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Au cours de la dernière décennie, les services de consommation supervisée (SCS) ont connu un essor rapide du fait de la crise liée à la contamination des drogues au Canada, mais ils sont aujourd’hui de moins en moins accessibles. Ces services s’appuient sur un nombre important et croissant de données probantes, tant canadiennes qu’internationales, qui attestent leur efficacité sur le plan de la réduction des méfaits chez les personnes faisant usage de drogues. Les SCS permettent de prévenir les décès liés aux surdoses et de limiter les infections ainsi que d’autres méfaits. Ils constituent également un point d’accès important vers d’autres services de santé et d’aide sociale qui favorisent le bien-être des personnes faisant usage de drogues. 

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Ces derniers temps, l’opposition aux SCS – de la part de certains responsables politiques, des médias et de membres de la communauté – s’est exacerbée. Dans certaines provinces, les SCS ont vu leur financement supprimé, ont été contraints de fermer ou ont eu du mal à s’implanter. Dans ce contexte, il est important de comprendre ce que sont les SCS, leur place dans l’éventail des services liés à l’usage de substances, ce que mettent en évidence les données scientifiques, ainsi que les obstacles et les limites auxquels ils se heurtent. 

Que sont les services de consommation supervisée?

Les SCS sont des lieux où les personnes peuvent utiliser les drogues qu’elles ont déjà en leur possession, dans un espace sûr, supervisé et salubre. Le personnel des SCS est formé pour intervenir en cas de surdoses et d’autres urgences médicales. Il peut également aider les personnes concernées à accéder aux soins de santé primaires (p. ex. soins des plaies, vaccins), aux services sociaux et aux traitements liés à l’usage de substances, soit sur place, soit par voie d’orientation. 

Les SCS sont présents à l’échelle internationale depuis quatre décennies. Le premier SCS agréé a ouvert ses portes en Suisse en 19861. Le premier SCS agréé du Canada est entré en activité à Vancouver en 2003. Ces services n’ont pas pris d’ampleur au Canada avant que la crise liée à la contamination des drogues ne commence à s’intensifier en 2016. Depuis lors, de nombreux modèles et types de services de consommation supervisée ont été mis en place aux quatre coins du pays. Il s’agit entre autres de sites autonomes, de SCS intégrés à des services de santé existants (p. ex. des centres de santé communautaires, des hôpitaux) et de SCS ambulants2. Les services de prévention des surdoses (SPS) constituent un autre type de SCS généralement plus accessibles; ils peuvent être temporaires et fonctionner de manière autonome ou être intégrés à des centres d’hébergement, à des structures de logement ou à d’autres services. À l’échelle mondiale, il est possible de fumer dans environ un tiers des SCS en activité3, mais la plupart des SCS et des SPS au Canada s’adressent principalement aux personnes qui s’injectent des drogues, et rares sont ceux dans lesquels il est permis de fumer4. Pourtant, ce mode d’usage des drogues est le plus répandu et celui qui est le plus souvent associé aux surdoses au Canada4.

Les SCS ont été mis en place de manière disparate dans le pays, notamment parce que le soutien politique dont ils ont bénéficié a varié d’une région à l’autre et au fil du temps. Dans un contexte d’hostilité croissante à l’égard des SCS, il est plus important que jamais de comprendre ce que ces services apportent aux personnes qui font usage de drogues, ainsi que leur place dans le grand éventail des services liés à l’usage de substances. 

Les SCS fournissent sécurité, soutien et accès aux soins 

Les SCS sont principalement destinés aux personnes confrontées à des obstacles importants en matière de santé et de bien-être5, entre autres celles qui présentent un risque élevé de surdose et d’infections, telles que l’hépatite C et le VIH, celles qui sont victimes d’inégalités sociales et structurelles, comme l’itinérance ou la précarité du logement, ou encore celles qui se livrent au travail du sexe par nécessité5. De nombreuses personnes qui font usage de drogues font également face à la stigmatisation, à la discrimination, à la violence et à la déshumanisation dans leur vie quotidienne, notamment lorsqu’elles ont recours aux soins de santé6–9.

Les SCS, en revanche, sont des lieux où les personnes qui font usage de drogues déclarent se sentir acceptées et traitées comme des êtres humains à part entière, ce qui permet de contrer la stigmatisation intériorisée susceptible d’entraver l’accès aux soins7,10 . De ce fait, les SCS sont souvent perçus comme des lieux sûrs et des refuges7,11,12, qui permettent non seulement de prévenir les méfaits liés à l’usage des drogues, mais aussi de se préserver de la stigmatisation et d’autres formes de violence1,11.

Ce sentiment de sécurité et d’appartenance favorise l’établissement de véritables relations de confiance avec les prestataires de services, ce qui dans certains cas est une première7. Ces relations bienveillantes peuvent elles-mêmes avoir un effet thérapeutique et engendrer des changements sociaux importants dans la vie des personnes concernées7. Elles servent également de catalyseurs essentiels dans la mise en liaison des personnes qui utilisent des drogues avec d’autres services de santé et d’aide sociale13. Les SCS permettent de réduire les méfaits liés à l’usage de substances (p. ex. intervention en cas de surdose, sensibilisation aux pratiques d’utilisation à moindres risques, distribution de naloxone), mais ils ne se limitent pas à ce type de prestations. Par exemple, les SCS peuvent faciliter l’accès aux soins primaires et aux traitements liés à l’usage de substances (au sein même des SCS, ou par voie d’orientation), et ils peuvent aider les personnes à subvenir à leurs besoins fondamentaux (p. ex. se nourrir et s’habiller), à composer avec les déterminants sociaux de la santé (p. ex. emploi, hébergement, logement) et à renforcer leurs liens avec la communauté, leurs ami·e·s et leur famille7,10–12.

Dans quelle mesure les SCS contribuent-ils efficacement à l’amélioration des résultats en matière de santé et des issues à l’échelle du système de santé et des communautés?

Des études ont permis d’établir que les SCS contribuent efficacement à l’amélioration des résultats cliniques et des issues à l’échelle du système de santé et des communautés.

Résultats cliniques

Les SCS réduisent le nombre de décès dus aux surdoses

Les SCS permettent de prévenir les décès liés aux surdoses en mettant à disposition des personnes qui utilisent des drogues un espace sûr et supervisé, où le personnel peut intervenir rapidement en cas d’urgence médicale, telle qu’une surdose. Des revues systématiques portant sur les SCS dans de nombreux pays ont permis de constater que ces derniers contribuent à réduire le nombre de surdoses et de décès consécutifs à une surdose chez les personnes qui y ont recours5,14,15. Au Canada, le personnel des SCS a secouru plus de 68 000 personnes victimes d’une surdose dans ces centres entre janvier 2017 et novembre 202516. 

Selon les résultats de plusieurs études, les SCS permettent également de réduire le nombre de décès par surdose dans les environs du centre. À Vancouver, la mise en place d’un SCS a été associée à une baisse de 35 % des surdoses mortelles dans le quartier entourant le centre, contre une baisse de 9 % dans le reste de la ville17. Plus récemment, on a constaté que la mise en place de SCS à Toronto avait entraîné une réduction de 67 % des décès liés à des surdoses dans les quartiers environnants18. L’effet préventif des SCS sur les décès liés aux surdoses s’étendait jusqu’à cinq kilomètres à la ronde des centres18.

Les SCS permettent de limiter les infections et de faciliter l’accès aux soins 

Il est établi que certaines pratiques d’injection, telles que le partage ou la réutilisation du matériel, les injections effectuées à la hâte ou dans des lieux publics, font augmenter le risque d’infections comme l’hépatite C, le VIH et les infections bactériennes (p. ex. les infections de la peau, du sang, des os et d’autres tissus)5,14. Les SCS contribuent à atténuer ces risques en favorisant des pratiques d’utilisation plus sécuritaires des substances5,14,15. À cette fin, ils fournissent du matériel d’injection stérile, dispensent de l’information sur les pratiques d’injection à moindres risques et mettent à disposition un espace où les client·e·s peuvent prendre le temps d’adopter ces pratiques. Selon les estimations issues d’une méta-analyse, les personnes qui utilisent des drogues et qui ont recours aux SCS sont moins susceptibles, à hauteur de 69 %, de partager une seringue que celles qui n’y ont pas recours19. Le recours à un SCS est également associé à une probabilité accrue d’adopter des pratiques d’injection plus sécuritaires, telles que l’utilisation d’eau stérile, la préparation et la filtration adéquates des drogues, ainsi que l’élimination sûre des seringues usagées5,14.

En plus de contribuer à la prévention des infections, les SCS facilitent l’accès aux soins contre les infections qui peuvent être associées à l’utilisation de drogues injectables, telles que les infections bactériennes, l’hépatite C et le VIH5,14. Des données concernant Toronto tendent à indiquer que l’intégration des SCS au sein de structures de soins de santé au sens large, telles que les centres de santé communautaires, favorise le recours au dépistage et au traitement de l’hépatite C, ainsi qu’à d’autres services de santé20,21. À Vancouver, environ un quart des usager·ère·s des SCS ont déclaré avoir reçu des soins à la suite d’une infection bactérienne, et les personnes orientées vers un hôpital par le personnel des SCS en raison d’une infection étaient plus enclines à se faire soigner et leur séjour hospitalier était généralement plus court5,14,15.

Les SCS permettent d’améliorer l’accès à d’autres services de santé et d’aide sociale, y compris aux traitements liés à l’usage de substances 

Les SCS rendent les services de santé et d’aide sociale, et notamment les traitements liés à l’usage de substances, plus accessibles aux personnes qui utilisent des drogues5,14,15. Entre janvier 2017 et novembre 2025, le personnel des SCS au Canada a orienté plus de 640 000 personnes vers des services de santé et d’aide sociale16. Des données indiquent que, chez les personnes qui font usage de drogues, le recours aux SCS est associé à une utilisation accrue des services de traitement lié à l’usage de substances, notamment à une augmentation de 32 % de la probabilité de bénéficier d’une prise en charge du sevrage et à une augmentation de 57 % de la probabilité de recevoir un traitement par agonistes opioïdes (TAO)5. À Vancouver, au cours des deux premières années qui ont suivi l’extension des SPS en 2016, la participation aux programmes de traitement lié à l’usage de substances a augmenté de 4,5 % par mois22. Par ailleurs, il n’a pas été établi que la disponibilité des services de consommation supervisée au sein d’une communauté se traduise par une diminution du taux d’instauration d’un traitement ni par une augmentation du taux de reprise de l’utilisation de substances après le traitement5,14.

Issues à l’échelle du système de santé et des communautés 

Les SCS permettent de réduire les dépenses du système de santé 

Il est avéré que les SCS permettent de réduire les dépenses de santé et d’alléger la pression exercée sur les systèmes de santé. Ces économies sont en partie imputables à la prévention des décès par surdose et à la réduction de la transmission du VIH et de l’hépatite C5,14,23,24. Au Canada, par exemple, le coût estimé sur toute la durée de vie d’une seule infection par le VIH s’élève à environ 1,44 million de dollars25.

Les SCS permettent également de réduire les dépenses de santé du fait d’une moindre sollicitation des services d’urgence et de soins actifs. En Colombie-Britannique, la mise en œuvre des SPS a été associée à une baisse du nombre d’appels aux services médicaux d’urgence (SMU) et de passages aux services d’urgence26 liés aux surdoses, ce qui est l’indice d’économies en aval. De même, selon les estimations des auteurs d’une étude réalisée en Alberta, un SCS a permis d’économiser 1 600 dollars par surdose prise en charge sur place, en évitant le transport par les SMU et les soins d’urgence, tout en libérant des capacités d’intervention d’urgence27. Sur une période de deux ans, et après prise en compte des frais de fonctionnement du SCS, il est estimé que ce dernier avait permis d’économiser 2,3 millions de dollars en dépenses de santé27. À Montréal, la mise en place de SCS a été associée à une diminution des hospitalisations consécutives à des infections liées à l’injection de drogues, ce qui s’est traduit par une réduction des coûts associés à ces hospitalisations28. Cependant, les résultats des études ne sont pas tout à fait concordants. Par exemple, une étude menée à Toronto n’a pas permis de corréler la fréquence à laquelle les personnes recouraient aux SCS et celle à laquelle elles faisaient appel aux soins de santé d’urgence29.

La présence de SCS n’entraîne pas d’augmentation de la criminalité et peut contribuer à améliorer l’ordre public 

 En général, la présence de SCS n’entraîne pas d’augmentation de la criminalité et peut contribuer à améliorer l’ordre public dans le quartier environnant. En ce qui concerne l’ordre public, des revues systématiques consacrées aux SCS ont fait état d’une réduction constante de l’usage de drogues injectables en public ainsi que du nombre de seringues et autres accessoires jetés après la mise en place des SCS5,14,15. Les revues systématiques concernant les SCS n’ont permis de constater aucune fluctuation de la criminalité après la mise en place de ces services5,14. Ainsi, on n’a pas relevé d’augmentation du nombre de vols, du trafic de drogue ou des actes de violence signalés dans les quartiers où des SCS ont été mis en place5,14. D’après les résultats d’une étude récente réalisée à Toronto, les taux d’homicides n’ont pas varié dans un périmètre de trois kilomètres autour des SCS après leur ouverture30. En fait, quelques années après leur implantation, les taux d’homicides étaient inférieurs dans les quartiers dotés de SCS que dans ceux qui n’en disposaient pas30. Dans le cadre d’une autre analyse portant sur l’incidence des SCS sur les agressions et les vols signalés à la police à Toronto, le nombre de crimes contre les personnes (c.-à-d. les agressions ou les vols qualifiés) commis dans un périmètre de 400 mètres autour des SCS n’a pas varié31. Bien que cette analyse ait révélé que certains types de délits contre les biens (à savoir les vols dans les véhicules automobiles et les introductions par effraction) avaient augmenté immédiatement après l’ouverture, les tendances mensuelles concernant les agressions, les vols, les introductions par effraction et les vols qualifiés ont affiché une baisse au fil du temps31.

Obstacles et limites

De nombreux obstacles et limites peuvent endiguer l’incidence favorable des SCS sur les résultats en matière de santé et à l’échelle du système de santé et des communautés, entre autres les suivants :

Disponibilité limitée : La disponibilité des SCS au Canada reste très limitée, ce qui tient non seulement à des contraintes logistiques et financières, mais aussi à un soutien politique variable selon les provinces et territoires. Le soutien aux SCS varie considérablement d’une région à l’autre, et la résistance manifestée par certaines communautés a eu une incidence sur l’acceptation et la pérennité de ces services. En conséquence, d’importantes lacunes en matière d’accès persistent à l’échelle du pays32. Même là où les SCS sont en activité, les bénéficiaires peuvent être amenés à parcourir de longues distances pour y accéder. La capacité de service limitée et les horaires d’ouverture restreints entravent encore davantage l’accessibilité et la continuité des soins13.

Absence de supervision de l’inhalation : L’inhalation est devenue le mode le plus répandu d’utilisation de drogues, ce qui occasionne une mortalité liée à la contamination des drogues dans de nombreuses régions4. Cependant, la plupart des SCS au Canada ne prennent pas les mesures d’adaptation nécessaires pour autoriser les personnes à fumer dans leurs locaux4. Il est courant dans d’autres pays (p. ex. en Allemagne ou aux Pays-Bas) qu’on puisse fumer dans les SCS3, mais des obstacles d’ordre réglementaire et un manque de financement ont empêché la majorité des SCS canadiens de s’adapter à cette évolution des besoins des communautés33.

Absence de services et de mesures adaptés aux besoins des divers genres : Les données indiquent que la plupart des usagers des SCS sont des hommes5. Les femmes (y compris les femmes trans) ont fait état d’un certain nombre d’obstacles à l’accès aux SCS, par exemple : le sentiment que les SCS sont des espaces masculins et peu accueillants; la crainte d’être importunées, jugées ou agressées par des hommes lorsqu’elles fréquentent les SCS; et l’absence de service d’injection assistée dans certains centres1,34,35. Les ressources étant limitées, les prestataires de services sont toutefois moins à même de s’adapter à ces besoins (p. ex. en instaurant des services ou des horaires spécialement réservés aux femmes dans les SCS)1,13.

Aucune intervention isolée ne suffira pour venir à bout de la crise liée à la contamination des drogues26,36,37. Les SCS doivent être assortis d’une gamme d’autres interventions et services. Cela suppose notamment un éventail de services liés à l’usage de substances (p. ex. d’autres services de réduction des méfaits et des services de traitement volontaires fondés sur des données probantes) et des interventions axées sur les principaux facteurs à l’origine des décès liés à la toxicité des drogues, tels que la contamination de l’approvisionnement illicite lui-même38. De plus, il est urgent de mettre en place des interventions visant à agir sur les déterminants sociaux fondamentaux de la santé des personnes qui utilisent des drogues, tels qu’un hébergement et un logement adéquats, afin de favoriser la santé et le bien-être tant au niveau individuel que communautaire. 

Les SCS peuvent remplir une fonction essentielle dans l’éventail des services, en servant de passerelle vers d’autres services et formes de soutien pour les personnes qui font usage de drogues. Mais pour que les SCS puissent remplir efficacement cette fonction, ces services supplémentaires doivent être disponibles, suffisamment dotés en ressources et accessibles aux personnes susceptibles d’en bénéficier33.

Conséquences pour les prestataires de services

Les SCS sont un élément essentiel, d’après des données probantes, de l’éventail des services liés à l’usage de substances. Les SCS préservent les personnes concernées des méfaits, notamment ceux liés à l’usage de substances, mais aussi de préjudices plus généraux, tels que la stigmatisation et la violence. Ils permettent également de mettre les personnes qui font usage de drogues en liaison avec les soins, favorisant ainsi l’établissement de relations de confiance essentielles pour favoriser l’accès à d’autres services de santé et d’aide sociale, tels que le traitement de l’usage de substances. 

Face à l’opposition croissante à l’égard des SCS, les prestataires de services peuvent intervenir de différentes manières : 

  • Ils et elles peuvent prendre part à des activités de mobilisation communautaire et de sensibilisation du public concernant la place des SCS dans l’éventail des services, notamment sur le plan de la facilitation de l’accès aux services de santé et d’aide sociale, tels que le logement et les traitements liés à l’usage de substances.
  • Ils et elles peuvent informer le public en faisant valoir que, malgré les idées véhiculées par certains médias et dans le discours politique, les SCS et les interventions de réduction des méfaits bénéficient effectivement du soutien de la population dans le cadre des mesures de santé publique de lutte contre la crise liée à la contamination des drogues39–41.
  • Ils et elles peuvent prendre conscience du fait que les préoccupations des communautés concernant les SCS ont rarement à voir uniquement avec ceux-ci, mais le plus souvent avec des enjeux plus vastes liés à l’espace et à la sécurité publics. Ce constat fait ressortir la nécessité d’un dialogue entre les personnes qui font usage de drogues et l’ensemble de la collectivité, visant à définir des approches qui répondent aux besoins des communautés42,43.
  • Ils et elles peuvent inciter les décisionnaires à soutenir les SCS à titre de dispositif rentable et fondé sur des données probantes, s’inscrivant dans une stratégie de santé publique en matière d’usage de substances.
  • Ils et elles peuvent demander à ce que des ressources soient allouées pour éliminer les obstacles à l’accès aux SCS existants (p. ex. interdiction de fumer, capacité d’accueil limitée) et de remédier aux insuffisances structurelles sous-jacentes (p. ex. manque de centres d’accueil et de logements adéquats). Ces obstacles et ces enjeux alimentent peut-être les inquiétudes de la population concernant l’usage de drogues dans l’espace public hors des SCS.
  • Ils et elles peuvent plaider en faveur du renforcement d’autres types de services liés à l’usage de substances (p. ex. approvisionnement plus sûr, TAO) et d’autres mesures de réduction des méfaits destinées aux personnes qui utilisent des drogues (p. ex. le logement). 
  • Ils et elles peuvent fournir de l’information sur les pratiques d’utilisation à moindres risques des substances (p. ex. éviter de faire usage de drogues seul), expliquer l’utilisation des trousses de naloxone et en assurer la distribution, et proposer des solutions de surveillance à distance visant à réduire le risque de surdose lorsque les personnes utilisent des drogues seules.
  • Dans les régions où les SCS sont menacés de fermeture, ils et elles peuvent préparer au mieux les bénéficiaires à la perte de ces services. Cela peut notamment consister à s’assurer qu’ils et elles connaissent les autres services de santé et d’aide sociale offerts dans la région, à élaborer des plans visant à garantir la disponibilité des interventions en cas de surdose et du matériel destiné à la réduction des méfaits, à favoriser par divers moyens la continuité de la prise en charge, et à mettre à disposition des espaces permettant aux personnes concernées de faire le point sur les conséquences de la suppression imminente des services et de s’en remettre. 

Ressources additionnelles

Trousse anti-stigmatisation – Outils de communication pour prestataires de santé travaillant avec des personnes qui utilisent des drogues (CATIE)

Déclaration de CATIE concernant la nécessité de disposer d’un éventail de services liés à l’usage de substances (CATIE)

WhySCS : Renseignements sur les services de consommation supervisés au Canada (CRISM) 

Douze caractéristiques d’un service de consommation supervisée (SCS) centré sur les client-es : Une trousse d'outils pour la conception, la prestation et l'évaluation des services (Rudzinski K, Ceranto A, Strike C et al., 2022)

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Révision externe des textes en anglais effectuée par : Elaine Hyshka 

La production de cet article a été rendue possible grâce à un financement sous forme de contribution du Programme de Santé Canada sur l’usage et les dépendances aux substances (PUDS). Les opinions qui y sont exprimées ne reflètent pas nécessairement le point de vue de Santé Canada.

À propos de l’auteur

Magnus Nowell est gestionnaire, Santé liée à l’usage de substances et réduction des méfaits chez CATIE. Il a travaillé par le passé dans le domaine de la recherche sur la réduction des méfaits, le logement et l’organisation communautaire. Il détient une maîtrise en promotion de la santé.