Le VIH au Canada : Guide d'introduction pour les fournisseurs de services

Le traitement des autres infections transmissibles sexuellement (ITS)

Points clés

  • La présence d’infections transmissibles sexuellement (ITS) peut augmenter le risque de transmission du VIH.
  • Des données démontrent qu’une personne vivant avec le VIH qui suit un traitement antirétroviral et qui maintient une charge virale indétectable ne transmettra pas le VIH même en présence d’une ITS chez l’un ou l’autre des partenaires.
  • Un dépistage et traitement réguliers devraient faire partie de tout plan de santé sexuelle complet.

Les ITS affectent la santé générale et plusieurs études démontrent qu’elles peuvent également accroître le risque de transmission du VIH.

Les ITS peuvent augmenter de deux manières le risque de transmission du VIH à une personne séronégative. En premier lieu, les ITS (et certains troubles génitaux, comme les infections à levures et la vaginose bactérienne) causent de l’inflammation, ce qui fait partie de la réponse immunitaire naturelle. Cette réponse fait affluer davantage de cellules immunitaires dans la région touchée par l’ITS et elle les active afin de combattre l’infection. Cette réponse est censée jouer un rôle protecteur, mais le VIH cible malheureusement les cellules immunitaires pour les infecter et a une préférence pour les cellules immunitaires activées. Plus il y a de cellules immunitaires activées présentes, plus le VIH dispose de cellules à infecter et dans lesquelles se répliquer (faire des copies additionnelles de lui-même). Cela permet au virus de se reproduire plus rapidement et de causer l’infection permanente. En deuxième lieu, certaines sortes d’ITS (p. ex., l’herpès et la syphilis) peuvent endommager les muqueuses et permettre ainsi au VIH d’entrer dans le corps via des ulcères se trouvant sur ou dans la bouche, les organes génitaux ou le rectum.

Les personnes vivant avec le VIH qui suivent un traitement antirétroviral et maintiennent une charge virale indétectable ne transmettent pas le VIH par voie sexuelle, et ce, même en présence d’une ITS. Chez celles qui ne maintiennent pas une charge virale indétectable, cependant, le fait d’avoir une ITS peut accroître le risque de transmettre du VIH. Lorsqu’une personne vivant avec le VIH a une ITS, l’inflammation fait affluer davantage de copies du VIH vers le site de l’ITS. Le virus est présent en plus grande quantité parce que l’inflammation fait aussi affluer davantage de cellules CD4 « activées » vers le site de l’ITS, ainsi que le VIH dont elles sont infectées. De plus, le VIH se réplique plus rapidement dans les cellules CD4 qui ont été « activées » par l’inflammation. Ainsi, l’inflammation peut faire augmenter la charge virale en VIH dans une région particulière et augmenter ainsi le risque de transmettre le VIH à une personne.

La prise en charge des ITS, en soi, n’est que partiellement efficace pour prévenir la transmission du VIH, puisque leur traitement peut réduire le risque de transmission et non l’éliminer. Le VIH n’a pas besoin de la présence d’une ITS chez aucun des partenaires afin de se transmettre lors d’un rapport sexuel. Cependant, le dépistage périodique des ITS et leur traitement sont des mesures importantes à inclure dans un plan complet de santé sexuelle pour toute personne sexuellement active.

Ressources

Traiter les infections transmissibles sexuellement pour prévenir le VIH

Human immunodeficiency virus (HIV) sexual transmission risk with bacterial sexually transmitted infection (STI) co-infection – Santé publique Ontario

Lignes directrices canadiennes sur les infections transmissibles sexuellement – Agence de la santé publique du Canada

La gonorrhée – Feuillet d’information de CATIE

La chlamydia – Feuillet d’information de CATIE

La syphilis – Feuillet d’information de CATIE

L’herpès génital – Feuillet d’information de CATIE/SIECCAN

Sources

  1. Ward H, Rönn M. The contribution of STIs to the sexual transmission of HIV. Current Opinion in HIV and AIDS. 2010 Jul;5(4):305–10.
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