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février 2014 

Les services par courriel destinés aux patients permettent d’économiser du temps et de l’argent et réduisent le nombre de consultations en clinique

De nombreuses personnes séropositives qui prennent une combinaison de médicaments puissants contre le VIH (couramment appelée TAR ou multithérapie) et qui n’ont pas d’autre maladie sont généralement en bonne santé. Il est donc possible qu’elles aient besoin de consulter moins fréquemment leur médecin. Des médecins œuvrant dans une clinique importante de Brighton, au Royaume-Uni, ont constaté que le nombre de patients séropositifs soignés dans leur clinique augmentait de 5 % à 7 % par année depuis dix ans. Toutefois, les besoins en personnel de la clinique n’ont pas augmenté proportionnellement à la croissance de sa population de patients.

De façon générale, les patients de cette clinique correspondent au profil suivant :

  • 88 % suivent une TAR
  • 95 % des patients suivant une TAR ont une charge virale de moins de 50 copies/ml
  • 68 % se font livrer leurs médicaments à domicile

À la clinique hospitalière de l’Université de Brighton et Sussex, la norme de soins nécessite qu’un spécialiste du VIH voie les patients séropositifs médicalement stables tous les quatre mois. Deux semaines avant chaque visite à la clinique, les patients se rendent à un laboratoire pour se faire prélever des échantillons de sang qui seront analysés.

En 2008, la clinique de Brighton a établi un service par courriel à l’intention des patients correspondant au profil suivant :

  • le patient est suivi par un médecin de la clinique depuis plus d’un an
  • le patient a une charge virale supprimée stable (au moins deux résultats consécutifs inférieurs à 40 copies/ml) ou plus de 350 cellules CD4+
  • le patient n’a aucun autre problème de santé
  • le patient a accès à l’Internet
  • le patient a un médecin de famille

On faisait connaître le service aux patients potentiels et on leur demandait de signer un formulaire de consentement avant de s’y inscrire. En vertu du nouveau système, les consultations de routine auprès d’un spécialiste du VIH ont été limitées à une seule par année.

Au début, sur les milliers de patients suivis à la clinique, 33 % (674) se sont abonnés au service par courriel et ont réduit la fréquence de leurs visites à la clinique. Leur profil moyen était le suivant :

  • 91 % d’hommes, 9 % de femmes
  • 88 % étaient de race blanche
  • 83 % étaient des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH)
  • plage d’âge de 21 à 81 ans, avec une médiane de 47 ans
  • infection au VIH stable dans tous les cas; 93 % des participants sous TAR, dont 97 % ayant une charge virale inférieure à 40 copies/ml
  • diagnostic de VIH remontant à 11 ans

Trente-trois participants ont cependant fini par se désabonner du service par courriel pour les raisons suivantes :

  • ils préféraient consulter tous les six mois – 10 patients
  • les visites plus fréquentes chez le médecin leur manquaient – 7 patients
  • déménagement – 2 patients
  • problèmes liés à la livraison à domicile des médicaments – 2 patients
  • problèmes d’ordinateur – 2 patients
  • autres raisons non spécifiées – 10 patients

Arrêts temporaires

À l’heure actuelle, 117 patients ont cessé temporairement d’utiliser le nouveau système parce qu’ils ont besoin de soins médicaux plus intensifs pour les raisons suivantes :

  • problèmes médicaux (y compris la co-infection au VHC) – 60 patients
  • inscription à des études de recherche – 26 patients
  • ont décidé de commencer ou de changer de TAR – 26 patients
  • autres raisons – 5 patients

Satisfaction

Dans l’ensemble, 90 % des participants ont qualifié le service de « bon » ou « excellent ». 

Les participants apprécient particulièrement les aspects suivants du service :

  • visites moins fréquentes à la clinique hospitalière
  • accès aux résultats des tests sanguins par courriel
  • possibilité d’aller au laboratoire de bonne heure (7 h 30) et de ne pas interrompre leurs heures de travail

Quatre-vingt-seize pour cent (96 %) des participants recommanderaient le service à un ami séropositif.

Voici quelques commentaires laissés par les patients :

  • « le service est excellent pour les gens occupés »
  • « le service est fabuleux, il devrait exister partout au pays »
  • « … une approche moderne, centrée sur le patient, de la prise en charge d’une maladie chronique que d’autres services devraient copier »

Les chercheurs de Brighton ont trouvé un moyen d’économiser de l’argent sans compromettre la satisfaction des patients. Peut-être un service semblable se révélerait-il utile à d’autres cliniques desservant les personnes vivant avec le VIH ou d’autres problèmes de santé.

—Sean R. Hosein

RÉFÉRENCE :

Whetham J, Hendrikx C, Fisher M. Four years’ experience of an email clinic in an outpatient HIV setting. In: Program and abstracts of the 14th European AIDS Conference, 16-19 October 2013, Brussels, Belgium. Abstract PS8/6.