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novembre 2014 

Les statines : de nombreux bienfaits et peu de risques en général

Les statines sont un groupe de médicaments qui agissent d’une façon particulière pour réduire la production de cholestérol par l’organisme. Les exemples de statines puissantes couramment utilisées incluent l’atorvastatine (Lipitor) et la rosuvastatine (Crestor). Grâce à l’inhibition de la production de cholestérol dans les cellules, et peut-être en raison d’autres actions ayant lieu au niveau moléculaire, les statines se sont révélées utiles pour réduire le risque de crise cardiaque et d’autres complications cardiovasculaires lors de plusieurs essais cliniques menés auprès de personnes séronégatives.

L’analyse des données d’essais cliniques porte à croire qu’une minorité de personnes recevant des statines courent le risque d’éprouver les effets secondaires suivants :

  • douleur musculaire et faiblesse
  • de très rares cas de lésions hépatiques
  • augmentation de la glycémie, de sorte qu’elle frôle la limite supérieure de la normale, qui est un événement précurseur du prédiabète et du diabète

Soulignons toutefois que le risque de diabète n’est pas égal parmi les utilisateurs de statines. Lors de l’analyse récente des données d’une très grande étude dénommée Jupiter, lors de laquelle les participants recevaient soit la rosuvastatine soit la rosuvastatine factice (placebo), les chercheurs ont constaté que seuls les participants présentant « un ou plusieurs facteurs de risque majeurs de diabète étaient les plus à risque de développer le diabète, comparativement aux participants ne présentant aucun facteur de risque majeur ».

De plus, les chercheurs ont constaté que les nombreux bienfaits associés à la prise d’une statine comme la rosuvastatine l’emportaient sur le faible risque de diabète.

Un mot à propos des effets secondaires

Des chercheurs à l’Université Harvard ont passé en revue les dossiers hospitaliers de près de 108 000 patients, se concentrant particulièrement sur l’interruption d’un traitement aux statines. Selon les chercheurs, environ 18 % des patients avaient cessé de prendre une statine à cause des effets secondaires. Ce chiffre de 18 % ne diffère pas largement des statistiques se rapportant aux effets secondaires de la rosuvastatine ou du placebo signalées lors de l’étude Jupiter (entre 15 % et 16 % des participants à l’étude Jupiter se sont plaints d’effets secondaires, comme nous le mentionnons dans l’article au sujet de cette étude qui suit). Les chercheurs de l’Université Harvard ont fait la déclaration intéressante suivante à propos de leur étude :

« Nous avons trouvé que la majorité, soit plus de 90 %, des patients qui ont été réexposés à une statine à la suite d’un événement lié à une statine ont finalement réussi à la tolérer. Peu de patients réexposés ont vécu un autre événement lié à une statine, et les réactions graves comme la rhabdomyolyse [dégradation musculaire provoquant la libération de la protéine myoglobine dans le sang; la myoglobine se dégrade en substances pouvant nuire aux reins] étaient plutôt rares… »  En effet, selon les chercheurs, des cas de « rhabdomyolyse évidente n’ont été détectés que chez 0,006 % des patients inscrits à l’étude ». 

Ces résultats sont importants et méritent d’être pris en considération lorsqu’on essaie de se faire une idée de l’innocuité des statines dans la vie quotidienne des cliniques hospitalières.

Les statines possèdent également une activité anti-inflammatoire, et des essais cliniques sont prévus ou en cours auprès de personnes séropositives pour évaluer leurs bienfaits potentiels. Il est donc possible que les statines soient prescrites plus souvent par les médecins qui soignent des personnes séropositives, soit dans le cadre d’un plan pour les protéger contre les complications des maladies cardiovasculaires, soit pour aider à réduire l’inflammation excessive.

Gare aux interactions médicamenteuses!

Le choix d’une statine doit se faire avec prudence à cause du risque d’interactions médicamenteuses. Il est utile de consulter un médecin et un pharmacien pour connaître les interactions possibles entre les statines et les médicaments anti-VIH et les autres médicaments sur ordonnance ou en vente libre.

À la découverte de Jupiter

Pour rendre service à nos lecteurs, nous explorons dans la section suivante une analyse détaillée de l’essai clinique Jupiter, lequel a étudié l’utilisation d’une statine moderne et puissante appelée rosuvastatine et son lien éventuel avec le diabète et d’autres effets secondaires, ainsi que les conséquences possibles sur les personnes recevant ce médicament. L’avantage d’examiner les données de l’essai Jupiter réside dans le fait qu’il s’agit d’une étude très bien conçue menée auprès de personnes séronégatives. Nous explorons aussi les résultats provisoires d’une autre étude appelée Saturn, un essai clinique contrôlé contre placebo sur la rosuvastatine mené auprès de personnes séropositives.

—Sean R. Hosein

RÉFÉRENCES :

  1. Ng B, MacPherson P, Haddad T, et al. Heart failure in HIV infection: focus on the role of atherosclerosis. Current Opinion in Cardiology. 2014 Mar;29(2):174-9.
  2. Zhang H, Plutzky J, Skentzos S, et al. Discontinuation of statins in routine care settings: a cohort study. Annals of Internal Medicine. 2013 Apr 2;158(7):526-34.

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