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novembre 2014 

L’inflammation et ses conséquences

Lorsque les cellules du système immunitaire rencontrent des microbes envahissants, elles peuvent s’activer et entrer dans un état de vigilance intensifiée. Ces cellules aident à mobiliser le système immunitaire pour combattre les microbes. Voici une description largement simplifiée de la réponse du système immunitaire à une infection :

  • Des signaux chimiques sont libérés pour attirer d’autres cellules immunitaires dotées de fonctions spécialisées vers l’endroit où les microbes sont concentrés.
  • À mesure que le nombre de cellules immunitaires augmente au site de l’infection, certaines d’entre elles tentent de contenir les microbes.
  • D’autres cellules prennent une sorte de photo moléculaire du microbe envahissant puis se dirigent vers les ganglions et tissus lymphatiques afin d’avertir le système immunitaire de la présence de l’envahisseur.
  • En raison de ces actions, le système immunitaire s’active et les ganglions et tissus lymphatiques produisent de nombreuses copies de cellules CD8+, les principaux combattants de l’organisme contre les infections. Ces cellules CD8+ sont libérées dans la circulation afin de s’attaquer aux microbes et de tuer les cellules infectées.
  • L’organisme augmente sa température pour essayer de tuer les microbes.
  • D’ordinaire, l’ensemble de ces réponses immunitaires permet de contenir l’infection et, à mesure que le nombre de microbes diminue, le système immunitaire libère des signaux anti-inflammatoires et d’autres cellules se spécialisant dans la suppression du système immunitaire et le freinage de ses réponses.

Toutefois, lorsque le système immunitaire est incapable de contrôler et de vaincre une infection, l’état d’activation persiste. Nous parlons des conséquences de cette activation persistante plus loin dans cet article.

Où se trouve le système immunitaire?

Le système immunitaire est situé dans plusieurs organes et tissus, notamment le thymus, la rate et la moelle osseuse. Il existe aussi de nombreux tissus et ganglions lymphatiques dispersés partout dans le corps entre le cou et les genoux, et tout particulièrement autour des intestins. De plus, les cellules du système immunitaire sont distribuées partout dans le corps et se trouvent dans de nombreux systèmes organiques majeurs, dont le cerveau, le cœur et les vaisseaux sanguins, les reins, le foie, les poumons et d’autres. La présence de cellules immunitaires dans ces différents systèmes organiques confère à ceux-ci une protection locale.

Dans les cas d’infection chronique où le système immunitaire demeure activé, ses cellules enflammées peuvent libérer des signaux chimiques qui provoquent de l’inflammation dans les systèmes organiques où elles résident. L’inflammation est transférée de cette manière vers d’autres parties du corps. L’inflammation temporaire qui a lieu pendant les infections de courte durée est utile pour mobiliser la réponse immunitaire et les ingrédients servant à la création de millions (voire de milliards dans certains cas) de nouvelles cellules. Toutefois, l’inflammation chronique associée à une infection persistante, comme celle causée par le VIH, peut nuire aux systèmes organiques et provoquer leur lente dégradation.

Les chercheurs ont découvert que l’inflammation excessive semble jouer un rôle dans les dommages associés à de nombreuses maladies chez les personnes séronégatives; il est même possible qu’elle joue un rôle causal dans le cas de certaines affections, dont les suivantes :

  • arthrite
  • obésité
  • psoriasis
  • maladies cardiovasculaires
  • diabète
  • tension artérielle supérieure à la normale
  • cancer
  • amincissement des os

Il est également possible que l’inflammation joue un rôle dans l’apparition des affections de cette liste chez les personnes séropositives.

Réduire l’inflammation

Les études ont révélé que la prise d’une combinaison de médicaments anti-VIH (couramment appelée thérapie antirétrovirale ou TAR) permet de réduire considérablement l’inflammation liée au VIH. Toutefois, comme la TAR ne guérit pas l’infection au VIH, un certain degré d’inflammation excessive persiste. Pour cette raison, les chercheurs mènent des études dans le but de trouver des moyens de supprimer de façon sécuritaire l’inflammation qui se produit chez les personnes vivant avec le VIH.

Dans ce numéro, nous passons en revue quelques études qui ont exploré des façons d’atténuer l’inflammation liée au VIH chez les utilisateurs de la TAR. Nous parlerons davantage de l’inflammation liée au VIH dans les prochains numéros de TraitementSida.

—Sean R. Hosein

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