Le projet Résonance

Quel est le buzz en prévention du VIH? Qu’est-ce que les hommes gais entendent au sujet des nouvelles informations sur le VIH? 

Au cours des dernières années, beaucoup de nouvelles informations sur la prévention, le risque et la transmission du VIH ont vu le jour. Et saperlipopette, c’est complexe et technique!

Traitement et charge virale indétectable.

Primo-infection et charge virale élevée.

La prophylaxie pré-exposition (PPrE ou PrEP en anglais).

La prophylaxie post-exposition (PPE ou PEP en anglais).

Stratégies séroadaptives tels que le sérotriage et le séropositionnement.

Guérisons fonctionnelles et stérilisantes.

Nouvelles technologies de dépistage comme le test rapide, le test à domicile et le test de l'antigène p24.

Mais c'est du chinois tout ça!

En tant qu’hommes gais, qu'avons-nous entendu de tout cela? Notre compréhension (ou notre confusion) par rapport à toutes ces nouvelles informations techniques et complexes a-t-elle une influence sur nos décisions par rapport à nos pratiques sexuelles? Le projet Résonance cherche des réponses.

C'est quoi le projet Résonance?

Le projet Résonance est un projet de recherche communautaire. La plupart des personnes travaillant sur ce projet sont des hommes gais. Le projet a démarré en 2013 et durera trois ans, jusqu'en mars 2016. Il est financé par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). Nous voulons comprendre ce que les hommes gais pensent des nouvelles informations sur le VIH et comment elles les affectent. Nous voulons savoir: quel est le buzz sur la prévention du VIH? Pour ce faire, nous avons parlé à des hommes gais et à des intervenants à Montréal, Vancouver et Toronto. Nous leur avons demandé :

  • Qu’est-ce que les hommes gais entendent par rapport à ce qui est nouveau en prévention du VIH ?
  • Quel sens donnent-ils à cette information?
  • Comment est-elle en train de changer la façon dont ils ont des rapports sexuels?

Qui est impliqué dans le projet?

Le projet Résonance est une collaboration entre quatre organisations nationales dans le domaine du VIH, trois organismes de santé gaie, et l'Université de Windsor. Les quatre organisations nationales sont CATIE (qui coordonne le projet), la Société canadienne du sida (SCS), l'Association canadienne de santé publique (ACSP) et la Coalition interagence sida et développement (CISD). Les trois organismes de santé gaie sont REZO à Montréal, Health Initiative for Men (ou HIM) à Vancouver et l’Alliance pour la santé sexuelle des hommes gais à Toronto. Les deux chercheurs principaux du projet sont le Dr Barry Adam de l'Université de Windsor et Ed Jackson de CATIE. Il y a deux membres du personnel de recherche à temps partiel : San Patten de Halifax et Marc-André LeBlanc de Gatineau.

Quelle est la raison d’être du projet?

Au cours des dernières années, il y a eu beaucoup de nouvelles informations sur les risques et la prévention du VIH. Tant et si bien que le paysage de la prévention du VIH a sans doute plus changé au cours des 3 à 5 dernières années qu'il ne l’a fait au cours des 25 années précédentes. Nous voulons savoir si ces nouvelles informations résonnent/parviennent auprès des hommes gais, et si oui, de quelle façon?

Le projet se concentre sur les hommes gais pour deux raisons.

  • Tout d'abord, les hommes gais représentent encore le plus grand nombre de nouvelles infections à VIH au Canada et le plus grand groupe de personnes vivant avec le VIH. Ils constituent le groupe le plus à risque dans la plupart des régions du pays.
  • Deuxièmement, les hommes gais ont tendance à être les premiers à adopter de nouvelles informations, de nouvelles technologies et de nouvelles tendances. Même plus : les hommes gais ont souvent créé de nouvelles tendances qui sont ensuite reprises par d'autres. Donc, s’il existe un groupe susceptible d’être à l’affût de toute cette nouvelle information sur le VIH, d’essayer de lui donner un sens et de l'intégrer dans leurs décisions sur le sexe et le risque, c’est bel et bien celui des hommes gais.

Pour faire le meilleur travail possible en matière de prévention du VIH et de promotion de la santé sexuelle des hommes gais, nous devons fonder notre travail dans le contexte réel de nos vies d’aujourd'hui. C'est précisément là où nous voulons commencer : pas en disant « c'est ce que les hommes gais doivent savoir », mais en demandant « qu’est-ce que les hommes gais entendent? Et que font-ils de cette information? »

Le concept de « résonance »

Nous utilisons la « résonance » comme un principe directeur dans ce projet. Pour nous, il se réfère à des vagues de discours et d'actions qui en résultent, créées par la nouvelle information biomédicale sur le VIH. Ces vagues parcourent les croyances communautaires et les prises de décisions individuelles des hommes gais. Nous savons que les stratégies de réduction des risques vont créer des vagues seulement si elles ont un sens dans la vie sexuelle des hommes gais.

Définitions de « résonance »

  • En physique : la tendance de l'énergie à osciller à une plus grande amplitude à certaines fréquences qu'à d'autres
  • En acoustique : l’intensification et la prolongation de son, en particulier un son musical, produit par vibration sympathique
  • Dans la culture : la richesse ou le sens, surtout en évoquant une association ou une émotion forte

Qu'est-ce que nous allons faire dans ce projet?

Premièrement, nous devons parler aux hommes gais. C'est pourquoi nous avons déjà parlé à plus de 100 hommes gais et intervenants à Montréal, Vancouver et Toronto à travers des groupes de discussion et des entrevues.

Nous nous penchons maintenant sur ce que les gars nous ont dit, nous compilons toutes ces informations et nous les analysons pour voir quelles thématiques sont ressorties de ces discussions.

À l'étape suivante, nous allons utiliser ce que nous avons appris des participants pour développer de nouvelles ressources pour les hommes gais — des ressources qui favorisent la santé sexuelle d'une manière qui résonne auprès les hommes gais. Ensuite, nous allons mener des tests pilotes en utilisant ces nouvelles ressources auprès de gars de Montréal, Vancouver et Toronto. Tout cela devrait aider les organisations qui font la promotion de la santé sexuelle des hommes gais.

Nous avons parlé à quel genre de gars?

Nous avons parlé avec différents profils de gars.

  • Gais, bisexuels, queer, bispirituels et d'autres hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes;
  • Des gars de différents groupes d'âge;
  • Des gars de diverses origines ethniques et raciales;
  • Des gars qui sont séronégatifs et séropositifs;
  • Des gars qui sont célibataires, qui ont des fréquentations ou qui sont en relation à long terme.

Parler à toute une gamme de différents types d’hommes gais nous aident à comprendre comment certains d'entre nous pensons par rapport aux autres. Nous ne présumons pas que tous les hommes gais ont la même relation par rapport au sexe, au risque, au VIH, à l'intimité, au plaisir, etc. Nous voulons savoir ce que nous avons en commun, mais aussi quelles sont nos différences.

Comment pouvez-vous obtenir plus d'informations?

Nous allons diffuser plus d'informations dès qu'elles seront disponibles à travers les différents partenaires du projet, y compris au www.catie.ca/fr/résonance et au www.rezosante.org.

–Marc-André LeBlanc

Cet article a d’abord paru sur PositiveLite.com, le magazine en ligne sur le VIH du Canada.