Le VIH au Canada : Guide d'introduction pour les fournisseurs de services

Le sérotriage par la personne séronégative pour le VIH

Points clés

  • Chez les personnes séronégatives, le sérotriage désigne souvent le fait de choisir de n’avoir du sexe qu’avec des personnes que l’on croit être séronégatives (« triage séronégatif »).
  • Le triage séronégatif échoue à offrir une protection contre le VIH s’il ne s’avère pas que les deux personnes sont bel et bien séronégatives.
  • Le sérotriage peut également signifier que l’on choisit ses partenaires selon leur statut VIH en combinaison avec l’utilisation d’une stratégie de prévention hautement efficace; si une stratégie de prévention hautement efficace est utilisée régulièrement et correctement, le risque de transmission du VIH se situe entre minime et nul.

Chez les personnes séronégatives, le sérotriage désigne souvent le fait de choisir de n’avoir du sexe qu’avec des personnes que l’on croit être séronégatives (« triage séronégatif »).

En raison de récents progrès des technologies de prévention du VIH, certaines personnes ont redéfini le sérotriage afin d’inclure le choix de partenaires selon leur statut VIH en combinaison avec l’utilisation d’une stratégie de prévention hautement efficace. Par exemple, une personne séronégative pourrait choisir un partenaire sexuel séropositif qui suit un traitement et a une charge virale indétectable. Si l’on choisit des partenaires selon le critère de l’utilisation d’une stratégie de prévention hautement efficace, il est important que ladite stratégie soit utilisée de régulièrement et correctement afin de prévenir efficacement la transmission du VIH. Si une stratégie de prévention hautement efficace est utilisée régulièrement et correctement, le risque de transmission du VIH se situe entre minime et nul.

En théorie, le triage séronégatif devrait prévenir la transmission du VIH puisqu’il n’y a aucune possibilité de transmission du VIH entre deux partenaires séronégatifs. Cependant, si un partenaire est en fait séropositif (et ne le sait pas), le sérotriage n’a pas d’effet protecteur et il y a un risque élevé de transmission du VIH. Le sérotriage selon le statut VIH négatif peut ne pas être fiable, car il est difficile de connaître avec certitude le statut VIH d’une personne au moment présent. Au Canada, on estime que 14 % des personnes vivant avec le VIH ne sont pas au courant de leur infection. Même en se faisant dépister fréquemment, il peut être difficile pour une personne sexuellement active d’être certaine qu’elle n’a pas le VIH si elle a continuellement des expositions potentielles au VIH. Cela est dû au fait que le VIH doit être dans le corps un certain temps (la « période fenêtre ») avant que les tests de dépistage puissent détecter l’infection. Selon le type de test effectué, la période fenêtre peut durer jusqu’à trois mois. Une personne ne peut être certaine d’être séronégative que si elle reçoit un résultat de dépistage négatif et n’a eu aucune exposition potentielle dans les trois mois précédents. Il peut être difficile de satisfaire à ces critères, en particulier pour des individus susceptibles d’avoir du sexe non protégé (où aucune stratégie de prévention hautement efficace n’est utilisée) ou de partager du matériel pour la consommation de drogues sur une base régulière. Pour que le sérotriage fonctionne en l’absence de stratégie de prévention hautement efficace, les deux partenaires doivent être certains de leur statut VIH.

Ressources

Le sérotriage prévient-il la transmission du VIH chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes?Point de mire sur la prévention

Choosing Partners with the Same HIV Status (Serosorting) – US Centers for Disease Control and Prevention (CDC) (en anglais seulement)

Sources

  1. Purcell DW, Higa D, Mizuno Y, et al. Quantifying the harms and benefits from serosorting among HIV-negative gay and bisexual men: A systematic review and meta-analysis. AIDS and Behavior. 2017 Oct;21(1):2835–2843.
  2. Vallabhaneni S, Li X, Vittinghoff E, et al. Seroadaptive practices: Association with HIV acquisition among HIV-negative men who have sex with men. Plos One. 2012 Oct 3;7(10):e45718. Disponible à l’adresse : https://doi.org/10.1371/journal.pone.0045718
  3. Agence de la santé publique du Canada. Résumé : Estimations de l’incidence et de la prévalence du VIH, et des progrès réalisés par le Canada en ce qui concerne les cibles 90-90-90 pour le VIH, 2016. Agence de la santé publique du Canada, 2018. Disponible à l’adresse : https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/publications/maladies-et-affections/esume-estimations-incidence-prevalence-vih-progres-realises-canada-90-90-90.html