TraitementActualités
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mai/juin 2016 

De nouveaux médicaments, un éventail plus large de génotypes et davantage de guérisons

Le virus de l’hépatite C (VHC) s’attaque au foie et cause l’inflammation de cet organe. Durant la lutte entre le système immunitaire et le VHC, le foie subit des dommages au fur et à mesure que ses tissus sains sont graduellement remplacés par du tissu cicatriciel inutile. Si le VHC n’est pas traité, la plupart des régions du foie subissent de graves dommages et le tissu cicatriciel devient prédominant; ce stade marque le début de la cirrhose. À mesure que l’état du foie se détériore et que l’organe perd sa capacité de filtrer le sang, cela nuit à d’autres organes comme les reins et le cerveau et des complications surviennent alors.

De nombreuses personnes ayant le VHC ne savent pas qu’elles ont contracté le virus. Le dépistage du VHC peut aider à découvrir l’infection cachée et mener à une discussion sur les options de traitement.

Il y a à peine six ans, le traitement du VHC chronique reposait encore sur une forme d’interféron à action prolongée et le médicament antiviral ribavirine. L’interféron active le système de défense antiviral de l’organisme, alors que la ribavirine est un vieux médicament qui est actif contre divers virus. L’interféron devait être injecté une fois par semaine et causait des effets secondaires que l’on considérait au mieux comme très déplaisants. Les patients devaient prendre la combinaison des deux médicaments pendant 24 à 48 semaines consécutives, et les taux de guérison flottaient habituellement entre 60 % et 75 %.

Il y a environ 12 ans, des chercheurs ont créé le premier antiviral à action directe (AAD) expérimental et lui ont donné le nom de ciluprévir. Toutefois, lors des essais cliniques, le VHC a rapidement acquis une résistance à cette molécule et elle a été abandonnée. Les compagnies pharmaceutiques ont alors commencé à mettre au point d’autres AAD.

En 2011, la première génération d’AAD plus efficaces est arrivée. Il s’agissait du bocéprévir et du télaprévir, mais il était encore nécessaire de prendre ces médicaments en combinaison avec l’interféron et la ribavirine. Ces AAD pouvaient aussi provoquer des effets secondaires et n’étaient pas très efficaces, les taux de guérison ayant été de 65 % à 75 % en moyenne.

Encouragées par le succès relatif récent des AAD, les compagnies pharmaceutiques ont commencé à créer des médicaments oraux plus puissants pour traiter le VHC, y compris les suivants :

  • daclatasvir (Daklinza)
  • Harvoni (sofosbuvir + lédipasvir)
  • Holkira Pak (dasabuvir + ombitasvir +paritaprévir+ ritonavir)
  • siméprévir (Galexos)
  • sofosbuvir (Sovaldi et dans Harvoni)
  • Zepatier (elbasvir et grazoprévir)

Dans l’ensemble, ces médicaments sont surtout efficaces contre le génotype 1 du VHC (souche la plus courante du virus), mais certains d’entre eux, ou encore certaines combinaisons d’entre eux, peuvent être utilisés contre d’autres génotypes. De nos jours, toutes les compagnies pharmaceutiques principales sont en train de mettre au point des combinaisons de médicaments que l’on pourra prendre une fois par jour pour traiter tous les génotypes principaux du VHC. Certains des régimes en développement se sont montrés tellement puissants qu’ils pouvaient même guérir des personnes dont les régimes antérieurs avaient échoué. Nous incluons davantage d’information sur les médicaments anti-VHC en voie de développement plus loin dans ce numéro de TraitementActualités, ainsi que dans le numéro 216.

—Sean R. Hosein