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2009 juillet/août 

Les reins et l’hépatite C chez les femmes

Historiquement, la plupart des études sur le traitement du VIH se sont déroulées majoritairement auprès de volontaires masculins. Par conséquent, l’impact précis du VIH et de nombreux médicaments anti-VIH sur les femmes séropositives n’est pas toujours clair, ou on risque de mettre beaucoup de temps à le découvrir. Dans une tentative de résoudre ce problème, des chercheurs aux États-Unis ont établi la Women’s Interagency HIV Study (WIHS). Pour cette dernière, ils ont inscrit des femmes vivant avec le VIH ainsi que des femmes qui couraient un risque élevé de contracter cette infection. Les chercheurs ont documenté les effets de l’infection au VIH et, subséquemment, les effets des médicaments anti-VIH sur ces femmes sur une période de plusieurs années. Des données portant sur la santé des femmes ont été recueillies et sauvegardées dans la base de données WIHS.

Récemment, les chercheurs ont terminé une analyse de l’impact de la co-infection VHC-VIH sur la santé rénale des femmes inscrites à la WIHS. Leurs résultats semblent indiquer que la co-infection par le VHC augmente le risque de lésions rénales chez certaines femmes vivant avec le VIH.

Détails de l’étude

Les chercheurs ont analysé des données portant sur 2 684 femmes séropositives, dont 945 (35 %) étaient co-infectées par l'hépatite C. L’équipe a fourni la description générale suivante des femmes co-infectées :

« Elles avaient tendance à être plus âgées, de race noire, pauvres et consommatrices de drogues » au moment de leur admission à la WIHS.

Résultats

Au début de l’étude, environ 8 % des femmes co-infectées avaient un DFGe de 60, ce qui laissait soupçonner la présence d’une insuffisance rénale chronique. De plus, les femmes co-infectées étaient deux fois plus susceptibles de souffrir d’insuffisance rénale que les femmes infectées par le VIH seulement.

Chez les femmes qui présentaient une insuffisance rénale au début de l’étude (DFGe de moins de 60), des lésions rénales étaient constamment détectables pendant les cinq prochaines années. De fait, leur DFGe continuait de chuter chaque année, signe probable que leur insuffisance rénale s’aggravait. En moyenne, le DFGe de ces femmes a diminué de 5 % chaque année.

Même en tenant compte de plusieurs facteurs, les chercheurs constataient que la co-infection par le VHC était un prédicteur plus fiable du déclin de la santé rénale au fil du temps que tous les facteurs suivants :

  • consommation de drogues illicites;
  • diabète;
  • hypertension;
  • compte de CD4+;
  • multithérapie;
  • charge virale en VIH.

Les résultats de cette étude ne sont pas très étonnants car des études de plus grande envergure menées chez des personnes porteuses du VHC seulement ont donné des résultats semblables. Il est possible que l’infection au VHC nuise à la santé rénale des façons suivantes :

  • Le VHC pourrait endommager la membrane située dans les unités de filtrage des reins.
  • Le VHC pourrait accélérer les lésions rénales causées par le VIH, le diabète ou l’hypertension.

Les résultats de l’étude WIHS doivent être confirmés et vérifiés auprès d’autres femmes co-infectées.

RÉFÉRENCE :

  1. Tsui J, Vittinghoff E, Anastos K, et al. Hepatitis C seropositivity and kidney function decline among women with HIV: data from the Women’s Interagency HIV Study. American Journal of Kidney Diseases. 2009 Jul;54(1):43-50.