VIH.
  • La recherche indique que l'amorce précoce du traitement donne lieu à de bons résultats à long terme sur le plan de la santé.
  • Grâce à un traitement et à des soins appropriés, la plupart des personnes vivant avec le VIH peuvent vivre en bonne santé et profiter pleinement de la vie pendant longtemps.

L’arrivée des combinaisons de puissants médicaments destinés au traitement antirétroviral (TAR) au milieu des années 1990 a complètement révolutionné le traitement du VIH. Le nombre de maladies éprouvées par les personnes atteintes du VIH a depuis chuté spectaculairement, et les taux de survie ont augmenté. Le traitement antirétroviral a permis à de nombreuses personnes vivant avec le VIH de retourner au travail et de mener une vie plus normale.

Les nouveaux traitements anti-VIH sont plus sécuritaires, plus simples et plus efficaces que ceux dont on disposait à l’arrivée de la TAR. La puissance du traitement antirétroviral aujourd’hui est telle qu'un jeune adulte séropositif qui commence le traitement peu de temps après son diagnostic peut s'attendre à une espérance de vie près de la normale, sous réserve qu'il prenne ses médicaments tous les jours en suivant les prescriptions à la lettre et qu'il ne souffre que de peu d'affections médicales coexistantes, voire aucune. Nombre de données probantes indiquent aussi que les personnes séropositives qui suivent un TAR, qui reçoivent des soins réguliers et qui maintiennent une charge virale indétectable sont considérablement moins susceptibles de transmettre le VIH à d'autres personnes, que ce soit par les relations sexuelles, le partage de matériel servant à la consommation de drogues, la grossesse ou l'accouchement. De fait, les données probantes se rapportant à la transmission sexuelle révèlent que les personnes sous TAR qui maintiennent une charge virale indétectable ne transmettent pas le VIH à leurs partenaires sexuels.

Le traitement antirétroviral a pour but de freiner considérablement la réplication du VIH et de réduire la quantité de ce virus dans le corps. Cela est seulement possible si la personne observe son traitement. Une analyse sanguine, appelée test de charge virale du VIH, est utilisée pour établir dans quelle mesure le traitement est efficace. Idéalement, le traitement antirétroviral va permettre de réduire la charge virale jusqu'à un niveau « indétectable » et maintenir celle-ci à ce niveau indéfiniment. Cependant, une charge virale indétectable ne signifie pas pour autant que le VIH a disparu. Le VIH est encore être présent à raison d'un faible taux dans le sang ainsi que dans d'autres réservoirs viraux de l'organisme.

Une augmentation soutenue de la charge virale peut indiquer que le traitement n'est plus efficace et/ou que l'individu éprouve des difficultés d'observance thérapeutique. La cause d'une telle augmentation doit être élucidée (mise au jour) pour déterminer si le traitement doit être modifié et/ou si un soutien à l'observance thérapeutique s'impose. Le régime thérapeutique peut également nécessiter un ajustement de la posologie si des effets secondaires deviennent intolérables ou s'il existe des interactions médicamenteuses avec d'autres médicaments que l'individu prend déjà.

Un traitement antirétroviral efficace consiste en une combinaison de médicaments provenant d'au moins deux classes (ou groupes). Il existe actuellement six classes d'agents anti-VIH approuvés, que voici :

  • inhibiteurs nucléosidiques et nucléotidiques de la transcriptase inverse (INTI et INtTI, ou encore analogues nucléosidiques et analogues nucléotidiques) inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse (INNTI ou analogues non nucléosidiques) inhibiteurs de la protéase
  • inhibiteurs de fusion
  • antagonistes (ou inhibiteurs) du corécepteur CCR5
  • inhibiteurs de l'intégrase

Pendant de nombreuses années, une certaine incertitude régnait quant au meilleur moment pour commencer un traitement. Nous savons maintenant grâce aux résultats de l’essai clinique START, que les personnes séropositives devraient commencer le traitement dès qu’elles ont reçu un diagnostic.

Depuis l’annonce de ces résultats, les lignes directrices thérapeutiques de l’Organisation mondiale de la Santé et de pays comme les États-Unis et le Royaume-Uni ont été mises à jour et recommandent maintenant qu’un traitement anti-VIH soit proposé immédiatement à toute personne ayant reçu un diagnostic de VIH. L’Association pour la microbiologie médicale et l’infectiologie Canada (AMMI) a déclaré dans un énoncé de position :

« L’AMMI Canada appuie la recommandation d’amorce précoce du TAR au Canada, en raison à la fois des bienfaits pour l’individu et des bienfaits potentiels pour la santé publique. »

Comme le traitement du VIH peut non seulement être complexe et qu'il dure pour la vie, de nombreuses personnes séropositives pourraient bénéficier de services complémentaires en termes de soins et de soutien. Cela peut inclure un soutien au moment de commencer le traitement, un soutien pour favoriser l'observance thérapeutique, un soutien à la gestion des effets secondaires de la thérapie ou un soutien pour naviguer dans les dédales du système de santé. Cela peut aussi s'entendre d'un soutien pour composer avec certains problèmes susceptibles d'affecter indirectement la capacité des personnes séropositives à suivre un traitement, tels qu'un logement durable, la précarité alimentaire ou des problèmes de santé mentale. 

Ressources

Traitements du VIH

Résultats détaillés de l’étude STARTTraitementActualités 210 (août/septembre 2015)

Votre guide sur le traitement du VIH

Réémergence de la bithérapie TraitementActualités 224 (janvier 2018)

Guidelines for the use of antiretroviral agents in HIV-1-infected adults and adolescents – Department of Health and Human Services (en anglais seulement)

Antiretroviral Drugs for Treatment and Prevention of HIV Infection in Adults: 2018 Recommendations of the International Antiviral Society–USA Panel (en anglais seulement)

Guidelines: clinical management and treatment of HIV infected adults in Europe – European AIDS Clinical Society

La thérapie antirétrovirale pour les adultes infectés par le VIH : Guide pour les professionnels de la santé du Québec – Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec

AMMI Canada position statement: The use of early antiretroviral therapy in HIV-infected persons

Déclaration de CATIE sur l’utilisation du traitement antirétroviral (TAR) pour maintenir une charge virale indétectable comme stratégie hautement efficace pour prévenir la transmission sexuelle du VIH

Sources

  1. Panel on Antiretroviral Guidelines for Adults and Adolescents. Guidelines for the use of antiretroviral agents in HIV-1-infected adults and adolescents. Washington (DC): Department of Health and Human Services; 2016. Disponible à l’adresse : https://aidsinfo.nih.gov/guidelines/html/1/adult-and-adolescent-treatmen...  [consulté le 29 août 2016]
  2. European AIDS Clinical Society. Guidelines: clinical management and treatment of HIV infected adults in Europe. Version 9.0. Brussels: European AIDS Clinical Society; 2017. Disponible à l’adresse : http://www.eacsociety.org/guidelines/eacs-guidelines/eacs-guidelines.html
  3. Antiretroviral Drugs for Treatment and Prevention of HIV Infection in Adults 2018 Recommendations of the International Antiviral Society–USA Panel. Disponible à l’adresse : https://www.iasusa.org/content/antiretroviral-drugs-treatment-and-preven...
  4. Cohen MS, Chen YQ, McCauley M, et al. Antiretroviral therapy for the prevention of HIV-1 transmission. New England Journal of Medicine. 2016;375:830–839. Disponible à l’adresse : http://www.nejm.org/doi/pdf/10.1056/NEJMoa1600693

  5. Rodger AJ, Cambiano V, Bruun T, et al. Sexual activity without condoms and risk of HIV transmission in serodifferent couples when the HIV-positive partner is using suppressive antiretroviral therapy. Journal of the American Medical Association. 2016;316(2):171–181. Disponible à l’adresse : http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2533066

  6. The INSIGHT START Study Group. Initiation of Antiretroviral Therapy in Early Asymptomatic HIV Infection. New England Journal of Medicine. 2015; 373:795–807. Disponible à l’adresse : http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1506816#t=article

 

 

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