Le VIH au Canada : Guide d'introduction pour les fournisseurs de services

Le risque de transmission du VIH selon l'acte

Points clés

  • Certaines activités comportent généralement un plus grand risque de transmission du VIH que d'autres.
  • Les relations anales réceptives comportent le risque le plus élevé de transmission du VIH; vient ensuite l’injection de drogues au moyen de matériel partagé.
  • Chaque exposition au VIH est unique et comporte un risque particulier d'infection par le VIH, basée sur de nombreux facteurs

Plusieurs études de recherche ont tenté de calculer le risque de transmission du VIH associée à une seule exposition au VIH par contact sexuel ou par injection au moyen de matériel partagé. Ces études ont révélé que certaines activités posaient généralement un risque plus élevé de transmission du VIH que d'autres.

Le tableau suivant indique les estimations du risque moyen de transmission lors d’une exposition au VIH selon différentes activités sexuelles, énumérées en ordre de risque décroissant :

Activité (pour les activités sexuelles, la position du partenaire séronégatif est précisée)

Estimation du risque moyen

Taux de transmission

Relation sexuelle anale réceptive

1,4 %

1 transmission sur 71 expositions

Injection de drogues au moyen d’une seringue/aiguille partagée 0,63 % 1 transmission sur 159 expositions

Relation sexuelle anale pénétrante

0,11 %

1 transmission sur 909 expositions

Relation sexuelle vaginale réceptive

0,08 %

1 transmission sur 1 250 expositions

Relation sexuelle vaginale pénétrante

0,04 %

1 transmission sur 2 500 expositions

Il est important de comprendre que les estimations du risque selon l'acte sont basées sur des études de recherche qui se penchent sur la moyenne des taux de transmission. Elles ne tiennent pas compte de l’effet des facteurs biologiques spécifiques qui peuvent influencer le risque, tels que la charge virale de la personne séropositive. Comme le risque comporte de multiples facteurs, il est très difficile de quantifier précisément le risque associé à une seule exposition. Chaque exposition au VIH comporte un risque particulier de transmission qui est déterminé par l'interaction complexe de divers facteurs biologiques.

Les relations anales réceptives (une personne séronégative reçoit un pénis dans l'anus) comportent le plus grand risque de transmission du VIH. La recherche nous porte à croire que le risque serait de 10 à 20 fois plus élevé que lors des relations vaginales ou des relations anales pénétrantes (une personne séronégative insère son pénis dans l'anus de quelqu'un d'autre). Ce risque accru est attribuable en partie au fait que le revêtement de cellules épithéliales du rectum ne compte qu'une seule couche, ce qui le rend plus vulnérable aux déchirures et à l'inflammation, ce qui peut faciliter la transmission du VIH. En revanche, les revêtements de cellules épithéliales du vagin, du pénis et de la bouche comptent plusieurs couches d'épaisseur.

Les études laissent croire que les relations vaginales réceptives sont environ deux fois plus risquées que les relations vaginales pénétrantes. Ce risque accru est attribuable en partie au fait que les surfaces muqueuses du vagin et du col de l’utérus sont plus grandes que celles du prépuce et de l’urètre du pénis, et à la durée plus longue du contact du vagin avec les liquides corporels infectés.

Lors de relations sexuelles orales, le risque de transmission du VIH se situe entre très faible et nul. Il n’y a pas de risque de contracter le VIH pour une personne séronégative qui reçoit du sexe oral. Il existe un risque théorique de transmission du VIH lors de l’éjaculation d’un homme séropositif dans la bouche d’une personne séronégative, mais ce risque demeure très faible – et très inférieur aux risques associés aux relations anales ou vaginales. Les raisons biologiques de cette différence sont nombreuses : la salive contient des enzymes qui peuvent neutraliser le VIH, la bouche et la gorge ont des couches multiples de cellules épithéliales; de plus, les liquides contenant du VIH ne restent généralement pas longtemps en contact avec des points d’entrée possible du VIH, après le sexe oral.

Ressources

Chiffrer les risques lors d'une exposition au VIHPoint de mire sur la prévention

HIV Risk Behaviors – U.S. Centers for Disease Control and Prevention (en anglais seulement)

Sources

  1. Patel R, Borkowf CB, Brooks JT et al. Estimating per-act HIV transmission risk: a systematic review. AIDS. 2014;28(10):1509-19.
  2. Baggaley RF, White RG, Boily M-C. HIV transmission risk through anal intercourse: systematic review, meta-analysis and implications for HIV prevention. International Journal of Epidemiology. 2010 Aug;39(4):1048–63.
  3. Baggaley RF, Boily M-C, White RG, et al. Risk of HIV-1 transmission for parenteral exposure and blood transfusion: a systematic review and meta-analysis. AIDS London England. 2006 Apr 4;20(6):805–12.
  4. Baggaley RF, White RG, Boily M-C. Systematic review of orogenital HIV-1 transmission probabilities. International Journal of Epidemiology. 2008 Dec;37(6):1255–65.
  5. Boily M-C, Baggaley RF, Wang L, et al. Heterosexual risk of HIV-1 infection per sexual act: systematic review and meta-analysis of observational studies. The Lancet Infectious Diseases. 2009 Feb;9(2):118–29.
  6. Powers KA, Poole C, Pettifor AE, et al. Rethinking the heterosexual infectivity of HIV-1: a systematic review and meta-analysis. The Lancet Infectious Diseases. 2008 Sep;8(9):553–63.
  7. Wilton J. Chiffrer les risques lors d'une exposition au VIH. Point de mire sur la prévention. Été 2012. Disponible à l'adresse : http://www.catie.ca/fr/pdm/ete-2012/chiffrer-les-risques-lors-dune-expos....

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