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La vaccination contre l’hépatite B est un moyen sûr et très efficace de s’immuniser contre le virus. Elle permet non seulement de prévenir l’infection, mais aussi les complications de santé qui y sont associées, notamment les maladies hépatiques et le cancer du foie. Bien que la vaccination soit le meilleur moyen de prévenir l’hépatite B – la vaccination à la naissance étant recommandée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) depuis 2009 –, la mise en œuvre des politiques de vaccination est inégale au Canada comme dans le reste du monde. Cette disparité a une incidence sur les taux de vaccination et, par conséquent, sur le risque de transmission. Les prestataires de services peuvent jouer un rôle essentiel en matière de recours à la vaccination en fournissant de l’information exacte et en facilitant l’accès au vaccin lorsqu’il y a lieu. 

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Qu’est-ce que l’hépatite B?

L’hépatite B est due à un virus qui infecte le foie. L’hépatite B se transmet lorsque le virus présent dans les liquides organiques d’une personne vivant avec l’hépatite B entre dans l’organisme d’une autre personne. La transmission s’effectue généralement par le sang, mais le virus peut également se transmettre par le sperme ou les sécrétions vaginales. En l’absence de soins adéquats, l’hépatite B peut entraîner de graves problèmes de santé, tels que l’insuffisance hépatique, le cancer du foie, et même la mort prématurée.

Plus de 95 % des personnes adultes en bonne santé non vaccinées qui contractent l’hépatite B parviennent à éliminer le virus d’elles-mêmes pendant la phase aiguë de l’infection1. Une fois que l’infection s’est résorbée, la personne concernée est immunisée à vie et ne peut pas transmettre le virus à une autre personne. Toutefois, si le virus n’est pas éliminé pendant la phase d’infection aiguë, l’infection devient chronique. Ce cas de figure est plus fréquent chez les nourrissons et les enfants non vaccinés. En effet, près de 90 % des nourrissons exposés entre la naissance et l’âge d’un an, et entre 20 % et 30 % des enfants exposés entre un et cinq ans, présenteront une hépatite B chronique2.

L’hépatite B est généralement asymptomatique, ce qui signifie qu’elle ne s’accompagne souvent d’aucun signe ni symptôme d’infection avant que le foie ne soit gravement endommagé. De nombreuses personnes restent des années, voire des décennies, sans recevoir de diagnostic avant de commencer à présenter des problèmes de santé. Bien qu’il existe des traitements permettant de maîtriser le virus, il n’existe aucun remède contre l’hépatite B. Dans cette optique, la prévention de l’infection par la vaccination est le meilleur moyen d’éviter ses effets néfastes sur la santé. 

La vaccination contre l’hépatite B est sûre et efficace

Les vaccins actuels contre l’hépatite B sont tout à fait sans danger3,4. Offerts dans le monde entier sous forme de préparations à deux ou trois doses*, ils préviennent très efficacement l’infection tant chez les enfants que chez les adultes. Entre 98 et 100 % des enfants et entre 90 et 95 % des adultes ayant reçu la série complète de deux ou trois doses présentent une réponse immunitaire qui les prémunit contre l’hépatite B4,5. Dans la plupart des cas, cette protection dure jusqu’à 30 ans3–5.

Il est également avéré que le vaccin contre l’hépatite B permet de prévenir efficacement la transmission de l’hépatite B d’un parent atteint de l’infection à son bébé à la naissance6. Plus précisément, lorsque le bébé reçoit la première dose du vaccin à la naissance et les autres doses au cours de la petite enfance, le risque de transmission diminue de 70 à 90 %3,6. Le risque de transmission périnatale est encore réduit à hauteur de 83 à 97 % lorsque le nourrisson reçoit également une injection d’immunoglobulines anti-hépatite B à la naissance, ce qui lui confère une protection passive immédiate, mais temporaire jusqu’à ce qu’il acquière l’immunité après avoir reçu le vaccin6–9. Dans les cas où la personne enceinte présente une charge virale élevée, un traitement peut également lui être administré au cours du dernier trimestre de grossesse, ce qui permet de réduire le risque de transmission d’environ 98 %10.

Les programmes de vaccination à long terme contre l’hépatite B se sont révélés très efficaces pour ce qui est de réduire à la fois les taux de nouvelles infections par l’hépatite B et les taux globaux d’infections par l’hépatite B dans de nombreuses régions3,4. Par exemple, depuis le lancement de la campagne de vaccination systématique des nourrissons et de rattrapage au Nunavut en 1995, le taux d’infection chronique (mesuré par la prévalence de l’antigène de surface de l’hépatite B [HBsAg]) est passé de 2,5 % dans les cohortes non vaccinées à 0,21 % dans les cohortes vaccinées11. Après la mise en œuvre de la vaccination de masse en Italie en 1983, l’incidence de l’hépatite B aiguë est passée de 91/100 000 à 10/100 00011.

La prévention de ces infections a également permis de réduire l’incidence des maladies hépatiques, des cancers du foie et de la mortalité associée dans les cohortes vaccinées3–5. Par exemple, depuis la mise en œuvre d’un programme de vaccination systématique des nourrissons en 1984, il ressort d’études réalisées sur une période de plusieurs décennies que Taïwan avait enregistré une baisse de plus de 90 % des décès liés aux maladies hépatiques chroniques et au cancers, ainsi qu’une diminution de plus de 80 % de l’incidence du cancer du foie3. Des résultats équivalents ont également été observés dans des régions ayant mis en place une vaccination systématique des nourrissons ou une campagne de rattrapage chez les enfants et les adultes, entre autres en Chine, en Corée du Sud et en Alaska4.

La vaccination contre l’hépatite B au Canada

Mise en œuvre initiale de la vaccination

Élaboré en 1969, le vaccin contre l’hépatite B a été le tout premier vaccin préventif contre le cancer jamais produit. Il a été homologué et rendu plus largement accessible dans les années 1980, dans la foulée d’avancées dans le domaine des technologies vaccinales. À cette époque, les recommandations canadiennes en matière de vaccination contre l’hépatite B concernaient principalement les personnes dont certains comportements ou caractéristiques faisaient augmenter le risque de transmission (p. ex. injection de drogues, multiplicité des partenaires sexuel·le·s, parent porteur de l’hépatite B pendant la grossesse)12.

Dans les années 1990, la hausse des taux d’infection et de la mortalité associée au Canada a conduit à l’abandon des stratégies de vaccination ciblées au profit de programmes de vaccination systématique des enfants12,13. À l’époque, on enregistrait davantage de cas d’infection chez les adolescent·e·s ou les jeunes adultes que chez les nourrissons ou les enfants; ces infections se produisaient principalement par voie sexuelle13,14. En conséquence, les provinces et les territoires ont commencé à mettre en place des programmes de vaccination systématique destinés aux préadolescent·e·s et visant à les immuniser avant qu’ils et elles ne deviennent sexuellement actif·ve·s14. La vaccination contre l’hépatite B chez les préadolescent·e·s s’est progressivement généralisée dans toutes les provinces et tous les territoires au cours des années 199015.

Évolution des recommandations en matière de vaccination

Dès 2009, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a officiellement recommandé la vaccination à la naissance de tous les nouveau-nés, car il était de plus en plus admis qu’un nombre important d’infections se transmettaient de parent à enfant à la naissance ou par contact étroit en milieu familial pendant la petite enfance (c.‑à‑d. d’un·e adulte à un·e enfant non vacciné·e ou entre enfants non vacciné·e·s par contact direct avec du sang ou d’autres liquides organiques)16. Cette stratégie de vaccination prévoit l’administration de la première dose du vaccin contre l’hépatite B dans les 24 heures suivant la naissance, les deux doses restantes étant administrées au début de la petite enfance, à au moins quatre semaines d’intervalle. 

En 2025, des lignes directrices canadiennes relatives à la prise en charge de l’hépatite B ont été publiées par l’Association canadienne pour l’étude du foie (ACEF) et l’Association pour la microbiologie médicale et l’infectiologie Canada (AMMI); celles-ci préconisent la vaccination systématique des nourrissons, de préférence dès la naissance, dans toutes les provinces et tous les territoires canadiens17.

Situation actuelle en matière de vaccination

Les provinces et les territoires étant chargés de définir leurs propres politiques de vaccination, les calendriers de vaccination contre l’hépatite B varient d’une région à l’autre au Canada. À l’heure actuelle, trois provinces et territoires proposent la vaccination à la naissance (Nunavut, Territoires du Nord-Ouest, Nouveau-Brunswick), cinq proposent la vaccination des nourrissons (c.-à-d. à l’âge de deux mois) (Colombie-Britannique, Alberta, Québec, Île-du-Prince-Édouard et Yukon) et cinq proposent la vaccination des adolescent·e·s (Saskatchewan, Manitoba, Ontario, Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve)15,18. On trouvera le calendrier de vaccination à jour de chaque province dans le Guide canadien de vaccination.

Compte tenu de la disparité de la mise en œuvre des politiques de vaccination au Canada et de l’accès inégal aux vaccins à l’échelle mondiale, la plupart des provinces ont mis en place des programmes de rattrapage vaccinal destinés aux adultes faisant partie de groupes à risque (p. ex. les personnes qui font usage de drogues, les personnes immigrantes et nouvellement arrivées en provenance de pays où l’hépatite B est répandue, les hommes gais et bisexuels ayant des relations sexuelles avec des hommes). Ces programmes sont fondés sur les recommandations du Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI)15. Les lignes directrices canadiennes de 2025 de l’ACEF/AMMI concernant l’hépatite B préconisent également une vaccination de rattrapage généralisée chez les adultes qui n’ont pas reçu la série complète de vaccins ou qui ne savent pas s’ils ou elles ont été vacciné·e·s17, mais cette recommandation n’a pas encore été appliquée par les provinces et les territoires18.

Incidences pour les prestataires de services et les décisionnaires

Les recommandations en matière de vaccination et la couverture vaccinale varient tant au Canada qu’à l’échelle mondiale, de sorte que les prestataires de services peuvent être amené·e·s à traiter des personnes qui n’ont pas été vaccinées pour diverses raisons. Veiller à ce que celles-ci disposent de l’information nécessaire et puissent se faire vacciner, c’est contribuer à améliorer le taux de vaccination, et donc à prévenir les infections tant au niveau individuel que pour l’ensemble de la population.

Voici quelques mesures que les prestataires de services peuvent prendre pour favoriser le recours à la vaccination :

S’assurer de disposer de connaissances précises et fondées sur des données probantes au sujet de l’hépatite B et du vaccin. Les prestataires de services doivent connaître les notions de base concernant l’hépatite B, notamment ses modes de transmission et de prévention, les méthodes de diagnostic et les soins accessibles, afin de pouvoir proposer de l’information et des services adaptés à leur clientèle. 

Connaître les recommandations actuelles relatives à l’hépatite B et les calendriers de vaccination provinciaux. Les prestataires de services peuvent consulter les recommandations concernant la vaccination et doivent connaître les calendriers de vaccination en vigueur dans leur province ou territoire. Lorsque la vaccination systématique à la naissance n’est pas mise en œuvre, les prestataires de services peuvent envisager de plaider en faveur d’une modification des calendriers de vaccination dans leur province ou territoire afin de faciliter l’accès à la vaccination.

Informer leurs client·e·s au sujet de l’hépatite B. Les prestataires de services peuvent expliquer à leurs client·e·s que l’infection par l’hépatite B est souvent asymptomatique, et doivent les informer qu’il n’existe pas de remède contre cette infection. En insistant sur l’importance de la vaccination comme stratégie de prévention essentielle, les prestataires de services peuvent inciter les personnes concernées ou leurs proches à passer un test de dépistage afin de vérifier leur état immunitaire, et à se faire vacciner si elles ne sont pas immunisées. Il est essentiel d’aider les client·e·s à prendre des décisions éclairées concernant la vaccination pour assurer le succès de la couverture vaccinale au niveau de la communauté. Les prestataires de services peuvent fournir de l’information claire et impartiale en tablant sur la formation continue, l’accessibilité des services et le maintien d’une relation de confiance avec leurs client·e·s.

Faciliter l’accès à la vaccination (le cas échéant). Les prestataires de services peuvent proposer un dépistage de l’hépatite B ou en faciliter le recours afin de déterminer si une personne est immunisée contre le virus, du fait d’une infection antérieure ou parce qu’elle a été vaccinée. Dans le cas des personnes non immunisées, proposer le vaccin ou les orienter vers d’autres prestataires de services en mesure de l’administrer est un moyen de les prémunir contre l’infection. 

Favoriser un accès équitable au vaccin contre l’hépatite B. Les décisionnaires peuvent améliorer la couverture vaccinale en instaurant des calendriers de vaccination fondés sur des données probantes, en réduisant les obstacles au dépistage et à la vaccination, et en veillant à ce que les personnes non immunisées – y compris celles qui auraient manqué la vaccination systématique en raison de disparités entre les calendriers nationaux ou provinciaux – puissent accéder aux services de vaccination.

* Bien qu’une préparation à deux doses du vaccin soit offerte pour les adolescent·e·s, aucune préparation de ce type n’est homologuée pour les adultes au Canada. Il est possible que des adultes aient reçu cette préparation dans d’autres pays où elle est commercialisée.

Ressources

Guide canadien d’immunisation 

Lignes directrices canadiennes en matière d’hépatite B

Références

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Révision externe des textes en anglais effectuée par : Mia Biondi & Kim Roth

À propos de l’autrice

Madison Kennedy est la spécialiste de l’hépatite de CATIE. Elle est titulaire d’une maîtrise en santé publique en promotion de la santé, et travaillait précédemment dans le domaine de la recherche et de la prestation de services de santé sexuelle et reproductive.