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2009 juillet/août 

Une étude d’envergure examine le ténofovir et la santé rénale

Des chercheurs au Royaume-Uni ont récemment passé en revue les dossiers médicaux appartenant à deux grands centres de traitement du VIH. Leurs résultats laissent croire que le ténofovir (Viread) est généralement sans danger pour les reins sur une période de huit ans. Toutefois, le ténofovir aurait causé des lésions rénales chez un sous-groupe de patients. Ces lésions auraient disparu lorsque les patients ont cessé de prendre le médicament. Nous parlons plus tard des facteurs qui auraient pu accroître le risque de dysfonction rénale chez les patients recevant du ténofovir.

Détails de l’étude

Les chercheurs de deux hôpitaux britanniques (à Londres et à Brighton) ont examiné des données recueillies sur une période de huit ans auprès de 3 439 personnes séropositives (28 % de femmes, 72 % d’hommes). Leurs résultats sont résumés ci-dessous.

Résultats

Chez les 843 personnes qui ont pris du ténofovir durant l’étude, 21 (ou 2,5 %) ont présenté une insuffisance rénale chronique.

Quatre patients sous ténofovir sont morts durant la période à l’étude, mais leur décès n’a pas été attribué au ténofovir.

Facteurs de risque

Comme la majorité des personnes qui prennent du ténofovir ne présentent aucun problème rénal, les chercheurs s’intéressaient à déterminer quels facteurs auraient prédisposé quelques patients à souffrir d’insuffisance rénale. Dans le cas des personnes présentant déjà une insuffisance rénale (DFGe inférieur à 60), le ténofovir semble avoir accéléré le déclin des reins. Lorsque aucune insuffisance rénale préexistante n’était présente, les médecins ont déterminé que les facteurs suivants jouaient vraisemblablement un rôle :

  • âge minimum de 50 ans;
  • dysfonction rénale légère (DFGe supérieur à 60 mais inférieur à 90) avant de commencer à prendre du ténofovir;
  • infection au VIH de longue durée (10 ans et plus).

Ce dernier point est intéressant parce qu’il suggère la possibilité que le VIH lui-même puisse avoir contribué au déclin de la santé rénale avant même que le ténofovir ne soit prescrit.

Selon l’équipe de recherche, vu que les reins de ces patients n’étaient pas entièrement fonctionnels, ces organes auraient pu avoir de la difficulté à débarrasser le corps du ténofovir, auquel cas le médicament se serait accumulé dans le corps. Dans certains cas, les médecins ont réduit la dose de ténofovir afin de favoriser une amélioration du DFGe.

Ces chercheurs affirment que les résultats de leur étude soulignent le besoin d’un suivi minutieux pour veiller à la santé rénale des personnes séropositives et ce, dès leur entrée dans le système de soins. Ils ajoutent que des contrôles plus fréquents du DFGe et un ajustement subséquent du dosage du ténofovir pourraient s’avérer nécessaires pour protéger la santé rénale des patients présentant certains facteurs de risque (diabète, âge supérieur à 50 ans, hypertension).

RÉFÉRENCE :

  1. Campbell LJ, Ibrahim F, Fisher M, et al. Spectrum of chronic kidney disease in HIV-infected patients. HIV Medicine. 2009 Jul;10(6):329-36.