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mars/avril 2016 

L’acide zolédronique maintient la densité osseuse chez des utilisateurs de la TAR

Les personnes vivant avec l’infection au VIH sont plus à risque d’avoir des os anormalement minces et de subir des fractures. Le risque d’une baisse de la densité osseuse peut se produire à cause de nombreux facteurs, dont certains seraient liés à l’impact du VIH sur le système immunitaire. D’autres facteurs sont de nature personnelle et peuvent être liés aux activités suivantes :

  • consommation excessive d’alcool
  • tabagisme
  • injection de drogues
  • usage de corticostéroïdes

Des études ont révélé que la densité osseuse avait tendance à diminuer de 1 % à 4 % au cours de la première année de la TAR. La densité osseuse avait tendance à se stabiliser par la suite. La raison de cette baisse de la densité osseuse n’est pas claire.

Des chercheurs d’Atlanta, en Géorgie, ont mené un petit essai clinique bien conçu pour évaluer l’impact d’une seule perfusion d’un médicament dénommé acide zolédronique (appelé également zolédronate et vendu sous plusieurs noms de marque comme Aclasta, Reclast et Zometa) sur la densité osseuse des personnes qui commencent une TAR. Les chercheurs ont constaté qu’une seule perfusion de l’acide zolédronique prévenait les pertes osseuses induites par la TAR pendant un an (durée de l’étude en question).

Détails de l’étude

Les chercheurs ont évalué 343 volontaires potentiels avant d’en choisir 63 qu’ils ont ensuite répartis au hasard pour recevoir l’une des interventions suivantes :

  • TAR + perfusion unique d’acide zolédronique : 34 personnes
  • TAR + perfusion unique de placebo (acide zolédronique factice) : 29 personnes

Les participants avaient le profil moyen suivant lors de leur admission à l’étude :

  • âge : 39 ans
  • 79 % d’hommes, 21 % de femmes
  • la plupart (80 %) étaient de race noire
  • au moins 70 % des participants fumaient (facteur de risque d’ostéoporose)

Les chercheurs n’ont pas recruté de femmes enceintes ou d’autres personnes souffrant d’une maladie osseuse, d’une carence en vitamine D ou d’un ulcère gastrique.

Tous les participants ont reçu la TAR uniquotidienne suivante : atazanavir (Reyataz) + Truvada (ténofovir + FTC).

Un mot au sujet de l’évaluation de la santé osseuse

Les techniciens ont mesuré les taux de plusieurs protéines dans les échantillons de sang prélevés chez les participants. Ils s’intéressaient en particulier aux deux protéines (ou marqueurs) suivantes qui ont servi en partie à l’évaluation de la santé osseuse :

  • CTx : télopeptide C-terminal du collagène; un taux élevé de cette substance porte à croire que les os se dégradent (le terme technique pour ce phénomène est résorption)
  • ostéocalcine : un taux élevé de cette protéine porte à croire que les os se construisent

Ces tests sanguins sont principalement utilisés dans les études de recherche.

Les techniciens ont également évalué la santé osseuse des participants à l’aide de radiographies de faible dose appelées DEXA (absorptiométrie à rayons X en double énergie). Les examens de cette sorte sont utilisés de façon routinière dans les cliniques.

La durée prévue de cette étude est de 144 semaines, et nous en présentons maintenant des résultats préliminaires.

Résultats

Comparativement au placebo, les taux de CTx ont chuté considérablement chez les utilisateurs de l’acide zolédronique, comme suit :

  • baisse de 73 % à la semaine 12
  • baisse de 65 % à la semaine 24

Même si le déclin du taux de CTx était moins considérable à la 48e semaine, il demeurait bien plus important que la baisse observée chez les personnes recevant le placebo.

Dans l’ensemble, ce résultat porte à croire que la densité osseuse augmentait probablement chez les utilisateurs de l’acide zolédronique et diminuait chez les utilisateurs du placebo.

Selon les résultats des examens DEXA des personnes recevant l’acide zolédronique, la densité minérale osseuse avait augmenté de 8 % à la semaine 12 et de 11 % à la semaine 24 et est restée relativement stable jusqu’à la 48e semaine. Des tendances semblables ont été observées dans les résultats des examens DEXA de la hanche.

En guise de contraste, notons que la densité minérale osseuse des utilisateurs du placebo avait chuté de 2 % à la semaine 12 et de 4 % à la semaine 24 et était légèrement plus faible encore à la semaine 48.

Bien qu’il s’agisse ici d’une petite étude, les effets relativement importants constatés lors des évaluations faisaient en sorte qu’il était possible d’effectuer des sous-analyses. Les chercheurs ont trouvé que les bienfaits de l’acide zolédronique n’étaient pas influencés par les facteurs suivants :

  • race
  • âge (en comparant les personnes de moins de 40 ans à des personnes plus âgées)
  • charge virale
  • présence d’ostéopénie au début de l’étude
  • sexe

Les chercheurs ont toutefois souligné que les hommes étaient plus susceptibles de subir un amincissement osseux que les femmes dans le groupe placebo. Parmi les personnes traitées par acide zolédronique, les hommes semblaient moins sujets aux pertes osseuses causées par la résorption.

Aucune différence importante n’a été constatée entre les effets secondaires signalés par les personnes recevant l’acide zolédronique et celles du groupe placebo. Les chercheurs ont donc laissé entendre que le médicament était bien toléré.

Des chercheurs d’autres endroits ont testé l’acide zolédronique comme moyen de stabiliser la densité osseuse des personnes vivant avec le VIH. Vous trouverez des liens vers ces autres études dans la section sur les ressources en matière de santé osseuse.

—Sean R. Hosein

RÉFÉRENCE :

Ofotokun I, Titanji K, Vunnava A, et al. A single dose of zoledronic acid prevents antiretroviral-induced bone loss. Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections, 22-25 February 2016, Boston, MA. Abstract 47.

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