TraitementActualités
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mai/juin 2016 

Une étude américaine examine la durabilité à long terme de la guérison, le risque de rechute et de cancer du foie

Des chercheurs dans plusieurs pays, dont la France, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni et les États-Unis, ont passé en revue les dossiers de plusieurs milliers de personnes qui avaient guéri du VHC sous l’effet d’antiviraux à action directe (AAD). Les chercheurs ont constaté des taux de guérison très élevés qui se maintenaient jusqu’à trois ans après la fin du traitement. Autrement dit, une fois guéris, la vaste majorité des participants restaient guéris. Les taux de rechute, de réinfection et de cancer du foie étaient très faibles après l’atteinte de la guérison.

Détails de l’étude

Les participants aux études commanditées par la compagnie Gilead Sciences ont été encouragés à s’inscrire à une étude par observation qui les a suivis pendant une période allant jusqu’à trois ans après la guérison d’une infection au VHC. Dans le cadre de cette étude par observation, les participants devaient visiter régulièrement les cliniques de l’étude pour subir des prélèvements de sang à des fins d’analyse.

Un total de 5 433 participants se sont inscrits. Ils avaient le profil moyen suivant au moment de leur admission à l’étude :

  • âge : 54 ans
  • 63 % d’hommes, 37 % d’hommes
  • 20 % avaient des lésions hépatiques graves (cirrhose)
  • la plupart (99 %) avaient été infectés par les génotypes 1, 2, 3 ou 4

Résultats : suivre les traces du VHC

Les chercheurs ont constaté ce qui suit :

  • 99,7 % des participants ont maintenu leur statut de patients guéris.
  • 0,1 % des participants montraient des indices d’une rechute tardive.
  • Les participants qui ont rechuté avaient tendance à avoir le génotype 1a ou 3 du VHC. Historiquement, ces génotypes ont tendance à mal répondre au traitement.
  • 0,2 % des participants montraient des indices de réinfection par le VHC.
  • Les réinfections ont commencé à se produire dès le huitième mois suivant la guérison.

Résultats : suivre les traces du cancer du foie

On a détecté des cas de cancer du foie après la cessation du traitement, mais leur nombre était faible. Cela est sans doute attribuable à la proportion plus faible de personnes atteintes de cirrhose dans cette étude, par rapport à l’étude française dont nous venons de rendre compte (où plus de 60 % des participants avaient la cirrhose).

La plupart des cas de cancer du foie touchaient des personnes ayant une cirrhose préexistante et se sont produits dans l’année suivant la cessation du traitement.

Cancers du foie diagnostiqués lors de l’admission à l’étude :

  • personnes ayant la cirrhose : 5 cas
  • personnes n’ayant pas la cirrhose : 3 cas

Cancers du foie diagnostiqués 24 semaines après l’admission à l’étude :

  • personnes ayant la cirrhose : 5 cas
  • personnes n’ayant pas la cirrhose : 1 cas

Cancers du foie diagnostiqués 48 semaines après l’admission à l’étude :

  • personnes ayant la cirrhose : 6 cas
  • personnes n’ayant pas la cirrhose : 0 cas

Cancers du foie diagnostiqués 72 semaines après l’admission à l’étude :

  • personnes ayant la cirrhose : 3 cas
  • personnes n’ayant pas la cirrhose : 0 cas

Après la72e semaine, aucun autre cas de cancer du foie ne s’est produit.

Autres problèmes liés au foie

Une tendance semblable (une baisse au fil du temps) a été observée en ce qui concerne la proportion relativement faible de cas de complications hépatiques détectés après la cessation du traitement. Les complications incluaient les suivantes :

  • accumulation de liquide dans l’abdomen (ascite)
  • hémorragie interne
  • problèmes cérébraux
  • jaunissement de la peau et du blanc des yeux (jaunisse)

Le nombre de cas de complications de ce genre a baissé au fil du temps et se situait à zéro dès la troisième année de l’étude.

On a également observé une tendance semblable dans les analyses de sang, c’est-à-dire une normalisation des résultats au fil du temps.

Dans l’ensemble, les résultats de cette analyse sont rassurants et révèlent que la vaste majorité des personnes guéries par les AAD restent guéries. Les taux de complications, y compris le cancer du foie, ont été plus faibles que lors d’une autre étude menée en France (dont nous avons parlé plus tôt dans ce numéro de TraitementActualités). Il est probable que le taux plus faible de cancer du foie observé lors de la présente étude est attribuable au fait que la plupart des participants avaient été traités tôt dans le cours de la maladie hépatique, avant l’apparition de la cirrhose.

—Sean R. Hosein

RÉFÉRENCE :

Lawitz E, Ruane P, Stedman C, et al. Long-term follow-up of patients with chronic HCV infection following treatment with direct-acting antiviral regimens: maintenance of SVR, persistence of resistance mutations and clinical outcomes. The International Liver Congress, 13-17 April 2016, Barcelona. Abstract 166.

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