Le sexe et la COVID-19

Résumé

Le virus à l’origine de la COVID-19 se propage lors de contacts étroits entre personnes et de contacts avec des surfaces ou des objets contaminés. Les relations sexuelles sans contact étroit (p. ex. sexe par téléphone ou par vidéo, masturbation) ne posent donc aucun risque de transmission. Par contre, lorsqu’il s’agit de relations sexuelles avec contacts étroits, on peut réduire le risque de transmission du virus en limitant ces contacts aux personnes du même foyer ou formant un petit cercle social.

Les renseignements que vous trouverez sur cette page sont fondés sur les données scientifiques dont on dispose actuellement au sujet de la transmission et de la prévention de la COVID-19. Cette ressource pourra être mise à jour au fur et à mesure que de nouvelles données seront publiées sur ces sujets.

Comment le virus est-il transmis?

Le virus qui cause la COVID-19 est appelé SRAS-CoV-2. Il se transmet par de minuscules gouttelettes expulsées de la bouche, de la gorge et du nez d’une personne infectée. La transmission survient lors de contacts étroits avec une personne porteuse du virus ou avec des surfaces ou des objets contaminés.

Contact avec des personnes (transmission directe)

Le virus se transmet par des gouttelettes expulsées par la bouche, la gorge et le nez d’une personne infectée lorsqu’elle respire, parle, chante, rit, tousse ou éternue, ou lors de baisers. Lors de contacts étroits avec une personne infectée par le virus, ces gouttelettes peuvent pénétrer les yeux, le nez ou la bouche de l’autre personne. Plus le contact est étroit et dure longtemps, plus la probabilité de transmission est élevée.

Contact avec des surfaces (transmission indirecte)

Les gouttelettes projetées par la bouche, la gorge et le nez d’une personne infectée peuvent aussi atterrir sur des objets et surfaces à proximité, contaminant ainsi ces objets et surfaces. Il peut y avoir transmission si quelqu’un touche un objet ou une surface contaminés pour ensuite se toucher les yeux, le nez ou la bouche sans s’être d’abord lavé les mains.

Comment peut-on prévenir la transmission du virus?

Il est important de maintenir une distance de deux mètres avec les personnes qui ne font pas partie de votre foyer ou de votre cercle social afin de prévenir la transmission du virus. Les cercles sociaux, qu’on appelle parfois « bulles », sont des groupes limités de personnes avec qui on a des contacts physiques étroits, y compris les personnes vivant sous le même toit et d’autres personnes de l’extérieur. Lorsqu’il est difficile de respecter la distanciation physique, il faut porter un masque non médical ou tout autre type de couvre-visage. Dans certains pays ou territoires ou certaines provinces, il est obligatoire de porter un couvre-visage ou un masque dans les endroits publics.

Pour prévenir la transmission lors de contacts avec des surfaces contaminées, il faut se laver les mains souvent avec de l’eau et du savon, ou utiliser un désinfectant pour les mains. Il faut éviter de se toucher le visage si on ne s’est pas lavé les mains, et nettoyer régulièrement les surfaces qu’on touche fréquemment avec un produit désinfectant.

Si quelqu’un ne se sent pas bien, présente des symptômes de COVID-19 ou a récemment été en contact avec une personne atteinte de la COVID-19, il doit éviter tout contact avec d’autres et se placer en auto-isolement. Il doit envisager de se faire tester pour la COVID-19.

La quantité de virus dans une communauté peut varier avec le temps, de même que les mesures de prévention. Il faut consulter les autorités de santé publique de sa région pour connaître les plus récentes consignes visant à prévenir la transmission du virus.

Gestion des risques

En ce qui concerne la COVID-19 et les rencontres en personne, le niveau de tolérance au risque varie d’une personne à l’autre. C’est pourquoi les activités sociales choisies dépendront de ce qui est acceptable pour chacun.

Un certain nombre de facteurs peuvent influer sur la tolérance au risque de chacun. Ces facteurs incluent le risque de contracter le virus ou de présenter des complications en cas d’infection. Le risque peut être envisagé d’un point de vue individuel et d’un point de vue communautaire.

Du point de vue individuel, chacun pourra considérer le nombre de cas de COVID-19 dans sa communauté et voir comment ce chiffre affecte son risque de contracter le virus. On peut aussi prendre en compte toute maladie sous-jacente, comme une maladie cardiaque ou le diabète, ou un âge avancé, car ces facteurs peuvent accroître le risque de complications liées à la COVID-19.

Du point de vue communautaire, chaque personne peut tenir compte de la vulnérabilité des personnes qui l’entourent. Par exemple, a-t-elle des contacts physiques étroits avec des personnes qui courent un risque accru de présenter des complications si elles contractent la COVID-19 (en raison d’un âge avancé ou de maladies sous-jacentes)? De façon plus générale, y a-t-il des membres de sa communauté élargie qui présentent un risque accru?

Comment le virus est-il transmis durant les relations sexuelles?

Le virus à l’origine de la COVID-19 peut être transmis par contact personnel étroit ou en touchant des surfaces ou objets contaminés pendant les relations sexuelles.

Si quelqu’un est porteur du virus, le risque de transmission sera très élevé pendant les relations sexuelles avec contact étroit (y compris le sexe vaginal, anal et oral). En cas de contact étroit, on peut être exposé à des gouttelettes provenant de la bouche, de la gorge ou du nez d’une personne infectée. De plus, le virus peut se transmettre par la salive lors des baisers. Des traces du virus ont également été détectées dans le sperme, l’urine et les fèces (et peuvent aussi se trouver dans d’autres liquides organiques), mais pour le moment, on ne sait pas s’il y a risque de transmission par ces liquides. Cela dit, la COVID-19 n’est pas considérée comme une infection transmissible sexuellement.

Le virus peut aussi se propager par contact avec des surfaces ou objets contaminés, comme la peau et les jouets sexuels. Ces surfaces et objets ont pu être contaminés par des gouttelettes respiratoires ou de la salive.

Faut-il éviter toute relation sexuelle?

Non, parce que les relations sexuelles consensuelles peuvent contribuer à notre santé générale et à notre bien-être. Différents choix peuvent être faits en fonction de l’évaluation que chacun fait de son niveau de risque (voir la section sur la gestion des risques), choix qui peuvent soit éliminer soit réduire le risque de transmission du virus. Il est important d’avoir des discussions « sexe-positives », c’est-à-dire reflétant une attitude positive envers l’expression de la sexualité, sur l’élimination et la réduction du risque afin de réduire la stigmatisation potentielle associée aux relations sexuelles pendant la pandémie de la COVID-19.

Comment éliminer ou réduire le risque de transmission du virus pendant les relations sexuelles?

Éliminer le risque de transmission pendant les relations sexuelles

Les relations sexuelles sans contact physique étroit ne posent aucun risque de transmission. Les activités sexuelles avec distanciation physique peuvent inclure :

  • le plaisir solitaire (masturbation);
  • le sexe par vidéo;
  • le sexe par téléphone;
  • les salles de clavardage;
  • le sextage;
  • l’écriture et le partage d’histoires érotiques;
  • l’utilisation d’un jouet sexuel connecté à Internet où le ou la partenaire contrôle l’intensité de l’accessoire.

Il faut tenir compte des problèmes potentiels de respect de la vie privée associés à l’utilisation de communications en ligne ou par téléphone (p. ex. capture d’écran) lorsqu’on s’adonne aux activités mentionnées ci-dessus.

Réduire le risque de transmission pendant les relations sexuelles

Il existe quelques moyens de réduire le risque d’exposition au virus lors de relations sexuelles avec proximité physique. Il s’agit notamment de limiter les contacts sexuels aux personnes du même foyer, à un partenaire habituel en dehors du foyer ou à un petit groupe de personnes du même cercle social. Dans tous les cas de figure, les relations sexuelles ne doivent avoir lieu qu’avec des partenaires consentants.

Les relations sexuelles avec une personne du même foyer ne sont pas plus risquées que les autres formes de proximité physique qui sont courantes lorsque les gens vivent ensemble. Limiter les relations sexuelles à un partenaire du même foyer est la deuxième option la plus sûre, après les relations sexuelles sans contact étroit.

S’il n’est pas possible de s’en tenir à un partenaire du même foyer, les relations sexuelles peuvent être limitées à un seul partenaire habituel en dehors du foyer ou aux personnes faisant partie d’un petit cercle social afin de réduire le risque de transmission du virus. Les membres du cercle social doivent accepter de pratiquer la distanciation physique avec les personnes extérieures à leur cercle social et suivre les autres consignes de santé publique (par exemple, se laver souvent les mains, porter un masque, s’isoler si nécessaire, éviter tout contact avec d’autres personnes présentant des symptômes). Limiter le nombre de partenaires sexuels à un petit nombre réduira le risque de transmission du virus.

Avant d’avoir des relations sexuelles, il est conseillé de parler de la COVID-19 avec tout(e) partenaire, notamment pour savoir s’il ou elle présente des symptômes ou a été potentiellement exposé(e) au virus, et quelles précautions sont prises pour limiter l’exposition potentielle au virus lors de contacts sexuels.

Si un ou une partenaire ne se sent pas bien ou qu’on soupçonne qu’il ou elle a été exposé(e) à une personne atteinte de la COVID-19, il est important d’éviter les relations sexuelles en personne, pour le cas où il y aurait infection transmissible. Cela dit, même en l’absence de symptômes, on peut tout de même être porteur d’un virus transmissible.

Comme les personnes asymptomatiques (c’est-à-dire celles qui ne présentent aucun symptôme) peuvent transmettre le virus, il existe des stratégies de prévention générales que les gens peuvent envisager d’utiliser avant, pendant ou après des relations sexuelles en personne, bien que leur efficacité dans le contexte des relations sexuelles ne soit pas connue à l’heure actuelle. Il est important de se rappeler, cependant, que le plus grand facteur de risque de transmission provient d’un contact physique étroit, qui ne peut être évité lors de relations sexuelles en personne, de sorte qu’on ne peut pas compter sur ces stratégies pour prévenir la transmission.

  • Se laver ou prendre une douche à l’eau et au savon avant et après les relations sexuelles.
  • Éviter les baisers, l’échange de salive, les positions sexuelles entraînant un face-à-face étroit, et éviter de toucher les visages.
  • Porter un masque qui couvre le nez et la bouche pendant les relations sexuelles ou utiliser d’autres moyens pour empêcher la propagation des gouttelettes, comme les « trous de gloire ».
  • Bien nettoyer les objets (p. ex. les jouets sexuels) et les surfaces souvent touchés.

Si le sexe fait partie du travail d’une personne, celle-ci peut envisager de pratiquer ses activités en ligne (p. ex. services sur le Web) ou d’utiliser le téléphone (p. ex. SMS, sexe par téléphone). Si ce n’est pas possible, elle peut réfléchir à des moyens d’éviter les contacts en face à face et utiliser d’autres stratégies énumérées ci-dessus.

Qu’en est-il de la prévention du VIH et des autres infections sexuellement transmissibles pendant la pandémie de la COVID-19?

La prévention des infections transmissibles sexuellement (ITS) a toujours son importance lors des relations sexuelles pendant la pandémie de la COVID-19. L’utilisation de la prophylaxie pré-exposition (PrEP) ou de préservatifs ou le fait d’avoir une charge virale indétectable continueront à aider à prévenir le VIH. Les condoms continueront de prévenir d’autres ITS. Il peut également être important de procéder régulièrement à des tests de dépistage des ITS.

Si une personne utilise une PrEP pour prévenir le VIH et n’a plus de relations sexuelles en personne, elle peut choisir de continuer à utiliser la PrEP ou de cesser de l’utiliser. Si elle choisit d’arrêter la PrEP, d’utiliser la PrEP au besoin seulement ou de reprendre la PrEP, il est bon d’en parler à son fournisseur de soins de santé pour savoir comment le faire en toute sécurité. Il est important que les personnes qui continuent à avoir des relations sexuelles pendant l’utilisation de la PrEP subissent régulièrement un test de dépistage du VIH et des ITS. La PrEP n’est pas un traitement efficace contre la COVID-19.

Les renseignements fournis ici sont fondés sur les données scientifiques dont on dispose au sujet de la transmission et de la prévention de la COVID-19. Cette ressource sera mise à jour au fur et à mesure que de nouvelles données seront publiées. Mise à jour effectuée le 15 octobre 2020.

Ressources

Guide pour une vie sexuelle plus sécuritaire (CATIE)

Ressources et outils sur la PrEP (CATIE)

Safer Sex and COVID-19 (NYC Department of Health) (en anglais seulement)

COVID-19 and Sex (British Columbia Centre for Disease Control) (en anglais seulement)

Sexual Health in the SARS-CoV-2 Era (article tiré du périodique Annals of Internal Medicine) (en anglais seulement)