Le VIH au Canada : Guide d'introduction pour les fournisseurs de services

Les infections transmissibles sexuellement à déclaration obligatoire (chlamydiose, gonorrhée et syphilis infectieuse)

Points clés

  • Le taux de chlamydia a augmenté de 39 % entre 2008 et 2017.
  • Le taux de gonorrhée a augmenté de 109 % entre 2008 et 2017.
  • Le taux de syphilis a augmenté de 167 % entre 2008 et 2017.

Tout comme dans les autres pays à revenu élevé, les nouveaux diagnostics d’ITS ne cessent de grimper au Canada. Au Canada, les trois ITS à déclaration obligatoire sont la chlamydia, la gonorrhée et la syphilis infectieuse.

La chlamydiose

La chlamydiose peut toucher les organes génitaux, le rectum et la gorge. On la qualifie parfois de maladie silencieuse puisque près de 50 % des hommes infectés et 70 % des femmes infectées n’éprouvent aucun symptôme et, de ce fait, ignorent leur statut réel. Toutefois, même en l’absence de symptômes, la chlamydiose peut entraîner de graves problèmes de santé, surtout pour les femmes. Chez celles-ci, la chlamydiose non traitée peut se solder par une maladie inflammatoire pelvienne, voire l’infertilité et l’arthrite. Chez les hommes, elle peut provoquer un phénomène obstructif de cicatrisation au niveau de l’urètre (formation de tissu cicatriciel indésirable) ainsi que l’arthrite et, parfois, l’infertilité. Le dépistage de la chlamydiose repose sur une analyse d’urine ou encore un frottis urétral, cervical, anal ou de la gorge. La chlamydiose se traite au moyen d’antibiotiques.

Entre 2008 et 2017, le taux de nouveaux diagnostics de chlamydiose (l’ITS bactérienne la plus répandue au Canada) a connu une augmentation de 39 %. On a diagnostiqué 126 322 nouveaux cas de chlamydiose en 2017, au Canada, soit un taux de 346 cas par 100 000 personnes. Près des deux tiers des diagnostics de chlamydiose se rencontraient chez des femmes (60 %), en 2017. Le groupe d’âge comptant le plus grand nombre de cas déclarés de chlamydiose en 2017 était celui des 25 à 29 ans, dont le taux était de 1 871 cas par 100 000 personnes au Canada.

La gonorrhée

La gonorrhée peut affecter les organes génitaux, le rectum, les yeux et la gorge (par le biais du système lymphatique). Les femmes atteintes de gonorrhée sont plus susceptibles que les hommes de n’éprouver aucun symptôme ou d’avoir des symptômes plus légers. Il n’empêche que la transmission de la bactérie peut avoir lieu en l’absence de symptômes et, faute de traitement, des complications pour la santé risquent de se produire. Les complications chez les femmes incluent : maladie inflammatoire pelvienne, infertilité, arthrite et grossesse ectopique. Les hommes peuvent développer une cicatrisation urétrale obstructive, de l’arthrite et une possibilité d’infertilité. Le dépistage de la gonorrhée repose sur une analyse d’urine ou encore un frottis urétral, cervical, anal ou de la gorge. Il est possible de guérir la gonorrhée à raison d’une seule dose d’un antibiotique, mais, puisque des souches résistantes de la bactérie deviennent de plus en plus courantes, un traitement au moyen de deux médicaments est à présent recommandé.

Entre 2008 et 2017, le taux de nouveaux diagnostics de gonorrhée (la deuxième ITS bactérienne la plus répandue au Canada) a connu une augmentation de 109 %. On a diagnostiqué 29 034 nouveaux cas de gonorrhée en 2017, au Canada, soit un taux de 80 cas par 100 000 personnes. Près des deux tiers des diagnostics de gonorrhée se rencontraient chez des hommes (65 %), en 2017. Le groupe d’âge comptant le plus grand nombre de cas déclarés de gonorrhée en 2017 était celui des 20 à 24 ans, dont le taux de était de 272 cas par 100 000 personnes au Canada.

La syphilis

La syphilis est une ITS bactérienne qui s’attaque à l’organisme en trois phases. Certaines personnes présentent des symptômes évidents, tels que des plaies et des éruptions cutanées douloureuses, alors que d’autres n’éprouvent aucun symptôme. Les symptômes semblent disparaître parfois sans traitement, mais en réalité, l’infection entre dans un état de latence. Après de nombreuses années de latence, la syphilis pourra dégénérer en une infection tertiaire, causant de graves dommages au cerveau, au cœur, aux yeux et aux os ou même la mort. Le dépistage de la syphilis repose sur un test sanguin. Si la syphilis est décelée tôt, on peut la guérir au moyen d’un simple traitement antibiotique.

Entre 2008 et 2017, le taux de nouveaux diagnostics de syphilis a connu une augmentation de 167 %. On a diagnostiqué 4 083 nouveaux cas de syphilis infectieuse en 2017, soit un taux de 11 cas par 100 000 personnes au Canada. La majorité des diagnostics de syphilis (89 %) se rencontraient chez des hommes, en 2017. Le groupe d’âge comptant le plus grand nombre de cas déclarés de syphilis en 2017 était celui des 25 à 29 ans, dont le taux était de 27 cas déclarés par 100 000 personnes au Canada.

Ressources

La chlamydia – Feuillet d’information de CATIE

La gonorrhée – Feuillet d’information de CATIE

La syphilis – Feuillet d’information de CATIE

Lignes directrices canadiennes sur les infections transmissibles sexuellement – Agence de la santé publique du Canada (ASPC)

Stratégie mondiale du secteur de la santé contre les infections sexuellement transmissibles, 2016-2021 – Organisation mondiale de la Santé

Source

  1. Agence de la santé publique du Canada. Maladies à déclaration obligatoire en direct. Disponible à l’adresse : http://maladies.canada.ca/declaration-obligatoire/
  2. Agence de la santé publique du Canada. Syphilis infectieuse au Canada, 2018. Relevé des maladies transmissibles au Canada. 2019 Nov 7;45(11):332. Disponible à l’adresse : https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/rapports-publications/releve-maladies-transmissibles-canada-rmtc/numero-mensuel/2019-45/numero-11-7-novembre-2019/article-5-rapport-syphilis-infectieuse-canada-2009-2018.html