TraitementActualités
213

février 2016 

Zepatier pour le génotype 1a du virus de l’hépatite C

Il existe plusieurs souches, ou génotypes, du virus de l’hépatite C (VHC). Les génotypes sont numérotés de 1 à 6. Ces génotypes peuvent également être divisés en sous-groupes, tels que le génotype 1a, 1b, etc.

Le génotype 1 est courant au Canada, en Australie, aux États-Unis, au Royaume-Uni, au Brésil et en Scandinavie, et le génotype 1a est plus répandu que le génotype 1b dans ces régions. Notons aussi que le génotype 1a a tendance à répondre moins bien au traitement que le génotype 1b.

Les chercheurs de plusieurs pays et de la compagnie pharmaceutique Merck (connu sous le nom de MSD à l’extérieur de l’Amérique du Nord) ont réuni les données d’essais cliniques de phase II et de phase III où Zepatier (combinaison à doses fixes renfermant l’elbasvir et le grazoprévir) avait été administré avec ou sans l’antiviral à large spectre ribavirine à des personnes infectées par le génotype 1a du VHC. Les chercheurs ont ensuite analysé ces données.

Voici les principaux résultats de cette analyse de données :

Lorsqu’il se prend une fois par jour pendant 12 semaines consécutives, Zepatier est très efficace chez les patients atteints du génotype 1a qui n’ont jamais été traités auparavant ou qui ont rechuté à la suite d’un traitement antérieur.

La combinaison Zepatier + ribavirine pendant 16 à 18 semaines est très efficace chez les patients atteints du génotype 1a qui ont connu un échec virologique lors d’un traitement antérieur.

Zepatier a eu une efficacité comparable chez les participants atteints de cirrhose et ceux n’ayant pas la cirrhose (cicatrisation étendue du foie).

Détails de l’étude

Les chercheurs ont analysé des données recueillies auprès de 893 participants ayant les antécédents de traitement suivants :

  • aucun traitement anti-VHC antérieur : 550 personnes
  • traitement antérieur mais rechute subséquente : 343 personnes

Les participants avaient le profil moyen suivant au début de l’étude :

  • 70 % d’hommes, 30 % de femmes
  • 92 % avaient moins de 65 ans
  • principaux groupes ethnoraciaux : 75 % de Blancs, 20 % de Noirs
  • la plupart (70 %) des participants n’avaient pas la cirrhose
  • la plupart (80 %) des participants avaient une charge virale en VHC de 6 millions d’UI/ml ou moins

Parmi les participants traités auparavant, 76 % avaient connu un échec virologique et 24 % avaient rechuté.

Résultats

Zepatier s’est révélé très efficace, les taux de guérison allant de 90 % à 100 %. Le terme guérison veut dire l’obtention d’une réponse virologique soutenue (RVS) 12 ou 24 semaines après la fin du traitement, que l’on écrit ainsi : RVS12 ou RVS24.

Voici les taux de guérison en fonction des différents groupes de participants :

Aucun traitement antérieur

  • Zepatier pendant 12 semaines : 95 % des participants ont guéri (402 personnes sur 426)
  • Zepatier + ribavirine pendant 12 semaines : 95 % des participants ont guéri (71 personnes sur 77)
  • Zepatier pendant 16 à 18 semaines : 91 % des participants ont guéri (21 personnes sur 23)
  • Zepatier + ribavirine pendant 16 à 18 semaines : 100 % des participants ont guéri (23 personnes sur 23)

Rechute antérieure

Les personnes dans ce groupe avaient été traitées auparavant (avec interféron et/ou ribavirine). Bien que ce traitement précédent ait réduit considérablement la quantité de VHC dans le sang de ces personnes, leur charge virale en VHC a grimpé rapidement une fois le traitement terminé. Voici la répartition des taux de guérison dans ce groupe selon le régime :

  • Zepatier pendant 12 semaines : 100 % ont guéri (22  personnes sur 22)
  • Zepatier + ribavirine pendant 12 semaines : 96 % ont guéri (25 personnes sur 26)
  • Zepatier pendant 16 à 18 semaines : 92 % ont guéri (12 personnes sur 13)
  • Zepatier + ribavirine pendant 16 à 18 semaines : 100 % ont guéri (21 personnes sur 21)

Échec thérapeutique antérieur

Dans cette catégorie, les personnes en question avaient reçu un traitement qui n’avait pas réussi à réduire de façon importante la quantité de VHC dans leur sang. Ces participants ont guéri dans les proportions suivantes selon le régime :

  • Zepatier pendant 12 semaines : 90 % ont guéri (62  personnes sur 69)
  • Zepatier + ribavirine pendant 12 semaines : 94 % ont guéri (75 personnes sur 80)
  • Zepatier pendant 16 à 18 semaines : 94 % ont guéri (49 personnes sur 52)
  • Zepatier + ribavirine pendant 16 à 18 semaines : 100 % ont guéri (54 personnes sur 54)

Cirrhose

De façon générale, les personnes présentant de graves lésions hépatiques attribuables au VHC répondent moins bien au traitement que les personnes n’ayant pas la cirrhose.

Voici les résultats obtenus après 12 semaines de traitement par Zepatier (avec ou sans ribavirine) chez les participants jamais traités auparavant et les participants ayant rechuté après un traitement antérieur selon qu’ils avaient la cirrhose ou pas :

  • absence de cirrhose : 95 % ont guéri (345 personnes sur 362)
  • présence de cirrhose : 98 % ont guéri (79 personnes sur 81)

Voici les résultats obtenus par les participants dont le traitement anti-VHC antérieur avait échoué et qui ont reçu Zepatier avec ou sans ribavirine pendant 16 à 18 semaines :

  • absence de cirrhose : 100 % ont guéri (31 personnes 31)
  • présence de cirrhose : 100 % ont guéri (23 personnes 23)

Résistance

Chez certains participants, le VHC avait acquis une certaine résistance aux médicaments étudiés. Il est possible que la résistance se soit développée parce que les cellules infectées par le VHC produisent une grande quantité de virus dont certaines subissent occasionnellement des modifications (ou mutations) qui se produisent par hasard. Certaines de ces mutations peuvent aider le VHC à résister partiellement ou complètement à l’effet du traitement. La résistance aurait pu se développer aussi si les participants avaient reçu dans le passé des traitements inefficaces dont la structure ou la forme ressemblent à celles des médicaments dans Zepatier.

Résistance et rechutes antérieures

L’analyse des échantillons de sang d’un sous-groupe de participants a révélé les résultats suivants du traitement par Zepatier en fonction de la présence ou de l’absence de mutations associées à la résistance au traitement :

  • absence de mutations conférant la résistance : 98 % ont guéri (284 personnes sur 289)
  • présence de mutations conférant la résistance : 91 % ont guéri (136 personnes sur 150)

Résistance et échecs thérapeutiques antérieurs

Parmi les participants qui avaient rechuté antérieurement à la suite d’un traitement et qui ont reçu la combinaison Zepatier + ribavirine pendant 16 à 18 semaines, voici la répartition des taux de guérison en fonction de la présence, au début de l’étude, de mutations conférant la résistance :

  • absence de mutations conférant la résistance : 100 % ont guéri (38 personnes sur 38)
  • présence de mutations conférant la résistance : 100 % ont guéri (14 personnes sur 14)

Point à retenir

La présente analyse a révélé que, dans l’ensemble, un traitement de 12 semaines par Zepatier avec ou sans ribavirine est très efficace chez les personnes jamais traitées infectées par la souche du VHC difficile à traiter appelée génotype 1a.

Des régimes de plus longue durée, soit 16 semaines, ont été approuvés par les autorités de réglementation du Canada et des États-Unis pour le traitement des patients atteints du génotype 1 qui ont déjà connu un échec virologique sous l’effet d’autres régimes.

Nous rendons compte d’analyses de l’innocuité de Zepatier dans d’autres articles de ce numéro de TraitementActualités.

—Sean R. Hosein

RÉFÉRENCE :

Thompson A, Zeuzem S, Rockstroh J, et al. The combination of elbasvir and grazoprevir is highly effective for the treatment of genotype 1a-infected patients. American Association for the Study of Liver Diseases, 13-17 November 2015. Abstract 703.