Le VIH au Canada : Guide d'introduction pour les fournisseurs de services

Les approches de prévention en voie de développement : microbicides et vaccins

Points clés

  • Les chercheurs travaillent sur de nouvelles approches visant la prévention du VIH, y compris les microbicides et les vaccins; cependant, ces approches n’ont pas encore fait preuve d’une efficacité suffisante.
  • Les microbicides sont des produits expérimentaux qui sont appliqués dans le vagin ou le rectum et qui ont le potentiel d'aider à prévenir la transmission sexuelle du VIH.
  • Les vaccins sont des produits expérimentaux qui sont administrés aux personnes séronégatives et qui ont le potentiel de les aider à éviter de contracter le VIH.

Il existe plusieurs approches de prévention du VIH qui sont hautement efficaces et d’autres qui se sont révélées partiellement efficaces. En plus de ces approches établies, les chercheurs travaillent à la mise au point de nouveaux outils qui pourraient également aider à prévenir le VIH. Un nombre important de recherches ont tenté de développer des microbicides et des vaccins préventifs, mais aucun d’entre eux ne s’est révélé suffisamment efficace jusqu’à présent.

Les microbicides

Les microbicides sont des produits expérimentaux qui ont le potentiel de prévenir la transmission sexuelle du VIH et/ou d'autres infections transmissibles sexuellement (ITS). Les microbicides existent sous un éventail de forme – gels, crèmes, suppositoires, pellicules, éponges ou anneaux – et sont appliqués au niveau du vagin ou du rectum. Les microbicides agissent soit comme une barrière physique pour empêcher le VIH de pénétrer dans le corps soit pour prévenir la réplication du virus une fois que celui-ci est entré dans le corps.

Six des premiers microbicides à être testés lors des essais cliniques ont été utilisés par voie vaginale par des femmes et ils ont échoué à prévenir l'infection par le VIH. De fait, certains d'entre eux auraient même augmenté le risque d'infection à cause des dommages infligés à la muqueuse vaginale.

Les chercheurs évaluent actuellement les microbicides contenant des médicaments antirétroviraux, qui peuvent être considérés comme un genre de prophylaxie pré-exposition. Ces microbicides fonctionneraient une fois que le VIH s'est introduit dans le corps, en aidant à prévenir la multiplication et la propagation du virus dans le corps.

Un gel microbicide vaginal contenant le médicament antirétroviral, ténofovir, a été évalué pour son efficacité. Les résultats ont montré que le gel était plus efficace lorsqu’il était utilisé régulièrement. Cependant, la réduction du risque n’était que de 54 % parmi les utilisatrices régulières d’une étude. D'autres études sur ce gel se poursuivent.

Un anneau vaginal mensuel contenant le médicament antirétroviral dapivirine a aussi été évalué pour son efficacité, montrant une protection modeste. L'essai Aspire trial  a révélé qu'un anneau vaginal mensuel réduisait le risque global de transmission du VIH de 27 % parmi les femmes inscrites à l'étude. The Ring Study a révélé une réduction de 31 % de la transmission du VIH parmi les femmes inscrites à l'étude. Lors des deux études, l’anneau a été le plus efficace chez les femmes qui s’en servaient régulièrement. Dans ces études, les femmes ne savaient pas si elles utilisaient l’anneau de dapivirine ou encore un anneau placebo ne contenant aucun médicament. Les deux études se poursuivent maintenant sous forme d’essais de prolongation ouverts, ce qui veut dire que toutes les participantes se font offrir l’anneau de dapivirine et savent qu’elles l’utilisent. Comme les femmes savent qu’elles utilisent l’anneau de dapivirine, il se peut qu’elles soient plus motivées à s’en servir régulièrement, ce qui pourrait en accroître l’efficacité.

Un gel destiné spécifiquement à l'usage rectal est également en cours de développement, quoiqu'il n'ait pas encore été évalué quant à son efficacité contre l'infection par le VIH.

Aucun microbicide n'est approuvé à ce jour pour la prévention du VIH dans quelque partie du monde que ce soit.

Les vaccins

Le terme vaccin est le plus souvent utilisé pour décrire les produits conçus pour empêcher les gens de contracter une maladie (on parle alors de vaccins préventifs). Les vaccins ont également des bienfaits sur le plan de la santé publique : si un nombre suffisant de personnes sont vaccinées, cela donne lieu à l'immunité collective; dans pareil cas, les membres vaccinés de la collectivité confèrent une protection au reste de la collectivité.

Un vaccin préventif contre le VIH serait utilisé par une personne séronégative pour réduire son risque de contracter le VIH. Les tentatives de mise au point d'un vaccin contre le VIH se sont révélées difficiles en raison de la complexité du virus et de la réaction de l'organisme au virus. En premier lieu, le VIH s'attaque immédiatement au système immunitaire; or, sous l'effet d'un vaccin conventionnel, le système immunitaire mettrait trop de temps à déclencher une réponse pour prévenir l'infection. En deuxième lieu, le point de contact initial avec le VIH se trouve habituellement dans les tissus humides de la muqueuse rectale, pénienne ou vaginale. Or, les chercheurs commencent à peine à comprendre le fonctionnement du système immunitaire au niveau des tissus muqueux, et il s'écoulera de nombreuses années avant qu'ils puissent élucider complètement les changements complexes que le VIH déclenche dans ces tissus. En troisième lieu, comme le virus subit constamment des mutations qui modifient sa couche externe, il est particulièrement difficile pour le système immunitaire de suivre le fil de ces changements. Un autre problème réside dans le fait que le VIH infecte les cellules du système immunitaire et d'autres situées dans les profondeurs du corps, ce qui lui permet essentiellement de se cacher du système immunitaire.

Tous les vaccins étudiés ont échoué à conférer une protection contre le VIH, à l'exception d'une combinaison de deux vaccins connue sous le nom de Thai prime-boost vaccine (le vaccin thaï). Lors de l'étude qui a mis ce vaccin à l'épreuve, les participants recevaient six injections sur une période de six mois, et ils étaient suivis pendant trois ans. À la fin de la première année, on recensait 60 % moins d'infections par le VIH parmi les personnes vaccinées comparativement aux personnes du groupe placebo. Toutefois, cette différence a ensuite diminué pour se situer à 31 % à la fin de la troisième année. Un tel niveau de protection était insuffisant pour justifier l'approbation et l'utilisation de ce vaccin dans quelque pays que ce soit.

Il se déroule à l’heure actuelle trois essais cliniques d’envergure qui mettent à l’épreuve l’efficacité de vaccins. Des chercheurs ont mis au point une version modifiée du vaccin utilisé lors de l’essai thaïlandais, et un grand essai appelé HVTN 072 a été lancé en Afrique du Sud pour tester son efficacité. Des essais menés sous le nom d’Antibody Medicated Prevention (AMP) sont en train de tester l’efficacité d’un anticorps anti-VIH administré par voie intraveineuse chez des hommes et des personnes trans ayant des relations sexuelles avec des hommes (HVTN 074/HPTN 085) et chez des femmes (HVTN 073/HPTN 081). Une autre étude d’envergure est en cours pour éprouver l’efficacité d’une combinaison de deux vaccins expérimentaux chez des femmes (HVTN 705). Toutes ces études en sont encore aux stades précoces et les résultats préliminaires n’ont pas encore été publiés.        

Aucun vaccin anti-VIH n’a été approuvé dans quelque partie que ce soit du monde.

Ressources

Microbicide 

Microbicides for HIV prevention – Feuillet d'information d'AVAC

Tout ce qu’il faut savoir sur les microbicides rectaux – International Rectal Microbicide Advocates (IRMA)

Les vaccins

HIV vaccines: An introductory fact sheet – Feuillet d’information d’AVAC

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